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Scènes de pillage, forces de l'ordre débordées

Publié le 06 Nov 2014 à 16:38 - Mis à jour à 16:38
Incendie au centre commercial d'Amiens-Sud.  (cc Reuters / Victor Tonelli)

La France bascule. Des centaines de centres commerciaux et de boutiques ont été pris d'assaut, aujourd'hui, dans tout le pays par des consommateurs en colère. Reportage dans la zone commerciale d'Amiens Sud, en Picardie.

AMIENS (SOMME) – Dans la zone commerciale Amiens Sud, la situation n'était déjà plus contrôlable cet après-midi dès 17h. La centaine de gendarmes et de policiers dépêchée sur les lieux ne pouvait que juguler la foule de badauds toujours plus pressante et contempler, stupéfaite, le désastre à l'œuvre. Sur le parking, les pompiers tentaient de maîtriser un début d'incendie, d'où émanait une poisseuse fumée noire.

Des vigiles dépassés

Tout a basculé en milieu d'après-midi où une cohorte de consommateurs en colère s'est ruée sur les magasins du centre commercial de Glisy d'Amiens Sud, fermés sur décision des différentes enseignes de la grande distribution. Les dirigeants ont choisi de rester rideau baissé en signe de protestation à l'annonce du décret Placé. Des dizaines de riverains, hommes et femmes confondus, ont d'abord enfoncé les vitrines à coup de caddies avant de dévaliser les magasins, tous commerces confondus.

Le vigiles du centre commercial, dépassés, n'ont rien pu faire, hormis appeler du renfort. « Ils étaient nombreux, certains avaient des battes de base-ball », raconte encore sous le coup de l'émotion Grégory Timbaud, 26 ans, vigile de l'hypermarché Auchan. Selon l'employé, les pillards ont d'abord rempli leurs caddies d'appareils électroménagers avant de s'en prendre à l'alimentaire. « Le rayon alcool a été dévalisé en deux-deux », poursuit Grégory. « Ensuite, certains ont pris les bouteilles de vin de table pour nous les jeter dessus. Regardez par terre, c'est un carnage, on se croirait dans un bar un soir d'orgie. »

Christian Roche, représentant de l'Union fédérale des consommateurs Que choisir pour la région Picardie, s'est rendu sur place immédiatement. S'il condamne fermement les vols et le recours à la violence, il a tout de même souligné la responsabilité de la grande distribution dans ces pillages. « Les enseignes ont fait le choix de défendre leurs intérêts particuliers au mépris de ceux du collectif. En temps de crise comme aujourd'hui, ça peut avoir des conséquences terribles », a-t-il ajouté.

Le gouvernement tenu responsable

La CGT et FO, les principaux syndicats de la grande distribution, refusent de porter le chapeau. Ils pointent du doigt « la négligence teintée d'amateurisme des forces de sécurité. »

« Il ne faut quand même pas avoir inventé la poudre pour croire qu'on peut arrêter des pillards comme ça, sans lacrymo, sans matraque », s'est indigné Roland Rouaud, représentant de la CGT. « Pour moi, c'est clair, le gouvernement a laissé faire, ça crève les yeux ! » L'accusation a été démentie par la commandante de gendarmerie Solange Carette plus tard dans la soirée.

Cependant, une source policière, sous couvert d'anonymat, a assuré qu'aucune directive n'avait été émise par la place Beauvau. En d'autres termes, les forces de sécurité n'auraient pas reçu l'ordre d'intervenir. La ministre de l'Intérieur Ségolène Royal doit s'exprimer dans la soirée.

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