C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

30 Nov - La Cambuse
Publié le 30 Nov 2014 à 20:05 - Mis à jour à 20:05
 3Laurent Le Breton
11785 points

Je rejoignis rapidement Marylou :
— Tu sais où est mon père !?!
— Oui, oui ! Viens, suis-moi !
Elle me prit par la main et m’entraina vers les ruelles derrière le port.
Nous nous arrêtâmes devant une grosse maison où il y avait écrit : La Cambuse.
C’était un ancien restaurant qui avait l’air d’être fermé depuis longtemps déjà.
Marylou se pencha vers moi :
— Bon, écoute bien Enzo. Nous allons voir quelqu’un qui connait ton père. Evite de poser trop de question, et surtout, ne touche à rien. Promis ?
— Oui promis Marylou, promis !
Marylou poussa la porte et nous entrâmes dans l’établissement...
Au premier abord, l’endroit paraissait misérable.
Toute sorte de matériel était entassée dans l’entrée... Des machines bizarres étaient stockées sur d’autres machines encore plus bizarres...
On réussit tout de même à se faufiler jusqu’à une deuxième pièce.
Là, c’était un tout autre décor qui nous attendait. C’était un laboratoire comme dans les films, véritablement comme dans les films.
Un vieil homme était au fond, assis devant un écran qui faisait : Bip...bip...bip...
L’homme, sans lever les yeux de son écran, s’adressa à nous :
— Avancez... venez par ici, je vous verrais mieux.
On obéit...
Arrivé devant lui, il releva la tête, et me regarda quelques instants :
— Oooh, tu lui ressembles grandement... Alors c’est toi le fameux Enzo dont tout le monde parle ?
— Ben... oui monsieur.
— Ah, tu as bien le même sang que ton père petit.
— Y parait que vous savez où il est ?
— Oh oui.
— Il est où alors !?!
— Oh... doucement petit, doucement... viens, je vais te montrer quelque chose... Mais promets-moi de ne rien raconter à personne de ce que tu vas voir. C’est un secret, un grand secret.
— Promis monsieur, super promis !
— Bien... alors viens.
On le suivit... Il traversa son labo... et il ouvrit une espèce de grande armoire.
Là, je n’en cru pas mes yeux.
« Ouah ! C’est ? C’est quoi ce truc ? »
Dans l’armoire, enfin plutôt derrière l’armoire, il y avait une autre pièce ! Une pièce avec des écrans et des bidules bizarres partout ! Comme dans les films de science-fiction ! On entra.
Le vieil homme nous fit visiter :
— Il y a quelques années, un richissime homme d’affaire me confia une mission... Le projet « Chrysalide. » Il voulait que je mette au point des modules sous-marins afin de créer une ville au fond de l’océan.
— Ouah !
— Mais, vu mon âge, il fallait que je trouve un associé capable, physiquement, d’aller bosser sur le projet.
— Et votre associé, c’est mon père, c’est ça ?
— Oui petit, ton père est l’un des inventeurs de ce formidable projet.
— Ouah.Il alluma un grand écran, et là, on vit la station en 3 D. Il continua son explication :
— Cette structure, d’environ cinq cent mètres, est une spirale transparente et amovible. C'est-à-dire qu’elle plonge en profondeur et remonte seule. Autonomie intégrale !
— Carrément ?!?
— Oui. Rechargeable grâce à des générateurs disposés au fond de l’océan, la structure mise en place permet ce système ingénieux de montée et de descente, de cette ville sous-marine.
— Ouah... et on pourra y aller, enfin nous, les gens ?
— Oui, cette dernière sera disposée pour faire cohabiter environ cinq milles personnes et devrait disposée de centres commerciaux et des hôtels pour un éventuel séjour sous la mer.
J’aperçus un petit fil qui pendait de l’écran :
— Ah ça monsieur, c’est pas branché !
— Oh là ! Touche à rien malheureux ! Tu risques de te prendre une châtaigne ! Bon allez, tu en sais déjà trop ! Allez, allez, on sort !
Il nous poussa rapidement vers la sortie.
— Et mon père monsieur, il revient quand alors ?
— Bientôt petit, très bientôt. Bon allez, moi j’ai beaucoup de travail. Vous connaissez la sortie. Au revoir, allez, au revoir.
Marylou me prit par le bras et nous quittâmes l’endroit.

