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Archeth

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Laval
Classement : 118ème
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Ses personnages (1)

Anna Dupont
Après aimer, aider est le plus beau verbe du monde.

Ses participations (5 publiées - 0 gagnante)

Manifestation

le 20 Nov 2014 à 15:04
Arrivée à Paris, je pris du temps pour voir les nouvelles : Sarkozy nommé premier ministre, Hollande s'arrogeant les pleins pouvoirs, et la mort de Jeremie, un des leaders des Eveillés. En souvenir de lui et de ses actions, une marche blanche était organisée l'après-midi, partant de la Bastille.
Décidant qu'il fallait mieux arriver trop tôt que trop tard, je me mis en route. De la gare Montparnasse à la place de la Bastille, mine de rien ça faisait une trotte !
Une atmosphère étrange flottait sur la ville. Les rares passants que je croisais marchaient vite, la tête baissée. Il n'y avait pas de rires d'enfants jouant dans les rues, et la grande majorité des magasins étaient fermés ou avaient été vandalisés.
Après une bonne heure de marche, je rejoignis les environs de la place de la Bastille. Celle-ci était entourée de CRS, interdisant le passage. Je fis plusieurs fait le tour, sans trouver de faille. Quelle déveine ! Arriver jusque là sans pouvoir rejoindre le camp !
Prenant mon mal en patience, je décidais de me poster sur le chemin de la marche blanche, en espérant pouvoir la rejoindre. Assise sur les marches d'un magasin, j'attendis. Peu de temps après, une rumeur commença à enfler. Ils arrivaient ! Je vis passer la tête de la manif, encadrée par des CRS, et je profitais d'une petite échauffourée pour me glisser dans le cortège, ni vu ni connu. Autour de moi les gens avaient le visage grave, certains portaient des bougies, d'autres des portraits de Jeremie. Je marchais avec eux en silence, le cœur en peine pour cet étudiant assassiné par l'état. On fit tous un sit-in arrivés à la place de la République, pour manifester notre colère face à cet assassinat. Je dois dire que j'étais plutôt contente de m'asseoir, j'avais les épaules en feu à force de porter mon sac trop lourd.
Quand on est rentré au campement, je suis restée quelques minutes sur place, à ne pas savoir quoi faire. La place était noire de monde, avec des tentes installées un peu partout. Je me suis avancée lentement dans le camp, regardant avec des yeux ébahis ce qui se déroulait autour de moi. Certains s'affairaient, allant d'un point à l'autre du campement, tandis que d'autres étaient occupés à discuter en petits groupes. Un groupe d'enfants était assis en demi-cercle autour d'un homme, buvant ses paroles. Un peu plus loin, un drapeau avec une croix rouge flottait devant une tente. Je me suis dirigée vers celle-ci. L'effervescence qui régnait à l'intérieur me surpris. Deux jeunes femmes étaient en train de s'affairer autour de nombreux blessés, l'air épuisé. Et de plus en plus de personnes arrivaient ! Voyant que personne ne m'avait prêté  attention, j'ai osé un timide "Bonjour ", ce qui fit lever la tête à une des infirmières.
- Je peux faire quelque chose pour toi ?
- Eh bien... c'est à dire... je viens d'arriver ici, et...
- Si tu es malade, tu peux t'asseoir quelque part, on s'occupera de toi après.
- Non, non c'est pas ça ! Je fait des études d'infirmière, alors je peux peut-être vous aider, proposais-je timidement.
- C'est vrai ? 
Le visage de l'infirmière s'éclaira d'un coup.
- Viens, il y a assez de travail pour trois ! Moi c'est @Lilou, et voilà Amandine.
Elle m'expliqua rapidement les soins qu'ils prodiguaient, avant de me laisser seule m'occuper des nouveaux arrivants. Je pris rapidement le pli, la plupart des blessures n'étaient pas très grave. Mais pour une personne de soignée, deux prenaient aussitôt la place ! Après deux heures de travail intense, le flot se tarit peu à peu, nous laissant épuisées. 
- Bienvenue chez les Eveillés ! me lança Lilou.
Je le remerciais d'un hochement de tête. J'étais tellement heureuse d'être venue ici ! Ce camp, tout ces gens rassemblés, ça me donnait l'impression qu'on allait vraiment pouvoir changer le monde.

