C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

04 Dec - On va se marier
Publié le 04 Dec 2014 à 22:01 - Mis à jour à 22:01
 3Kate
14780 points

A la barre du Costaud, l’Amiral scrutait l’horizon. On s’approchait de Rochefort, la côte était floue tellement il pleuvait. Je me demandais si j’avais bien fait de le suivre. Sûr que c’est un grand marin qui a fait le tour du monde plein de fois avec des poulpes géant accrochés à son gouvernail. Il m’a tout raconté, ses débuts avec Tabarly, les bagarres sur le port de Brest avec l’équipage de Florence Artaud. Une fois ils étaient tellement saouls qu’ils ont détruit « le Trimaran », pas le bateau hein, je veux dire le bar du coin. Enfin c’est Kersauzon qui le dit. Pour tout vous dire moi aussi, je commençais à me demander s’il n’était pas un peu fou. Et puis pendant ce temps je m’éloignais de mon père.
Marilou n’avait pas eu le droit de monter. « Les femmes à bord, ça porte la poisse » qu’il prétendait l’Amiral. Elle n’a pas apprécié du tout. Je crois que si elle avait pu lui mettre une baffe, elle l’aurait fait. « Je ne vais quand même pas frapper un vieillard. » qu’elle lui a répondu. Bien fait !
Je réfléchissais à tout ça quand c’est arrivé. Un appel à la radio. Pour moi ? « Pour toi Enzo ! », qu’il a crié le bosco.
C’était maman.
Elle était réveillée, et rudement bien réveillée encore. Elle m’a dit qu’elle devrait faire de la rééducation parce qu’elle avait du mal à marcher. Je ne comprenais pas toujours ce qu’elle me disait car elle ne prononçait pas très bien. « Ça va revenir Enzo, ça va revenir. Encore quelques semaines et je serai comme avant. Ou presque. »
J’avais les larmes aux yeux, j’aurais voulu être près d’elle pour l’embrasser. Alors je lui ai tout expliqué très vite : Georgette, les photos, les pêcheurs à Roscoff, Gwen et l’Ecosse et puis l’Amiral. J’ai bien vu qu’elle ne comprenait pas tout, mais je ne pouvais plus m’arrêter de parler.
Elle aussi elle pleurait. Elle m’a promis qu’à mon retour elle m’expliquerait tout pour mon papa, que c’était une histoire compliquée, et que je devais revenir à Quimper dès que possible, que je lui manquais. Et c’est là qu’elle m’a avoué ce truc auquel vraiment je ne m’attendais pas. Le truc c’est qu’à l’hôpital elle avait été bien soignée, les infirmiers avaient été super gentil, tout ça... Les infirmiers… elle est tombée amoureuse d’un infirmier, voilà ce qu’elle m’a annoncé. Et ce n’est pas tout, car elle a rajouté : Enzo, mon petit, je suis si heureuse, je veux que tu comprennes : Loïc et moi on va se marier, Enzo, on va se marier !

Enzo en deux minutes
Publié le 03 Dec 2014 à 20:20 - Mis à jour à 20:20

Aujourd'hui, vous continuez l'histoire d'Enzo et racontez les deux minutes de cette journée au cours de laquelle la vie d'Enzo bascule. Deux minutes, c'est aussi le temps de lecture de votre texte. À vos plumes !

4 contributions
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En compétition pour la suite (4)

La ronde des chiffres
1 votes - 04 December 2014 - 19h57
 3 21923 points
Hier après-midi j’étais au Bar du Port, avec le patron du bateau et un pote à moi, un fils de marin qui parle bizarrement, j’ai mis longtemps à comprendre c’qu’il me racontait, parait que c’est du breton francisé…ou du français bretonnant, il a dit son père…Et je lui raconte mon rêve de la veille, avec Merlin l’enchanteur qui me chantait une drôle de chanson. Genre « un deux trois nous irons aux bois… » enfin c’était flou dans ma tête, mais on aurait dit des chiffres, des nombres au hasard
« 1,2 3 tu ne toucheras pas
4,5,6 tu cocheras …»
« Enzo, tu blagues pas vrai ? T’as pas rêvé exactement ça ? »
Mon pote et son père se regardent,
« Merlin ?!? »
« Enzo, vite vide tes poches, vite , donne toute ma monnaie » et ils se ruent vers la caisse, enregistrent un ticket de loto avec les chiffres que je viens de leur donner.
Ce matin, on se retrouve dans ce même bar (ouais c’est sûr y en qu’un sur le Port alors…) et …et… ben oui, encore comme dans un rêve, j’ai gagné LE Gros Lot ! Marylou, Georgette, Gwen ! Le gros lot !!! De quoi nous acheter un beau bateau, et un camping-car, et un petit avion !!!
Tout seul dans l'immensité bleu...
0 votes - 04 December 2014 - 19h34
2 1931 points
J’ai quitté Gwen, j’ai quitté celle que j’aimai. Mais c’est un choix que j’ai fait et puis, de toute façon, je ne voulais pas la mettre en danger sur ce bateau. De plus, l’amiral, il est de la vieille école, pour lui, une femme sur un navire, ça porte malheur ! Au loin, les lambeaux de terre ont disparu sous l’immensité bleue, il n’y a plus que les mouettes et les sentiments pour nous suivre. L’amiral qui se dresse comme un conquérant à côté de moi me tapote dans le dos et me dis à haute voix :
«- Tu vois tout ça, c’est la plus belle chose au monde ! Je vis juste pour ça !
-Mais il y a rien…
-C’est justement ce qui est beau, regarde cette immensité, tu peux faire ce que tu veux !, cria-t-il avec véhémence
-Enfin c’est ennuyant, ça fait un jour et demi que rien ne se passe !
-Vous les jeunes, vous êtes toujours pressés »
Il fut coupé aussitôt par un de ces matelots qui lui signala que plusieurs bateaux s’approchaient dangereusement de notre frégate, l’Hermione. Aussitôt, tout le monde se mit en branle-bas de combat. Les navires d’en face étaient des Normands armés jusqu’aux dents, ils avançaient rapidement. Je n’eus pas le temps d’avoir peur que les Normands avaient débarqué en horde sur notre navire. Je m’étais faufilé et caché dans un tonneau car je ne voulais pas mourir, j’étais terrifié je voulais revoir mon père et Gwen. J’entendais les lames transpercées les corps, des coups de feu à tire-larigot, des cris de souffrance…
J’attendis un certain temps après que les bruits cessent. Et quand je fus sorti, il n’y avait rien, j’étais tout seul sur ce piteux rafiot.