« Il y aura bien un jour où j’arrêterai de faire des bêtises... mais quand ? C’est ça le problème. »

Enzo, les mots qu'il faut
Publié le 29 Nov 2014 à 20:38 - Mis à jour le 30 Nov 2014 à 11:47

Aujourd'hui, vous continuez l'histoire d'Enzo. Celle-ci devra impérativement contenir ces cinq mots : "intégral", "misérable", "chrysalide", "chataîgne", "véritablement"

4 contributions
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En compétition pour la suite (4)

la chrysalide
0 votes - 30 November 2014 - 19h51
 3 32840 points
« Alors, il est où mon papa ! », j’ai crié en allant vers Marylou. Elle m’attendait devant le bar du port. J’étais sûr que, enfin, on allait enfin se rencontrer ! J’étais heureux. Je lui raconterai tout, il me dirait à quel point, il est fier de moi. J’aurais un papa pour la première fois, ce serait mon premier noël avec lui. Il m’emmènerait partout : à la fête foraine, dans les manèges, et on partirait en mer tous les deux comme deux vieux marins. Je lui raconterai ma vie, je le présenterai à Georgette, et à mes copains. Je dirais « voilà mon papa ! ». Je serais trop fier. Et puis, je lui parlerai de Gwen, entre hommes on peut parler de ça, non ? Il me parlerait de maman. Ce serait notre secret à tous les deux. Il m’emmènerait aussi à la pêche, je lui montrerai mon quartier et…, et…, j’avais tant de choses à lui dire, que les mots me manquaient.
Mais Marylou… elle a fait une tête de misérable, toute déprimée, elle a dit « Non, mais Enzo, il n’est pas ici et c’est un peu compliqué tu vois…je… ».
Et là je sais pas, j’ai crié : « Quoi, mais y en a marre, pourquoi il est jamais là ? Pourquoi tu dis que c’est compliqué ?! Il veut me voir ou il veut pas me voir ? », J’étais véritablement fou furieux, j’aurais pu tout casser, filer des châtaigne à tout le monde, donner des coups de pieds dans le vide. Mais la vérité, c’est que j’étais malheureux comme jamais, je voulais pleurer, hurler…
« Mon papa, est-ce qu’il veut pas de moi ? », j’ai dit, et un truc chaud coulait le long de ma joue. Je voulais pas chialer, là , comme un bébé. Les hommes au bar me regardaient, j’avais la honte intégrale, j’ai voulu m’enfuir, mais Marylou m’a attrapé par le bras.
« Enzo, mon petit, je ne te mentirai pas, tu le sais. » J’ai hoché la tête sans rien dire. Parce que je savais pas quoi dire, et que si je parlai j’allai pleurer fort et je voulais pas pleurer devant tout le monde.
« Je dois t’emmener dans un endroit spécial, je te promets que tu vas comprendre beaucoup de choses, mais pour le moment, je ne peux pas bien t’expliquer. »
J’ai reniflé et j’ai dit « Chui pas débile, si tu me dis la v%
Zapping
0 votes - 30 November 2014 - 19h28
 3 2825 points
Je me suis assis sur le canapé et j'ai attendu. Marylou était partie chercher mon père, mais elle voulait pas que je vienne avec elle.
"Ça peut être dangereux, Enzo. Les émeutes, la foule... Je préfère y aller toute seule, tu comprends ? "


Non, je comprenais pas et j'avais bien envie de lui mettre une châtaigne à ce moment-là, mais bon, c'est une fille Marylou et j'allais pas taper une fille quand même ! Alors j'ai juste répliqué que j'étais bien assez grand, qu'il fallait pas qu'elle oublie que j'étais un héros et que j'avais pas peur de la foule.


Mais elle est têtue Marylou. Elle a rien voulu savoir. Elle est partie en me laissant tout seul ici.


Apparemment mon père c'est un héros lui aussi. Il paraît qu'il a sauvé un gars, un "clandestin" comme ils disent, qui venait d'Angleterre avec plein de provisions pour la Bretagne, et qui était pratiquement en train de couler. C'est pour ça qu'il a mis du temps à revenir.


Mais s'il est pas encore venu me voir c'est parce que là il est allé faire une manif contre l'armée, et c'est pour ça que Marylou est allée le rejoindre et que moi je me retrouve là tout seul comme un clodo sur mon canapé. Georgette je sais même pas ou elle est.


En tout cas ici je m'ennuie ferme. Alors pour passer le temps je décide d'allumer la télé...

Je tombe sur des images de forêt et de verdure. C'est une voix toute douce qui parle, c'est trop bizarre.


