C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

10 Nov - À la guerre comme à la guerre
Publié le 10 Nov 2014 à 22:14 - Mis à jour à 22:14
 3Mordem Frost
7890 points

Comme mémé disait toujours : « C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis. » Alors c’est pas parce que mon paternel nous avait laissé tomber comme une vieille chaussette que j’étais fait du même bois. Fatigué ou pas, j’allais assurer comme une bête et bosser comme un homme. J’ai retroussé mes manches et on s’est mis au boulot. *

C’est pas tous les jours marrant d’être un homme, parce qu’autant le safari-poules on s’est bien marré, autant la traite ça le faisait déjà moins. L’étable puait comme c’est pas permis et j’étais moyen à l’aise pour tripoter la vache. Assis sur mon petit tabouret, je n’en menais pas large ; mais à la guerre comme à la guerre, j’ai pris mon courage à deux mains et je lui ai tiré sur les tétines de toutes mes forces pour faire sortir le lait. La bestiole a filé un grand coup de sabot et poussé un « meuh » de tous les diables. Merde, j’étais en train de me faire engueuler par une vache. Georgette a rigolé et elle a fait : « T’en as des trucs à apprendre. Avec douceur et fermeté ! » Elle m’a montré le mouvement. Une fois qu’on a pigé le truc, c’est pas si compliqué.

Le lait giclait dans le seau et au bout d’un moment, j’ai fini par en venir à bout. C’est là qu’on a entendu le barouf dehors. On a posé les seaux dans un coin et on est sorti pour aller voir. J’étais pressé de voir de la tête des guerriers. Mais au lieu de ça, il y avait un gendarme qui braillait des trucs à propos des réquisitions. Un type s’est planté en face, les bras croisés sur la poitrine, et à gueulé « On n’est pas en France ici, ça c’est les vaches des bretons, alors tu ranges ton cul de vendu dans ta caisse et tu décarres avant que je te vire à coups de fourche ! »

Comme disait la grand-mère d'Enzo
Publié le 09 Nov 2014 à 22:13 - Mis à jour à 22:13

Continuez à écrire l'histoire d'Enzo partir de l'histoire imaginée par le gagnant de la veille.
Pour avoir une chance de voir votre texte primé, aujourd'hui une contrainte proverbiale, votre contribution doit inclure deux proverbes populaires.

4 contributions
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En compétition pour la suite (4)

