C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

31 Oct - Au nom du père, du fils...
Publié le 31 Oct 2014 à 21:30 - Mis à jour à 21:30
 3Oliver_Castle
9501 points

Le plus dur, c'était de pas pleurer dans le lit à côté de Tom.
Je revoyais toujours ma maman dans ce lit avec des tubes et des tuyaux partout dès que je fermais les yeux. J'ai toujours été là pour la défendre et là je peux rien pour elle. Et ça m'énerve.

Le grand médecin m'a expliqué hier qu'elle avait fait une rupture d'anévrisme ou un truc du genre. Que c'était pas de sa faute à elle, que c'était des choses qui pouvaient arriver n'importe quand.
Il parait que la journée d'hier était stressante pour les grands, qu'il a dit le médecin.
J'en avais rien à faire, je lui dis qu'il devait soigner ma mère, qu'il était payé pour ça. Il a répondu qu'il ne pouvait plus rien faire pour le moment, que ma mère était en train de faire dodo et qu'il ne savait pas quand elle se réveillerait.
Alors j'ai secoué le corps tout mou de ma maman, mais ça n'a pas aidé. Elle dormait toujours.

Le père de Tom m'a ramené chez lui parce que je devais plus déranger ma mère, et j'ai passé la nuit chez eux.
Au petit déjeuner, je voyais bien comment tous ils me regardaient. J'aime pas la pitié des gens. La mère à Tom, elle essaie bien de détourner la conversation. Qu'est-ce que j'en ai à faire de savoir qu'on va manger des carottes ou des patates à midi, je veux juste retourner voir ma mère !

Tom, lui, il pense qu'à ce soir et à Halloween. Aux bonbons qu'on va récupérer. Aux costumes qu'on va porter. Alors je lui crie dessus. J'en ai rien à faire d'Halloween ; je veux juste que ma mère se réveille.
Le père de Tom, il est plutôt sévère d'habitude et il aime pas quand on se bat avec Tom, mais là il dit rien. Il est gentil. Il me dit qu'il faut qu'on aille chez moi pour aller récupérer des papiers pour l'hôpital et qu'après on ira voir maman. Alors, on retourne à la maison et on se met à fouiller. J'aime pas trop qu'un étranger fouille dans nos affaires, mais si ça peut aider maman, je fais une exception.
Il m'a montré chez lui les papiers et les cartes qu'on doit retrouver. Je sais même pas si on en a des trucs comme ça : la sécurité sociale, le tiers-payant... c'est du chinois pour moi ! Qu'il me demande plutôt comment faire un Hadoken ou piloter le Normandy, je sais faire ça moi !
Dans le placard de maman, tout au fond, j'ai trouvé une petite boite à chaussures. Sauf qu'il y avait pas de chaussures dedans. Maman en a que deux paires. Dedans, il y avait des photos et des lettres. Je reconnais Maman sur les photos, elle me porte dans ses bras, je dois être tout petit, genre un ou deux ans. Et il y a toujours un monsieur à côté d'elle. Elle m'a jamais parlé de mon père, juste qu'il était parti parce que comme ça c'était la vie et qu'il fallait pas être en colère contre lui. J'ai pas envie de rester chez Tom, ça va sûrement leur coûter trop d'argent si je reste avec eux. J'aime pas qu'on doive de l'argent, même si maman dit que les bons comptes font les bons amis.
Au dos d'une photo, il y a une adresse.
Concarneau. Si j'arrive à retrouver mon père, ça aidera sûrement maman à se réveiller... Quelle chance d'avoir trouvé cette moto !

Enzo : « pourquoi maman est à l'hosto ? »
Publié le 30 Oct 2014 à 23:41 - Mis à jour le 31 Oct 2014 à 08:46

Ecrivez la journée d'Enzo. Attention, aujourd'hui une contrainte : votre récit devra comporter les deux mots suivants "mou" et "carotte". Vous les placez où vous voulez dans votre texte.

