C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour
1277 points 2

Barabbas V. Freud

Barabbas V. Freud
A bon chat, bon rat.
http://barabbasfreud.blogspot.fr
Pau

Ses personnages (1)

Stepan & Cathy
Tu as vu Natural Born Killer ?

Ses participations (10 publiées - 2 gagnantes)

E Viva España !

le 05 Nov 2014 à 13:23
Au lendemain, mercredi 5 novembre, Stepan & Cathy décident de profiter de leur petit pécule pour se tirer en Espagne par la nationale, en chantant "E Viva España !" comme de joyeux lurons. En scooter, ils y arrivent dans l'après-midi et, après un séjour à Barcelone où ils se trouvent un petit boulot au noir - crise oblige - ils décident de se tirer on ne sait où, au Maroc, en Italie, au Portugal, en Argentine ou au Brésil, pour d'autres aventures.

Natural Born Killer

le 04 Nov 2014 à 20:15
Boum. Ça ne paye pas de mine comme ça, écrit noir sur blanc, mais, au distributeur de la Poste rue Ste-Catherine à Bordeaux, les badauds et les voisins ont eu la peur de leur vie. En effet, hier soir, lundi 3 novembre, minuit - tandis qu'un dénommé @Gabriel Jullian [Mon autre et premier personnage, NDLR] s'immolait place de la Victoire, pour la petite histoire ... - un mec et une nana cagoulés font péter chirurgicalement au C4 le mur de la Banque Postale, pour tirer tout le fric qu'ils peuvent de la machine. "Eh ben mes salauds, fait le mec, "et dire qu'ils nous restreignent à 40€ !" - "Magne-toi," qu'elle fait simplement la fille, tout en se concentrant sur le remplissage de son sac, mais le gars remplissait méticuleusement de son sac déjà, et elle a dû dire ça sous le coup de l'action et de son feu. Et puis, très vite, ils courent vers le scooter garé à côté - sans plaque d'immatriculation - et ils filent place Gambetta, pour en faire péter un autre aussitôt (ils avaient dégagé un type qui voulait retirer de l'argent en le menaçant à l'arme à feu, et en tirant un coup au ciel pour qu'il s'enfuisse à toutes jambes). Opération terminée, ils s'éloignent par les quais, traversent le pont de Jacques-Chaban-Delmas, et vont se réfugier au hangar-squat-espace culturel dit "de l'Etoile" rive droite, où ils passent le restant de la nuit à compter leurs sous puis à baiser dans un coin. 5000€ environ : le montant de la somme qu'ils ont glanée, et il fallait maintenant ne plus trop penser pouvoir attaquer les distributeurs bordelais avant un moment. — Le lendemain matin, mardi, le gars (on apprend qu'il s'appelle Stepan, quand sa compagne l'interpelle dans une discussion tendre sur l'oreiller, tandis qu'il l'appelle Cathy), remonte la plaque d'immatriculation du scooter, après l'avoir repeint. La fille, elle, refile une centaine d'euros au gérant du lieu, qui ne connaît ni d’Ève ni d'Adam leurs activités, bien qu'il se doute de certaines "loucheries" (comme il dit). Et puis, ils réactivèrent un agent du réseau en sommeil, @Raoul Perez  : le genre de type qui avait un jour fait appel à leur mafia, et qui lui devait une faveur désormais. Cela faisait deux ans maintenant, et ce Raoul (le nom fait trop marrer Cathy, qui s'amuse à faire rire Stepan en faisant la gueuse et lançant : "Eh, Raâaoul !") ce Raoul, donc, se montrerait assurément surpris de voir arriver les deux petits jeunes chez lui, avec pourtant le mot de passe qu'on lui a annoncé pour faire appel à ses services. — Comme prévu avec leurs patrons, Stepan & Cathy encaissent le tiers de la somme, et cela leur fait plus de 1500€ pour vivre pénards un petit moment. Et puis, le soir, ils arrivent devant l'immeuble dudit Raoul Perez, avec le mot de passe (un vers de Verlaine : "Je fais souvent ce rêve, étrange et pénétrant") pour exiger de lui qu'il réinjecte discrètement les 3500€ restants, en les reversant sur un numéro de compte en Suisse. Surpris mais pas chiant, et certainement aussi pour qu'on parle bien de lui auprès "des patrons", Raoul offre le gîte pour la nuit à nos deux "Natural Born Killer" (qui pourtant n'avaient encore jamais eu à ôter la vie à quiconque) ...