A demain les affaires sérieuses
0 votes - 10 November 2014 - 18h54
2 518 points
Comme disait ma grand-mère, "A demain les affaires sérieuses".
Effectivement, je devais remplacer la lampe de chevet de ma chambre qui a lâché ce matin.
Juste avant d'allez la remplacer, quelqu'un a sonné à la porte. C'était mon voisin qui voulait savoir le résultat du match PSG - OM.
Ensuite, on ma appelé pour manger puis ce n'est que vers 22H45, avant que j'aille me coucher, que je l'ai finalement changer.
Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais.
Il faut savoir hurler avec les loups
0 votes - 10 November 2014 - 18h32
 3 9501 points
Quand je me suis réveillé ce matin dans l'appartement de Tonton Hervé (il nous héberge avec Georgette tant qu'on est à Goulven), c'était le branle-bas de combat qu'elle a dit Georgette. Elle était devant la télé, sur une chaîne que je connaissais. Il y avait un vieux monsieur j'avais vu quand on était à Le Faou. Il parlait et les gens qui l'écoutaient, ils faisaient des "oh" et des "ouais" à chaque fin de fin de phrase.
Georgette, elle disait qu'elle aimait pas bien ce Charles Vennec mais qu'il avait des bon dieu d'idées pour la Bretagne et qu'il se débrouillait bien pour tirer son épingle du jeu, même si tout ce qui luit n'est pas d'or. Et que bientôt, ça allait être un beau bordel si la Bretagne se mettait à l'unisson contre la Hollande. Tonton Hervé, il était d'accord avec Vennec parce que s'il avait pas été là, le bordel il serait déjà là et ce serait pire.
Moi je m'en fichais bien de la Hollande, tout ce que je voulais c'était retrouver mon papa. Et que pour l'instant, je tombais surtout de Charybde en Scylla. Je sais pas ce que ça veut dire, c'est la maîtresse qui a dit ça un jour en parlant de mes notes qui dégringolaient mais ça me semble approprier de dire la même chose pour la recherche de mon papa.
Tonton, il a dit que c'était pas prudent de revenir à Quimper et que pour les jours à venir, il faudrait mieux éviter les grandes villes, le temps que l'agitation se tasse. Des discours comme celui de Vennec, Hervé dit que ça rend les gens saouls comme la bourrique à Robespierre et que c'est pas bon d'être dans le sillage d'exaltés, parce qu'ils sont pas du genre à ménager la chèvre et le chou. J'ai pas tout compris, je croyais qu'il y avait plus de chou justement...
Bref, j'ai demandé qu'est-ce qu'on allait faire pour mon papa, il a aussi répondu qu'il valait mieux attendre un peu aussi. Mais en attendant, je pouvais toujours l'aider à retaper son bateau ou chercher des ormeaux pour les échanger contre des pommes de terre. Ca avait pas l'air très rigolo, mais Georgette, elle m'a pris par la main pour me montrer comme on attrapait des crabes dans les rochers ! Comme ça, on ferait chère de commissaires qu'elle a ajouté. J'ai pas compris non plus pourquoi la police était chère. A moins qu'elle voulait dire qu'on ferait chier le commissaire... Bref...
Alors on s'est promené dans les cailloux, en soulevant des algues pour trouver des trous dans lesquels pourraient se cacher les crabes, quand tout à coup j'ai aperçu un truc zarbi. Quand je me suis approché, je me suis rendu qu'il y avait un monsieur coincé entre deux rochers. Il bougeait pas quand je le poussais du bout de mon bâton.
Dans sa main, il y avait un vieux bout de papier, je l'ai pris. Qu'est-ce que j'avais pas trouvé ! Une carte au trésor ! C'était sûr, y'avait une croix sur une carte !
Bon, j'ai quand même appelé Tonton et Georgette pour qu'ils aident le monsieur tout bleu...
Me cago en la mar sala
0 votes - 10 November 2014 - 16h22
1 152 points
Il a mangé comme quatre, à midi: à la cantine, bonne aubaine, des FRITES!! et un "steack à chier"pas mal du tout, pour une fois. Miam! Toujours ça de pris, toujours ça que les boches auront pas, comme disait sa grand mère, et mieux vaut tenir que courir, comme disait l'autre. Il avait peut-être même un peu trop mangé... quand les copains sont venus le chercher pour jouer au foot, il s'est senti un peu "ballonné", lui aussi. Il a décliné l'offre, au grand dam de ses copains: "pô cool, vas-y, Enzo"; "désolé les mecs, j'ai mal au bide". "Cte plaît!! tu vas pas nous laisser tomber, c pa sympa!". Ils ont insisté, autant que des mouches à merde autour d'un cadavre en décomposition. Mais il était pas dans son assiette, c'était tout, c'était comme ça, et il avait juste envie de rester tranquillou sur son lit, l'ordi sur les genoux, à targetter des moustiques.
Les potes ont fini par prendre le large, dépités. Il est resté tout seul, a poussé un grand soupir d'aise. Mais au moment de s'installer, il a eu un haut le corps en voyant la prise flotter toute seule, sans ordinateur branché dessus. Il fallait bien se rendre à l'évidence: son portable avait disparu. L'alim avait été arrachée et également emportée. Putain, un malheur ne vient jamais seul, pensait Enzo. Il réfléchissait à toute allure: qu'est-ce qui avait bien pu se passer? Des représailles maternelles? peu probable: il avait été plutôt raisonnable ces temps-ci et ses notes à l'école étaient tout à fait dans le haut du tableau. Un cambriolage? il passa en revue l'appartement: rien ne semblait manquer dans le salon (la télé trônait toujours devant le canapé), et ce dernier était à peu près en ordre. Cette notion étant toute relative vu le manque de discipline de sa chère mother dans ce domaine, sans compter que comme elle disait: j'ai autre chose de plus intéressant à foutre que de briquer l'appart, et en plus ça ne sert à rien vu qu'on redérange direct derrière.
En se retournant en direction de la chambre de sa mère, il comprit qu'il n'y avait pas qu'un problème d'ordinateur disparu.
Putain de merde: jamais deux sans trois, pensa Enzo.
En découdre avec la France
0 votes - 10 November 2014 - 12h05
 3 2580 points
Je ne suis pas un lapin de deux semaines comme disait Mamie, j’ai bien compris qu’ils me cachaient tous quelque chose. Mon oncle Hervé est gentil, mais il me parle que de Maman et pas de mon père. En plus il me fait pleurer. Mais je les ai entendus discuter quand ils croyaient que je dormais : mon Papa est quelque part en Bretagne. Peut-être qu’il ne veut pas me voir, j’m’en fiche de toute façon. J’ai pas eu besoin d’un daron quand on était tous seuls avec Maman et qu’il fallait que je l’aide et que je sois un grand. Je les ai aussi entendus parler de l’indépendance de la Bretagne. Ils disaient qu’on était plus fort que la France maintenant que c’est la crise. Si mon père est dans le coin, ce sera plus facile de le trouver quand on sera autonomes. J’ai fait un rêve bizarre où j’étais le Barack Obama de la Bretagne. La mère de Tom elle dit qu’il faut croire les rêves, même s’ils sont trop barrés, elle sait bien tout ça parce qu’elle est psy.
Alors j’ai réfléchi et je me suis dit que pendant que Maman était à l’hôpital, je préférais autant rester avec Georgette que de retourner à l’école. Georgette, elle dit d’ailleurs que plusieurs écoles ont déjà dû fermer. Marilou voulait qu’on retourne au Faou pour aider les gens à changer les choses. Georgette aussi voulait retourner au Faou, pour vérifier que les gens ne fassent pas les mêmes bêtises que dans le passé. J’allais quand même pas rester tout seul ici, à essayer de « tirer les vers du nez » de mon tonton, comme dit Georgette.
Mais d’abord, il fallait qu’on trouve de l’essence. Marilou a fait le tour du village avec un bidon et a demandé en breton à tout le monde de nous en donner. Elle avait trouvé un super argument : quand elle parlait de l’indépendance, les gens étaient prêts à nous donner plein de choses. En échange, j’ai même aidé une dame avec son ordinateur : elle voulait vendre ses choux-fleurs et les sardines de son mari sur internet pour se faire un max de thune. On a réussi à la convaincre de faire partie du réseau. Mais aussi d’autres gens : tout le monde voulait participer. Une vieille dame a eu une super idée : elle et ses copines du village, elles avaient fait des vêtements toute leur vie à Morlaix. Alors avant d’aller au Faou, on va passer à Morlaix. Elles veulent parler aux autres dames de l’usine pour « reprendre les choses en main ». Georgette elle est pas folle : "Comme ça, on va pouvoir se changer un peu plus souvent." Je lui ai dit qu'en plus c'était bientôt mon anniversaire alors elle m'a promis une nouvelle veste. J’étais aussi content qu’on reparte à l’aventure, Maman elle sera fière de moi.
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