C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Enzo

10 ans
Homme
Ecolier
Vit à Quimper
Devise : J’vais me balader.
Bio :

Enzo bouillonne. Foot entre les voitures, combine entre potes, petits textes griffonnés sur des bouts de papier, il n'arrête jamais, et son imagination déborde. Dans sa tête, il refait le monde, celui qui peut-être un jour lui appartiendra. En attendant, il traine ses rêves dans son quartier, le Kermoysan. Futé et sensible mais turbulent et hyperactif, son manque de concentration à l'école lui vaut la détestation de son institutrice. Un traumatisme enfoui ? Une chose est sûre, il déborde de colère. Et d'amour. Avec sa mère il entretient une relation fusionnelle. Il est son protecteur, son porteur de courses quand l'ascenseur est en panne. Il est même parfois son soutien financier, car les jours ne sont pas tous faciles quand on n'a pas de carte bancaire.

18 Dec - Lettre à l'inconnu
Publié le 18 Dec 2014 à 21:55 - Mis à jour à 21:55
 3Titelilou
2825 points

Cher inconnu,

Je dois te prévenir : celui qui t'écris cette lettre n'a que douze ans, mais c'est un des plus grands pirates qui aient jamais existé. Tu me crois menteur ? Si je te racontais tout ce que j'ai vécu ces dernières années, tu me regarderais avec des yeux de merlan frit. Ah, ça oui, j'ai beau être encore un gamin, j'ai eu une vie mouvementée !

Allez, ne fais pas semblant mon vieux, je sais que tu rêves de connaître mes aventures.

Tout a commencé un jour de pluie. J'étais encore jeune à cette époque, même si j'étais un peu l'homme de la maison. Avec ma Maman on vivait dans un petit appartement, et on se débrouillait comme on pouvait. Et avec la France sortie de l'euro ça s'est pas amélioré.
Et puis un jour Maman a eu un accident. Elle est tombée dans le coma. J'ai bien pleuré quand je l'ai appris. Je me souviens encore de sa main inerte, de la pâleur de son visage... C'était terrifiant. Je la revois des fois dans des cauchemars.

Mais je ne sais pas pourquoi je te raconte ces mauvais souvenirs. Ce qui compte, c'est ce qui s'est passé ensuite.

Ensuite, j'ai décidé de partir. Pour retrouver mon père qui nous avait quitté, Maman et moi. Lui demander de l'aide. Tu vois, je suis petit mais ça m'empêche pas d'être courageux. Et là, tout s'est accéléré. J'ai rencontré Georgette, une super-mamie Bretonne, et puis Marylou la chouette, et ensemble on a cherché, cherché et recherché mon papa pêcheur. On a parcouru la région mais on l'a pas trouvé... Par contre, j'ai trouvé Gwen.
Gwen c'est une comète, c'est une étoile, une flamme dans mon cœur. Elle a un sale caractère, la langue bien pendue, et c'est la fille la plus extraordinaire que j'ai jamais rencontrée.
J'aurais voulu te la dessiner mais je suis pas très doué. Alors je te laisse l'imaginer.

Ah, il s'en est passé des choses ! J'ai découvert les bateaux, la haute mer, j'ai sauvé un navire sur le point de couler, j'ai été acclamé par une foule entière, j'ai joué au pirate, au corsaire, j'ai volé une frégate, j'ai chanté à perdre haleine les chansons des marins, ces chansons pleines de morgue, d'océan et de rhum. J'ai vu des tempêtes, des batailles, des canons, des reines maléfiques et des mutineries, et puis....

Et puis finalement j'ai atterri là. Sur cette île enchantée où j'ai retrouvé tout le monde, mon Papa Yannick que j'avais tellement cherché, et puis ma mamie d'adoption, la gentille Marylou, et Gwen, évidemment. Gwen qui m'a embrassé avec tellement d'ivresse que ma tête s'est mise à tourner.

C'est une île cachée sous la mer, un coin de paradis invisible et serein. Et depuis maintenant un an, je m'y suis installé. On s'est bien organisés, tous les habitants de l'île ont un rôle, on change de chef tous les mois et on fait des grandes fêtes sur la plage les soirs d'été.

