C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

16 Nov - La notice
Publié le 16 Nov 2014 à 22:54 - Mis à jour à 22:54
 3Laurent Le Breton
11785 points

Les voiles réussirent à accrocher un petit filet de vent. Maintenant, le bateau ne dérivait plus, il filait doucement vers le large...
On avançait dans le noir, ça faisait un peu peur mais le spectacle de ce ciel tout étoilé était joli... Marilou sifflotait une chanson de marin, quand :
— Merde, un grain vient droit sur nous.
— C’est quoi un grain ?
— C’est ça ! Me répondit-elle en me désignant un très gros nuage tout noir d’où s’échappaient des éclairs
— C’est dangereux ?
— Ça pourrait le devenir... rentre dans la cabine.
— Mais...
— Rentre je te dis !
J’obéis.
Plus on avançait, plus le voilier était secoué dans tous les sens. Moi, j’étais bien à l’abri à l’intérieur mais dehors, les voiles claquaient comme des fouets et j’entendais les paquets de mer frapper la coque et balayer le pont. Marilou était-elle vraiment capable de piloter cet engin dans de telles conditions ?
Soudain, un étrange bruit résonna dans la cabine. J’entendis aussitôt Marilou hurler un gros mot. Je me levai d’un bond et couru voir. Dehors c’était l’enfer... Je distinguais à peine la silhouette de Marilou assise à la barre :
— Marilou ! MARILOU ! Qu’est-ce qu’y s’passe ?
— La grand voile s’est déchirée ! Rentre et reste dans la cabine !
— Mais je peux t’aider !
— Rentre bordel, rentre ! C’est un ordre !
J’avais à peine exécuté son ordre quand... BOUM !!!

— Bonjour.
J’ouvris les yeux... une femme, d’une étrange beauté, me souriait :
— Tu as eu de la chance petit humain. Rares sont les fois où j’emprunte ce chemin.
Je me redressai doucement... tous mes habits étaient secs... et j’étais dans une sorte de grotte... mais une grotte de luxe ! Avec de la lumière, des tentures et des super beaux meubles partout. Cette femme était vraiment magnifique... même sa robe paraissait éclairée :
— Mais ?... Mais qui êtes-vous madame ?
— Et bien... disons que je suis ta bonne fée !
— Ma fée ?!? Vous... vous... vous êtes une fée ?!? Une vraie fée ?
— Pourquoi ? Il y en a des fausses ? Lança-t-elle en rigolant.
— Heu... ben ? Peut-être que oui... Et Marilou ?! Vous avez aussi sauvé Marilou ?
— Qui ?
— Marilou, la femme qui était avec moi sur le bateau.
— Je n’ai vu personne d’autre que toi.
— Ha... Il faut que j'la retrouve ! Et mon père aussi !
— Mais petit humain, que vas-tu faire tout seul ?
— Ben, si vous êtes une fée, MA bonne fée en plus, vous pouvez sûrement m’aider ?
— Oui, que veux-tu ?
— Ben, des super pouvoirs... pour faire tout c’que j’ai à faire, il me faut des super pouvoirs.
— Accordé !
— C’est vrai ?... Vous allez me donner des super pouvoirs ?
— Oui, ça-y-est, tu les as.
— Hein ?
Je m’approchai du grand miroir qui trônait en plein milieu de la pièce et me regardai...
« Ouais bof... ça n’se voit pas beaucoup »
Je me retournai vers elle :
— Mais, ma bonne fée, je n’pourrais pas avoir un super costume qui va avec ?
— Accordé !
Pchiiit !
— Ouah ! Ça, c’est super classe comme super costume ! Merci ma bonne fée, merci ! Je peux m’en servir dès maintenant ?
— Oui bien sûr, mais va t’entraîner dehors. Tu vas voir au début, c’est un peu compliqué à maîtriser... surtout le vol supersonique.
— Le vol supersonique !?! Ouaaaaah !
Je me précipitai à l’extérieur... Ma bonne fée me suivit :
— Bon, et bien moi j’ai une course à faire. Si tu rencontres le moindre petit problème, il y a une notice sur le guéridon, à l’entrée.
— Merci ma bonne fée, merci.
— Et souviens-toi petit humain, le sort prendra fin à minuit.
— Normal ma bonne fée, normal... mais avec des super pouvoirs, j’aurai tout réglé dans la journée !
La fée me salua... et disparue dans un nuage de fumée.
« Bon, comment ça marche ? »
En premier, j’essayai de juste lever les bras au dessus de ma tête... Rien.
Et si je disais : un, deux, trois en même temps ?... Un, deux, trois !... Rien.
Et si je criais : Su-per pouvoiiiiiiir !!!... Su-per pouvoiiiiiiir !!!... Rien.
Et si ?... Et si je lisais la notice !
Je retournai dans la grotte et... « Oh non... » C’est un super gros livre qui était posé sur le guéridon. « Ça n’peut pas être ça ? » Je lus le titre : « SUPER POUVOIRS – mode d’emploi » Malgré son énorme poids, je réussis à le prendre et à le déposer au sol. Je l’ouvris... sur la première page, il était écrit :
AVERTISSEMENT : Vous devez lire attentivement tous les avertissements de sécurité et toutes les instructions avant de pouvoir avoir accès au manuel d’utilisation. « Ouais, c’est ça ouais, je n’vais pas me taper dix milles pages avant, passons directement au chapitre sur le vol supersonique !»
J’essayai de passer aux pages suivantes... mais je ne pouvais pas ! Elles restaient comme si elles étaient collées entre elles !
Je me résignai donc à TOUT lire...
« 1) Porter des vêtements appropriés. L’utilisation de super pouvoirs n’est pas... Bla, bla, bla, bla... 2) Évitez d’utiliser les super pouvoirs sous l’emprise de l’alcool ou de substances illicites, cela pourrait... bla, bla, bla... 3) Ne jeter pas de blocs de pierre de plus de cent kilos sur un personne, cela pourrait... bla, bla, bla...4) En cas de fortes pluie... bla, bla, bla... 5) Si vous croisez un aéronef... bla, bla, bla... 6) Bla, bla, bla... »
Les heures s’écoulèrent... et s’écoulèrent encore... Ma bonne fée n’était toujours pas revenue et je n’en étais qu’à peine à la moitié de cette foutue notice...
Le soleil passa l’horizon quand...
« ça-y-est ! Je suis enfin arrivé aux consignes de sécurité pour le vol supersonique ! Yes ! Alors, voilà ! Il vous faut impérativement prononcer une formule de décollage, mais attention, cette formule... oui, oui, c’est bon, passons, passons ! Voilà, c’est là ! La formule est : Décollage immédiat ! »
Je sentis mon corps frémir... « Oh, oh... Je ne suis pas dehors... merde, le plaf... » Boum !!!

