C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

08 Nov - Comme un bébé
Publié le 08 Nov 2014 à 21:31 - Mis à jour à 21:31
 3Mordem Frost
7890 points

Mon oncle ? Je l’ai regardé au fond des yeux pour voir si par hasard il était pas en train de me balader. C’est un truc infaillible : les adultes, quand ils mentent, à tous les coups ils prennent leur air supérieur genre « j’ai pas de comptes à rendre à un gamin ». Mais non, il avait juste l’air emmerdé pour moi. Je ne savais même pas que j’avais un oncle. C’était cool de le rencontrer, un autre jour ça m’aurait fait plaisir, mais là ça commençait à devenir lourd de courir partout pour que dalle.

D’un seul coup, c’était comme si ma gorge me serrait très fort. J’avais juste envie d’être avec maman et qu’elle me prenne dans ses bras. Même les moments où je me faisais engueuler parce que j’avais oublié mes exercices de maths, ça me manquait. Et puis ça rimait à quoi tout ça ? J’allais retrouver mon père, le ramener, et après ? Il allait embrasser maman sur la bouche, elle allait se réveiller et faire « Youhou, j’ai super bien dormi, mon anévrisme est réparé, on rentre à la maison. » Ben voyons, on n’était pas dans un conte de fées !

Ça m’a rappelé les séances du jeudi matin quand la maîtresse nous emmenait à la bibliothèque municipale. On se rangeait tous deux par deux dans la cour, et après en avant ! Tu parles, dès qu’on était sortis de l’école, on arrêtait de se donner la main parce que c’était trop la honte. On pouvait parler tranquilles et échanger discretos nos cartes pokemon sur le chemin, comme à la récré. La maîtresse se mettait devant les voitures en écartant les bras pour qu’on puisse traverser, elle nous râlait dessus pour qu’on reste groupés et qu’on avance plus vite. Des fois, c’était elle qui se faisait engueuler par les gens qui attendaient dans les voitures et c’était trop marrant.

A la bibliothèque, on choisissait une histoire dans un gros tas de livres préparés pour nous et après on le ramenait à la maison pour lire le soir. Un jeudi, j’avais été le dernier à choisir et il n’y avait plus qu’un bouquin avec des contes. J’étais furax en rentrant, parce que les contes c’est pour les bébés et que je voulais le livre avec Spiderman. « T’inquiète, a fait maman, je vais t’arranger les histoires ». Elle m’a lu tout le bouquin, mais façon wesh wesh, avec du verlan, des gros mots et tout et tout. A la fin on riait comme des fous, on riait tellement qu’on avait mal au ventre mais qu’on ne pouvait plus s’arrêter. D’y repenser, je me suis mis à pleurer comme une madeleine.

Enzo, l'espoir déçu
Publié le 07 Nov 2014 à 21:10 - Mis à jour à 21:12

Continuez à écrire l'histoire d'Enzo à partir de l'histoire imaginée par le gagnant de la veille.
Pour avoir une chance de voir votre texte primé, aujourd'hui une contrainte légère : votre personnage doit raconter un souvenir heureux.

2 contributions
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En compétition pour la suite (2)

