C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

26 Nov - Vision inattendue
Publié le 26 Nov 2014 à 20:44 - Mis à jour à 20:44
 3Titelilou
2825 points

C'était encore la nuit quand je me suis réveillé. Il faisait froid dans ma couchette et le bateau remuait dans tous les sens. Il y avait plein de bruits bizarres, des craquements au plafond, des chuintements dans les murs, et puis la grosse voix du moteur qui hurlait par dessus. Ça m'a pas trop rassuré. En plus il faisait tout noir dans cette cabine.

"Enzo le héros"... Tu parles !

Pour me donner du courage, j'ai chanté une vieille chanson que Maman me chantait quand j'étais petit, une chanson qui parle de la mer et des bateaux qui vont sur l'eau. Je sais que c'est pour les petits cette chanson mais je l'aime bien quand même. Ça me rappelle des bons souvenirs. En tout cas je me suis retrouvé comme ça, assis sur mon lit dans le noir, à chanter les petits bateaux avec ma voix toute tremblante.

Et puis là je me suis mis debout et j'ai regardé par la fenêtre.
Il y avait des vagues énormes mais c'est pas ça qui a retenu mon attention.
Là, tout près de nous, il y avait un bateau. Il était tout en bois peint, mais j'arrivais pas à voir sa couleur à cause de la nuit. Il avait deux petit phares devant, une cabine de commandant et un moteur qui tournait à l'arriéré. à l'arrière. Mais c'est pas tellement la taille ou la couleur du bateau qui m'a étonné.
Ce qui m'a vraiment étonné, c'est quand j'ai aperçu la fenêtre du bateau, un grand carré tout jaune à cause de la lumière. De l'autre côté, il y avait quelqu'un qui regardait la mer en pleurant. Une fille avec de grands cheveux roux et plein de tâches de rousseur...

J'ai failli perdre l'équilibre.
C'était Gwen.

Enzo derrière sa fenêtre
Publié le 25 Nov 2014 à 19:06 - Mis à jour à 19:06

Votre héros observe le monde depuis une fenêtre, celle de son logement, de son véhicule, ou de tout autre endroit. L'occasion de révasser, de méditer sur la banalité du quotidien... ou d'être témoin d'évènements inattendus.

5 contributions
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En compétition pour la suite (5)

Masters and commanders
0 votes - 26 November 2014 - 18h41
 3 14780 points
A Molène, j’ai eu beaucoup, beaucoup de chance. Le patron du chalutier connaissait le capitaine de la vedette qui faisait la liaison entre les îles et le Conquet. Une vedette avec vision sous-marine !! Trop la classe ! Comme il connaissait ma réputation de héros depuis que mon père avait parlé à la radio, il a dit qu’il voulait faire plaisir au fils du gars Yannick et il a proposé de nous emmener au Conquet. Marilou a dit qu’on revenait à la case départ, mais moi je m’en foutais, je voulais voir la vison sous-marine comme c’était écrit sur le flanc du bateau. Quand je raconterai à Gwen que j’ai vu des requins et des baleines elle me regardera comme l’homme de sa vie. Gwen et moi quand on sera grand on aura un gros chalutier hauturier pour aller en Amérique pêcher le Barracuda !
A midi la vedette a appareillé et moi j’étais dans la cabine, les yeux rivés à la vitre du plancher. Au début on voyait juste le sable au fond, l’eau verte et plein de bulles quand l’hélice s’est mise à tourner. Et puis c’est parti, comme un film qui se déroulait devant mes yeux sauf que les poissons et les homards en étaient les acteurs. J’ai pas vu de baleine, Marilou m’a dit qu’il n’y avait pas assez de profondeur pour elles. Par contre des bancs de tout petits poissons, poursuivis par des gros et derrière encore il y avait des dauphins qui essayaient de les rattraper pour les manger !
On a survolé des masses de rochers avec des épaves de galions, dont il restait un canon posé sur le sable. J’ai pensé à Masters and commanders, le plus chouette film de pirate que j’aie jamais vu. Je l’ai vu avec maman l’année dernière à la télévision. C’était même un samedi soir et on était seuls tous les deux comme deux amoureux sur le canapé. Ça m’a fait penser que j’ai pas eu de ses nouvelles depuis longtemps.
A la fin j’ai quand même eu peur parce que de très grosses algues, des laminaires géantes, se sont collées à la coque comme si elles voulaient nous aspirer, on aurait dit des plantes carnivores. C’est là que Marilou s’est penché sur mon épaule et m’a dit : « Enzo on est arrivé au Conquet ! Et tu sais quoi ton père, on m’a dit qu’en ce moment il est gardien de phare ! »
360°
2 votes - 26 November 2014 - 18h12
   3 35527 points
Depuis la cabine j'observais les flots, le moral dans les chaussettes, j'avais mal dormi cette nuit, Papa me manquait.

