C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

08 Dec - Partager les gains comme les grains !
Publié le 08 Dec 2014 à 20:10 - Mis à jour à 20:10
 3LaRose
21923 points

J’aime bien m’asseoir à côté des marins quand ils ramendent les filets. Ca me rappelle de bons souvenirs, c’est la première chose que le patron m’avait laissé faire quand j’avais commencé à naviguer sur ces vieux rafiots bretons. Et puis c’est un moment où les gars sont tranquilles, ils blaguent, souvent je comprends pas tout mais ce qui est sûr c’est qu’ils rigolent bien entre eux.
Il y en un a que je préfère, Caradec, c’est un peu comme un Papi pour moi, il fume la pipe entre ses chicots tous noirs et il me montre des trucs et astuces de vieux pêcheur. Aujourd’hui le temps est calme, on est au soleil sur le pont.
« Et toi Enzo ? Tu veux toujours devenir marin pêcheur ? Ou bien faire de la politique ? Pa’ce que tu t’es joliment débrouillé là-bas au port quand tu as sauvé ce bateau ! »
« Ben, marin pêcheur c’est super dur…et la politique j’ sais pas trop ce que ça veut dire comme métier, et Marylou dit qu’au bout du compte ils veulent tout garder pour eux ces gens là. Georgette aussi elle pense comme ça…Moi, j’aimerais bien m’occuper d’une ville où tout le monde décide ensemble, comme dans le livre de l’Amiral. Il me l’a prêté pour que je continue à lire, vu que je vais plus à l’école »
« Ah, ça c’est bien Enzo ! Moi j’ sais pas lire, alors raconte-moi, qu’est ce qu’elle a de spécial cette ville ? »
« Eh ben c’est l’histoire de deux potes, le capitaine Misson, c’est un Français un peu fou-fou, et l’autre c’est Carracioli, un prêtre qui préfère le chouchen et les filles des tavernes (déjà presque un marin, tu vois ?). Donc ils sont super potes et ils se retrouvent un jour sur la Victoire, un superbe vaisseau, je te résume parce que ca dure quelques années : leur capitaine meurt, ils décident qu’à partir de ce moment là le bateau est à tout le monde et choisissent un super beau endroit pour s’installer »
« Pour l’instant, je vois juste des pirates qui veulent profiter de leur butin ? »
« Ouais mais tu vois, c’est surtout le partage qu’est important, si tout le monde se bat pareil pour gagner quelques chose, eh ben tout le monde a pareil aussi quand c’est partagé. Et puis, ceux qui se font mal, ou qui sont trop vieux, c’est pareil i’ sont pas tous seuls, tout le monde s’occupe d’eux ! »
« Ok fiston sauf que tu rêves, faut bien qu’i y en ait qui ait le dernier mot quand ça se crie dessus ! Un capitaine dans le poulailler, quoi ! En chair et en os ! »
« Ca oui, dans ma ville les gens voteront pour se choisir un capitaine, pour 3 ou 4 ans, c’est pas mal …Et puis c’est simple, tout le monde a quelque chose à faire, au potager, ou au moulin à farine, ou à s’occuper de la basse-cour, à la pêche…et ceux qui arrivent d’ailleurs, ou ceux de notre ville qui sont plus d’accord, ils repartent comme i’ veulent ! »
« C’est vrai c’est simple …Et les femmes ? »
« Pareil, femmes et hommes c’est vraiment pareil, ce sera un ou une capitaine. Et si ’y a un ‘blème, t’inquiètes pas qu’la furie rousse et ses copines vont m’ tomber sur le paletot vite fait »
« La rousse ? »
« Ma fiancée, Gwen, elle est trop belle ! Des cheveux couleur orange, ou carotte, enfin non, poil de renard ! »
« Je vois… Il fera bon vivre dans ta ville Enzo, j’ crois bien !’
« Comme devise, je verrais bien « Partager les gains comme les grains ! » »
« Ah ah ! Ca me rappelle de sacrés souvenirs avec ma Louison : « Pour le meilleur et pour le pire ! » »

Enzo refait le monde
Publié le 08 Dec 2014 à 17:45 - Mis à jour à 17:45

Racontez l'histoire d'Enzo, en poursuivant celle d'hier.