6 contributions
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En compétition pour la suite (6)

Je vais tous me les faire
0 votes - 31 October 2014 - 19h08
  3 12934 points
J'avoue que j'en menais pas large dans la voiture avec le père de Tom. Il était resté avec sa mère à l'appart et quand on a refermé la porte, j'ai entendu Tom pleurer. Ça fait drôle d'entendre son pote chialer et j'avoue que j'étais un peu soulagé de partir. Mais bon tout de suite, dans la voiture, le père de Tom a mis la radio. Ça parlait argent, Euro, Franc et tout. Je comprenais rien, mais je m'en fichais, je voulais voir Maman et savoir ce qu'il lui arrivait. Le père à Tom il a rien dit, je voyais ses mâchoires serrées dans le rétro et ça m'a fait flipper. A l'hosto, un gars tout mou à l'accueil nous a dit d'attendre au 2ème étage. Sur un panneau devant l'ascenseur, j'ai vu que c'était marqué "traumatologie".
Je me suis affalé sur un fauteuil tout vieux couleur carotte, le père de Tom il était bloqué sur son portable.
- Eh, t’as le dernier Samsung ! que je lui fais pour parler un peu
- Ouais, écoutes Tom, ça devrait pas être long, on va avoir des nouvelles vite
- Je pourrais voir Maman ?
Au moment de répondre, un toubib vient vers nous et nous conduit sans un mot jusqu’à une chambre. Avant d’entrer, il nous dit
- Elle est très fatiguée, vous ne pouvez pas rester longtemps, on doit lui faire des examens dans 1 heure
On rentre, Maman est dans son lit, avec des tuyaux qui lui arrivent dans le nez. Elle tourne la tête en nous voyant. Elle sourit un peu mais elle a pas bonne mine, un peu comme la fois où elle avait été malade en voiture en montant au Tourmalet, à cause des virages. Elle tend les bras mais elle peut pas à cause des tuyaux
- Mon petit Tom, c’est gentil de passer
- Qu’est-ce qui se passe ? je lui fais d’une voix un peu étranglée.
- ce matin au supermarché, c’était la panique, tu sais à cause de l’Euro et tout ça. Les gens sont venus en masse, y en avait partout, on arrivait pas à les arrêter, et certains ont commencé à piquer dans les rayons. J’ai voulu les arrêter, l’agent de sécu était lui aussi débordé et 2 types m’ont fracassé les jambes avec leur caddy.
Elle s’arrête un moment et ferme les yeux
- mais ça va quand même dit ? Putain je vais les retrouver et on va leur faire passer l’envie
- Arrête Enzo, en attendant que je sorte de l’hosto, il faut que tu ailles chez ton papi.
Je commence à protester, mais elle m’arrête d’un geste
- tu fais comme j’ai dit. Ce soir tu dors chez Tom, mais demain ils t’emmènent chez lui.
Je baisse la tête, je peux pas le saquer le vieil obsédé. Je vais voir ce soir avec Tom pour un plan.
Ce matin,
1 votes - 31 October 2014 - 18h24
1 336 points
je me levai de bonne heure pour regarder les dessins animés sur M6.
Je pris un morceau de pain mou, le tartinait de nutella, et m'installait le plus silencieusement possible devant le poste.
"Ce serait bien ma veine que je fasse punir pour la fin des vac'"pensai-je
Le temps passa, et arriva 11 h. Maman me dit d'eplucher les carottes pour l'entrée de ce midi et qu'elle ferait vite ses petites courses.
Pour du pain et des cigarettes, cela pouvait attendre selon moi....Ma mère étant une grande fumeuse elle ne voyait pas mon opinion de la meme manière.
Elle m'embrassa et sortie.
