C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

02 Dec - Tant que le vent soufflera
Publié le 02 Dec 2014 à 22:13 - Mis à jour à 22:13
 3 la rumeur
3081 points

Je me redresse pour mieux distinguer la silhouette qui approche. Je ne sais pas si c’est parce que le soleil m’éblouit, mais elle a une démarche bizarre. Une allure lente mais décidé. Tip tap,tip tap. La forme est massive. Tip! Tap! Tip! Tap! Et ma doué ! Comme ils disent par ici. Elle a trois pattes ! TIP TAP. Le monstre s’arrête devant nous.

Je serre la main de Marylou.
-Holà moussaillons !

Je regarde Marylou. Elle est bouche bée. Ce n’est pas pour me rassurer. Finalement, elle murmure :
- L’amiral !

Je ne sais pas ce qu’est un amiral, alors je lui tire sur la main.
- Ne t’inquiète pas. C’est Kersauzon.

Je lève les yeux et je regarde cet amiral. Il a un regard bleu acier qui semble vous transpercer, une tignasse grise qui flotte dans le vent et un visage buriné. Et sous son bras, une béquille en bois. Il voit que je la regarde. Avec un sourire malin, il l’agite devant moi.
- Et oui, mon garçon. J’ai essuyé un coup de tabac. Et je ne suis plus aussi leste qu’autrefois. Et toi ? Quel est ton nom ?
- C’est Enzo
- - L’Enzo ? Celui dont tout le monde parle en ce moment ? Y parait que t’es un vrai rat d’écoutille ?

Je ne suis pas sûr du compliment, mais je me redresse un peu.
- Oui c’est moi.
- Bien ! Alors ? C’est la Reine qui t’envoie ?
- Non m’sieur ! Je connais pas.
- Huuum… Ennuyeux ça… Elle devait m’adresser quelqu’un.

Il me fixe un instant. Brusquement il me palpe le bras.
- Ça sent la graine d’aventurier ça. J' me trompe pas ?
« Ah c’est sûr que depuis un mois, j’en ai vécu des aventures »

Il se penche vers moi et s’approche de mon oreille :
- J’ai un projet… ça te dirait ?
« Pourquoi pas »

Avec un air de flibustier.
- On va s’emparer de l’Hermione.
- C’est qui ?
- Comment moussaillon ? L’Hermione ! Le navire de la liberté ! la frégate du Marquis de Lafayette.

Ah ça je connais. Je ne suivais pas trop à l’école mais l’histoire j’aimais bien.
- Celui avec les indiens ?
- Oui, mon fils ! Les Amériques, la révolution ! Celui qu’a fait boire leur tasse de thé aux british.
Je voyais qu’il s’enflammait.
- Ecoute, voilà mon plan. Pour l’instant, elle mouille dans le port de Rochefort. A la nuit on l’arraisonne. Puis cap au nord, on file en rade de Brest pour l’armer. On recrute quelques matelots décidés. Si on en trouve pas on ira jusqu’à Saint Malo. Y’a pas mieux pour les flibustiers. Et là ! Tu devines pas ?
- Euh… non!!
- On va reprendre le Mont Saint Michel aux Normands ! T’imagines ? De là on contrôle les portes de Bretagne. Du Guesclin a résisté des années face aux anglais. Du guesclin, « Le dogue noir de Brocéliande ». Ah ça c’était un bonhomme !... Alors petit, tu en es?

Je lâche la main de Marylou.
La mer m’appelle.

Enzo, la tête dans les étoiles
Publié le 01 Dec 2014 à 23:49 - Mis à jour à 23:49

Aujourd'hui, vous continuez l'histoire d'Enzo, qui recherche son père. Mais Enzo va croiser sur son chemin une personnalité connue, une célébrité ou une star.