Une lueur... d'espoir.
0 votes - 04 December 2014 - 19h15
 3 11785 points
J’suis de quart à l’avant du bateau.
Enroulé dans le foc et dans le noir total, j’essaie de distinguer une forme quelconque...
« Tiens, y’a plus d’étoiles par là-bas ?... C’est bizarre, on dirait comme un gros nuage qui vient vers nous... »
Je me concentre pour mieux voir...
« On dirait un super gros navire... oui, c’est bien ça, c’est un gros cargo ! »
Je me précipite vers la timonerie... Trop tard ! BOUMMMM !!!
Le choc est violent, je vole jusqu’au milieu du pont !
CRAAAAAC !!! BOUM !! Le mat tombe sur le pont à quelques centimètres de moi !
Le cargo continue à nous frotter... CRIIIIICHHHH !!!
Le bateau se met à pencher dangereusement à bâbord.
L’Amiral surgit, une lampe à la main :
— Il nous a coupé en deux l’ordure ! Essayons de dégager le radeau de survie ! Toi La Belette, va envoyer un S.O.S ! Allez, vite, vite !!
Malgré l’obscurité, nous faisons tout notre possible pour sortir le radeau... mais le mat l’a complètement écrasé !
Le navire lui, continue sa route !
— HĖ, OH, DU CARGO !!! COUPEZ VOS MOTEURS ET ENVOYEZ-NOUS UN BOUT !! VITE, NOUS COULONS !!!
Aucune réaction... Il file droit devant !
— SALAUDS !! NOUS COULONS BORDEL !!! » Hurle l’Amiral !
Rien n’y fait... Ils nous abandonnent à notre triste sort...
L’Amiral réagit :
— Allez, tous à l’arrière ! Tant qu’il reste de l’air dans les cabines, ce bout de coque flottera !
On obéit...
Plus un bruit... On attendait dans une obscurité absolue...
Soudain...
— Regardez Amiral ! Là à tribord ! Y’a une lueur sous l’eau ! Là, juste là ! » Dit La belette.
L’intensité de la lumière s’amplifia... s’amplifia...
Et d’un coup, une sorte de capsule sortit de l’eau !
J’en cru pas mes yeux... un engin... un engin entre... entre un vaisseau spatial et un sous-marin venait nous sauver...
On fonce!
0 votes - 04 December 2014 - 12h48
 3 30062 points
J'en ai un peu marre de traîner sur le port.
Bien sûr, y'a Gwen...
Surtout que maintenant on est "officiellement" ensemble!
ça veut dire qu'on se tient la main quand on est dans la rue.
Hier soir, on a été à la fête foraine sur le port.
Je lui ai payé deux tours de tos-tos.
Les gars du coin étaient verts, ça se voyait.
Ils essayaient de me coincer avec leur voiture ou de me tamponner méchant,mais à ce jeu là, je suis sacrément bon.
D'ailleurs j'ai bien vu que j'impressionnais Gwen
...Après, elle me tenait la main encore plus fort!
Mais quand-même, Gwen ou pas, on peut pas passer notre vie à attendre un père qui donne pas beaucoup de signes, ou alors des signes venus du fond des mers.
Et pour Georgette et Marilou, c'est pareil, elles ont leur vie, leur maison ou leur bateau...
D'ailleurs, je vois bien, elles sont sans arrêt à chuchoter et elles se taisent quand j'arrive.
Et moi c'est pareil, je suis un gars qu'est bien que dans l'action; faut que ça bouge!
Alors j'ai pris une grande décision, avant qu'on en prenne une autre pour moi.
Mon père, il sait que j'existe, il sait que ça fait un moment que je le cherche.
Eh ben, si je veux avoir une chance de le revoir, il faut peut-être que je me fasse désirer.
C'est bien connu:" Suis-moi je te fuis
Fuis-moi, je te suis!
Maintenant, c'est lui qui me cherchera.
Je vais le dire à Marilou...

" Georgette, elle est où, Marilou?
- Au port, mais je te préviens mon garçon, attends-toi à une sale nouvelle, elle a décidé de reprendre la mer.
- Viens, Gwen, on fonce!
...Marilou! Attends-nous, on part avec toi!
Attends, y'a Georgette qui vient aussi...
Le temps de prendre de quoi faire des crêpes sur le bateau!"
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