Le temps de l'action

le 15 Nov 2014 à 19:26
Je suis restée 3 jours chez moi. 3 jours à hésiter, à ne pas savoir quoi faire. A l'aube du troisième jour, j'ai enfin pris une décision. J'allais aller sur Paris, rejoindre le groupe de ceux qui s'appelaient 'les Éveillés". J'avais passé beaucoup de temps à lire des articles leur étant consacrés, et ils paraissaient avoir des idées nouvelles. De toute façon, Paris était là où toute l'action se passait, et je voulais en faire partie. Et qui sait, on aurait peut-être besoin de mes talents d'infirmière ! Mais comment rejoindre Paris ? Y aller en voiture était hors de question, n'en ayant pas. J'effectuais une rapide recherche sur des sites de covoiturage, sans rien trouver. Prendre un train restait la meilleure solution, s'ils passaient toujours. Selon le site de la SNCF, le prochain train partait dans 2 heures. Je me mis à rassembler les affaires dont j'avais besoin. Des vêtements chauds, une lampe de poche, de quoi écrire, le couteau suisse que m'avait offert mon père il y a si longtemps, toute ma trousse à pharmacie, un sac de couchage, de la nourriture et tout l'argent disséminé un peu partout dans mon appartement. Et mon téléphone bien sûr. Après avoir balayé du regard une dernière fois l'appartement pour être sûre d'avoir pris tout ce dont j'avais besoin, je me retournais et sortis. L'aventure commençais !Tout en marchant vers la gare, je ne pouvais m'empêcher de me sentir euphorique. Enfin, peut-être les choses allaient-elles changer ! J'étais bien décidée à faire tout ce que je pouvais pour créer une société meilleure. Perdue dans mes rêves utopiques, je ne vis pas le temps passer. Sans m'en rendre compte, j'étais déjà arrivée près de la gare. Celle-ci était déserte. Personne aux guichets, personne dans le grand hall. Seuls quelques papiers voletaient de ci de là, poussés par le vent. Cette ambiance me fis froid dans le dos, et je resserrais mon manteau autour de moi, jetant des coups d’œils méfiants aux alentours. 
Après une heure passé à faire les cent pas, un train s'arrêta dans un crissement de freins devant moi. Une personne en descendit, me jeta un coup d’œil furtif et s'éloigna rapidement, presque en courant. Je montais lentement dans le train, mon bagage à la main. A l'intérieur, pas un chat. Je traversais trois voitures avant de me décider à m'installer sur une banquette. S'il y avait un contrôleur dans ce train, il n'aurait pas de mal à me trouver. Le train se remit en route, d'abord doucement, puis de plus en plus vite. Devant moi, les campagnes défilaient à toute allure. Dans le lointain, je pouvais apercevoir de la fumée par intermittence, et beaucoup de champs avaient été débarrassés de  leurs récoltes, laissant la terre à nu. D'autres étaient entourés de personnes armées, probablement les gardes que les agriculteurs avaient promis d'engager pour protéger leurs biens. Chaque village que nous traversions en coup de vent était désert, chacun se terrant chez soi. Comment avions-nous pu passer d'un pays civilisé à ça ? Soudain, la porte de la voiture s'ouvrit, me faisant sursauter violemment. Un homme se tenait dans l'encadrement, les vêtements froissés et la casquette de travers. Le contrôleur. Il ne devait pas avoir plus de 35 ans, mais les cernes sous ses yeux et ses cheveux clairsemés le vieillissaient considérablement. Il resta à me regarder pendant un long moment, jusqu'à ce que je commence à me tortiller sur mon siège, incertaine de la raison de son attention. Finalement, il s'avança d'un pas lourd et s'assit en face de moi.
- Normalement, je devrais vous faire payer le ticket. 
Il s'interrompit un instant.
- Mais franchement, je ne vois pas à quoi ça servirait. Tout part en couilles, de toute façon.
Je restais interloquée.
- Euh.. je... Merci ?
Il balaya mon remerciement d'un simple mouvement d'épaules, puis se mit à regarder par la fenêtre. Je ne savais pas comment me comporter face à lui. Est-ce que je devrais lui parler, le rassurer ? Il paraissait tellement... vide. Comme si toute ses émotions s'étaient envolées, et qu'il ne restait plus que cette coquille. Vide. Finalement, je pris le parti de me taire aussi, et m'absorbais dans le paysage devant moi.
Une secousse me réveilla. Le contrôleur était parti, et le train arrivait en gare du Mans. Comme à Laval, il n'y avait personne sur les quais. Le train repartit au bout de quelques minutes, doucement. Direction, Paris. J'avais l'impression d'être dans un train fantôme. Je n'entendais aucun bruit à part le glissement du train sur les rails. Me sentant d'humeur exploratrice, je passais dans toutes les voitures, une à une, pour découvrir si j'avais un compagnon de route. Personne. J'arrivais finalement au bar. Là aussi, le silence m'accueillit. Je passais derrière le bar, curieuse de voir s'il restait à manger. Des bouteilles vides jonchaient le sol, ainsi que des emballages. Clairement, je n'était pas la première ici. J'ouvris tous les placards, découvrant de la vaisselle, des verres, des torchons et... du café en poudre miraculeusement épargné. Le fourrant dans mon sac, je pris aussi quelques torchons, ça pouvait toujours servir. Ma fouille ne m'apporta rien d'autre. Je continuais d'avancer jusqu'au bout du train, sans rencontrer personne. Je revins alors à mon point de départ et me décidais à sortir le seul livre que j'avais emmené avec moi, histoire de passer le temps jusqu'à Paris.