AMOR FATI

le 04 Nov 2014 à 01:11
Je me présente : @Gabriel Jullian. Comme vous ne pouvez pas vous en douter, je suis mort. Oui, je suis mort. En effet, cette nuit, après une journée de tristesse à plus soif, pris dans la pseudo-tempête des événements médiatiques - auxquels réagit insensément toute la population française, prise en mâsse (et j'écris "mâsse" avec un accent circonflexe, comme prononcé par Gad Elmaleh dans l'émission percutante qu'il caricatura avec Kad & Olivier : "Qui veut gagner de l'argent en mâsse", avec l'accent québécois). A vrai dire, à mes yeux, tout cela ne signifiait rien de plus que la continuation des politiques passées auxquelles, de toute évidence, même une permanence ou un retour dans la zone euro nous rendra, si nous n'entreprenons pas de changer de régime en profondeur. Tout cela ne signifiait rien, de même que ne signifient rien les journées de ce psycho-sociopathe, Jacques Puissacq (à moins qu'il ne s'agisse de Vucrain). Mais, entendez-moi bien : je n'en éprouve aucun ressentiment, et je dis cela avec la placidité d'un bout de charbon, depuis la place de la Victoire bordelaise où j'ai accédé - semblerait-il - à l'omniscience. L'omniscience : un attribut de Dieu, pour autant qu'on croie, et bien que je n'Y croie pas. Un attribut de Dieu, mais pas tous les attributs de Dieu, puisque ce grabataire - croit-on - a accès à l'omnipotence, entre autres, de cette omnipotence que tous les athées lambda et hésitants - et autres agnostiques - réfutent parce que ce dieu laisserait faire le mal sur Terre, dans une acception morale humanitariste qui, généralement, se veut le contraire de la volonté de puissance. Une volonté de puissance que connaissent nos gouverneurs et autres financiers, certes, mais pas que : une volonté de puissance que connaissent les Éveillés aussi, à leur façon, eux qu'alimentent nodalement les partisans de type révolutionnaires & assimilés (je sais qu'on me fera remarquer que je parle pourtant de changer de régime mais, voyez-vous, je ne crois pragmatiquement qu'en l'Evolution, principe darwinien qui ne se passe pas de coopération - contrairement à sa dérive le darwinisme social, qui ergote en disant que la compétition motive tout ; non : la compétition correspond à une émulation saine quand elle se passe dans un cadre sain mais, hors-cadre, elle mène au néant, et les démarches coopératives - dont celle des gouverneurs avec leurs gouvernés, quand ils ne servent pas autre chose (par exemple le lucre), qui de fait auraient les moyens de nous faire transiter vers un nouveau régime sans folie médiatico-économico-sociétale). Bref, je parlais de l'omnipotence divine ... or notre Jacques, là, dans ce petit appartement où il se donne le sentiment d'échapper à sa vie courante - dans son espèce de pseudo-garçonnière - notre Jacques, disais-je, accueille une charmante Juliette, et elle s'appelle même ainsi. Jacques ne se rend pas compte, qu'il constitue un pur fruit symptomatique de cette ère nihiliste dans laquelle nous vivons. Il fantasme de pouvoir croquer toutes les situations, il fantasme de pouvoir croquer cette petite - sexuellement ou meutrièrement, - il fantasme de pouvoir - par elle vivante - pouvoir croquer encore plus sa famille, et notamment sa Lili (ça ne vous dérange pas que je l'appelle Lili ?) Lili qui, à mon bon sens, a adopté une attitude tout à fait remarquable, lorsqu'elle se ressaisit, au vu des circonstances. Je ne dis pas ça par féminisme (je ne chéris pas ses actuelles dérives de convention), ni par traditionalisme (je ne souhaite pas un retour à l'épouse "bien-soumise" d'antan) non : je sais simplement qu'il existe des modèles de sociétés plus paritaires, comme par exemple dans certaines tribus amérindiennes du Nord - quand elles vivaient encore de leur vie pré-génocidaire commise par les Etats-Unis. Mais je dis que cette Liliane a adopté - selon sa volonté de puissance propre - une stratégie tout à fait pertinente, tout à fait courageuse, par-delà bien et mal. Alors certes, notre Jacques semble par-delà bien et mal, un peu comme la folie du monde dans lequel vous vivez encore mais, si l'on en juge bien à partir de ce cas d'espèce, il ne fait jamais que défendre sa morale vorace en voulant croquer son environnement social, de façon parfaitement lucrative, puisqu'à la fin il n'arrête pas de se payer de luxe. Vraiment, en fin de comptes, il y a chez ce Jacques quelque chose de l'artiste, quelque chose d'artistique, une gratuité purement esthétique, et je gage qu'il correspond à la dernière forme d'articité que puisse connaître ce monde mièvre, piètre, pleutre, veule et vautre : l'art des galeries d'art, vendu sur les marchés - le fameux "art contemporain" - ne correspondant jamais qu'à une nouvelle forme de marchandise, notamment depuis Andy Warhol. Bref : ce Jacques, donc, invente dans sa pseudo-garçonnière un happening, en ce moment. Finalement, et dans un sens, nous n'avons jamais dépassé le situationnisme des années 70, et nous pouvons légitimement nous poser la question de savoir si le monde ne cesserait plus de se dupliquer à l'infini depuis, notamment avec toutes les modes du rétro et du vintage, sans parler des exotismes type Maison du Monde qui, en somme, nous rendent à la bourgeoisie-bohème généralisée. Ainsi, donc, notre Jacques ne correspond à rien d'autre qu'un bourgeois-bohème s'adonnant au dernier art possible dans cet univers du lucre, où chacun compte ses sous, où chacun cherche à grappiller son petit plaisir au détriment sentimental ou pécuniaire d'autrui. Et Juliette, la miss qui cherche comme elle peut à sauver mélodramatiquement son existence, elle aussi, elle se trouve marquée au fer rouge par cette bourgeoisie-bohème, sinon qu'elle n'a pas l'impression d'en faire partie, de faire partie de ce Zeitgeist, de cet air du temps, parce qu'elle a moins de sous sur son compte bancaire que Jacques. Au fond d'elle-même, Juliette doit concevoir du ressentiment pour ce Jacques, sur lequel elle projette une mentalité, effectivement, de maître du monde. Et je la crois bien capable de se dénuder pour lui, en ce jour, qui profite de sa docilité pour se soulager contraceptivement (en effet, il vaut mieux qu'ils n'aient pas d'enfant dans cet im-monde). Aussi bien, Jacques comprend dors et déjà que s'instaure entre eux une espèce de contrat SM où il occupe la place du dominateur, et elle de la soumise, mais une soumise qui se prête volontiers au jeu, puisqu'elle connaît le mot-clef qui fera tout cesser. En l'occurrence, et concrètement, il s'agirait d'une lettre de démission, par laquelle elle se donnerait l'impression de