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Anarchy : si vous avez manqué l'histoire

Publié le 19 Dec 2014 à 16:55 - Mis à jour à 17:10
Illustration Pierre-Emmanuel Chatiliez (Pierre-Emmanuel Chatiliez)

Retranché(e) du monde dans un monastère sur les hauteurs du mont Sinaï, en orbite autour de la comète Tchouri flirtant avec la sonde Rosetta, claquemuré(e) dans votre appartement à la suite d'un gros chagrin d'amour et bien décidé(e) à ne plus jamais en sortir. Le 30 octobre 2014, vous n'étiez pas là et aujourd'hui, vous débarquez sans rien comprendre. Voilà donc, spécialement pour vous, le résumé de l'histoire d'Anarchy en cinq actes.

ACTE I : la France décroche

Acculé par Bruxelles, qui exige des mesures drastiques pour redresser l'économie française, François Hollande s'adresse solennellement aux Français. Le président annonce la sortie de la France de la zone euro. Sur le papier, la transition monétaire est balisée et le retour aux francs, imminent. Mais voilà, rien ne se passe comme prévu. Trois jours plus tard, les distributeurs sont vides et les banques toujours fermées. Michel Cabestany, le nouveau Premier ministre, limite les retraits bancaires à 40 euros par personne et par semaine. S'en suit un décrochage entre la monnaie réelle et la monnaie numérique, qui ne vaut plus rien. Les commerçants exigent des euros et font flamber les prix quand les clients demandent à payer en carte bancaire. Nadia Martin en est la première victime. Cette jeune mère de famille meurt dans une altercation avec un boulanger à Limoges. Elle n'avait pas de quoi payer sa baguette. Ce premier drame d'Anarchy divise la France.

ACTE II : la France s'enfonce

Jour après jour, le mécontentement gagne du terrain. La grande distribution tient tête au gouvernement, qui souhaite limiter l'inflation. Le Premier ministre Cabestany arrive néanmoins à imposer le « panier citoyen », un ensemble de dix produits à prix gelés. Mais cette initiative est victime de son succès : les Français se précipitent dans les supermarchés, et dès le lendemain, les rayons sont vides. Pour contrer la pénurie, le gouvernement décide alors de réquisitionner les denrées agricoles. En Bretagne et à Carcassonne, la révolte des agriculteurs éclate. En parallèle, la fonction publique défile dans les rues : des millions de fonctionnaires exigent des primes en euros. Cabestany est inflexible. Les gendarmes et les policiers sont les seuls à obtenir gain de cause - ils sont également les seuls à pouvoir assurer le maintien de l'ordre. La décision achève de monter les Français les uns contre les autres. Après un week-end marqué par les grèves et les sabotages, Cabestany décrète l'état d'urgence.

ACTE III : la France sans tête

L'ordre ne revient pas pour autant. Jérémie, jeune chef de file des Éveillés, mouvement de contestation pacifique qui occupe la place de la Bastille, est battu à mort par des policiers. L'agression, commanditée par Matignon, coûte sa place à Cabestany. Dans la surprise générale, François Hollande joue la carte de l'union sacrée en nommant Nicolas Sarkozy Premier ministre. Après trois semaines de désordre, les Français se remettent à espérer. En vain. L'avion qui ramène les deux hommes de Brégançon s'écrase sur le Mont Lozère. La France est en deuil. Gérard Larcher, président du Sénat, assure l'intérim à la tête de l'État, mais sa légitimité est contestée de toutes parts. Le mouvement des Éveillés marche sur le Sénat. Marine Le Pen s'autoproclame présidente. Jean-Luc Mélenchon constitue un Comité de salut public. Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, forme lui aussi un gouvernement d'intérim. La France compte donc quatre prétendants au pouvoir mais il n'y a plus de pilote dans l'avion. Dans le même temps, la République se disloque. La Bretagne, gouvernée par la Reine Mathilde Penvensie, proclame son indépendance, au même titre que l'Occitanie, entité qui recouvre tout le grand Sud-Ouest. La Réunion se détache de la métropole. La République de Lotharingie, correspondant à la région Alsace-Lorraine, est proclamée.

ACTE IV : la France en guerre

Dans ce contexte de vacance du pouvoir et d'éclatement territorial, les appétits s'aiguisent. Le capitaine Valois, militaire opportuniste à la carrière en demi-teinte au sein du 128e régiment d'artillerie de Carcassonne, ne cache plus ses ambitions. Le nouvel homme fort du Sud-ouest prend Toulouse par la force. À Paris, le mouvement « Nouvelle Résistance », fruit de l'alliance entre Éveillés et Oubliés, installe ses quartiers à l'Élysée et tâche d'imaginer une nouvelle organisation politique et sociale pour la France de demain. Ces militants sont soutenus par les forces armées du général Atlas, plus démocrate qu'homme de guerre. Le capitaine Valois, appuyé par l'extrême-droite, passe à l'offensive. Avec une armée bigarrée de 20 000 hommes, rassemblant entre autres parachutistes et chasseurs, il met le cap sur Paris. Il sera stoppé à Montargis par les forces d'Atlas. La bataille s'enlise. Les pertes sont lourdes. Plus de 200 civils sont tués dans les bombardements. Ultime tour de force, Valois tente de prendre le contrôle des médias. Plusieurs sites d'informations, dont Anarchy.fr, sont fermés pendant quelques heures. Épris de liberté, des hackers de « Nouvelle Résistance » parviennent à rétablir les plate-formes.

ACTE V : la France se réinvente

Choquée par l'hécatombe de Montargis, et soucieuse à l'idée que l'arme nucléaire tricolore tombe entre de mauvaises mains, la communauté internationale intervient. L'ONU lance un ultimatum : la France a sept jours pour parvenir à un cessez-le-feu, désarmer les parties adverses et constituer un gouvernement intérimaire. Les nouvelles figures politiques se mobilisent. Dans le sillage de leur leader La Crête, anarchiste tué par la police, les Oubliés fondent UTOPY, un village lové au bord d'un étang en Gironde, où l'argent est banni. Des forums sociaux fleurissent en France et dans les régions indépendantes. Quelques jours plus tard, une grande consultation citoyenne est organisée. Les Français sont invités à se prononcer sur neuf grands thèmes qui dessineront les contours de la France de demain. Elle sera fédérale, à l'allemande. Son régime sera la démocratie directe avec un modèle social basé sur un revenu minimum universel et des services publics pour tous. Contre toute attente, 40% des votants se prononcent pour le retour de l'euro. L'heure est à l'enthousiasme. Le cadre de la France de demain est posé.

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