Aujourd'hui, Enzo est en utopie. Pour avoir une chance de voir votre texte sélectionné, respectez la contrainte suivante : Enzo doit raconter à un autre personnage dans quelle société idéale il voudrait vivre.

Amusez-vous !

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En compétition pour la suite (1)

C'est possible, oui... c'est possible.
0 votes - 08 December 2014 - 19h46
 3 11785 points
— Non ! Non ! Ils vont aussi nous couler ! Amiral, Amiral !
— Enzo ! Tout va bien, Enzo tout va bien.
« Hein ?!? »
J’ouvris les yeux... La Belette était là, au dessus de moi.
Je regardai autour de moi... j’étais dans notre cabine... tout était calme.
« Maman Belette » m’essuya le front :
— T’as dû faire en sacré cauchemar pour être autant en âge. Et avec cette fièvre en plus.
— J’suis malade ?
— Oh oui, tu as attrapé un bon coup de froid pendant la tempête.
Je me redressai doucement :
— Nous sommes quel jour aujourd’hui ?
— Lundi.
— Et nous sommes où maintenant, alors ?
— Là, on doit passer au large, très au large de Belle-Île. Tiens, au fait, j’ai une bonne nouvelle, le coup de tabac a bousillé tout l’électronique à bord.
— Ha, et ça c’est une bonne nouvelle ?
— Pour sûr, oui. Personne ne peut plus nous contacter, et ça c’est tant mieux pour nous déplacer en toute discrétion.

Pendant le petit-déj, j’ai raconté mon cauchemar :
— J’ai rêvé que les marins-pêcheurs anglais attaquaient nos bateaux et qu’ils en coulaient un en l’tirant avec des filets. Hé, La Belette, tu crois que c’est possible ça ?
— Normalement non... tous les marins-pêcheurs sont solidaires entre eux, la guerre, c’est pour les militaires. Les gars de la Royal et les pêchous, c’est pas l’même monde.
— Ça n’peut pas arriver alors ?
— Ben... j’sais pas Enzo, à vrai dire, j’sais pas. Les gens sont si couillons parfois. Ah, si nous étions dans un monde idéal, là, j’pourrais être sûr de ma réponse.
— Pourquoi, ça existe ça, un monde idéal ?
— Ah... Certaines légendes bretonnes parlent d’îles paradisiaques. D’îles où tout le monde serait heureux...Dans ma vie, j’ai bourlingué sur toutes les mers du globe, sans jamais les trouver. Ce sont des légendes voilà tout.
— Mais La Belette, pourquoi qu’on n’arrive pas à faire pareil, en vrai ?
— Comment ça, en vrai ?
— Ben, les îles, ça existe en vrai. Des gens qu’ils veulent être heureux, ça existe en vrai. Ben alors pourquoi, ça n’existe pas en vrai, tout ça ?
— Pourquoi ?... Bonne question.
— Attends, moi je crois savoir La Belette. J’sais pas si tu étais là, à Concarneau, quand m’sieur le Maire. m’a demandé qu’est-ce que j’ferais si j’étais président
— Oh si j’étais là, sacré discours bonhomme !
— Et ben, d’accord, peut-êt’ que si ça n’existe pas encore, c’est juste parce que personne n’a pensé à le faire, en vrai. Tu vois La Belette, j’crois que, quand je serais grand, j’essaierai quand même d’être président pour faire ça, en vrai.
— Ah, ah, c’est vraiment utopique c’que tu dis là Enzo. — U-to-pi-que ? Ça veut dire quoi, c’truc ?
— Ça veut dire que ce n’est pas possible.
— Ben ? Si... Si j'le fais, ce sera possible.
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