rester libre, aussi libre que Jacques, alors que Jacques lui-même se trouve totalement l'esclave du lucre, tout comme elle, qui ne s'en délivrerait pas même si elle démissionnait. En somme, leur situation ne nous donne l'impression de différer que parce qu'ils occupent des points de coordonnées différents, sur ce graphique en géographie sociale, abscisse compte bancaire / ordonnées statut social. Dès lors, tous les pions de l'échiquier se trouvent en place, pour que Juliette accepte tout ce que Jacques lui demandera, elle, aussi véreuse que lui, véreux comme cet univers, tout entier rendu - avec ou sans euro - à la "vérosité" (si ça se dit). Mais les croyants dans le Bon Dieu diraient que Satan correspond au Prince du Monde, et qu'il n'y a que la foi qui sauve, sans réaliser qu'ils ne font qu'appliquer leur volonté de puissance moralement religieuse sur ledit univers, dont la dynamique intrinsèque correspond belle et bien à la volonté de puissance (et non à la libido, comme le pensait Freud, encore moins à une psychodynamique indifférenciée à la Jung, et toujours moins au sentiment d'infériorité adlérien - tous psychologues des profondeurs ; cela dit, le subconscient cognitif ne nous aide pas plus). Dans ces conditions, le désir mimétique (René Girard) vous éprend : et vous fantasmez tous pouvoir assouvir vos volontés de puissance respectives en passant par le lucre, alors qu'une volonté de puissance bien comprise passe aussi par des voies indéfinies, dont la politique ou le lucre ne correspondent qu'aux plus sommaires, qu'aux plus évidentes (cela dit, René Girard se trompe, quand il en fait le principe d'explication fondamental : en effet, on peut y échapper, et pas qu'avec les esquisses de solutions qu'il propose, d'inspiration trop chrétienne pour être vraie - de sorte qu'on doit bien admettre que votre univers manque de symbolisme réel, car seul le symbolisme réel peut fédérer les Hommes : il suffit, pour s'en convaincre, de voir tout le storytelling qu'on nous sert autour de l'Europe ou, plus simplement, autour de grandes entreprises transnationales très connues, dont vous vous servez chaque jour via Internet, ou en allant consommer). Bref : à la fin, donc, Jacques ne tuera pas Juliette dans l'immédiat, Juliette se vendra à Jacques dans le moindre de ses désirs (en préservant son quant-à-soi limité dans un coin de sa tête), et Jacques pourra revenir vers Liliane en lui imposant cette sensualité vivante censée la rendre affreusement dépressive. Mais Jacques ne laissera pas tomber Liliane aussi facilement en dépression, ça transgresserait trop les règles de son art, de sa volonté de puissance merveilleusement subtiles et, aussi bien, il cherchera des solutions pour relancer sa femme dans de nouvelles voies tortueuses. Parce que son art, il manifeste le lucre dans ses raffinements esthétiques ; parce que le lucre, il vous torture ; parce que l'art lucrativiste, il adore la torture universelle. Emilie et Adrienne peuvent se féliciter d'un tel père : en effet, grâce à Jacques, elles ont toutes les chances - ou de devenir pire que lui - ou de se suicider - à moins qu'elles ne le fuissent, dès qu'elles en auront l'âge, pour se construire à leur manière, selon leur volonté de puissance propre - quittes à devenir aussi tordues que lui. AMOR FATI