Je partis à l'ordinateur jouer à clash of clan. J'étais tellement pris par le jeu que j'en oubliai l'heure, jusqu'au coup de sonnette....machinalement je regardai ma montre 13 h30....bizarre, ou est maman ?
je me dépechai jusqu'a l'entrée.
j'ouvris la porte, pour découvrir germaine toute émue, affolée.
"Mon petit enzo, dit-elle, je dois t'annoncer une bien mauvaise nouvelle
-Ah bon ? Quoi ? dis-je circonspect
-ta maman, mon petit enzo, a été emmené à l'hopital par les pompiers
-ma maman..mais...mais...pourquoi ?
-je ne sais pas, nous le saurons sur place, va chercher un manteau, nous allons a l'hopital avec René"
Je courru jusqu'a ma chambre chercher mon manteau, retenant difficillement mes larmes, ne sachant plus quoi faire.
ce matin maman est partie tôt...
0 votes - 31 October 2014 - 16h55
0 25 points
Ce matin maman est partie tôt. Elle n'a pas voulu me réveiller pour pas m'inquiéter. Mais j'avais bien compris qu'il y avait quelque chose qui clochait. Un truc inhabituel qui venait de se produire. À 5h30 un jour de repos, ce n'est pas normal de se lever de si bonne heure. Même pour une daronne. Je l'ai laissée me faire un bisou, les yeux fermés, comme si de rien était. Déjà parce que j'aime bien quand elle fait ça, qu'elle se faufile dans ma chambre en catimini en essayant de pas faire de bruit, qu'elle replace mes oreillers et remonte ma couette puis m'embrasse. Dans ces moments là je crois que je l'aime encore plus que d'habitude. Mais ce matin, c'était différent. Elle avait l'air préoccupée. Pas que je l'ai vue, non, comme j'ai dit, je faisais semblant de dormir donc j'avais gardé les yeux fermés. Je l'ai senti. J'ai senti que quelque chose ne tournait pas rond, qu'elle était "anxieuse". Quand maman tire la tronche, et ça n'arrive pas souvent malgré tous ses déboires croyez-moi, elle dit ça, qu'elle est "anxieuse". Elle me dit "t'inquiète pas mon chaton, maman est juste un peu anxieuse". Elle dit toujours "un peu" parce qu'elle ne veut jamais que je me fasse de la bile pour elle mais je sais bien, dans le fond, que ce n'est pas possible de quantifier ses craintes et qu'un peu ça ne veut strictement rien dire. Bref, j'ai flairé la peur. Après elle a fermé la porte de ma chambre et elle est sortie de la maison. J'ai attendu d'entendre la porte de l'ascenseur se refermer (oui parce qu'elle grince à fond les ballons cette porte!) et alors seulement je me suis levé. Je suis allé faire pipi d'abord, parce que, je ne sais pas si c'est la nuit ou quoi, mais j'ai toujours super envie de faire pipi le matin quand je me réveille. Bon et puis j'ai mangé mon bol de cornflakes et j'en ai profité du fait que maman était partie pour allumer la télé. J'aime bien faire ça, parfois, quand y a pas école. Allumer la télé et manger mes céréales devant. J'ai l'impression que ça rallonge le temps et que ça va être une journée spéciale. Ça me donne le goût des vacances. J'aime bien, moi, les vacances. Maman me laisse tout le temps sortir, parfois même tard le soir, au moins jusqu'à 21h, pour aller jouer avec les potes, dehors. Y a pas grand chose de palpitant près de l'immeuble mais quand-même, on s'amuse drôlement bien avec nos vélos. Jonas, lui, il fait des figures extras avec son skate. J'aimerais bien en avoir un pour faire pareil. Glisser sur les rampes. En plus, y en a tout plein, des rampes, dans le quartier. Mais maman elle a dit que c'était pas "dans les priorités" de m'offrir un skate. Alors je vais attendre. Ce n'est pas grave. Je sais bien qu'un jour, je pourrai en avoir mille, si je veux, moi, des skates. Jonas il