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The PeaceMaker : "J'ai gagné grâce aux autres"

Publié le 19 Dec 2014 à 00:20 - Mis à jour à 17:05
Tags : anarchy

[Vidéo] Pendant sept semaines, Tristan Sanchez a vécu au rythme d'Anarchy. The Peacemaker est désormais le grand gagnant, avec 35527 points. Un engagement important pour ce jeune homme qui doute parfois de son talent.

« Je n'ai pas vu le soleil pendant un mois et demi » sourit l'auteur. Ébloui, il craint d'avoir le teint blafard. Juge son débit trop lent. Face caméra, on lui a demandé de lire un extrait d'un de ses textes. Il n'a pas hésité pour choisir « le rap de Nour ». Il se remémore la mélodie. La voix prend enfin de l'assurance. Dans quelques heures, il sera le grand vainqueur du jeu.

Pendant sept semaines, Tristan Sanchez à vécu au rythme d'Anarchy. Il se réveillait à 7h30 avec le live. La nuit, quand la rédaction dormait, lui continuait. On croyait trouver un vainqueur avec des envies de conquête. On trouve un angoissé qui doute de son talent. Au lieu d'un arrogant, voici un hésitant de 24 ans. Une gueule à la Xavier Dolan, la confiance en moins. Des fringues simples mais bien ajustées. « Je suis un stressé », assure-t-il.

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« Tu vois, j'ai tout foiré dans ma vie. Alors ça je voulais vraiment le gagner » justifie celui qui n'a pas hésité à se battre pour chaque point et à creuser la distance avec ses concurrents. « Depuis trois ans, ma vie est en stand-by » explique-t-il. Alors il construit des personnages et fait de sa vie un roman. Il a crée son personnage Juan à son image. Sa description parle pour lui : « Rêveur et curieux, il n'avait cependant aucune idée sur son avenir ».

Dans la vraie vie, il a fait une licence en Arts du Spectacle à Montpellier et a monté avec des copains une association de création audiovisuelle. Lui est montreur-cadreur. Les projets s'enchaînent. L'association prospère. Aujourd'hui c'est devenu une entreprise. Un jour, pourtant, Tristan perd tout. Son amour. Son boulot. Ses études. Retour chez ses parents à Grenoble.

Pendant ces moments de doute, le jeune homme s'interroge. Beaucoup, et souvent à son propos. Lunatique, impatient, insatisfait, il débite avec un ton automatique la liste de ses défauts. Il lit beaucoup. De l'heroic fantasy depuis le lycée. Son préféré, c'est la saga de l'Épée de Vérité, qui fait 12 tomes. « Un jour je suis tombé sur un livre sur les hypersensibles. J'ai cru qu'on parlait de moi » dit celui qui est aussi un lecteur d'ouvrages sur le développement personnel ; il cite L'homme qui voulait être heureux de Laurent Goumelle.

24h/24 devant Anarchy

Il a commencé à écrire des livres, n'en a fini aucun. Il lui fallait une discipline. Ce sera Anarchy. Déjà bien accroché au jeu, il comprend qu'il peut gagner : « J'étais déjà 24h/24 devant Anarchy. Je me suis dit que je pourrais faire encore plus ». Muni d'un organigramme du jeu, il accomplit sa tâche de manière précise.

Lorsqu'il crée un personnage d'ingénieur en écologie, il se documente pendant des heures. Il crée un zoo avec des plans. Sur Facebook, il retrouve d'autres auteurs et élabore des scénarios en commun. « Si j'ai gagné, c'est surtout grâce aux autres. Sans eux, je n'aurais pas pu aller jusqu'à la fin », assure celui qui tenait tout de même à garder beaucoup d'avance sur ses concurrents. Il finit presque 3000 points devant la deuxième, Gally.

Artiste

Une mère, passée d'employée de base à cadre supérieure dans une entreprise d'électronique. Un père, intermittent, percussionniste de funk, de flamenco et de tous les styles. « Mon frère à hérité des dons que je n'ai pas eus. Il fait de magnifiques photos », dit cet aîné de trois enfants. Pendant tous ces jours, sa famille l'a soutenu : « Ils ont compris que pour moi c'était important. »

Celui qui avait hésité à postuler à la FEMIS ou au CEEA vient d'y gagner un stage. Hésite à nouveau quand on parle de l'avenir : « J'ai un besoin de créer que je n'arrive pas toujours à exprimer ». Il rêve de monter un label multi-artistes. Se voit capable de déceler le talent chez les autres. « Tant que tu n'arrives à rien, aide ceux qui on trouvé leur voie », dit-il fièrement. Et dans dix ans ? « Je serais malheureux si je ne faisais pas d'art. Je doute qu'il soit possible de vivre de ma plume, mais finalement ce serait le plus réaliste et le plus idéal. »

 

 

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