Red Raid

le 03 Nov 2014 à 17:20
Ce morning je n'arrive pas à dormir. 5:30am, indique l'horloge. Strange. Pourtant tout va all right, quand j'y pense. Don't worry, donc je sors du bed, et Liliane a un petit gémissement quand elle m'entend me lever : elle ne se tourne pas vers me, mais je sais qu'elle simule le sommeil. Toute la night elle n'arrêta pas de chercher une bonne posture, et elle ne s'endormit que late. Mais je suis fier d'elle. En fait, j'ai une esteem énorme pour her, car elle a tenu son roleplay à merveille jusqu'à la fin du day, et elle se laissa même prendre en allant nous coucher. Perfect, complètement parfait. – En attendant, comme je ne peux plus fermer l’œil, je me lève et me rend sur le computer. Je consulte mes emails, et je tombe sur des stuffs courantes au cabinet d'avocat : j'aurais du temps pour moi today. Puis, comme je me rappelle soudain le « mon ange » de ma femme yesterday midi, je décide de me montrer charming et d'entamer des recherches d'emploi pour elle. Ni une ni deux, je profite du numéro SIRET de mon job, pour demander une domestique sur le website de Pôle Emploi. Et puis, je me rends sur plusieurs sites d'offres d'emplois private, mais je privilégie les free. — À 7am, quand Liliane se lève, elle trouve à la kitchen un breakfast digne des Englishs sur la table, et les girls, levées une demi-heure plus tard, se réjouissent de ce qu'elles voient. Nous mangeons dans une good mood relative, car ma darling continue de me regarder avec cette lucidité que je lui trouvais hier, alors que nous nous « réconcilions » en préparant le lunch. Elle finit même par me lâcher un smile, mais je me détourne sudenly, presque fâché qu'elle témoigne une sorte de tendresse : je consulte le journal SudOuest. Pendant une second je vois bien qu'elle se sent lost, alors je lance : « J'ai posté des petites annonces pour une domestique ce matin. » – « Well, super, » sourit-elle en se retenant de lâcher une larme. No woman no cry, pensé-je … Mais je continue : « Tu vas voir, ta life en sera like transformée. » – « No doubt, » m'assure-t-elle en respirant un bon strike. Et puis elle se lève, ready à partir au secrétariat du cabinet, et je lui say : « Ce matin j'amène les filles à la school. » Et les filles : « Yeees ! » Ma wife se tourna vers moi avec un big sourire mais les yeux rougis en disant : « Anyway, à ce soir mes loves ! » *** 10am : j'arrive au boulot en tram, fait un clin d’œil à Liliane qui me sourit beautifully, pour quoi je lui fais un kiss, puis salue mes colleagues qui n'ont pas l'habitude de nous voir si close. L'un d'eux, @Thierry Rochard – un friend d'enfance au highschool Michel de Montaigne puis en Droit à la faculty de Bordeaux IV – entre même dans mon office tout sourire, sourcils agités avec de grands yeux, tendant ses deux fingers vers moi : « Toi, avec ta woman, ça a dû être funky hier soir ! » Je partis d'un gros lol et puis, en baissant les yeux, modeste genre fake : « Oui, on peut dire que Liliane et moi ça va plutôt pas mal en ce moment … » Il partit d'un rire franc, qui m'égaya myself. « Et you, ai-je dit ? » – « Oh tu sais, comme d'habitude ! Les femmes, les femmes, les femmes ! » – « Silly boy, lancé-je en me mettant à boxer amicalement avec lui, le jour où tu parviendras à t'en trouver une ! » – « Hahaha ! Au moins je n'ai aucune astreinte ! » s'exclame-t-il. Sur quoi je le regarde, interdit pendant un moment (je surjouais la sévérité), et ça l'a calmé. Il finit par dire : « What ? » Et moi, gravement : « Tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir une family qui t'aime autant que tu l'aimes Thierry (ce qui a le mérite de