C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

18 Nov - Enzo monte au filet
Publié le 18 Nov 2014 à 21:59 - Mis à jour à 21:59
 3LaRose
21923 points

« Eh, m’sieur, je pourrai visiter vot’ bateau ? »
« Volontiers, mon p’tit bonhomme, Enzo c’est bien ça ? »
« Oui, et vous ? »
« Moi, c’est Bilge, Sage en Turc »
« Ah ben t’es un drôle de Breton, toi ! »
« Bah c’est une longue histoire, j’ai rencontré une fille de Concarneau qui était en vacances là-bas, alors j’ai fini par ramener mon bateau ici ‘y a bien des années de ça, et voilà... Je continue à pêcher comme m’a appris mon père ! Tu vois, ça c’est une senne, tu sais, un filet, et tu encercles les bancs de poisson avec. »
« Je pourrai voir comment ça marche ? Dites, vous allez le refaire avant qu’on débarque, dites ? »
« Ah ça pour sûr, on est en mer pour 8, 10 jours, faudra supporter parce que le fuel est trop rare maintenant, on peut pas le gaspiller pour vous ramener au port et repartir ! »
« Pas grave, Marylou dit qu’on est tranquilles, que vous êtes trop sympas et qu’en plus on mange du poisson frais - Beurkkk ! »
« Un vrai p’tit gars de la ville pas vrai ? …T’as un peu de marge, ‘y a du boulot avant de pouvoir repêcher. La bolinche, enfin le filet, c’est comme ça que les Bretons l’appellent, on l’a un peu amoché pour venir vous secourir, trop pressés, on l’a accroché au remontage. »
« Ah c’est ça qu’ils font les gens assis là ? Des marins qui font de la couture ?!? »
« Les matelots, oui, ils sont en train de raccommoder le filet, c’est très long, il faut une sacrée patience. » Bilge suit le regard d’Enzo.
« Tu veux essayer ? Tu sais c’est vraiment pas facile, je suis sûr que toi que tu as plutôt l’habitude de courir au foot et de sauter partout ? »
« Oui !!! La maîtresse dit que je suis hyperactif…Mais, tu sais, j’aide aussi ma maman à monter les courses parce que là où on habite, c’est vieux et l’ascenseur est toujours en panne. Et p’is j’ vous dois bien ça ! »
« Oh ! C’est gentil ! D’ailleurs ton amie Marylou nous a bien dit que tu étais un bon garçon »
« Ah oui ? D’toute façon j’suis plus un bébé quand même ! »
Et Enzo s’installe près d’un des marins à l’ouvrage, lui réclamant un cours accéléré de ramendage de filets. Marylou arrive sur le pont et l’observe, l’air attendri. On entend un glapissement d’Enzo, qui en est à ses premiers essais avec fil et aiguille : « Aïe ! Ca fait mal ! Ah la vache !!!! »
Bile, hilare : « C’est sûr ! Un bon p’tit gars !!! »

Enzo, la bonne action
Publié le 17 Nov 2014 à 22:06 - Mis à jour à 22:08

Ecrivez la suite de l'histoire d'Enzo en poursuivant celle d'hier : Enzo et Marylou se sont sortis de la petite tempête qu'ils ont dû affronter en bateau. Pour avoir une chance de gagner, respectez la consigne suivante : Enzo doit réaliser une bonne action aujourd'hui.

2 contributions
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En compétition pour la suite (2)

