C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

04 Nov - La gabare d'Hervé Le Bras
Publié le 04 Nov 2014 à 21:21 - Mis à jour à 21:21
 3Kate
14780 points

La première réunion de coordination des communes sécessionnistes des pays de l’Aulne et de Crozon avait été riche en proposition et en rebondissements.
Les transports étaient prêts à se coordonner avec les maraîchers et commerçants de tout poil.
Après le discours de @Charles Vennec, le maire du Faou, les participants reportèrent leur attention sur le buffet chargé de spécialités locales. Cochonnailles, vin, cidre, crêpes et miel local en abondance attestaient de la vitalité économique de la région, et ce malgré la crise qui ravageait la France. 

C’est alors qu’apparu ce jeune garçon à la bouille attachante, mais qui contrastait avec la fermeté du regard. Enzo était accompagné d’une vieille dame excentrique.
Ils déboulèrent au beau milieu de notre collation avec une aisance qui frisait l’impolitesse.
La grand-mère héla l’assemblée avec un accent Bigouden qui me rappelait les conversations de pêcheurs de la baie d’Audierne à la radio.
Elle saisit une carafe en métal sur laquelle elle se mit à frapper bruyamment à l’aide d’une fourchette. Rapidement l’assemblée fit silence.
Le gamin sauta sur une chaise et de là se campa au beau milieu du buffet, sur la grande table de chêne, entre le pâté de jambon et le saucisson à l’ail.
« Bonjour tout le monde ! Je m’appelle Enzo, et elle c’est mon amie Georgette – Il sortit une photo de sa poche sur laquelle figurait un jeune couple – Ma maman est à l’hôpital. Je cherche mon papa, il faut qu’il nous aide. Il paraît qu’il habite ici. Quelqu’un le connaît ? »

Moi, @Marilou, je le connaissais, le type sur la photo. Son père, Hervé le Bras, il était à la fois marin et charpentier de marine. C’est grâce à lui que j’avais découvert la mer. Ce gars, il adorait les vieilles coques, les lougres en bois comme le Corentin de Quimper. Il avait même construit la réplique d’une yole de Bantry dans un vieux hangar près d’ici.
Quand je dis tout cela, Enzo me sauta quasiment au cou. Les larmes aux yeux il me demanda :
« Et maintenant, il est où mon papa ? Emmène-moi chez lui ! »

Le problème, c’est que son papa, je ne savais pas où il était. Cela faisait plusieurs mois qu’il était parti rénover une vieille gabare, encore plus belle que Notre Dame de Rumengol selon lui. Mais il ne m’avait pas dit dans quelle vasière il l’avait dénichée.

Enzo et Georgette, équipe de choc
Publié le 03 Nov 2014 à 21:58 - Mis à jour à 21:58

Ecrivez la journée vécue par Enzo en vous servant de l'histoire imaginée par le gagnant de la veille.

Pour gagner des points, vous devez raconter l'histoire de Enzo par les yeux d'une autre personne de votre choix. Vous êtes libres de l'inventer, où de le piocher dans vos créations de personnages.

C'est à vous.

2 contributions
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En compétition pour la suite (2)

