C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
0 : 00 : 00 : 00
Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

02 Nov - Georgette
Publié le 02 Nov 2014 à 20:15 - Mis à jour à 20:15
 3Adello
2580 points

Les rafales de vent se mirent à souffler, et personne n'avait eu le temps de se mettre à l'abri. Ils étaient tous au cimetière, et moi aussi. C'était la première fois que j'allais tout seul dans un cimetière, j'étais allé que deux fois avec Maman, à Quimper, pour aller voir Mamie. J'ai réussi à sortir en douce de chez Tom, je sais pas s'il trouvera mon mot. Mais Tom, il caftera pas. Après j'ai eu un peu de mal sur la moto à cause du vent. Aujourd'hui, il faisait un vent à écorner les bœufs, comme elle disait Mamie. Elle disait ça à chaque fois que son fichu tenait pas en place, ça veut dire presque tous les jours à Quimper. Maintenant, j'étais au cimetière de Concarneau. Y'avait plus un chrysanthème debout. Le gens ne pleuraient plus, parce que le suroît (c'est ma nouvelle copine qui m'a appris ça) séchait leurs joues toutes ridées. J'avais grave froid, mais je voulais pas montrer que personne prenait soin de moi. Y'avait personne à l'adresse de la photo, la maison était vide. Et sur la boîte aux lettres, on pouvait lire que le nom d'une madame : Georgette Le Guen. C'est peut-être du racisme de vieux, mais j'ai pensé direct que Georgette, c'était une mamie. Et le 2 novembre, les mamies elles vont pas au supermarché ou au club de belote. Elles sont au cimetière. Et j'ai trouvé Georgette, elle était devant la tombe de Yves Le Guen alors c'était facile. Je l'ai pas dérangée, je suis pas un sauvage. J'ai attendu au bout de l'allée, où y'avait un genre de mausolée comme dans MediEvil (et même que je suis plus fort que Tom à ce jeu) et je pouvais me protéger du vent. Elle s'est approchée de moi et elle m'a dit, sans me dire bonjour : "Petit, il fait sacrément frisquet aujourd'hui, il y a un de ces vents à... - Écorner des bœufs !" J'avais crié, je crois. Elle a ri et elle m'a demandé pourquoi j'étais tout seul ici. Et j'ai répondu que j'étais pas tout seul d'abord, que j'étais avec mon cousin, et même qu'il a quinze ans mais il a peur des cimetières, mais c'est pas un trouillard, il est super fort pour les jeux vidéo d'horreur, mais moi je voulais voir mon Papy au cimetière. Je crois que j'avais dit tout ça trop vite. Je sais pas si elle m'a cru, mais elle m'a proposé d'aller manger des crêpes alors bien sûr que j'ai dit oui. Je suis pas fou. Elle avait pas de nutella, mais de la confiture de cerise. Elle a dit qu'elle l'avait faite elle-même. Je savais déjà que les parents mentent aussi, mais les mamies quand même. J'étais choqué. Je sais plus trop quand, peut-être après la troisième crêpe, j'ai craqué. J'ai dit la vérité et j'ai juré-craché parce qu'elle me croyait toujours pas. Alors elle m'a fait un chocolat chaud et on a discuté beaucoup. Elle m'a dit qu'elle connaissait mon père. Mais Georgette, elle se souvient pas de tout : "Son nom ne me revient pas, mais j'ai souvenance qu'il est reparti au Faou après. - C'est pas un cinglé mon père ! - Non mon Petit, Le Faou c'est un village sur la route de Brest. Ça s'écrit Le Fa-ou." Elle a tellement articulé que j'ai vu que Georgette, elle a plus beaucoup de dents. Mais je vais rien dire à personne, parce que Georgette, maintenant, c'est ma copine. Même si elle est un peu vieille. Comme ça, elle tombera pas amoureuse de moi pendant notre cavale. Parce que Georgette, elle voulait pas que je parte à Le Faou tout seul "sur la moto de mon cousin". De toute façon, je crois pas qu'il y avait encore de l'essence dans la piwi.

Enzo sur la route de Concarneau
Publié le 02 Nov 2014 à 00:03 - Mis à jour à 00:03

Ecrivez la journée vécue par Enzo en vous inspirant de l'histoire imaginée par le gagnant de la veille.

Pour gagner des points, vous devez commencer impérativement votre texte par cette phrase :
« Les rafales de vent se mirent à souffler, et personne n'avait eu le temps de se mettre à l'abri... »

C'est à vous.

2 contributions
Temps restant : 0 : 00 : 00 : 00

En compétition pour la suite (2)