"Mais ce qui rends la chenille bleue du Népal particulièrement intéressante, c'est sa chrysalide. En effet, lorsque viennent les temps chauds, elle..."


Ah non. Trop relou, les reportages sur les insectes. En plus j'y comprends rien. Hop, je zappe !


Cette fois, j'atterris sur un journal télévisé avec une blondasse qui parle en souriant.

"En effet Jean-Pierre, il y a véritablement toute une symbolique dans l'appel de Barack Obama au Colonel Atlas. C'est une reconnaissance ouverte au ..."


Ah, non ! La politique non plus, j'y comprends rien. Re-zap.


Oh, tiens ! Un vieux feuilleton pourri avec un couple en train de s'engueuler ! La bonne femme elle est tout rouge tellement elle est en colère !


"Tu n'es qu'un misérable , Alfred ! Ne m'approche pas ! Sors de cette maison ! Et dire que je te faisais confiance ! "


Mouais, bon. Tout compte fait, je crois que je vais éteindre cette télé. Y'a pas un seul bon programme, c'est dingue ! Navet intégral !


En plus, je crois que j'entends des pas dans l'escalier ... Et si c'était Marylou qui revenait ?


Tout d'un coup tout, mon cœur se mets à battre très fort. Je lâche la télécommande et je me précipite vers la porte d'entrée.
Drôle d'état
0 votes - 30 November 2014 - 16h19
 3 30062 points
J'avais bien entendu?
Parce qu'avec tout ce qui m'arrivait, y'avait des moments où il fallait que je me pince tellement c'était pas croyable.
J'avais véritablement l'impression de vivre l'aventure de ma vie!
Une fiancée, des copines, un futur boulot...Si, si, c'était ça que je voulais faire, sauveur de bateaux...et un père, enfin presque.
Georgette, quand je lui avais parlé de ça, l'autre jour, de tout ce que ça soulevait chez moi,et que j'avais carrément l'impression d'avoir pris une grosse châtaigne et tout et tout... elle m'avait répondu un truc savant:
" En ce moment, mignon, t'es comme une chrysalide...T'es entre deux états.
T'en as fini avec le temps d'avant, tu le retrouveras plus jamais...et tu n'as pas encore pris ton envol.
Il te manque une ou deux petites choses...
- Mon père?
- Et l'âge, voyou!"
Je me suis mis à marcher, vers où venait la voix de Marilou.
Au début j'allais vite parce que j'avais hâte, et après je suis allé plus doucement parce que j'avais peur.
Mais elle était toute seule, et elle a rigolé en voyant ma tête.
D'un coup je me suis senti misérable.
" Bon, cette fois, c'est du tout cuit!
Son chalutier est basé à Saint- Guénolé.
Je viens d'avoir confirmation par le capitaine du port.
C'est vraiment pas loin.
On part quand tu veux!
- Et Gwen?
- Quoi, Gwen?
- Elle vient avec nous?
- Ben, tu vas lui demander, mais chez les gens bien, ça se fait de présenter sa financée à son père..."

J'ai rien répondu, mais ce que je ressentais là, à cet instant, c'était le bonheur intégral!

Les mots du journal
1 votes - 30 November 2014 - 14h51
 3 21923 points
Marylou brandissait victorieusement un journal tout froissé, et bien parfumé au poisson !
« Regarde Enzo, il date d’il y a 3 jours, c’est un journal anglais de Plymouth et … »
« Quoi quoi ?... »
« Ils parlent d’un marin français, un certain Yannick, qui a secouru un petit avion de tourisme au large des îles Scilly »
« Un avion ?! »
« Attends, je vais lire l’article intégral…Blabla, je saisis pas tout complètement mais…Voilà ! D’après le journaliste Yannick leur a véritablement sauvé la vie, l’avion était dans un état misérable et a du amerrir en urgence. Ton père était dans les parages et il n’a eu que quelques minutes pour les sortir de là avant que ça coule à pic ! »
« Waowww….Il va bien ? I’ s’est même pas pris une châtaigne pendant le sauvetage Superman ? »
« Ca a l’air d’aller… »
« Oh je suis trop pressé de raconter ça à Gwen !!! »
« Gwen la sirène ! … Qu’est ce que ça va être quand elle va complètement éclore ta chrysalide ! Ca va papillonner autour, dis donc ! »
« J’comprend rien à c’que tu me baragouines là, Marylou ! Mais ok c’est nickel, on a retrouvé la trace de Papa Yannick et après »
« Je sais Enzo, je sais, et après avec ton père on ira retrouver ta rouquine ! »
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