Rencontre au marché
1 votes - 04 November 2014 - 13h20
 3 9501 points
Entre mes nuits trop courtes et toutes les décisions qui m'incombent depuis la décision de l'Elysée, mon seul moment de répit, le seul que j'apprécie réellement, c'est ma visite au marché. Je suis peut-être le maire de Le Faou, je suis peut-être en train de construire la Nouvelle Bretagne, mais il est important que je reste proche de la population et que je fasse voir qu'ils sont importants, tous.
Le marché quotidien était une bonne idée. Ca donne un repère aux habitants. Ils peuvent se voir, échanger, apprécier les produits qu'ils ont à disposition et la chance qu'ils sont de les avoir. La quantité est toujours au rendez-vous, grâce aux pêcheurs et aux chasseurs. Aucun incident, c'est bien. Et dire que j'ai entendu à la radio qu'une femme est morte à Limoges pour une baguette. Le monde devient fou ! Il faut décidément un berger pour garder son troupeau.
Tiens, quelle est donc cette personne ? Et ce jeune garçon ? Tous les étrangers à Le Faou doivent se présenter d'abord à la Mairie pour recensement. Le microcosme doit être contrôlé ! Sinon, c'est la porte ouverte à l'anarchie, comme ailleurs en France !
- Bonjour Madame, je ne crois pas que nous ayons le plaisir de nous connaître. Charles Vennec, ravi de vous rencontrer.
Je n'avais pas vu qu'elle était accompagnée d'un enfant. Pas très bien élevé d'ailleurs. Il lui coupe la parole pour me montrer une photo.
- Vous connaissez mon papa ? demande-t-il abruptement.
Voilà une occasion de plus de montrer l'hospitalité de Le Faou et que l'entraide est la maître mot de la Bretagne. Je sors mon plus beau sourire tandis que Georgette Le Guen, sa grand-mère probablement, s'épanche en détails sur les mésaventures de ce brave garçon. Ils demandent à tout le monde sur le marché si quelqu'un reconnaît cet homme. On est devant le stand de la bouchère dont l'étalage s'amenuise de jour en jour, il faut que je fasse bonne figure !
Le Faou est un bourg de deux milles âmes et, en tant que maire depuis 30 ans, j'y connais tout le monde. Je m'intéresse donc à la photographie. Une femme, un enfant dans ses bras. Et un type. Un grand noir. On en voit pas beaucoup des gens comme ça par ici, sauf les touristes. Alors forcément, je le reconnais. Je regarde aux alentours, à la recherche de mon attaché de presse : il faut toujours trouver une occasion de montrer qu'on fait le bien ! La peste soit-elle, où est-il ? Bon, qu'importe !
- Bien sûr que je le connais mon garçon ! Il travaille au garage. Ton papa est un très bon mécanicien ! Il a réparé ma vieille DS et a fait des merveilles.
Le garçon me demande quels jeux j'ai sur ma DS. Je ne comprends pas tout, mais l'important, c'est de toujours sourire. Madame Le Guen me demande où se trouve le garage. Où sont donc ses fichus journalistes quand on a besoin d'eux pour saisir sur le vif le miracle de le vie dans mon village ! Bon, espérons que la bouchère n'ira pas de main morte en commérages.
Je rends le cliché et me propose de les accompagner moi-même au garage. J'espère qu'il y travaille toujours... ça va faire deux ans que j'ai fait réviser ma DS.
Les tribulations du Faou
0 votes - 04 November 2014 - 11h38
 3 2580 points
C’était, j’en ai bien peur, le dernier voyage de la vieille R5 de Jean. Je lui suis bien reconnaissante, sa lenteur nous a interdit d’arriver au Faou avant la nuit : je n’étais pas préparée à revoir le bourg dans la lumière crue du jour. J’ai pu n’avoir d’yeux que pour Enzo qui dormait comme un loir. Tant et tant de souvenirs tentaient de remonter à la surface, mais il était encore trop tôt pour se laisser aller. Aider le petit à retrouver son père dans un premier temps, le nôtre viendra.
J’avais vu avec Catherine pour qu’elle nous trouve une petite chambre au Relais de la place. Elle m’avait prise au mot, la chambre n’était pas bien grande, mais sera bien suffisante pour nous deux, avec nos petits corps. On a mangé un bout au restaurant, ce petit a plus d’appétit quand il y a des pommes frites au menu. Il était tout excité, si je l’avais écouté, nous serions sortis pour chercher son père à la lueur de la lune. J’avais eu raison de lui tenir tête, il s’est endormi en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. J’ai regardé mon protégé rêver toute la nuit. Il n’est pas aisé de trouver le sommeil quand on doit veiller sur un enfant adorable, et sur un sac qui recèle sans doute notre seule chance de réussite. Des doutes m’ont tracassée toute la nuit : ils vont changer les têtes sur les nouveaux Francs, ces rapaces. Est-ce que les braves gens dans cette commune du fin fond du Finistère n’y verront que du feu ?
Le petit-déjeuner englouti par Enzo, je savais parfaitement par où commencer. Tout un chacun sait que dans nos villages, quand on cherche une information, le meilleur moyen de la trouver, c’est de demander aux anciens. On a commencé par René le boulanger, qui comme je le craignais nous avait quitté. Enzo a dévoré un pain aux raisins. Puis on est passés chez Bérengère l’épicière, qui profitait de sa retraire chez sa sœur dans le Morbihan. Enzo a tout de même eu ses bonbons. Partout c’était la même histoire, les mêmes excuses désolées, au moins on ne me reconnaissait pas et Enzo se remplumait. Mais on n’est pas passés inaperçus avec Enzo dans le bourg, couple pour le moins inhabituel au Faou, puisqu’à la fin du jour c’est Viviane, la tenancière du Faou du roi qui est venue nous trouver. Nous l’avions soigneusement évitée toute la journée, elle nous a forcés à rentrer dans son café. Oh, Enzo était ravi, il a eu droit à un chocolat chaud. Une bien belle journée pour lui en somme. J’étais éreintée par ces allées et venues, et il me fallait désormais affronter Viviane si je voulais retrouver le père d’Enzo. Elle seule était assez âgée pour pouvoir nous aider. Mais jusqu’où faudra-t-il aller pour lui soutirer la moindre information ?
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