4 contributions
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En compétition pour la suite (4)

Vision 3D
0 votes - 02 December 2014 - 19h05
 3 14780 points
Le jour n’était pas levé, Marilou et Georgette ronflaient dans leurs chambres. J’essayais d’imaginer la vie de mon père sous la mer. Comment faisait-il pour rester sous l’eau si longtemps ? Le vieil homme ne m’avait pas tout expliqué, les questions s’entrechoquaient dans ma tête. Sans faire de bruit je me suis glissé au dehors, direction le laboratoire.
La Cambuse était fermée évidemment. Aucune lumière ne filtrait par les persiennes. Le vieux devait être endormi. J’ai fait le tour du bâtiment, toutes les issues étaient fermées. Un mouvement sur le toit m’a fichu la trouille, pour un peu j’aurais crié. Un chat ! Un chat qui en me voyant avait été aussi surpris que moi. Il a sauté sur les branches d’un petit érable et de là il s’est faufilé par un soupirail dans la cave.
Même si j’avais un peu peur, j’ai décidé de le suivre. C’était le seul moyen d’entrer et d’avoir des réponses à mes questions. Avec un peu de chance j’y trouverai aussi un moyen de rejoindre mon papa dans la cité sous-marine.
Sous la maison il faisait encore plus noir que dehors. J’ai allumé le briquet que j’ai toujours dans la poche avec un petit opinel et de la ficelle. J’ai aussi deux malabars, au cas où j’ai faim. Le chat avait disparu, je ne l’entendais plus. La flamme du briquet projetait des ombres qui flottaient sur les parois. Un vieil escalier vermoulu remontait dans l’habitation. Il grinçait terriblement sous mes pieds.
En haut j’ai débouché dans la pièce aux écrans. Il n’y avait aucune fenêtre, pas le moindre petit rayon de lune pour me diriger. Tant pis, j’ai pris le risque d’allumer la lumière. Un grand tableau électrique avec plusieurs rangées d’interrupteur prenait la moitié d’un mur. J’en ai basculé plusieurs au hasard jusqu’à ce que la pièce s’éclaire.
Une lumière bleuté est apparue en même temps qu’un drôle de bourdonnement. Devant moi, au milieu de la salle, plusieurs faisceaux lasers sont descendus du plafond en se tortillant jusqu’à produire l’image en 3D d’un type que j’avais déjà vu à la télé.
« Qui, qui êtes vous ? » ai-je demandé, pas trop rassuré.
-Je suis l’esprit numérisé du Commandant Cousteau. A votre service.
Il avait même la voix du vrai Commandant, j’étais sidéré !
-Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous êtes mort !
-Je suis là pour répondre à vos questions. Je possède toutes les connaissances scientifiques du Commandant.
-Et vous savez si je peux aller voir mon papa sous l’eau ?
-Si votre papa est sous l’eau il vous suffit de porter un scaphandre autonome à votre taille.
-Un scaphandre autonome ? Qu’est-ce que c’est ?
-Regardez-moi.
L’image s’est brouillée et les lasers se sont mis à balayer l’espace avant de se stabiliser. Le Commandant est apparu avec une combinaison de plongée, un masque et des bouteilles.
-Alors c’est avec ça que je peux descendre dans la ville des euh… des papillons ?
Au moment où il allait me répondre une autre voix a crié depuis une autre pièce de la maison :
« Il y a quelqu’un ? Montrez-vous ! Je suis armé ! »
La transpiration dégoulinait dans mon dos, je n’avais pas beaucoup de solutions pour me cacher. J’ai actionné les interrupteurs et alors que la porte du fond s’ouvrait je me suis glissé dans un drôle de petit coffre ovale posé dans un coin de la pièce.
Le visiteur !
2 votes - 02 December 2014 - 16h51
 3 11785 points
Marylou avait fait quelques pas :
— Allez ! Viens Enzo, ça caille ! Viens ! ... Enzoooo !
— Je te rejoins dans cinq minutes Marylou ! J’ai encore envie de rester là pour regarder la mer ! Ça me fait du bien.
— Bon ben moi je rentre ! » Me cria Marylou en partant.
C’était vrai ça que j’aime regarder cette immense étendue d’eau... p’t’êt’ que mon père et Gwen la regarde aussi en ce moment...
Soudain, on me tapa doucement sur l’épaule :
— Alors comme ça petit, tu t’appelles Enzo ?
Je levai la tête...
« Oh, je le connais lui... sa voix surtout »
— Oui monsieur, c’est mon prénom.
Il se mit à rire d’une façon étrange :
— Ah, ah, ah...
« Oh, je connais aussi ce rire... »
— Moi aussi petit, je me suis appelé Enzo dans un film.
Je le dévisageai... quand :
— Ah mais oui ! Vous êtes Jean Reno ! C’est bien ça ?!
— Oui petit, c’est moi.
— Ouah ! Ma maman, elle vous kiffe trop ! Elle a tous vos DVD ! Léon... Subway... Nikita... Wasabi ! Les visiteurs 1, 2, et 3 ! Et puis surtout Le Grand Bleu ! A cause de ma mère, j’l’ai vu au moins cent fois vot’ film ! Et c’est même pour ça qu’elle m’a appelé Enzo ! A cause de vous ! Ouah... Jean Reno.
— C’est bien petit, mais sais-tu où je pourrais trouver du poisson frais.
— Ben... pour le moment, les bateaux n’sont pas encore rentrés à cause de la marée basse... Ils vont revenir ce soir.
— Pas avant ?
— Ben non... Ah, mais si vous voulez, moi je sais où y’a des crabes et des coquillages !
— Des crabes... oui pourquoi pas. Tu peux m’emmener jusqu’à ce magasin petit ?
— C’est pas dans un magasin m’sieur Reno, c’est aller les ramasser directement !
— Les ramasser directement ?... Ha.
— Venez avec moi, je vais vous montrer ! C’est une copine Ecossaise qui m’a appris à les chopper ! Venez !— Ok, je te suis petit... mais j’espère que ce n’est pas trop loin... j’ai déjà pas très chaud moi.