Retour à la maison

le 12 Nov 2014 à 21:22
Rentrer chez moi s'avéra plus compliqué de prévu. En effet, les bus ne passaient plus ! Après avoir attendu plus de 20 minutes, je me suis décidée à rentrer à pied. Une heure de marche, ça m'a donné le temps de réfléchir. Cette crise sera sûrement la seule opportunité que j'aurais jamais de changer les choses. Oh, pas toute seule bien sûr ! Mais œuvrer pour le bien commun, participer à quelque chose de plus grand, c'est ce dont j'ai toujours rêver. il faut absolument que je fasse quelque chose. Sur cette pensée, je suis arrivée devant mon immeuble. Le même groupe de jeunes squattent les marches. Je pense avec ironie que certaines choses ne change pas ! Mais en m'approchant, je me rends compte que les cigarettes presque toujours collées à leurs mains ont disparu. C'est la crise pour tout le monde. En rentrant chez moi, je m'adosse à ma porte et laisse échapper un grand soupir. Enfin.
Après un repas rapide, je m'installe devant mon ordinateur. Un rapide passage sur Facebook ne m'apprend pas grand-chose. Tout le monde se plaint. Dans mes E-mails, que des pubs, sauf un, d'un certain @Charles Dugalois qui m'invite à le rejoindre dans Un projet du gouvernement ou quelque chose comme ça. Je lui envoie une rapide réponse lui demandant des précisions, mais je ne suis pas vraiment convaincue. De toute façon, je ne suis pas encore infirmière, je ne suis pas sûre qu'il veuille vraiment de moi. Je navigue sur des sites d'informations pour me faire une idée de ce qui s'est passé ces dernières 48 heures. Grève des fonctionnaires, fuites des médecins et plombiers vers d'autres pays d'Europe, manque d'essence, rapines dans les campagnes... Que des bonnes nouvelles ! Je reste encore un peu devant l'ordinateur, puis je sens mes paupières commencer à tomber. On verra bien comment demain se passera...