J'avais hâte de le revoir, mais pour le moment nous étions loin de toute terre, c'était de l'eau à 360 degrés.

Ce que j'aimais bien, c'est que chaque jour elle changeait de teinte, tantôt bleu foncé, tantôt vers marin, cela dépendait de la météo.

Aujourd'hui le temps était changeant, derrière les nuages arrivaient parfois à percer quelques rayons de soleil.
L'eau avait des reflets émeraude, tentée de gris anthracite, tirant sur le bleu.
C'était la première fois que je la voyais revêtir cette robe, qui lui donnait un petit côté irréel.
Des nuages disparates s'étendait jusqu'à l'horizon en petits groupes sombres.
La nuit tombait et le ciel se confondait déjà presque avec la mer, nous allons passer une nuit de plus sur l'eau.
Très vite, je ne vis plus rien, l'obscurité nous avalait, c'était dans ces moments là que la mer était la plus impressionnante, j'avais toujours quelques frissons quand je pensais à l'immensité de l'océan tout autour de nous.

Brrr, assez vu comme ça, je commençais à avoir faim, il fallait que j'aille voir Marilou pour savoir ce qu'il y avait à manger ce soir.
L'arc-en-ciel maudit
0 votes - 26 November 2014 - 16h41
 3 9501 points
La vie en mer, c'est vraiment chouette. Je comprends que mon père, il est toujours en vadrouille dans un bateau. Bon, après, quand il pleut comme aujourd'hui, c'est moins marrant. Le capitaine m'a dit de rester en cabine parce que ça pourrait être dangereux à cause que j'suis encore petiot. J'ai reniflé pour dire que j'étais suffisamment grand mais Marilou a dit qu'on allait se prendre un gros grain et qu'un homme à la mer, petit ou pas, on n'avait pas besoin de ça.
Comme y'a rien à faire dans la cabine, je regarde la pluie frapper le hublot en pensant à Gwen. J'aime pas trop la pluie, on peut pas sortir dehors. Alors sur un bateau sans console de jeu, c'est encore pire.
En fin d'après-midi (je crois que j'ai dû m'endormir un peu), il a enfin cessé de pleuvoir et Marilou est venu me chercher. Si je voulais, je pouvais aider à remonter les filets. C'est alors que j'ai vu un arc-en-ciel par le hublot.
- Regarde Marilou ! fis-je en montrant du doigt.
Elle aperçut aussi l'arc-en-ciel et me baissa aussitôt le doigt, pas très contente.
- Ne fais plus jamais ça !
- Quoi ça ?
- Montrer du doigt un arc-en-ciel. Ca porte malheur !
Je l'ai regardé, par très convaincu. Des fois, les grands, je sais pas s'ils me disent des trucs pour me faire peur ou pour se ficher de moi, mais un arc-en-ciel qui porte malheur, c'est un peu fort de roquefort comme dirait Georgette !
- C'est pas vrai, un arc-en-ciel, ça porte bonheur ! Ma maman, elle dit même qu'il y a un chaudron d'or au pied ! Mais on arrive jamais à le trouver quand on cherche avec Tom...
- Sur terre, peut-être. En mer, c'est une autre histoire ! En mer, le pied d'un arc-en-ciel aspire l'eau aux alentours.
- Non ?
- Demande à n'importe quel breton, il te le dira ! Si, par malheur, un bateau venait à s'aventurer sous l'arche colorée, il prend le risque d'être happé dans les profondeurs sous-marines par les morts.
Je la regardais avec des gros yeux tout ronds. Elle plaisantait pas !
- Un arc-en-ciel en mer marque le passage entre monde des vivants et le monde des morts, ajouta-t-elle, alors quand tu seras marin, évite de t'en approcher. D'accord ?
Je déglutis et secouai la tête. Marilou, elle connaissait bien la mer alors on pouvait lui faire confiance ! Si je veux bien apprendre mon futur métier, je dois bien écouter Marilou. Elle fait plus peur que la maîtresse avec ses histoires de revenants, mais au moins c'est utile. Pas comme les math' et l'orthographe !
N'empêche que maintenant, je regarderai plus les arc-en-ciel pareil !
Cap sur Molène
0 votes - 26 November 2014 - 16h08
 3 21923 points
De nouveau calme plat aujourd’hui, il fait bon, je m’ suis calé sur un siège dans la cabine de pilotage et j’ai les yeux sur l’horizon. C’est que je commence à avoir le pied marin, Papa sera surpris !