Je le conduisis fièrement jusqu’à la côte rocheuse... Pendant tout le trajet, impressionné, je le regardais discrètement...
« Ouah, Jean Reno... c’est vrai qu’il est aussi balaise que dans ses films... Tu m’étonnes que les méchants y flippent tous quand ils le voient... On dirait vraiment un tueur, comme dans Léon... »
Arrivé sur la grève, je lui montrai notre lieu de pêche :
— Voilà, c’est là !
— Ha... mais... ça m’a l’air un peu vaseux... ce n’est pas dangereux, tu en es sûr petit ?
— Non, non, m’sieur Reno. Au début, oui, c’est un peu mou, mais après, ça passe !
— Ha... bon ben vas-y petit, je te suis... Mais avertis-moi si on s’enfonce de trop.
— Pas de problème m’sieur Reno.
J’ouvris donc le passage... Il hésita quelques instants et finit par me suivre :
— Oh là, là... je vais pourrir mes chaussures... T’es sûr que ça passe petit ?
— Oui, venez ! Allez, après c’est bon ! Regardez, là ou je suis, c’est bien dur ! Venez !
— Ok... mais tu m’attends petit, tu m’attends.
Au bout d’un bon quart d’heure, on atteignit enfin les rochers :
— Attention m’sieur Reno, il ne faut pas marcher sur les algues, ça glisse !
— Ah bon !?! Ha... et je marche où alors ? Oh là, là, je n’aurais jamais dû venir.
— Marchez sur les rochers m’sieur Reno, que sur les rochers !
— Ok, ok... c’est encore loin petit ?
— Non, non, m’sieur Reno, c’est juste là, là où y’a des gros cailloux ! Venez !
Il réussit péniblement à me rejoindre...
— Bon maintenant m’sieur Reno, il faut passer sa main sous les pierres pour trouver les crabes.
Je lui montrai le geste... il hésita un peu... et il fit comme moi :
— Oh là, là, qu’est-ce qu’elle est froide ! Ce n’est pas possible comme elle est froide !
« Il est un peu chochotte comme dirait Georgette. »
Soudain, le drame arriva :
— AÏE !!! Y’en a un qui m’a pincé le doigt !
« Ha, merde... j’ai oublié de lui dire de faire attention à ça. »
Il se releva en tenant sa main :
— AÏE, AÏE, AÏE, AÏE, AÏE !!! La douleur est atroce ! AÏE, AÏE, AÏE !!! C’est horrible, je vais me vider de mon sang !
Je me suis précipité pour voir la plaie... Il avait juste une petite fente rouge au bout du pouce :
— Oh, c’est rien m’sieur Reno...
Il péta les plombs :
— C’EST RIEN !? C’EST RIEN !?! J’ai le doigt déchiqueté et c’est rien !!! J’vais sûrement chopper une gangrène où une merde comme ça, et c’est rien !?! En plus, je suis sûr que j’suis même pas assuré pour ça ! et putain, qu’est-ce ça fait super mal en plus !!! Putain, j’ai mal ! J’ai super mal !!!
Je lui fis un garrot avec un de mes lacets... et je l’ai doucement ramené jusqu’à la berge.
Il s’était un peu calmé, mais selon lui, la douleur restait intense...