le calmer encore plus). Tu sais, fais-je en marchant vers la window, une famille, bien sûr, ça n'est pas toujours easy, surtout par les times qui courent mais, tu vois, Thierry (je me retournai vers lui) ça donne un sens à l'existence. » Il me regarde encore un instant avec les yeux round comme des billes, puis s'esclaffe funny : « Hahaha ! Sacré Jacques ! (Il me met un léger kick sur le dos.) Tu ne changeras jamais : toujours à faire la morale ! … Mais t'as raison, va, stand by her. Reste que, moi, je profite de la vie, tu vois, relax. » Et puis il sortit de mon bureau. *** À 1pm, j'ai pensé qu'il était temps que je parte manger, mais je tombai sur un mail inconnu dans mon messenger professionnel. M'écrivait un certain @Gabriel Jullian, que je n'avais never vu ni d'Eve ni d'Adam à mon bon souvenir, et la miniature de sa photo sur Gmail ne me disait nothing non plus. Mais le content de son message me dérangeait plus : « Master Puissacq bonjour. Je vous écris after une nuit de cogitation, because, voyez-vous, je regardai Soir3 sunday, et je tombai sur une affaire d'incendie criminel. Or la veille, samedi, il m'a semblé vous voir walking étrangement derrière la victim. En fait, je ne sais trop que faire. Dois-je call la police et lui confier cette piste ? Ou bien dois-je me dire que I had a dream ? Aussi bien, nous pourrions eventually nous voir lors d'une meeting en fin d'après-midi, à 5pm, sur le pont Jacques-Chaban-Delmas. » … Pendant un instant, j'eus envie d'éclater de rire – et je l'aurais d'ailleurs fait si ce stupid boy ne me mettait pas en danger, pourtant. Mais, en somme, il s'agissait d'un « bon citizen » complètement cramé. Je supprimai le selfy de mon hobby de ce week-end, et arrangeait mon agenda avec ma secretary de femme, pour me trouver disponible sur le pont, en lui disant qu'elle devait go chercher les enfants à l'école. Naturellement, je ne répondis pas au message de ce @Garbiel Jullian, et j'allai eating dans un restaurant avec @Thierry Rochard, qui n'arrêta pas de déconner sur les serveuses, quitte à les alpaguer et à les retenir à notre table avec beaucoup de fun. Son seul défaut, à Thierry, c'est de ne pas tenir compte des risks d'interprétations par les femmes, type « harcèlement sexuel » : depuis 2002 qu'on inventa ce type de délits, il ne peut toujours pas s'empêcher. Ça lui retombera dessus un jour, je ne sais pas why, mais bon : il tient la ligne pour le moment, au point que je lui trouve un côté « vieille France » … *** Dans l'après-midi, je reçois three coups de fil d'éventuelles domestiques, que je convie chez moi tonight, quand nous pourrons nous décider ensemble ma femme, moi et les filles – après tout, la person embauchée allait occuper notre space intime, il fallait que nous fussions everybody d'accord. Mais j'arrivais sur le pont Jacques-Chaban-Delmas vers 5pm, et je ne trouvais pas ledit @Gabriel Jullian in the place. Que faisait ce son of a bitch ? … « Mais quel con ! » et aussitôt je tapais un run vers le tram en cherchant où pouvait bien habiter cette enflure, via le site des PagesJaunes sur mon SmartPhone : Pessac, Résidence de Compostelle. Eh bien shit ! pour un enquêteur, il s'agissait d'un sacré enquêteur : il m'avait donné son vrai name sans créer de fausse boîte mail, mais il avait eu l'intelligence de m'inviter here, où j'avais dû être pris en photo depuis un autre poste : en effet, je n'aurais jamais réagi au mail en venant, si je n'avais rien à me reprocher, et now cela faisait une piste crédible pour la police. Quel con ! Oh et puis, merde, ce @Gabriel Jullian se montrait plus brillant que prévu, en y pensant : en me donnant