J'ai repris l'école, Georgette se débrouille très bien en maîtresse, et elle dit que je suis très doué ! Je passe aussi pas mal de temps sur la mer, pour apprendre tous les trucs de navigation. Parce que moi, je sais ce que je veux faire plus tard : Marin. Je ne peux plus me passer du fracas des vagues, de l'écume blanche, de tous ces oiseaux qui nous suivent en riant. Gwen, elle, veut travailler sur l'île pour continuer les recherches sur la ville d'Ys, comme mon père.
Ma maman, je l'appelle souvent, elle va bien, elle a un compagnon très gentil qui s'occupe bien d'elle. Elle veut que je vienne la voir. D'ailleurs, je vais y aller bientôt, je vais prendre mon bateau et naviguer jusqu'à l'aube, et je reverrai ma Bretagne dorée par le soleil, et ma Maman sur le quai me fera des grands signes. Parce qu'elles me manquent, toutes les deux. Et puis comme ça je pourrais montrer à Gwen tous mes coins préférés, ma cité, le port, les bateaux... On en a parlé tous les deux. On partira comme ça un de ces jours, dans la brume du matin. Elle sera capitaine et je serais matelot.

Ensemble, on ira jusqu'au bout du monde.

En tout cas, cher inconnu, si j'ai un conseil à te donner, c'est celui ci : fais comme les pirates. Crie ta liberté, défie les tempêtes, et va au bout de tes aventures.

La mienne ne fait que commencer.

Et qui sait ? Peut être qu'on se rencontreras, un jour, toi et moi.

Salutations,

Enzo.

Enzo, une bouteille à la mer un an après
Publié le 18 Dec 2014 à 00:02 - Mis à jour à 17:22

Un an a passé. Nous avions laissé Enzo s'installer dans un petit paradis. Une île secrète et mystérieuse où l'amiral l'avait emmené. Dans cette île, "sa" Gwen l'attendait tout comme ses proches (Marylou, Georgette, etc.). Depuis un an, sa vie a donc changé. Dans une lettre, il décide de faire le point, et de raconter son année, sa vie, ses espoirs en l'avenir. Ce message vers le futur, il le met en bouteille et le jette à la mer, lettre de sagesse qui doit servir un jour à celui qui la retrouvera échouée sur une plage.

5 contributions
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En compétition pour la suite (5)