en sera tout vert de jalousie. Enfin, je regardais pas vraiment la télé parce que déjà, il était toujours 5h30 et y a pas grand chose d'intéressant à cette heure-ci dans les programmes et puis aussi parce que j'arrêtais pas de penser à tout un tas de trucs. Je pensais à maman qui était partie trop tôt et que c'était décidément pas normal, aux informations qu'on avait regardées hier à la télé. Maman en avait été toute "tourneboulée". Alors je me suis rappelée qu'elle avait dit qu'il allait falloir "se serrer les coudes" et elle était toute blanche et tout. Même que je lui ai demandé si ça allait parce que j'ai vraiment cru qu'elle allait tomber par terre à un moment. Mais elle m'a dit "oui oui ça va tu ne dois pas t'inquiéter Enzo, ce sont des affaires de grands." Avec maman, tout est une affaire de grandes personnes. Si je l'écoutais, parfois, j'aurais l'impression que je ne grandirai jamais. Que je resterai toute ma vie un enfant de 10 ans. J'ai beau prendre des centimètres et tout, chaque année et pratiquement la dépasser, je me sens encore tout petit avec elle. Y a quelque chose d'illogique là-dedans. Mon cerveau ne veut pas comprendre. Jonas dit que c'est parce qu'il est trop mou. Mais je pense que tous les cerveaux sont mous, déjà parce qu'ils peuvent transformer des pensées et que pour ça, il faut de la souplesse. Au bout d'un moment j'en ai eu marre de regarder des pubs pour acheter des appareils pour maigrir ou des fouets pour faire des gâteaux. J'avais trouvé la nana qui parlait mignonne au début alors je m'étais laissé emporté mais finalement, elle était pas si terrible et puis sa voix était trop agaçante. On aurait dit ma maîtresse et je l'aimais pas. Quand elle a sorti une carotte pour faire un jeu de mot débile genre "c'est votre carotte" en souriant comme une attardée, ben j'ai carrément éteint la télé. J'ai commencé à compter les minutes. Mais ça aussi, j'en ai vite eu marre. Alors j'ai mis mes baskets et je suis sorti. Ouais, comme ça, en pyjama et tout. Maman aurait pas été contente mais c'est un pyjama en polaire et je l'aime bien. Il est bleu marine et y a des rayures dessus alors ça fait pas bébé. Donc je suis sorti et là j'ai vu un truc vraiment très très bizarre. Y avait une queue interminable devant un distributeur de banque. Des mamans avec des poussettes, des bébés qui pleuraient parce que même eux ils avaient encore sommeil, beaucoup d'hommes du quartier aussi comme Stouf, le type qui tient le Kebab à l'angle de la rue, Mimi du salon de coiffure, même Myriam elle était là avec sa mère et elle avait pas l'air réveillée du tout. Mais j'ai pas vu maman. Elle n'était pas là. D'un coup j'ai commencé à angoisser sévère. Je me suis imaginé tout plein de trucs. Et puis je comprenais rien. Pourquoi y avait tellement de gens devant cette banque ? D'habitude, dans le quartier, tout le monde allait à La Poste en plus pour retirer un billet de 10 euros. Celle-ci, j'avais jamais vu grand monde devant. J'ai demandé à Stouf qu'est-ce qui se passait. Il m'a répondu de pas m'en faire, que tout allait bien, que les grands devaient juste "prendre leurs précautions". Il a bien vu que je captais quedal à ce qu'il me disait et que je n'étais pas dupe. Mais ni lui, ni Myriam ou Mimi n'avaient vu maman. Je commençais vraiment à pétocher et à me demander si on me cachait pas un truc hyper grave quand y a Moma, la petite vieille qui vit à l'étage du dessus de chez moi et qui doit avoir genre mille ans passés tellement elle a de rides au bord des yeux et de la bouche, elle m'a dit, Moma, qu'elle, elle avait