le 11 Nov 2014 à 22:32
C'est la galère. Je n'aurais jamais cru voir ça un jour. J'ai l'impression que tout mon univers se délite, petit à petit. Moi qui vivait dans un petit cocon douillet, je dois faire face à la réalité ! J'ai toujours été utopique. J'ai toujours que l'homme était foncièrement bon. Mais en voyant ce qui se passe en ce moment, je ne peux que en douter ! J'ai surpris un médecin en train de voler de la morphine hier, et ce n'est sûrement pas le premier. C'est sûr que ça vaut une fortune au marché noir ! Nous manquons de tout dans les services : pansements, désinfectant, antidouleurs, antibiotiques.. Et pas seulement parce ce qu'on les utilise pour les patients. Tout le monde récupère ce qu'il peut pour sa famille. C'est chacun pour sa peau maintenant ! Le directeur a essayé de maintenir un semblant d'ordre aujourd'hui, mais c'est peine perdue. Les gens ont peur, et beaucoup ne viennent plus travailler. Ou bien ils volent les médicaments pour les revendre au marché noir. Avec toutes ces déclarations sur les fonctionnaires, ils ont tous peur. Peur pour leur famille, peur pour l'avenir. Moi aussi j'ai peur. Ça fait 2 jours que je n'ai pas quitté l'hôpital. J'ai peur de retourner à mon appart, dans un quartier un peu chaud de la ville. Bon, chaud pour une ville de province ! Je ne fais pas confiance à mes voisins, ils seraient bien capables de profiter de la situation. Celui de droite me regarde toujours avec un air qui me fais frissonner... Mais j'ai fini de travailler, et je ne veux plus rester là, dans des couloirs qui sentent la pisse et la mort. On peut entendre les gémissements des malades qui réclament à manger, à boire, de l'aide, une présence. Il est temps de prendre l'air. En prenant la direction des vestiaires, je croise le directeur. Il a des cernes sous les yeux, un truc de malade ! Il a perdu du poids aussi, son costume est un peu trop lâche. Bah, ça lui fera pas de mal ! En me voyant il s'arrête, et plisse les yeux pour lire le badge sur ma poitrine. "Anna Dupont, étudiante infirmière 3ème année". "Etudiante infirmière, hein ?" qu'il me sort. Je baisse les yeux et réponds un timide "Oui". "T'embête pas à revenir demain, de toute façon il n'y a plus rien à faire ici. On n'a plus de médicaments, plus à manger, et la moitié des médecins se sont barrés. On n'a plus besoin de toi. Rentre chez toi et prie le bon Dieu que ça finisse bien". En entendant sa réplique, je ne peux m'empêcher de relever les yeux et de lancer : "Mais...". Il m’interrompt d'un geste de la main. "Rentre chez toi je te dis. il n'y a plus rien pour toi ici." 
En quittant mon uniforme d'un blanc douteux pour revêtir mes vêtements civils, je sens un fou rire monter. Fou rire qui finit dans les larmes. C'est tellement ridicule ! Moi qui avais toujours voulu ajouter un peu d'action dans ma vie, me voilà servie ! Après avoir repris un semblant de contenance, je sors dans la rue. L'air froid me fait du bien, éclaircit mes idées. D'abord, rentrer à l'appartement. Puis, manger. Ensuite, appeler ma famille, voir si tout le monde va bien. Et enfin, aviser.

Crise

le 10 Nov 2014 à 22:21

Ah ! Enfin une pause ! Je n'en peux plus. Depuis l'annonce de la sortie de l'euro, ma vie est complètement chamboulée. Alors que je me préparais à de longues semaines de cours jusqu'à Juin, me voilà propulsée infirmière ! Bon, pas totalement infirmière, mais quand même ! Depuis l'annonce de la sortie de l'euro et les émeutes dans les magasins, tout le monde a été réquisitionné pour travailler à l'hôpital. Même les étudiants ! Il faut dire que les urgences ont fort à faire maintenant. Entre les blessés, les malades et ceux qui n'ont rien mais qui veulent manger un repas chaud et qu'il faut repousser, il n'y a pas le temps de s'ennuyer. Les chambres sont blindées, on a même commencé à installer des lits de camps en plus. J'ai l'impression de me retrouver dans un de ces films de fin du monde. Ok, là on sort juste de l'euro, mais quand on voit l'état de l'hôpital, on peut se poser des questions. Je ne sais même pas quoi en penser de cette sortie de l'euro. Oui, on a un déficit énorme et c'est la crise et tout ça, mais quand on voit ce qui se passe maintenant... Est-ce que ça en vaut la peine ? 

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