— Petit... ça va petit ?
— Son pouls est régulier... Il n'a rien. Dit une autre voix masculine.

Super-Enzo
Publié le 15 Nov 2014 à 22:02 - Mis à jour à 22:02

Ecrivez la suite de l'histoire d'Enzo en poursuivant celle d'hier. Racontez l'irruption du fantastique dans le quotidien de ce garçon à la recherche de son père. Chamboulé par les récents événements, Enzo se prend le temps d'une journée pour un super-héros...

2 contributions
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En compétition pour la suite (2)

Le chant des sirènes
0 votes - 16 November 2014 - 18h09
   3 35527 points
Les vagues me berçaient, je commençais à fatiguer.
Je regardais l'horizon, les petites îles, l'écume.
Ce paysage sauvage était beau, on m'avait raconté plein de légendes à propos de la Bretagne.
Je fixai à présent le vide, je me rappelais des histoires de vikings et de marins.
A présent je rêvais, j'étais un fier breton qui partait à la découverte de nouvelles terres!

Mon équipage féroce était derrière moi et s'affairait autour des grandes voiles.

"Cap à tribooord!"

Notre vaisseau fendait la mer et avançait fièrement contre vents et marées. Le courage de mes hommes était sans égal!

Nous arrivâmes à portée d'une multitude de petits îlots. Il me semblait voir des silhouettes sur ces rochers, mais la brume m'empêchait de bien distinguer.

Et soudain, dans le silence, un chant s'éleva.

Il arrivait de toute part, comme la stéréo de Papa, impossible de savoir d'où ce chant doux et mélodieux provenait.
Au bout de quelques instants, un de mes hommes trouva la réponse:

-Des sirèèèèèènes!!! Capitaine il y a des sirène droit devant!

Je n'en cru pas mes yeux, et pourtant il avait raison, elles étaient bien là!
Comme dans les films, une queue de poisson dorée en bas et le corps d'une femme en haut.

Le bateau se rapprochait de plus en plus, et depuis la proue, je pouvais presque en toucher une.
Je tendis le bras, j'y étais presque.

Au moment où mes doigts effleuraient les écailles violettes de la sirène, cette dernière sauta à l'eau, m'envoyant une bonne giclée d'eau salée au visage.

Je me réveillais en sursaut, la tête trempée. Une vague avait tapé la coque et m'avait copieusement éclaboussé.

Retour à la réalité!