Une année à YS
0 votes - 18 December 2014 - 19h44
 3 21923 points
Cher lecteur,
Je ne sais pas dans combien de temps, d’années, tu auras cette lettre entre les mains, mais tu vas la lire sans difficulté grâce à la pochette étanche et anti-UV spécialement concoctée par Albert notre savant fou pour cette bouteille à la mer. Et une clé USB, si ça existe encore…
Alors, voilà, on est aux alentours de Noël 2015, je m’appelle Enzo, j’ai 11 ans et je viens de Concarneau, en Bretagne. Et j’ai qu’une seule page pour te raconter le plus important.
Depuis que je suis né il y a eu des krachs financiers, la crise de 2008, et la fin du monde de 2012 de vrai en 2014 avec la sortie de la France de l’euro ! Alors il y a eu l’Anarchy, les « Sans Dents » de la « France d’En Bas » qui ont voulu refaire comme une Révolution, on a giclé tous les politiciens qui servaient à rien, les très très riches ont eu les pétoches et se sont vite barrés à l’étranger avec leur or et tout le monde a discuté, tapé du poing et encore discuté. Et même, des militaires ont voulu prendre le pouvoir, c’était presque une guerre civile ça moi j’ai pas aimé du tout, j’aime pas quand les gens se tapent dessus pour avoir raison. C’était un grand bazar, les autres de l’Europe nous ont enfermés en France, on pouvait plus sortir ni entrer, plus d’essence, plus rien à manger qu’un panier citoyen plus dégueu tu meurs.
Mon papa était marin pêcheur, on savait pas où il était et quand on a vu que le barouf durait, avec Marylou et Georgette on est partis à sa recherche, on a fait plein de trucs trop oufs, sur des bateaux de pêches, des pirates, un porte avion américain et au milieu de toutes ces vagues j’ai rencontré ma copine Gwen, mes potes l’appellent Poil de Carotte et ça la met encore plus en pétard, parce qu’elle est marrante mais facilement en pétard la rousse. On s’aime comme des fous et quand on sera grands on va se marier. Là ses parents ont pas voulu la lâcher, surtout sa maman, c’est dur mais je comprends, on se voit dès qu’elle a des vacances à l’école.
Nous autres, grâce à l’Amiral, Albert et Yannick qui l’on retrouvé, on est sur un paradis, l’ancienne Cité d’Ys, depuis 1 an. On est super équipés, avec un câble sous marin pour internet, une super belle bibliothèque, et je dévore tous les livres, mon père Yannick dit que j’ai changé et que j’ai beaucoup mûri. Pourtant je me sens toujours bien un enfant quand je vais jouer à la cascade avec mes amis. Marylou a crée une école pour les plus petits, Albert nous fait les Sciences, l’Amiral les cours de marine théorique et puis on a tous les cours en ligne. Après c’est foot, pêche, je deviens balaise en plongeons aussi ! Georgette elle s’amuse comme une folle avec ses plantations et ses essais de bouture, elle nous a fait un super potager de légumes anciens, et son nouveau chéri teste les moutons et leur laine pour nos pulls. Entre nous, on troque et on s’aide mutuellement. La Fouine, lui, a le vrai argent de la communauté et chaque fois qu’il revient de ses achats à St-Malo, il chantonne ce vieux morceau, pas si joyeux « Non, non, rien n’a changé, Tout, tout a continué, hey hey… ».
Sur le continent, mes potes d’avant vont bien mais je crois qu’ils s’ennuient un peu, plus trop de jeux video et la télé est nulle. Papi et Mamie aussi, qui se sentaient mieux de rester dans leur maison de toujours sur le continent, me disent qu’ils trouvent la vie autour devenue un peu terne, tout le monde veut être gentil et attentionné pour tout le monde et à force, ben c’est ennuyeux ! Une des copines de Georgette, à Paris, elle dit qu’il y en a plus des œuvres d’art qui sortent de l’ordinaire, les bons artistes se sont tous carapatés en courant quand on est sortis de l’euro et aucun n’est près de se risquer à revenir avant longtemps. Sinon, oui c’est sûr, les gens du gouvernement se sont organisés pour écouter tout le monde, dans toute la France, et empêcher les banques de refaire des bêtises. Tout ça, ça a l’air de bien marcher. Faudra juste que les plus jeunes comme nous, on redonne un peu de pêche au système !
De toute façon, même si la vie ici est géniale, c’est tout petit, on a vite fait le tour et d’ailleurs ma Maman et son copain n’ont pas supporté. « Moi j’ai besoin des boutiques, des lumières, des cinémas avec plein de monde » elle m’a dit Maman, « Mais je reviendrai te voir sur l’île ! » Alors Yannick nous prépare : « Un jeune », il dit, « Ca doit voir du pays » et l’Amiral répète aussi que « Les voyages forment la jeunesse ! Regardez comment ça se passe ailleurs, apprenez un métier, et quand vous aurez envie de retrouver un coin tranquille, rentrez au bercail, votre petit paradis ne bougera pas ! »
Moi je suis sûr que maintenant, les gens du peuple, les petits comme nous, ont repris la main et qu’ils vont faire ce qu’il faut pour que ça continue. C’est loin d’être parfait mais c’est bien parti !
Je suis content, je sais que ma lettre vous trouvera dans un heureux nouveau monde.
Enzo, fier matelot de l’Hermione et citoyen de la Cité d’Ys.
Jadis, le héros allait par monts et par vaux....
0 votes - 18 December 2014 - 18h56
 3 11785 points
J’suis là, au bout de la pointe du corbeau. C’est l’avancée la plus à l’ouest de notre île.
Je regarde la mer en attendant que la marée soit assez haute pour jeter ma bouteille.
L’océan c’est bien, c’est super joli... les couleurs changent constamment. Une île, c’est de la balle, une île mystérieuse en plus... Mais on a vite fait d’en faire le tour.

Au début, pour moi, ça a été l’éclate totale. Gwen, le lagon bleu, le soleil, la cascade et la mer !
Mieux que les ch’tis à Miami et Fort Boyard réunis !
Le bonheur ! Des vacances de rêve, et à vie, pour l’équipage, mais aussi pour Marylou, Georgette, et une bonne partie de ma famille.

