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Toulouse, libérée, tente une vie sans monnaie

Publié le 09 Dec 2014 à 10:30 - Mis à jour à 15:40

À peine délivrée des troupes de Valois qui ont mis le cap vers Paris, la ville de Toulouse est retournée aux mains des Contestacios qui ont décidé d'instaurer un nouveau système économique: une ville sans monnaie.

Après des semaines d'occupation, la ville de Toulouse renaît de ses cendres. Le capitaine Valois et ses troupes sont partis pour Paris, laissant la ville rose entre les mains des Contestacios. Martin Rochteau parle déjà « d'un moment historique pour le Sud Ouest et pour le peuple libre. » Fortement choqués par l'occupation militaire qui a sévi ces derniers jours, ils ont proposé lors d'une allocution place du Capitole, de supprimer la monnaie de leur commune. Le but ? Laisser place à une société basée sur le troc et l'échange de services.

Les Contestacios ont prévu d'organiser une grande collecte d'ici demain afin de récolter pièces et billets afin de les renvoyer à la Banque de France. Erick Foax, le leader du mouvement, a fait savoir, par le biais d'un communiqué, qu'il travaillerait sur une charte de troc afin de réguler au mieux les échanges et de les baliser afin d'éviter tout abus. 

Une ville laboratoire

Si dans un premier temps la décision d'éradiquer toute monnaie de la commune a surpris les Toulousains et soulevé pas mal d'interrogation, les habitants ont finalement salué cette initiative. « C'est peut-être le début d'un nouveau système, d'une nouvelle société qui pourrait émerger. Une telle crise ne pouvait pas ne pas nous faire changer de modèle de société », lance Paul, architecte d'une cinquantaine d'années. « Ça va sans doute donner des idées aux villes alentours et pourquoi pas s'étendre dans toute la région », confie Adeline dans un sourire.

Effectivement, certains maires des communes alentours ont déjà fait savoir qu'ils regarderaient du coin de l'œil la façon dont évolue la situation à Toulouse pour pourquoi pas à leur tour radier billets et autres pièces de monnaie de leur ville. « Nous attendons de voir un peu comment se déroulent les choses. Importer leur modèle dans quelques mois si tout se passe bien ? oui pourquoi pas ! » estime Brigitte Barège, édile de la cité d'Ingres.

Louis Marquet à Toulouse?

La nouvelle s'est très vite répandue, notamment vers Paris où Louis Marquet, concepteur du site l'entraide.com s'est déclaré très intéressé d'étendre son système vers le sud. « Je n'ai pas encore été contacté par les Contestacio mais je serai ravi de pouvoir exporter mon site internet qui faciliterait grandement les échanges. C'est une prouesse ce qu'ils proposent, c'est le début d'une nouvelle ère » confie-t-il.

Nul ne sait si cette initiative sera pérenne mais elle semble interroger une frange de la société française sur la direction qu'elle pourrait donner au pays dans les prochaines semaines.

Wanted

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Comment vivez-vous sans monnaie à Toulouse ?

Comment vivez-vous sans monnaie à Toulouse ? Les Contestacios ont mis en place une organisation sociale sans monnaie. Tout est à inventer ! Quelles sont vos idées, vos astuces ? Comment s'établissent les valeurs entre les biens et les services. Vous êtes à Toulouse, racontez-nous ! Appelez-nous au 06 15 30 42 78. 