un faux nom, il s'exposait à ce que je vérifiasse son existence. Ce gars must be un détective privé ami d’Élise, je ne voyais pas autre chose. *** Mais j'arrivais pourtant Résidence de Compostelle – en tram – vers 5:40pm, et il me restait à peine plus de one heure avant de retrouver la home sweet home. Je stressais, de ce que l'enfoiré ait déjà tout donné à la police. En attendant, je me postais en faction non loin de l'entrée, tout en consultant mon SmartPhone : Gabriel Jullian ne correspondait à rien, pas même un profil Facebook. Un détective aurait eut une page à lui. Mais alors, qui pouvait bien être ce guy ? Or, comme la nuit tombait, je vis de la light à son étage, ce qui m'indiqua ou que je ne l'avais pas vu entering, ou qu'il n'avait pris aucune photo, ou qu'il … avait passé l'après-midi chez lui, en l'absence de réaction à my mail. Il fallait pourtant que je sache. J'ai grimpé les escaliers, et j'ai sonné chez lui. Quand il m'a open, je l'ai vu écarquiller les yeux, alors je lui mis un kick dans le nez et j'entrai chez lui en refermant la door, tout en le rouant de hits et le laissant KO. Je fis alors un quick tour dans l'appartement récemment rénové, mais envahi de déchets : un célibataire, sans enfant. Good. Son PC allumé me permit facilement d'ouvrir sa boîte mails au password sauvegardé, et de liquider ce qu'il m'avait envoyé. Puis je m'en revenais vers lui, le prenant par la gorge, et disant : « Gabriel, isn't it ? » Il ne répondit pas. Je lui mis une claque. « Les photos, elles sont où ? Les photos ! … The camera, il est où ? » Sur quoi il m'apprit en marmonnant qu'il n'avait pris aucune photo, qu'il ne savait pas de quoi je parlais, mais qu'il était bien l'author du mail. J'ai dit : « Pourquoi tu as envoyé ça ? Pourquoi ? Respond ! » – « Ça va, ça va, ça va, j'porte pas plainte, j'porterai pas plainte, ça va, sorry … J'ai voulu faire une joke … une blague … » Holy shit, un sombre idiot. J'ai fait : « Désolé, mec, mais tu me mets dans une situation inconfortable. Allez, bye ! » et je lui shootais le crâne pour l'assommer. Pour faire simple, j'ai encore décidé de mettre le feu à son appartement : il y avait là suffisamment de whisky pour embraser le quartier … *** J'arrive enfin chez moi peu avant 7pm, en priant pour que ce @Gabriel Jullian n'ait rien dit à la police. Et puis, je découvre ma little famille après ces bullshits somme toute exaltantes … « Alors ? » fais-je en souriant, fatigué mais soulagé : « Quelle miss choisira-t-on ? » et, à 21h, les filles ayant eu le coup de foudre pour Sonia, 28 ans, diplômée de psychology mais sans vrai emploi depuis four years, enchaînant les ménages, ma femme et moi nous décidons à l'embaucher – scène de famille joviale, classic, avec moi encore déboussolé et exalté du type que j'avais dû crever, et tout le monde enthousiastic … Les autres demoiselles partirent, et nous avons invité Sonia à manger. Ce faisant, reprenant mes spirits, je sentis peu à peu que cette petite me perçait du regard. Au beginning, j'avais cru qu'elle voulait fuck with me, qu'elle me désirait, mais non : Liliane aurait réagi négativement depuis un moment à ses manières, jalouse. Non, cette fille me perçait du regard tout en me souriant, et dans un movement d'humeur j'aurais pu lui dire de dégager de chez moi, mais les filles … je ne pouvais pas décemment faire ça aux filles ni à ma dear désormais, alors que nous venions de passer un so bon moment. Aussi bien, je souris à Sonia un peine gêné, et elle me dit : « Excuse-me mister Puissacq … » – « Mais appelez-moi Jacques, voyons, ma petite. » – « Vous avez plusieurs tâches de red sur votre chemise. »