La Procession
0 votes - 02 November 2014 - 16h01
0 77 points
Les rafales de vents se mirent à souffler, et personne n'avait eu le temps de se mettre à l'abri. Enzo, sur une moto bien trop grande pour lui, dut s’arrêter devant cette monstrueuse tempête. Parti tôt ce matin, il regrettait le lit de Tom. Il regrettait d'avoir quitter son meilleur ami et sa mère. Mais il pensa à cet inconnu censé être son père. S'il vivait toujours à Concarneau, peut-être pourrait-il aider cette dernière...
Sur la grande route de Concarneau, Enzo n'était pas seul. Non, il pouvait apercevoir rune grande procession qui rentrait dans un village. Mais plus que voir, il l'entendait. Ce n'était certes pas la première fois qu'il entendait de la musique bretonne mais il n'avait jamais vu de Bagad en vrai. Arrivé aux village de Kristou Bled (il ne put s’empêcher de pouffer) il dut se mêler à la foule. Entre les mélodies de cornemuse et de bombarde, Enzo fut choqué par la violence des propos.
Pensif,Enzo n'aperçut pas la camionnette, trop occupé par la tempête qui approchait. Mais quand il vit la carcasse couché sur le flanc, il était trop tard. Rapidement il sauta du véhicule qui alla se fracasser contre la camionnette. Sauf mais sonné, Enzo se leva en titubant et alla observer les dégâts. De toute évidence, la moto était fichue, encastré dans ce qui semblait être une camionnette de police. Il comprit ce qui s'était passé quand il vit le chauffeur,mort d'une balle dans la tête et les triskel tagués sur la camionnette Effrayé, Enzo, courut pour fuir la zone qu'il jugeait dangereuse. Il se faisait déjà tard et il n'irait pas loin sans moto il décida alors de revenir aux village de la procession.
Arrivé à destination, il découvrit le chaos laissé par cette dernière.Des véhicules brûlées des triskels tagués un peu par tout des commerces pillés... Fourbus par la journée, Enzo élit domicile dans une des ces ruines le temps d'une nuit en ésperznt que la procession ne reviennent pas sur les lieux.
Easy Rider
2 votes - 02 November 2014 - 14h41
 3 9501 points
Les rafales de vent se mirent à souffler, et personne n'avait eu le temps de se mettre à l'abri. Sauf moi. Quand ça a commencé à pleuvoir, j'étais déjà dans la cabine téléphonique et je regardais les gens paniquer à la sortie de l'église et courir rapidement vers leur voiture. Il y a même une vieille dame qui a glissé sur les pavés du parvis et qui s'est cassée la figure. C'était rigolo. Même si je sais que ma maman dit toujours qu'il faut pas se moquer du malheur des autres. Alors le prêtre, il est venu pour l'aider à se relever le vent il a soulevé sa grande robe blanche. Ça aussi, c'était rigolo.
Ce qui était moins drôle, c'était que j'étais toujours pas à Concarneau ! Je m'étais réveillé de bonne heure, j'avais préparé mes affaires et pris (emprunté, hein, je ne suis pas un voleur) ce qui me manquait dans la cuisine de Tom (notamment un grand couteau pointu, je suis pas idiot et il faut bien que j'ai de quoi me défendre !). J'ai même pris le temps d'écrire une lettre à la maman de Tom que j'ai laissée sur mon oreiller : "Je sui partie cherché mon papa. Surtou ne vous inquiéter pas et véiller bien sur ma maman. Je revient trés vite. Enzo". Comme ça, ils s'inquiéteront pas pour rien, ils sauront que tout va bien pour moi.
Bref, tout allait comme sur des roulettes, mais je me suis endormi dans la cave où j'avais laissé la moto ! Du coup, je suis parti en retard et cette moto n'avance pas aussi vite que je le voudrais. Alors j'ai fait une pause pour manger à midi dans un bled qui s'appelle Saint-Evarzec. Comme je suis un malin, je suis entré dans la cabine téléphonique de la place de l'église, comme ça, je peux manger tranquillement (j'ai avalé un mini-Mars et mes deux cookies, si on les mange pas de suite, ça devient tout mou et c'est pas bon) et faire croire que je téléphone pour pas attirer l'attention des grands.
Je suis reparti de Saint-Evarzec quand il a arrêté de pleuvoir. Ça aussi, ça m'a beaucoup retardé ! Et la route était encore longue, ça m'a pris au moins trois heures pour arriver à Concarneau. J'ai pas pris la grande route orange sur la carte Google Maps, c"était trop évident que tout le monde prendrait cette route et je ne voulais pas être au milieu des voitures. Mon pote Antoine, il s'est fait renverser par une voiture une fois, alors je sais qu'il faut faire attention. Par contre les autres chemins, ils sont plus longs. Mais au moins, j'ai rencontré personne sur la route.
Et même à Concarneau, j'ai eu du mal à m'y retrouver avec le nom des rues, les numéros. Ça m'a énervé de tourner en rond pour rien. Ça m'a encore plus énervé quand je suis tombé en panne ! Je crois que ma moto n'a plus d'essence, alors j'ai dû continuer à pied ! J'ai quand même caché la moto derrière une grande poubelle, Rue Suzanne Lenglen. Il faut bien que je me souvienne de l'endroit si je veux la retrouver !
Quand j'ai fini par trouver la rue Molière et le numéro 5, il faisait déjà presque nuit et j'étais super fatigué. Mais c'était bien l'adresse au dos de la photo de mon papa. Alors, je suis allé sonner à la porte. J'avais une grosse boule au ventre et l'envie de dégobiller mais je me suis retenu. Après plusieurs secondes à attendre dans le froid, c'est un vieux monsieur avec des gros sourcils blancs et un fusil qui a ouvert la porte. J'ai été surpris, mais j'ai quand même souri et montré ma photo en demandant :
- Bonjour Monsieur, il est là mon papa ?
Suivre le Live

Témoignez dans anarchy

Produit par :
En partenariat avec :
France 4Nouvelles EcrituresTelfrance SérieINA
Le MondeLes InrockuptiblesAlternatives EconomiquesFrance Inter
Avec le soutien du :
Développé par :
France 4Europe Créative MEDIAESPCICEEA
SolicisIRI
Votre navigateur n'est pas à jour

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site correctement. Mettre à jour mon navigateur maintenant

Fermer