on retrouve le goût du dialogue
0 votes - 12 December 2014 - 13h34
 3 32840 points
ben au début , moi ça m'a stressé, et puis je me suis rendu compte que j'avais besoin de peu de chose au fond, donc on s'échange des tas de services entre nous, j'ai l'impression que cela remet du dialogue entre les gens. On est obligé de parler à son voisin de palier pour tout alors qu'avant je ne le connaissais même pas. Moi je garde les enfants des voisins, eux ils vont chercher de quoi manger, mon cousin donne des cours de sport dans la parc et mon oncle lui va à la chasse et échange son gibier contre des légumes du paysan d'à côté. Sans monnaie on retrouve le dialogue dans la communauté, c'est moins impersonnel.
Des agriculteurs sceptiques mais qui ont su s'adapter.
0 votes - 11 December 2014 - 11h26
2 2472 points
Pour Didier Bozouls, maraîcher à Deyme, aux abords de la ville rose, l'abandon de la monnaie n'allait pas de soi. "Moi au début j'étais pas convaincu de leur idée, aux Contestaires (membres du mouvement Contestacio, prononcé "Contestaïréss", ndlr). Dans les villes ça peut marcher, parce qu'au fond, une ville, c'est beaucoup de monde qui vit serré au même endroit. Donc trouver quelqu'un qui veut bien échanger ce qu'il a et que vous voulez avec ce que vous avez, c'est facile. Le type ou la typesse, vous l'avez quasiment sous la main. Dans les petits patelins si on fait pareil, avec les problèmes de déplacement qu'on a en ce moment... Bref, moi qui vais vendre une partie de mes récoltes à Toulouse deux fois par semaine, j'étais pas chaud quoi. Seulement j'avez pas cogité qu'en faisant ça j'allais à la ville justement. En préparant le coup à l'avance, y a toujours moyen d'échanger mes légumes contre des choses dont j'ai besoin. Bon ça reste compliqué, hein, parce que prévoir correctement ce qui va être assez mûr pour faire le voyage, même avec 15 ans de métier des fois je me plante ! Mais dans l'ensemble ça s'équilibre. Après encore une fois, on peut pas étendre ce système en campagne. Vous m'imaginez aller négocier des semis aux grossistes avec des patanes (pommes de terres, ndlr) ? Pour les échanges entre producteurs on a encore besoin de monnaie à mon avis."
bourse aux compétences
0 votes - 10 December 2014 - 17h25
 3 10467 points
la place du capitole nous sert de bourse aux échanges. des stands sont installés et affichent la couleur sur les talents et compétences à troquer. les as de l'informatique, les matheux , les cuisiniers, les artisans de tous corps d'état, ... vous faites votre marché , une heure de plomberie, contre un cours de maths ? tout dépend de l'offre et de la demande, et de l'urgence. ce matin j'ai du troqué 8h de cours de maths de seconde contre une visite du plombier, j'ai pas trop négocié, j'avais une fuite dans ma cuisine !
les choses se font naturellement ...
0 votes - 10 December 2014 - 07h49
 3 3782 points
A Toulouse, plusieurs associations proposaient déjà des services d'échanges où l'argent n'intervenait pas.<br />Depuis le retour au calme, tout le monde ici ne jure plus que par ce système, qui fait la part belle à la réutilisation, voire parfois au détournement de l'usage d'origine des objets ! En bricolant un minimum, un tas d'objets du quotidien peut être réutilisé intelligemment !<br />à titre d'exemple j'ai échangé avant hier un abat-jour fait à partir d'une passoire métallique, contre un manche à balai qui était devenu une tringle à rideaux ...<br />Et ce qu'il y a de bien avec ce système, c'est que quand on ne veut plus d'un habit, d'un objet, on trouve toujours quelqu'un qui lui trouvera un usage !
A Toulouse, un nouvel étalon
0 votes - 10 December 2014 - 05h18
 3 30062 points
Nous sommes en train de réfléchir à une référence, un étalon qui ne soit plus l'or, mais le blé, par exemple, ce qui règle le problème de la valeur commune entre biens et services.<br />Un frigo vaudrait par exemple 3 sacs de blé et une intervention en plomberie, avec réparation à la clef, 1 sac de blé.<br />L'étalonnage reste bien sûr à créer.
Economie basée sur les ressources
0 votes - 09 December 2014 - 17h00
 3 19138 points
Sur Toulouse et sa banlieue, un genre de troc a été mis en place. Il permet d'échanger des objets, non pas selon leur ancienne valeur monétaire, mais selon le besoin de l'autre personne. Par exemple, un boulanger ayant besoin d'un vélo, pourra en obtenir un en échangeant son pain avec un cycliste affamé. Les objets ultra personnels n'existent presque plus.
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