C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

17 Nov - Matelot navigue sur les flots
Publié le 17 Nov 2014 à 21:29 - Mis à jour à 21:30
 3Mordem Frost
7890 points

J’ouvris les yeux sur un bateau
Ainsi parlaient deux matelots :
"- Il est pas un peu pâlot le marmot ?
- Bah… pas trop.
- Ils ont de la chance qu’on les ait sortis de l’eau !"
Ils me gonflaient avec leurs rimes en « o »,
J’en avais même carrément plein le dos.
Je criai Marylou : « Eh oh ! »
Elle fit : « Je suis là l’asticot ! »
Je demandai : « C’est quoi ce rafiot ? »
Elle répondit : « On est sur un cargo
En partance vers Thurso.
Ils pêchaient le maquereau
Quand le temps en devenu gros.
Ils ont reçu mon SOS par radio
Et nous ont envoyé le canot.
On a échappé de peu au tombeau."

Enzo, la fin de l'aventure en bateau
Publié le 16 Nov 2014 à 22:57 - Mis à jour à 22:57

Ecrivez la suite de l'histoire d'Enzo en poursuivant celle d'hier. Prenez garde, aujourd'hui la contrainte est claire : poésie, chanson, fable, dialogue de théâtre, roman mélo... tout est possible pourvu que ça rime !

3 contributions
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En compétition pour la suite (3)

Y'a d'la joie !
0 votes - 17 November 2014 - 19h52
 3 11785 points
J’étais sain et sauf...mais Marilou avait disparue.
Georgette était venue me chercher à l’hôpital.
Elle voulait repartir directement à Quimper ou à Concarneau, mais moi, j’avais carrément refusé ! Je ne pouvais pas quitter Roscoff sans savoir... sans savoir pour Marilou.
Georgette comprit ma revendication. De toute façon, il ne restait plus assez d’essence dans sa voiture pour faire la route jusqu’à chez nous.
Moi, je voulais qu’on me laisse suivre toute la côte à pieds pour essayer de retrouver Marilou. Georgette accepta.
Je marchais seul... un nœud à la gorge...
« Si elle ne m’avait pas obligé à rester dans la cabine, j’aurai sûrement pu l’aider, p’t’êt’ même la sauver ! »
J’ai même dessiné, sur le sable, son doux visage, qui me souriait. Je la cherchai sans trop y croire, et sans espoir, pour me guider. Alors j’ai crié, crié, Marilou, pour qu’elle revienne... Et j’ai pleuré, pleuré, Oh ! J’avais trop de peine...
Je me suis vite repris... et j’ai continué mon chemin... en pensant encore et toujours à elle...
« Dieu ! Mais que Marilou était jolie, quand elle marchait sur le quai de Portzi, en chantant à pleine voix, ça ira, ça ira, toute la vie... Toute la vie ? »
Là, je me suis effondré en larmes.
Je pleurais, je pleurais... je ne pouvais pas m’arrêter, c’était plus fort que moi...
Au bout d’un moment, je sentis une main se poser sur mon épaule :
— Pleure donc, pleure donc pas comme ça, ça fait pleurer l’bon Dieu, p’tit gars, ça fait pleurer l’bon Dieu.
— Quoi ?
— Pleure donc, pleure donc pas comme ça, ça fait pleurer l’bon Dieu, p’tit gars, ça fait pleurer l’bon Dieu. L’bon Dieu.
Je me retournai... Un homme était là :
— Qu’as-tu donc p’tit gars, t’as perdu tes parents ?
— Non... enfin si... enfin presque... Ma mère est à l’hôpital et mon père est en Irlande... enfin, je crois... Mais le plus grave c’est que, à cause de moi, Marilou, ma... ma meilleure amie est... elle est sûrement morte en mer.
— Ha... Sache tout d’abord p’tit gars qu’on me meurt pas en mer, on disparait, c’est pas pareil.
— Pffuu... Si, pour moi, c’est pareil.
— Et elle ressemble à quoi la disparue ?
— Ben... c’est Marilou.
— Allez, viens avec moi, on va voir se qu’on peut faire. Je vais lancer un appel à la radio.
Nous quittèrent la grève et remontèrent au village.
— Vous êtes marin, vous monsieur ?
— Oui, depuis dix ans.
— Ah, et avant, vous faisiez quoi ?
— Oh... à cette époque je n’étais pas très fréquentable... mais j’ai troqué mes santiags et mon vieux cuir un peu zone, contre une paire de Dock Side et un vieux ciré jaune. J’ai déserté les crasse qui m’disaient soit prudent, la mer c’est dégueulasse, les poissons baisent dedans
— Oh oui, ça c’est sûr...

Nous arrivâmes rapidement chez lui. Il alluma sa VHF et lança un appel à tous les bateaux. Il leur demanda si quelqu’un avait secouru une jeune femme cette nuit.
Quelques minutes plus tard... une super bonne nouvelle tomba à nos oreilles ! Marilou avait été récupérée, SAINE ET SAUVE, par un plaisancier anglais. Ils seront à Roscoff demain matin !
Je bondis de joie ! Là, une chanson que j’avais entendue chez Georgette me vint aussitôt à l’esprit :
— Y’a d’la joie ! Bonjour, bonjour les bonnes nouvelles ! Y’a d’la joie ! Marilou est super belle ! Y’a d’la joie ! Bonjour, bonjour les bonnes nouvelles ! Y’a d’la joie, partout y’a d’la joie !!!
A Guernesey
0 votes - 17 November 2014 - 19h52
 3 14780 points
Guernesey, sur les pontons du bassin sud.
Le voilier de Marilou amarré à couple de la vedette du docteur Bléno.