Papy va tous les jours à la pêche. Mamie fait des sodokus sur le ponton. Georgette et Marylou se sont très vite acoquinées – comme on dit ici – avec deux gentils marins de l’Hermione.
Maintenant, chaque jour, ils font le tour de l’île ensemble. Marylou et son copain ont même adopté un bébé phoque. Une adorable boule de poil blanche retrouvée sur la plage des trépassés.
Bon, le seul petit problème, c’est la jalousie entre mes deux papas. Pas pour moi non, pour maman. Ça, c’est un peu comme l’histoire de pince-mi et pince-moi, un jour, y’en a bien un qui va pousser l’autre à l’eau.
Et puis, Gwen est repartie chez elle pour ces études et pour sa famille.
Sinon le reste, ça va.

Il fait beau, toujours beau, à cause du Gulf Stream. Moi, j’aimais bien, de temps en temps, les p’tites bruines de ma Bretagne. Je frisais pour trois jours sans mettre de gel, c’était bien et ça coûtait pas cher.
Et encore, quand je dis, pas cher, ici, rien n’est cher. Y’a rien à acheter !
Ici, faire du shopping comme on dit, c’est aller sur les grèves à marée basse. On est là et on cherche un truc qui aurait pu s’échouer sur le sable.
Des fois y’a rien, juste des bouteilles et des bidons en plastique.
Ah si, l’autre coup, j’ai trouvé une boîte de cheeseburger, ça m’a fait super envie...
Là, j’ai repensé à Koh-Lanta quand les gars et les filles se battent pour avoir des frites à manger.
Moi, c’était pareil, j’aurais combattu contre dix méchants pirates pour avoir un cheese.

L’île d’Ys, c’est bien... mais les scientifiques qui l’on retrouvée aurait au moins pu y mettre quelques dinosaures pour le fun... Ils n’étaient plus à ça près.

Ah ! La marée est bien haute. Je vais pouvoir lancer ma bouteille.
Bon allez, je relis mon message avant son grand voyage :
« Bonjour !
Je suis Enzo.
J’ai gagné face aux plus forts d’entre les plus forts !
J’ai affronté des terribles tempêtes et d’affreux coup de tabac !
J’ai sauvé une jeune princesse des griffes d’une méchante reine !
J’ai stoppé un porte-avion, rien qu’en le regardant !
J’ai même les clés de Concarneau !
Mais voilà, maintenant je fais plus rien.
Alors, qui que vous soyez, venez relever le défi que je vous lance !
Qui aura le courage de m’affronter !
Je vous attends de pied ferme, bande de lâches !
Signé : Enzo Le Héros
PS 1 : Y’a un plan dessiné derrière pour mieux me trouver.
PS 2 : Si l’un de vous me rapporte un menu Happy Meal, il aura la vie sauve ! »
Un nouveau jeu
0 votes - 18 December 2014 - 18h45
 3 9501 points
Salut,
Je m'appelle Enzo et je suis perdu sur une ile déserte. Bon, en fait, je suis pas réellement perdu, c'est pas la peine d'ameuter la Marine pour me retrouver, on fait que jouer aux pirates avec Gwen. Mais bon, comme c'est une idée rigolote d'envoyer une bouteille à la mer, même pour de faux, je me dis que c'est mieux de faire comme pour de vrai.
Donc moi, c'est Enzo. Plus tard, je serai marin et j'écumais toutes les mers du globe. Ce serait d'ailleurs rigolo que je récupère cette bouteille dans un de mes filets quand je serai vieux ! D'ailleurs, si c'est moi-même qui me lis, j'espère que t'as épousé Gwen ! Parce que c'est une fille top ! J'espère aussi que maman va bien. Même si elle est rentré après avoir réparé son anévrisme, il faut toujours bien faire attention à elle. J'espère que t'es un mec sympa avec les vieux comme Georgette, c'est important de s'occuper d'eux : sans des Georgette pour nous aider, ce serait trop le bordel ! Alors, hein, on respecte. Il devient quoi Tom ? Chuis sur qu'il fait de jeux vidéo. J'espère aussi que t'as une grande baraque, trois chiens et toutes les consoles de jeux ! Et aussi que tout le monde que t'as rencontré avec la crise de la Hollande est encore avec toi.
Bon, j'ai plus de place sur ma feuille et Gwen a déjà fini la sienne. Si t'es pas moi plus vieux qui me lis, appelle-moi au numéro que je mets au dos, ça me fera trop marrer de savoir que ma bouteille a été trouvée !
Enzo, pirate réfugié sur une ile déserte
Une bouteille à la mer
1 votes - 18 December 2014 - 18h36
  3 10334 points
"Bonjour,