vu maman et qu'elle était partie retirer ses sous dans une autre banque, sur la place Saint-Corentin. J'ai failli y aller mais après je me suis dit que ça faisait quand-même une trotte et qu'elle serait pas contente de me voir débouler là, comme ça. J'ai regardé ma montre. Il était à peine 6h23. Le temps coulait pas ce matin. Y avait rien à faire. J'avais l'impression que ça faisait une éternité qu'elle était partie et même pas. Moma m'a dit de rentrer chez moi, que maman allait pas tarder. Je lui ai demandé ce qui se passait. Je me doutais bien qu'elle allait aussi mentir mais fallait que j'en aie le coeur net. Ça a pas loupé, elle a dit comme Stouf "affaire de grands, t'en fais pas mon biquet, tout va bien se passer mon chat" et blablabla. J'ai traîné les pieds jusqu'à la maison. J'ai fait bien exprès de pas marcher trop vite, au cas où il se passerait un truc intéressant et que maman rentrerait. J'ai rallumé la télé et j'ai repris un bol de cornflakes. C'était pas une journée comme d'habitude mais c'était pas non plus les vacances. Je savourais rien du tout et ça me plaisait pas. À un moment j'ai dû m'endormir parce que c'est le téléphone qui m'a réveillé. Vache, il était 10h du matin et j'avais dormi tout ce temps. J'ai attendu que maman décroche mais y avait personne à la maison. J'étais pas bien réveillé alors j'ai pas tout de suite compris ce que le gars m'a dit au téléphone : "votre maman, hôpital, ça va aller, rien de grave..." J'ai dû mettre bien une heure à comprendre ce que le mec il était en train de me dire : maman avait eu un accident, elle était tombée dans les pommes devant la banque ! Là j'ai plus rien compris, tout s'est embrouillé et j'ai commencé à avoir des larmes dans la gorge. Le type de l'hôpital continuait à me poser des questions et moi je ne comprenais rien, je savais plus où j'étais ni comment je m'appelais. Pour vrai, ce moment a été terrible. Je sentais bien que j'étais pas capable de parler ni même de bouger. Quand il a fini par raccrocher de l'autre côté, j'ai bien dû rester dix minutes avec le téléphone en main sans bouger. Et puis j'ai repris mes esprits. Maman avait besoin de mon aide, il fallait faire vite. Je me suis habillé en vitesse et j'ai couru pour aller la rejoindre. Je suis passé rapido par chez Stouf pour le prévenir, au cas où : "Maman est à l'hosto, faut que j'y aille" que je lui ai dit. Stouf a tenu à venir avec moi alors j'ai pas pu refuser. Même maman, elle aurait préféré ça, que je vienne pas tout seul. Mais pendant tout le chemin j'ai eu envie de pleurer et j'osais pas, parce que Stouf arrêtait pas de me regarder, il avait l'air inquiet. Moi, je comprenais pas. Je voulais vraiment lui demander pourquoi maman était à l'hosto, qu'est-ce qui allait se passer. Mais après y avoir pensé je me suis dit que ça ne servirait à rien de toute façon. Il mentirait.
Une drôle de journée
2 votes - 31 October 2014 - 14h07
1 286 points
Enzo se levait, il était là sur son lit extrêmement fatigué, il sentait tout mou, sa mère était dans la salle à manger visiblement les problèmes d'argent sont très graves. Car elle avait l'air abattue, non pas tant que ça, vraiment très inquiète Enzo lui demande si tout va bien, lui réponds "oui" mais pas un "oui" normal, on a l'impression quelle a un vrai problème.
Enzo partait alors à l'école, contaminé par l'inquiétude de sa mère qu'il ne comprenait pas,lui. Sa maîtresse d'école, ce vieux rapace leur fit un cours sur l'histoire de France, puis des divisions... ça a duré toute la journée.
Mais Enzo n'avait pas la tête à jouer, sa mère.