Je l’ai même accompagné jusqu’à une des dernières pharmacies encore ouverte.
Là, il fut soigné, enfin, sauvé plutôt.
« Héros un jour... héros toujours »

Le soir même, en racontant cette nouvelle aventure, je compris deux choses.
Le mot « Hypocondriaque » et aussi... qu’il ne faut jamais se fier aux apparences !
Entre lui et elles, y'a pas photo
0 votes - 02 December 2014 - 14h44
 3 30062 points
" Comment ça, une personne qui s'approche?...
Mais je ne vois rien!
Tu confonds avec Georgette, mais elle ne s'approche pas, elle discute avec sa copine Simone sur le banc...T'as de mauvais yeux, toi dis-donc!
- Non, je parle du monsieur qui s'approche, là...avec sa barbe blanche...
Je le connais, j'ai déjà vu sa photo, à l'école.
Ma maîtresse nous l'avait montré quand elle nous avait lu " Vingt mille lieues sous les mers..."
- Tu veux parler de Jules Verne?
Tu vois Jules Verne, là?
- Oui...C'est lui, et il ressemble à mon papa.
Il est grand, il a la même barbe de navigateur, les mêmes yeux couleur d'océan, et la même démarche aussi, de celui qui cherche...
- Et qui cherche qui?
- Personne.
Il ne cherche pas les gens, il cherche le merveilleux...Alors moi là-dedans...
- Comment ça , toi?
- Jules Verne, il est comme mon père...Il s'est pas occupé de son fils non plus...Il préférait parcourir le monde et inventer des histoires, des histoires pour pas s'occuper de son fils, tu vois...C'est une histoire en boucle...
- Ouh! T'es fatigué, toi!
Georgette! y'a le petit qui nous fait un burn out!
Arrive!
- Ben bien sûr! ça devait arriver avec tout ce qui lui arrive et son père qui joue à l'Arlésienne à chaque fois qu'on s'en approche...
Faut qu'ça cesse!
- Oui, mais en attendant, on fait quoi?
Regarde, il dit plus rien, et il est tout pâle...
- Je connais un remède infaillible, venu de la nuit des temps...
Je vais rentrer, moi, et je vais boire un bon chocolat chaud...
Avec des crêpes!
- Hein! Des crêpes! Des crêpes que t'as faites!
Attends-moi Georgette!
...Et je pourrai remettre une grosse noix de beurre dedans?...
- Quand j'te disais! Marylou...
Perdu, trouvé, perdu ...
1 votes - 02 December 2014 - 13h32
 3 3782 points
Il était là, devant lui ... Enzo n'y croyait plus ! Il était face à son père, qui lui souriait ...
Les contours de ce dernier étaient flous ... trop flous ... "meeeerde c'est une putain d'hallucination !" finit par comprendre Enzo.

Bordel j'en ai marre de ces conneries ... Est ce que ça a un rapport avec les empoisonnements dont ils parlent à la télé ? Sans doute le pigeon du repas ! pensa-t-il tout haut ...

Il se retourna sur le côté, blotti sous sa couette ...
"J'en ai marre, je veux sortir !"

Il se glissa pataudement hors de son lit, puis hors de sa chambre, puis hors du logement, et se retrouva dehors ...
"Je vais à la baraque à frite, c'est bientôt l'heure du goûter alors ! ..."
Ce qu'il fit aussitôt.

Quelques instants plus tard "José, une portion de frite pas de ketchup steupl' !" Une fois servi il se posa sur la petite table métallique ronde qui jouxtait la baraque à frite, il sala généreusement sa portion puis il commença à manger ...

"Hé ben gamin ? On t'a pô appris à manger équilibré ?"
Cette voix ... ?
"Alors ? Heu tu réponds jômais quand on t'cause ?"
Enzo se retourna, mis un instant avant de comprendre ce qui lui arrivait ... Dany Boon se trouvait devant lui, des frites dans la main droite, un vélo de facteur dans la main gauche.

"Encore des hallus ! J'en ai maaaaaaarre !!!!!"
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