Faire marin pêcheur c’est pas gagné, drôlement dur comme boulot, mais sinon j’aime bien être sur l’eau en fait….Pas loin je vois l’ile d’hier, Molène, on a été obligés de tourner en rond à cause du mauvais temps, et après y aller mollo à cause du fuel. C’est tellement calme que je ferme les yeux, le bateau me berce….
«Ho, Enzo, ho, réveille-toi !’
“ Quoi, qu’est ce qu’y a ?”
« Regarde, un troupeau de phoques ! C’est pas souvent qu’ils se montrent comme ça ! … C’est parce qu’on n’est pas très loin de Molène, ils peuvent s’y arrêter »
« Waoww…mais…et ça ? Juste derrière eux ? »
« Ah ben t’es un sacré veinard, toi, de voir Mathieu aussi ! Sur son kayak, un kayak de mer ! … C’est un gars bien d’ chez nous mais un peu…étrange ! »
« Ben ouais, étrange c’est sûr, ramer tout seul là au milieu de nulle part ! »
« Pas nulle part, Enzo, regarde il va vers l’ile…, c’est un kayak scientifique »
« Un kayak scientifique ?! Qu’est ce qu’il a de spécial ? »
« Mathieu c’est une tête, il est biologiste marin, il plonge, et il est aussi capitaine de marine marchande !! Un gars bien d’chez nous j’te dis !»
« Quand je serai grand je ferai pareil ! »
« Tu vois, lui il a pas besoin de fuel pour avancer, seulement la volonté de ramer. Une fois sur l’île, il va récolter un peu de plancton, faire des suivis d'algues ou prélever un peu d'eau »
« Comment tu sais tout ça toi ? »
« Je l’ai ramené au port une fois, il avait eu de la casse et ça aurait pu devenir vite dangereux pour son kayak et lui »
Kayak, soleil, phoques …
« On pourrait pas y aller sur cette île ? »
Je vais lui dire
0 votes - 26 November 2014 - 11h38
 3 30062 points
Le capitaine m'a demandé de le suivre et m'a ouvert sa cabine.
" Tiens, moussaillon, tu as gagné le droit de te reposer un peu!"
J'ai protesté pour la forme, pour ne pas donner l'impression de mollir, mais je crois bien que j'avais besoin de ça.
C'est qu'entre ma petite plongée de survie du bateau et le coup de fil de mon père, ça faisait beaucoup d'émotion!
J'ai bien essayé de m'allonger sur la couchette et de fermer les yeux, mais ça tournait.
La tête et la mer.
La mer, bien mauvaise, au point que le Penn Ar Bed, le bateau qui relie Ouessant à Brest en s'arrêtant à Molène et au Conquet allait tracer direct.
..Mauvais signe, enfin signe de grosse mer d'hiver, d'après l'équipage.
Et ma tête qui faisait se cogner ma joie, une sacrée joie, de revoir le père, et ma trouille, encore plus énorme de le retrouver et de lui parler.
Et si...
Je me suis levé et j'ai appuyé mon front brûlant contre le hublot.
C'est pas un truc à faire.
Si tu veux pas te retourner l'estomac, t'as intérêt à pas trop regarder la ligne de flottaison.
Mais moi, ça m'a apaisé de regarder toute cette eau.
J'étais bercé...J'ai repensé au ventre de la terre ou celui de ma mère, peut-être.
C'est marrant, de ce temps-là, du temps d'avant, je veux dire, j'ai toujours gardé ce plaisir formidable à flotter.
Je nage mal, mais qu'est-ce que j'aime ça...et qu'est-ce que je me sens bien quand j'y suis!
Peut-être parce que ce tout début, avant d'avoir posé le pied sur cette foutue terre,le temps d'avant où ma vie flottait entre ces deux voix, eh bien je m'en souviens.
Je me souviens de sa voix à lui.
Une voix grave et douce
Un peu lointaine
Un peu ailleurs
Une voix un peu concernée, mais pas trop
Un peu inquiète, mais pas stressée
Une voix qui répondait, mais sans y être vraiment
...Je vous jure que je m'en rappelle.
D'ailleurs je l'ai reconnue tout à l'heure.
C'était juste une piqûre de rappel.
Mais qu'est-ce que je vais lui dire, moi, à cette voix?
Qu'elle a toujours été là?
Qu'elle s'est parfois fait la malle ou qu'on lui a coupé le son?
Mais que je savais bien qu'une voix pareille ça peut pas disparaitre à jamais...
Je lui dirai surtout pas mes paniques sans fond,
les jours gris, les nuits noires,
les repas sans sel et les gâteaux sans sucre.
Je lui dirai:" Même pas peur!"
Et surtout, juste derrière la voix, je vais lui annoncer,à mon père, parce que maintenant je sais...que je veux être marin pêcheur!
Et il sera fier.
Fier de son fils
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