Je m'appelle Enzo et j'ai onze ans. Je ne suis pas encore très vieux mais on me dit souvent que j'ai beaucoup de courage pour mon âge. Ça me saoûle, quand j'entends ça j'ai l'impression d'être un gamin. Je suis pas vieux, mais je suis pas un gamin. On me donne plus que onze, d'ailleurs. Il s'est passé plein de trucs l'année dernière en France, j'ai pas toujours tout compris, il y a vraiment des trucs qui me donnent pas envie de devenir vieux, genre vingt-cinq ans. Pourtant, je sais que ça arrivera un jour. D'ici là, je veux profiter de ma famille et de mes potes. Je veux profiter d'être avec ma Gwen. Je veux que rien ne me sépare jamais plus de Marylou, de ma mère, bref de tout le monde. L'année dernière, je me suis retrouvé à droite à gauche, j'ai eu plein de problèmes, mais ils sont résolus depuis que nous sommes sur l'île où l'amiral nous a emmené. Ça fait un an. J'ai du mal à croire que ça fait un an, c'est l'année qui est passée la plus vite de toute ma vie. D'après l'amiral, c'est l'âge qui fait ça, il dit que plus les années passent et plus les années passent vite. Les matelots sont tous cools, je m'entends vraiment bien avec tout le monde. On est un peu isolés mais si c'est le prix à payer je suis carrément pour. On ne manque de rien. De toute façon, quand on est avec les gens qu'on aime, est-ce qu'on peut vraiment manquer de quelque chose ? Et puis on n'est pas isolés finalement, être isolé c'est dans la tête. Quand on est avec ses proches, on n'est pas isolé. Cher lecteur, je ne vais pas me permettre de te tuter parce que tu es peut-être beaucoup plus vieux que moi, tu as peut-être vingt-cinq, voire trente ans, qui sait ! Alors j'aimerais vous donner un conseil, toi qui as trouvé ma bouteille intacte puisque tu es le lecteur de ces lignes. N'oublie jamais les gens qui comptent pour toi. C'est le plus important. C'est même la seule chose qui soit importante. Sans les autres, on n'est plus rien. Si tu dois traverser des pays entiers, des montagnes, ou des océans pour retrouver ceux qui sont essentiels dans ta vie, fais-le. Tu le regretteras sinon, c'est sûr. La preuve c'est que moi j'ai retrouvé tous les miens comme ça et que je ne le regrette pas. J'espère que ce conseil vous aidera à améliorer votre vie, Madame, Monsieur, et je vous salue mes sentiments distingués. A bientôt, qui sait ? Enzo"

Enzo mit sa lettre dans la bouteille, la lança aussi haut et loin que sa force le lui permettait. Elle disparut puis reparut quelques secondes plus tard à la surface de l'eau. Il se tenait droit sur le bateau, fixant le contenant et son bout de papier à l'intérieur. Il était conscient de la portée d'un tel geste. Peut-être cette lettre changerait-elle à jamais la vision de la vie de quelqu'un, peut-être ne serait-elle jamais lue. Le mystère qui l'entourait lui donnait une certaine aura qui le fascinait. Derrière lui, l'amiral posa sa main sur son épaule. "Allez, viens. On rentre."
Retour en France ?
0 votes - 18 December 2014 - 17h22
0 78 points
Sur mon île je suis bien. Je bois du lait de coco du soir au matin. Je me réchauffe aux rayons du soleil, et je lézarde comme une abeille. Mais parfois j'entends un écho, les ondes perdues d'une vieille radio. J'entends les souvenirs d'une France qui change, qui redevient pays d'échanges. Un pays renouvelé, modifié à tout jamais. Et je me dis : pourquoi pas ? Pourquoi pas, un jour, reprendre la mer pour retourner là-bas ?
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