Enzo s’adressant au médecin qui vient de le soigner :
-Quelqu’un a vu mon papa Yannick ?
-N’est-ce pas ce gars qui s’y connait en mécanique ?
-Mais oui, c’est lui comment le sais tu ?
-Hier après-midi, ici-même, il est venu.
-Que faisait-il ici ?

Le médecin, reconnaissant:
-Je lui dois un grand merci.
-J’aimerais pouvoir en dire autant…
-J’étais en panne de carburant
-Mon père est-il pompiste ?
-Tu es sur la bonne piste !

Enzo, impatient :
-Dis moi où le trouver !
-Jusqu’au port il m’a remorqué !
-Enfin, dis moi où il se trouve
-Je comprends ce que tu éprouves…
-Alors, est-il ici ????
-Bloqué à Guernesey lui aussi.
-Allons vite le chercher !
-Non, Il est emprisonné.

Enzo, en colère :
-Mon père n’est pas un voleur !
-Hélas, je ne suis pas un menteur.

Enzo se tourne vers Marilou, au bord des larmes.
-Mon père, un flibustier ?

Marilou, d’un ton assuré :
-Allons voir les douaniers.

Tous ensemble! Tous ensemble!
0 votes - 17 November 2014 - 08h11
 3 30062 points
C'est quoi cette voix?
La mienne est encore un peu pâteuse mais j'arrive à articuler tant bien que mal:
" Vous êtes qui, m'sieur?
- Docteur Cariou!Tu es à Roscoff, mon garçon et tu as eu de la chance, ç'aurait pu être pire...
Tu vas juste avoir une belle bosse pendant quelques jours, mais à ton âge, les blessures de guerre, c'est ce qui plaît aux filles!"
Je regarde autour de moi...
Mes deux protectrices sont là.
Marilou, qui m'explique qu'elle a fait demi- tour dare- dare après m'avoir trouvé dans les vapes, et Georgette, qui me tient la main avec encore des sanglots dans les yeux et des larmes dans la bouche...
" Mon petit...Mon tout petit, tu nous as flanqué une de ces trouilles!"
Je prolongerais bien un peu ce moment de gloire, mais tout le monde est pressé...Le docteur a son cabinet qui désemplit pas depuis la crise...Les gens sont chamboulés avec tout ce qui se passe, et pis tout le monde sait bien qu'il fait pas souvent payer les consultations...
En passant devant l'église, Georgette fait un signe de croix en remerciant le seigneur tout en nous demandant:
" Vous venez avec moi à la chorale? On est quelques-uns à avoir eu cette idée hier soir, au Goéland...Oui, après quelques verres, d'accord... et c'est l'ancien maire, le chef de choeur...Belle voix d'ailleurs, et de l'autorité!"
Marilou décide d'aller y jeter un coup d'oeil, pour faire plaisir.
Moi je suis pas chaud.
Les chorales, c'est des trucs de vieux, avec des vieux et pour des vieux, enfin je trouve...
La salle de répé est tout simplement l'arrière- salle du troquet. Drôle d'endroit pour une chorale!
Armel, le patron, nous fait signe de nous dépêcher.
...Tiens, y'a pas mal de jeunes, et pas trop de grenouilles de bénitier...
" En place: Le chiffon rouge?... Un, deux, trois!...

Accroche à ton coeur un morceau de chiffon rouge
Une fleur couleur de sang
Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge
Lève-toi car il est temps"...

Ben dis-donc, que je souffle à Marilou, c'est pas une chorale comme chez nous à l'église de Kerfeunteun!
- Chut...Tu vois bien que c'est une chorale révolutionnaire!
- Et ça sert à quoi?
- A chanter dans les manifs, sur les marchés, partout où on veut dire qu'on n'est pas content et se donner de l'espoir."
Maintenant, plus léger, et sur l'air de "Pirouette" continue l'ancien maire
" Il était un petit homme, pirouette, cacahuète!
Il était un petit homme
qui avait une drôle de réforme
qui avait une drôle de réforme..."

Je l'aime bien celle-là, elle est pas dure à chanter...
" Allez, en encore plus rigolo:Sur l'air de Félicie...

Le MEDEF il veut qu'on bosse
veut nous saigner jusqu'à l'os
Cabestany, aussi!...

Mais tout à coup Jo Trividic, un agriculteur de Saint- Pol débarque, tout défait:
"Les gars, on a deux morts, deux cultivateurs du Morbihan qui se sont fait descendre par les flics.
Y'a une manif qui démarre à Morlaix en signe de protestation...Tous ensemble...Les fonctionnaires et les pêcheurs nous rejoignent...Vous en êtes?
- Et comment!...Allez, je prends mon mini bus des grandes occasions...Le covoiturage s'impose!"
Y'en a bien un qui fait remarquer que depuis l'état d'urgence, on n'a plus le droit de se rassembler...mais il bat vite en retraite sous le regard des autres...
Comme d'hab, je suis Marilou et Georgette, très remontées et nous voilà partis ventre à terre jusque sous le pont de Morlaix!
Il était temps...Les premiers ont déjà bougé.
Les slogans commencent à fuser...une espèce de sac à colères, mais avec de l'humour, quand-même!
J'entends Armel qui lance le sien, juste à côté:
" Les jeunes, au boulot
Les vieux au bistrot!"
suivi par Marilou, qu'a pas sa langue dans sa poche:
" Les jeunes au turbin,
Les vieux au jardin!"
Mais moi, j'en retiens un que je trouve extra, même que je le replacerai...
" Pour la France d'en haut
des couilles en or
Pour la France d'en bas
des nouilles encore!"
J'adore les manifs!
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