La bonne action
0 votes - 18 November 2014 - 19h26
 3 11785 points
A-y-est ! On est de nouveau sur la terre ferme, et à Roscoff !
(Normalement, on ne doit plus être sur les bateaux. C'était une consigne, on doit la respecter. Bref.)
On fit un dernier « Coucou » au gentil pêcheur qui, avant de rentrer au port, avait fait un détour pour venir nous récupérer sur le cargo.
Georgette, prévenu par la VHF, nous attendait sur le quai. Elle nous conduisit aussitôt dans la maison mise gracieusement à notre disposition par sa copine. En vrai, c’était pas trop à elle, mais comme elle faisait le ménage dans des résidences secondaires, elle avait les clés.
Ouah, la baraque ! Enfin, là, c’était plus une baraque, c’était un palace !
La bâtisse était flanquée de deux tours sur chacun de ses flans, et un perron somptueux venait magnifier le tout. La déco intérieur était en phase avec le reste...
« Putain, comment qu’j’m’exprime ! On croirait la rédac du premier de la classe ! Remarque, c’est p’t’êt’ parce qu’elle a déniché cette baraque de guedin ! Quand t’es d’dans, t’as même plus envie d’péter, ni d’roter ! Ouah, la classe ! La super classe ! Les Bretons à Hollywood ! Et ma piaule, juste ma piaule, elle est grande comme tout l’appart de mon pote Tom. Dans la cuisine, y’a même une porte qui donne dans une autre pièce remplie de bouffe ! Le truc de guedin... Une pièce entière remplie de bouffe... Et dehors, dans l’jardin, enfin, dans le parc pay-y-sa-ger... tu pourrais organiser les jeux olympiques, y’a tout ! Une piscine, des cours de tennis, une piste pour courir, y’a tout ! Putain la baraque de guedin... »
– Bon allez, vu le bizz, y faut que j’recommence à m’exprimer classe... –
« La venue d’une petite accalmie météorologique m’encouragea à poursuivre cette bucolique déambulation... Mais, aussi soudainement qu’elle fut impromptue, et ce malgré les recommandations formelles de Miss Georgette, une envie de déroger à la règle m’envahi. »
– En gros, j’avais envie d’faire une connerie. –
« Cet immense portail me fascinait. Serait-il possible que je puisse l’ouvrir seul ? Je ne pouvais avoir la réponse... qu’en essayant !
Je réussis, avec grande peine, à pousser les deux gros loquets qui le maintenaient clos. » – C’est classe ça comme mot, clos... Non ? –
« Cette épique épreuve passée, je tirai, toujours avec grande peine, un des côtés du portail... et là... »
— FONCTIONNAIRES C’EST LA DEPRIME, NOUS AUSSI ON VEUT DES PRIMES !!! FONCTIONNAIRES C’EST LA DEPRIME, NOUS AUSSI ON VEUT DES PRIMES !!!
Un gros paquet d’gens était là, devant les grilles, avec des grandes banderoles et des gros panneaux... L’un d’eux s’approcha de moi :
— Ah, ah ! On savait bien que le ministre viendrait se réfugier ici ! Nous voulons voir ton père !
— Heu... il n’est pas vraiment là... mais je peux lui laisser un message... et dès qu’il rentrera, je lui en ferais part... monsieur.
— Ouais...Il est où ton père en ce moment ?
— Heu... ben... – c’est là qu’il faut êt’ bon – Ah oui, si c’est pour vos primes que vous venez, le problème est réglé monsieur.
— Ha ?... Mais comment sais-tu ça toi ?
— Ben... ce matin, papa, avant de partir... il était au téléphone avec le président de la république... et sans le faire exprès, j’ai un peu tout entendu.
— Ha ?... Et alors ?
— Ben... le président lui a dit qu’il avait eu plein d’autres présidents au téléphone... Ils vont tous filer plein de tunes, heu, pardon, les présidents vont donner énormément d’argent à la France... afin de verser une super prime à tous ceux qui la réclame.
— C’est... c’est vrai petit ? Tu ne nous mens pas ?
— Heu, non... non monsieur.
— Oh merci mon petit, merci pour cette bonne nouvelle !
— Oh, de rien ! Si ça peut vous rendre service.
— Et bien toi au moins, tu n’es pas comme ton père.
L’homme hésita quelques instants... et se retourna vers ses copains les gueulards :
— ON A GA-GNĖ ! ON A GA-GNĖ !
Ils firent tous demi-tour et ils partirent en criant :
— ON A GA-GNĖ !!! ON A GA-GNĖ !!!
Je refermai l’portail et couru prévenir Georgette qu’il fallait qu’on s’casse au plus vite de c’palace.
« Bon, je sais, mentir c’n’est pas très beau... mais là, ça a fait des heureux ! »
Un vrai délégué syndical!
0 votes - 18 November 2014 - 07h37
 3 30062 points
Sur le coup, moi j'étais plutôt content.
On avait pas péri noyés et bouffés par les goélands.
Depuis que je les avais vus manger leurs chips sur le port de Roscoff, je les croyais capables de tout ceux-là...