Alors son voisin durant le cours de français, le dernier de la journée, lui parlait de la sortie de la France de la zone Euro et de ...
Rentré chez lui, Enzo pris une carotte au frigo puis alla faire ces devoirs pour vite finir, bien sur.Tant pis si c'est tout faux, de toute façon l'histoire de France ça sert à quoi? D'après son voisin, cette histoire était fausse pas tout, en tout cas c'est ce qu'il avait compris.
Il attendait ça mère, elle allait peut-être rentrer tard du travail, le lendemain, il serait en week-end et n'aurais plus à s'occuper de ces bêtises et du charabia qu'on lui apprenait à l'école.
Et c'est sur cette pensé qu'Enzo finit sa journée, en attendant sa mère.
La tête de Hollande
1 votes - 31 October 2014 - 13h06
2 631 points
"Kesk'on va faire?" j'ai écrit à Thomas . Heureusement , ils n'ont pas coupé l'électricité et les portables. C'est ma voisine de palier qui m'a accueilli . On joue avec Thomas. Elle nous a dit de nous concentrer sur les devoirs de classe, la barbe. Thomas m'aide à réviser les cours d'histoire.
Sa mère à Thomas , elle a l'air drôlement inquiète . Ca fait deux heures que maman n'est pas rentrée. Elle me demande si je n'ai pas le numéro du travail . Elle a appelé , ils lui ont répondu qu'elle était déjà sorti de ses heures de ménage. Bizarre.
On regarde la télévision du salon , sans le son . On voit des mines catastrophées , on dirait qu'ils ont la tête de Hollande quand il était sous la pluie , avec ses lunettes . Trop marrant.
Katell , sa mère , elle cuisine pendant ce temps là , des carottes qu'elle a ramenées de chez la grand-mère de Thomas . Elle a dit "Vous en mangerez ça rend aimable". Je vais manger de bonne heure pour une fois , comme chez les vieux.
Le père de Thomas est rentré . Il a pris un air comme Hollande , le visage défait comme s'il n'avait mal dormi . " Ma carte est bloquée". Y'a eu une dispute qui a éclaté entre les parents . Nous, avec Thomas on reste dans le sofa tout mou à mater les actualités , les images ne changent pas trop.
"C'est eux!" il a crié en pointant le doigt vers l'écran de la télévision . Il a mis le volume plus fort.
Katell , elle a remis une louche en parlant de ma mère, sur son absence.
Le père de Thomas n'a même pas enlevé son blouson." Il faut aller aux flics" il a dit ." Viens avec moi , on va faire une description . Ce n'est pas normal. Et elle ne répond pas au portable !"
Dans la voiture , il avait l'air agité le père.
" Elle quitte à quelle heure ?"
J'ai tout répondu bien. Histoire de le rassurer. "Il s'est passé quelque chose". " Elle a de l'argent au moins ?"
Les questions fusaient quand soudain j'ai reçu un appel . " Je réponds pas , c'est un indicatif trop étrange" . Son père m'a forcé à décrocher.
"Bonsoir c'est le Centre Hospitalier de Cournouailles , pourrais-je parler à Enzo?"
Là mes yeux se sont embués . Le père de Thomas a garé la voiture . Je sanglotais , il a pris le combiné. Direction hôpital . Maman était tombée dans les pommes . Elle était prise en charge.
