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Privatisations : la grande braderie

Publié le 13 Nov 2014 à 12:14 - Mis à jour à 12:26

Afin de combler le déficit, Michel Cabestany a chargé Nathalie Kosciusko Morizet de piloter un grand programme de privatisations. Tous les secteurs et les équipements publics sont concernés. La Ministre de l'Economie organisait ce matin un grand raout dans l'ancienne Bourse de Paris au Palais Brongniart.

Bercy a oublié de se serrer la ceinture. Les petits plats ont été mis dans les grands pour accueillir les investisseurs du monde entier. Le champagne est servi de bonne heure dans des flûtes ciselées. La porcelaine est de mise. Les petits fours des plus grands traiteurs et restaurateurs se disputent la place au buffet. Splendeur étincelante de la France ressuscitée ou ruse pour faire oublier les temps mauvais ?

Fonds "vautours" et noblesse d'État

Venus de tous les continents, les plus grands investisseurs ont répondu à l'appel de la France. Le fonds qatari trône au premier rang, mais on y trouve pèle-mêle des financiers russes côte à côte avec les plus grandes fortunes brésiliennes et chinoises. Si Georges Soros a tenu à être présent, les fonds "vautours" ne manquent pas à l'appel : NML Capital Limited ou Aurelius Capital Management.

Ce gotha international se concurrence mais s'apprécie. Si pour eux la fortune est de mise, ils connaissent presque trop bien la crise. Le défaut argentin ou la spéculation sur la dette grecque, c'est eux. Le directeur du Trésor papote avec Michel Pébereau de la BNP.

Jean-Pierre Jouyet traverse les allées le sourire aux lèvres. L'ancien patron de l'Autorité des marchés financiers côtoie ce monde depuis vingt ans.

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Assis en rang d'oignons, dans la grande salle du Palais Brogniart qui connaît rarement une telle affluence, la cérémonie a démarré telle une vente aux enchères. Après un discours bref de Nathalie Kosciusko Morizet exaltant « l'esprit d'ouverture de la France » et la « mondialisation généreuse », les agapes ont commencé.

En entrée, les participations de l'État, certes rabougries mais toujours nombreuses : GDF, Air France, EDF, les actifs de la Caisse des Dépôts. En plat de résistance, les équipements publics : aéroports, évidemment, comme en Grèce et au Portugal, mais aussi les gares, et même certains stades. Le clou du spectacle est bien sûr la vente d'armements faite au grand jour : 100 avions rafales mis en quelques heures en vente sur le marché.

Acheteurs mais pas preneurs

La vente n'a pourtant pas tourné au feu d'artifice. Quelques entreprises publiques ont trouvé immédiatement preneurs, mais dans la majorité des cas, les investisseurs ont étudié les dossiers et posé des options.

Du côté du gouvernement, on considère que ce n'est que le lancement du processus. « On n'achète pas un pays en quelques heures » a souri Paul Singer de NML Capital. Côté armement, le Bangladesh s'est dit un moment intéressé et prêt à signer, mais a quitté la discussion en jugeant l'équipement français « peu fiable ». À défaut d'une fête, le Palais Brongniart était en tout cas hier le lieu d'une foire.

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