Et pis Thurso, je savais pas trop où c'était.
Mais quand le capitaine m'a montré sur la carte, j'en suis pas revenu... Mais qu'est-ce qu'on allait faire en Ecosse!
Quand j'en ai parlé à Marilou, elle a été d'accord: "Je te le fais pas dire, moussaillon...Essayer de retrouver ton père à 70 milles de Roscoff, là où pêche son caseyeur, c'était bon, mais si on est parti jusqu'en Ecosse!...
Sans compter que ton père, ça fait plusieurs jours qu'il est parti...Si ça se trouve, il est déjà sur le retour!
- On va peut-être le croiser?
- Ouais! Et on va s'arrêter à chaque bateau qu'on croisera et on demandera gentiment:
" Z'auriez pas un marin à bord qu'aurait perdu son marmot un soir de tempête?"
Quand Marilou prend ce ton là, de l'espèce de rigolade qui grince des dents, j'aime pas...
Alors j'ai décidé de me faire bien voir du capitaine, ça pouvait servir... et ça tombait bien, il était marié à une Bretonne, et du coup il parlait le Français impeccable, presque mieux que moi!
Je lui ai posé plein de questions, et je lui ai dit que mon plat préféré, c'était le maquereau grillé!
Une demi-heure plus tard, j'étais son grand pote.
Il me disait que je lui faisais penser à son neveu, en plus futé...
Je suis revenu vers Marilou, histoire de lui raconter.
Et là je l'ai aperçue de dos, appuyée au bastingage, mais j'ai bien vu que ses épaules secouaient, comme par vilain temps, et qu'il y avait avis de gros chagrin.
Elle disait pas tout, Marilou, mais je crois que la prolongation du match qu'on avait commencé à jouer finissait par bien la gonfler, sans compter qu'elle avait peut-être des trucs urgents à faire.
C'est vrai, c'est pas parce qu'elle racontait pas...
Alors, j'ai pris une grande décision.
Après tout, elle était là pour moi depuis le début, j'allais lui rendre la monnaie de sa pièce!
Je suis allé trouver le capitaine et lui ai dit comme ça:
" Monsieur le capitaine...Vous êtes bien gentil de nous avoir embarqué, et sans vous, on serait sans doute morts, bouffés par les goélands, mais ça va pas pour autant!
Ma copine, elle pleure,et pourtant c'est pas son style, parce que monter jusqu'en Ecosse, ça n'a pas de sens pour Marilou, parce qu'elle sait que mon père n'y est pas...et qu'elle m'a promis de le retrouver et que du coup, elle a l'impression de me balloter n'importe comment, et qu'elle est fatiguée, parce qu'on est déjà venu du Faou, qu'est pas tout à côté, jusqu'à Roscoff, pour le retrouver, et qu'après on a embarqué sur un chalutier qui a stoppé net au premier coup de semonce de la femme du patron, et qu'après on a quand-même pris la mer, mais à la voile et qu'on a été stoppé net pour cause de coup sur ma calebasse...
Bref, elle culpabilise, ma copine, c'est sûr, parce qu'elle se demande si elle a pas eu tort de prendre la mer au lieu d'attendre tranquillement que mon vieux revienne.
Et puis surtout, M'sieur, la Marilou, c'est un marin, mais c'est pas à vous que je vais le dire.
C'est pas parce qu'on est solitaire qu'on n'est pas solidaire!
Et en plus, m'sieur, un marin, c'est un contestataire!
Et elle en est malade, ma copine, de pas être dans la lutte, de pas occuper la rue, avec les autres, tous ensemble!
- Et tu veux quoi, bonhomme?
- Que vous nous rameniez au port!
- Pas question!
- Alors que vous demandiez par radio à un bateau qui va dans cette direction de nous prendre en charge...
De toute façon, on a ni passeport ni visa, on va être refoulé en arrivant chez vous!
Vous nous laisseriez pas dans la mouise quand- même! Moi c'est pas grave, mais pour ma copine Marilou, vous lui brisez le coeur, y'a pas d'autre mot!
Et pis vous, vous êtes tranquille, vous battez pavillon écossais, mais pour les pêcheurs bretons, c'est la mort, ils vont être obligés de faire des ronds dans l'eau autour des cailloux!
La solidarité des gens de mer, vous êtes comme moi, m'sieur, vous y croyez!
- Attends deux minutes ici...Je passe un coup de fil à ma femme!"
J'en menais pas large...mais j'avais tout donné!
...T'as gagné garçon, t'as su employer les bons arguments! Et ma femme a pas dit autre chose...
" Breiz Atao" qu'elle a crié au bigophone!
Et ça, c'est LE signal!"
Je suis revenu en cavalant annoncer la bonne nouvelle à Marilou, encore appuyée au bastingage.
Et elle m'a pris dans ses bras en m'appelant" Son petit korrigan" et en pleurant de joie
Et c'est peut-être la plus belle meilleure bonne action de toute ma vie que j'ai eu l'impression de faire!
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