Enigme enfantine
2 votes - 31 October 2014 - 12h14
1 126 points
Aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'il se passe mais il me semble que quelque chose n'est pas normal. Oui ma mère est venu me voir au réveil et m'a dit "Enzo, je vais à la banque c'est urgent !". Mais que se passe-t-il ? J'aimerai bien le savoir alors je fais un passage éclair dans la salle de bain encore humide du passage de maman et en effet c'était urgent comme elle me l'a dit car elle avait oublié de couper l'eau du robinet et sa serviette de bain était en boule par terre comme si elle avait eu une urgence. Une fois mes dents brossées et un survêtement enfilé j'ai filé dans l'ascenseur et appuyé une dizaine de fois sur le bouton "0" pour être sur qu'il prendrait bien en compte ma demande. Une fois au rez-de-chaussée je ne savais pas où j'allais aller mais je voulais savoir. Posté au pied de l'immeuble j'essayais d'apercevoir ma mère mais une foule inhabituelle était dans la rue d'en face. Mais que faisaient-ils tous ici à 9h du matin ? Je n'arrivais même pas à distinguer devant quel commerce ils se ruaient tous. Puis un homme assez âgé vêtu d'une veste sombre et une casquette sur la tête passa en courant avec sa carte bancaire à la main. Ca y est j'ai compris, enfin disons en partie. Oui cet homme là devait se rendre à la banque comme maman, il fallait que j'aile aider ma mère si elle était au milieu de cette foule au comportement animal. Je traverse donc la route et soudain j'aperçois ma mère en pleurs au cotés d'autres femmes et hommes qui comme elle tenait en leurs mains quelques billets de banque. Quand elle m'a vu elle s'est jeté sur moi et m'a demandé ce que je faisais ici je lui ai répondu que je lui retournai la question mais sa réponse me parut d'une absurdité dont je n'arrivais pas à déchiffrer le moindre mot. Elle a dit très précisément "On va être ruiné il fallait que je récupère ce qui m'appartient avant qu'il n'y ait plus rien". Pourquoi allons-nous être ruiné ? Cette journée commençait mal car ma mère semblait soucieuse de quelque chose et je n'arrivais pas à la comprendre, c'est ce qui m'insupporte le plus. Il fallait que je découvre la vérité. Avec ma mère nous sommes rentrés à l'appartement puis elle a allumé la télé tout en épluchant quelques carottes pour le repas de midi. Un flash info disait que nous étions "sortis de l'euro". Alors là j'avais dans ma tête un vrai puzzle car pour moi l'euro est simplement l'argent donc pourquoi serions nous sorti de celui ci ? L'autre morceau du puzzle c'était l'amas de gens qui veulent récupérer leur argent.
A la fin du repas je ne voulais pas rester dans l'inconnu, je suis donc parti m'asseoir sur mon matelas mou pour réfléchir à l'enquête que je devais mener pour aider maman. Au bout de 20 minutes de réflexion une idée m'est venue, il fallait que j'aille récupérer des informations auprès des garçons de mon âge avec qui je joue au foot en temps normal. Les deux premiers chez qui je me suis rendu n'ont pas répondu mais j'allais essayer de contacter le plus important en dernier car chez lui j'étais sur de trouver les informations nécessaires à mon enquête. Je sonne et le père de Jérémy, mon copain, me répond à l'interphone "Qu'est ce que je peux faire pour toi Enzo?", je lui ai répondu que j'avais n soucis avec ma mère. C'était un peu vague mais après tout c'était la vérité. Une fois entré chez eux je n'ai pas attendu très longtemps pour exposer mon problème. Je leur ai expliqué, enfin surtout à son père car Jérémy à part le foot il ne comprend pas grand chose mais son père lui est banquier et c'est pour cela que je me suis rendu ici. Après lui avoir expliqué le flou que constituait la "sortie de l'euro" il m'a expliqué simplement qu'avant en France on avait la même monnaie que dans les autres pays d'Europe mais que maintenant François Hollande avait décidé d'avoir une monnaie unique à la France. Je ne comprenais toujours pas pourquoi il fallait retirer immédiatement son argent. Une fois rentré à la maison, il était environ 20 heures, j'ai questionné ma mère "Pourquoi il faut retirer son argent maman ? Il ne va pas s'envoler si ?" et à ma surprise elle m'a répondu "Peut être bien que si, on ne sait pas de quoi demain sera fait" ...
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