La vie secrète de Yannick
0 votes - 08 November 2014 - 19h04
 3 2580 points
En fait, Hervé c'est pas mon Papa, c'est mon Tonton.Et il ment pas en vrai, alors je me suis pas énervé. Aussi parce qu'il est gentil mon nouveau tonton. Il m'a montré son bateau et il m'a expliqué tous les travaux qu'il a fait et tout ce qu'il reste à faire.
Marilou et Georgette, elles sont venues nous chercher parce qu'il faisait déjà nuit et elles avaient froid. Alors on est allés chez mon tonton. C'est pas le grand luxe chez Hervé, mais on a parlé de ma maman alors j'étais content. Je crois que Tonton, il aimait bien Maman, parce qu'il voulait tout savoir.
J'ai pas tout dit, j'ai pas parlé des jours de galère, parce que les gens, ils veulent entendre que les histoires heureuses. Je lui ai raconté la fois où avec Maman et Mamie, on était allés loin, je crois jusque dans le Morbihan pour des vacances. On allait à la plage tous les jours, et on est même allés au cinéma pour voir un dessin-animé parce que j'étais encore petit. Et Maman, elle m'avait acheté un skateboard. Et quand je tombais, Mamie me mettait de la pommade et me donnait une glace.
Quand on a fini de manger (des patates à l'eau avec des sardines, parce que "c'est la fin des haricots"), on a appelé à l'hôpital. Mais Maman elle dort encore. Je voulais pas pleurer parce que je suis un grand garçon. Mais Tom il ment, les garçons aussi ils ont droit de pleurer. Georgette m'a pris dans ses bras et elle m'a dit : "Je ne peux malheureusement pas t'offrir un esquimau aujourd'hui mon Petit, mais je te promets que tu l'auras demain." Après on est allés se coucher, mais moi je dormais pas, j'écoutais Tonton et Marilou qui discutaient dans la cuisine.
"Tu veux que je fasse quoi ? Je vais quand même pas lui dire que son père se cache parce qu'il est recherché ? Toi qui sais tout Marilou, dis-moi comment on explique à un enfant que son père était un membre de l'ARB et qu'il est impliqué dans des attentats ?
- Je ne sais pas Hervé... mais je sais une chose : tu dois lui dire qu'Enzo est là."
J'ai recommencé à pleurer. C'est quoi l'ARB ? Mon Papa il a fait des attentats comme le 11 septembre ? J'allais sortir de la chambre quand j'ai entendu : "Allo, c'est moi. J'ai un petit gars chez moi : il te cherche lui aussi."
Sans électricité
1 votes - 08 November 2014 - 16h46
 3 9501 points
Ma maman, elle dit toujours qu'il faut garder le sourire, même quand la situation est difficile. Je sais pas si je suis dans une situation difficile, mais ne pas avoir retrouver mon papa après tout le voyage que j'ai fait, ça m'a pas spécialement donné envie de sourire. Heureusement que Tonton Hervé, il est gentil.
Il nous a invités avec Georgette à manger et dormir chez lui à Goulven. Marilou, elle ne pouvait par rester à cause des affaires qu'elle doit mener. Elle est super Marilou, grâce à son bateau, elle amène de la nourriture à des gens qui n'y ont pas accès.
On a bien mangé chez Tonton Hervé. Il a dit que c'est grâce à la solidarité des bretons qu'on s'en sort alors que c'est la panique à cause de la Hollande. Tonton, il arrête pas de parler. Il était tellement content que je sois venu le retrouver qu'il m'a raconté un tas de trucs. Comment il était là pour ma naissance. Comment il aidait Maman quand elle habitait encore à Concarneau. Comment il m'apprendrait à retaper des bateaux plus tard. Tonton Hervé, maintenant, il voulait tout savoir de moi !
Je lui ai dit que j'aimais pas beaucoup l'école et que la maîtresse en avait toujours après moi. Ca la fait rire. Je lui ai parlé de Tom, que c'est mon meilleur ami et plus tard on sera cosmonautes de l'espace ensemble. Je lui ai parlé de ma copine Lucie à l'école, que c'était la plus belle et la plus gentille.
Et puis, il voulait savoir comment je vivais avec ma maman. Alors je sais pas pourquoi, je lui ai raconté la fois où on a plus eu d'électricité à la maison. Maman, elle a dit que c'était parce que l'EDF, il devait faire des travaux. Ils sont vachement courageux à l'EDF de travailler le dimanche que je me suis dit à ce moment-là. Travailler le dimanche, c'était pas un métier que je voulais faire plus tard ; cosmonaute de l'espace c'est mieux parce qu'on choisit quand on explore des planètes et quand on se repose. C'était l'hiver dernier, alors il a commencé à faire froid dans l'appartement. Alors ma maman, elle est venue à côté de moi et elle m'a enveloppé avec elle dans une couverture. Alors il a commencé à faire plus chaud et j'étais bien dans les bras de ma maman. Même si on n'avait pas la télé et qu'on pouvait l'entendre dans l'appartement d'à côté, ça m'a pas dérangé. D'habitude, je m'ennuie vite, mais pas là, j'étais content d'être juste avec ma maman. Elle a commencé à chanter en me berçant dans la couverture. J'aime bien quand elle chante en italien. Elle dit que c'est parce que j'ai la moitié du sang qui vient de Toscane.
J'ai arrêté de raconter l'histoire, parce que Georgette et tonton, ils avaient les larmes aux yeux. Je comprends pas pourquoi, c'est un de mes moments préférés de toute ma vie avec ma maman.
Alors, Georgette, elle a demandé si c'était pas le temps de retourner voir maman. Moi, j'étais pas très sûr qu'un tonton ça suffise pour la réveiller. Un papa, ça sait plus de choses à propos des maman que les tontons, c'est bien connu ! Alors j'ai demandé à Hervé s'il voulait m'aider à retrouver mon papa.
Lui qui n'a pas arrêté de sourire de la soirée, il a foncé les sourcils et il a dit qu'on verrait ça demain, qu'il était tard maintenant. J'aime pas quand la maîtresse fronce les sourcils, ça veut dire qu'il y a un truc qui lui plait pas. Y avait-il un problème avec mon papa ?
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