On a des pouvoirs ou on n'en a pas
0 votes - 16 November 2014 - 07h02
 3 30062 points
J'ai tenu tout ce que j'ai pu.
Mais la fatigue a fini par prendre le dessus, et je me suis réveillé au petit matin avec la drôle d'impression qu'on n'était plus en pleine mer.
Je sais pas si c'est le choc contre la jetée, ou la mauvaise humeur que j'avais sentie sur le pont, mais j'ai ouvert les yeux.
On avait accosté, mais pas à Roscoff...Je reconnaissais pas le port.
Marilou m'a expliqué que la mer avait beaucoup grossi ces deux dernières heures et que c'était plus sage de se mettre à l'abri à l'île de Batz.
Je voyais bien qu'elle faisait des efforts mais elle en avait gros sur la patate, ça se voyait.
Je me suis dit que j'allais mettre ma déception de côté et essayer de rendre les choses un peu plus gaies...
Marilou a tout de suite proposé:
"On va aller boire un jus, pour commencer...Ah oui, c'est vrai qu'il y a un bout entre la jetée et le bled...Il va falloir marcher un peu!
- Ben, y'a des vélos, là!
- Ils sont en location, et c'est fermé, tu vois bien!"
Mais moi, j'avais déjà décidé de me transformer en super-héros, avec formule magique et tout.
Alors j'ai fermé les yeux et je lui ai dit:
" T'inquiète...Regarde, ces deux-là, ils n'ont pas d'antivol...Me regarde pas comme ça...On prend rien, on emprunte!
- Après tout, au point où on en est!" a fait Marilou.
On est arrivé dans un bistrot, mais il n'était pas encore ouvert et j'ai bien senti que le moral de ma copine commençait à flancher...
Alors, j'ai fermé fort les yeux et j'ai dit dans ma tête:" Pikou panez, que les emmerdes cessent!"
Et le troquet, comme par magie, a ouvert ses portes dans la seconde.
On a eu droit à un petit déj énorme, avec plus de chocolat que de lait.
J'en ai pris deux, pour une fois qu'il y avait pas Georgette pour veiller à ma santé!
On a bien essayé de reprendre les vélos pour visiter l'île, mais y'avait un vent à décorner les boeufs et on faisait du sur place.
Marilou arrêtait pas de regarder le ciel et de faire son nez tordu...
C'est toujours mauvais signe.
Alors sur le retour, je l'ai refait...Et pas possible! Incroyable mais vrai! Voilà que le soleil a commencé à montrer le bout de son nez, et pas tordu celui-là!
" T'es un sacré p'tit Korrigan, dans ton genre, tu portes chance, toi...Je vais veiller à t'emmener toujours dans mes bagages!
Bien sûr, je pouvais pas lui dire, pour mes pouvoirs, parce que si on le raconte à quelqu'un, on redevient normal, c'est la règle...Mais au fond, j'étais quand-même drôlement fier!
Et pis je sentais que j'étais devenu comme son second, à Marilou, et ça, c'était pas rien...
Du coup, comme le moral était revenu et que le vent avait tourné pour un bon moment, elle a proposé qu'on fête ça.
" Je te paye le restau, garçon...Enfin, on va essayer de le négocier... et puisqu'on est dans le pays des crabes, on va s'en taper une ventrée!"
On est arrivé au seul endroit ouvert en hiver, avec un aquarium vide qui faisait pitié...
La patronne nous a tout de suite annoncé que les crabiers étant partis en mer depuis seulement trois jours, il faudrait attendre au moins deux ou trois de plus pour en avoir.
Il ne restait plus rien de la pêche précédente, avec le peu de bateaux qui avaient pris la mer de toute façon, rapport à la grève, et elle allait pas en plus payer l'électricité pour un aquarium attrape-touristes, et...
Bref, en plus elle était pas très aimable!
Alors, pendant qu'elle était repartie dans l'arrière cuisine, j'ai fermé les yeux encore plus fort parce que c'était plus dur...
Et là, voilà qu'elle se repointe en disant que les gars étaient revenus plus tôt que prévu, toujours à cause de la grève, qu'ils venaient d'accoster et que si on voulait attendre un peu, non seulement elle nous le préparait, mais elle nous l'offrait, parce que son fils faisait partie de l'un des équipages et qu' en hiver, c'était toujours un soulagement quand il revenait...
Elle est devenue carrément gentille et Marilou a commencé à me regarder bizarrement...ou alors c'était l'allusion aux bateaux qui revenaient...
Chez moi aussi, bien sûr, ça avait fait tilt!
J'ai demandé à Marilou si elle pensait que mon pater faisait partie de ceux qui étaient arrivés à Batz, mais elle m'a répondu qu'il y avait pas de raison et que s'il avait embarqué sur un bateau roscovite, il reviendrait là où il était parti.
J'ai insisté en lui disant qu'il s'était peut-être mis à l'abri lui aussi, mais elle a juste rigolé en levant les yeux au ciel, genre" Mon pauvre mignon!"
"Allez, qu'elle a fait, assez traîné, on va pas trop pousser notre chance, on reprend la mer..."
J'osais plus trop poser de questions et je me demandais si on allait continuer à poursuivre un caseyeur qui, si ça se trouve, faisait demi- tour, ou même avait déjà jeté l'ancre.
Je les avais jamais fermés aussi fort et j'ai même crié deux fois dans ma tête:
" Pikou panez, que les emmerdes cessent!"
Et pis j'ai demandé très bas, le bas de la trouille, à Marilou:
" On va où?
- Demi- tour, Matelot, on retourne à Roscoff!"
C'est pas une preuve, ça?
C'est LA preuve!
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