Qui fait l'Ange fait la Bête - Séléctionné par la rédaction

le 02 Nov 2014 à 16:24
Les rafales de vent se mirent à souffler, et personne n'avait eu le temps de se mettre à l'abri. Je pris aussitôt l'initiative de sortir de ma Peugeot 5008 bleue pour attraper Émilie par la main, qui sortait de la boulangerie où je venais de l'envoyer acheter du pain : démarche salvatrice puisque, au moment où je la tirais vers moi, une tuile éclata sur le trottoir. Eh bien ! la météo mettait le département en orange hier, mais je ne pensais pas que les choses prendraient une tournure pareille : tout se passait comme si le temps imitait la situation nationale. Les arbres perdaient leurs feuilles à une allure folle, et j'en pris une ou deux dans le visage, sur quoi je pris Émilie dans mes bras — Émilie qui tenait la baguette en main — et j'entrais dans le véhicule alors qu'elle me tenait comme un petit singe tient sa guenon. Aussitôt à ma place, je l'aidais à se débrouiller à passer à l'arrière, en lui intimant de mettre sa ceinture : tout ce que j'avais en tête, c'était de rentrer dans notre maison pavillonnaire, pour nous protéger et mettre la voiture au garage. Émilie courut rejoindre sa mère une fois chez nous, et le temps que je ferme la porte du garage, j'ai vu voler les chaises et la table de jardin, en me disant qu'il sera toujours temps de les récupérer plus tard. J'arrivais en soufflant de soulagement dans le hall, jetant un coup d’œil à Liliane qui s'affairait avec les filles, à mettre en place un jeu de société. Mon veston accroché, je passe à la cuisine et, pendant une seconde, je jubile en regardant le selfie pris hier avec ma victime. Mais je sursaute imperceptiblement quand Liliane entre dans la pièce, visage fermé, verser une cruche de grenadine en attrapant trois verres. "Tu viens jouer avec nous papa ?", annonce Adrienne de sa voix mignonne. Liliane se retourne vivement vers la petite mais, une seconde plus tard, elle sourit à Émilie, enfin se retourne vers moi en me jetant un regard noir : "Attrape-toi un verre dans le placard." J'ai ricané brièvement, et je les ai rejointes avec un verre à vin. Liliane a voulu me servir, mais j'ai dit, devant une commode au salon : "Tu permets que je sorte le Saint-Émilion que j'ai entamé vendredi soir ?" Son détournement vers les filles correspondit à sa seule réaction, sur quoi je m'installais parmi elles à la grand'table vernie. (Dehors par les baies vitrées, on voyait le jardin saisi par les bourrasques.) Tout en me servant, j'ai dit : "Le vent vient de l'océan. Ce côté-là de la maison ne risque rien. Tu as pensé à fermer les volets ailleurs, chérie ?" Liliane a dit : "Je pensais que tu t'en occupais." en distribuant les cartes. J'ai lâché un sourire, ai regardé les filles, puis ai attrapé la télécommande dans l'entrée, pour activer les volets électriques partout sauf au salon : et mine de rien, nous nous retrouvions dans une atmosphère assombrie à cause de la fenêtre de la cuisine close. De nouveau rassis, j'ai dit : "Tu peux allumer la lumière, Émilie ?" qui s'exécuta en sautillant avant de revenir à sa place. "C'est à toi de commencer," sourit/grimaça Liliane, et je jetai un dé, avant que de faire avancer mon pion et de tirer une carte. "A toi Liliane," souris-je tout en attrapant la télécommande de l'écran plat extra-large accroché au mur devant un canapé-cuir blanc (avec angle perpendiculaire, et dépliable pour reposer les jambes — tout comme les fauteuils, d'ailleurs). "Oh non, fit Liliane, on se sent bien comme ça, sans télé." Mais je lui ai jeté un regard blasé, moqueur, et j'ai allumé France 2 pour en apprendre sur la situation du pays, tandis que Liliane aidait Adrienne à jouer. Quelques instants plus tard, ma femme éclata en sanglot, alors que Cabestany annonçait de probables coupes franches dans les aides sociales : "Ce que tu peux avoir l'âme sensible, Liliane …" — "C'est affreux …" Et Émilie : "Quoi ?" — "C'est horrible ce qui se passe en France, ma coccinelle" continua mon épouse, mais j'ajoutai : "Maman s'inquiète trop pour votre avenir, ma chérie. Et en plus, devine quoi ? Elle voudrait divorcer, ce qui ne vous aiderait pourtant pas." J'avais dit ça en jetant mes cartes sur la table, et puis, détendu : "Vous ne voulez pas qu'on se regarde un f…" mais je n'avais pas fini ma phrase que Liliane s'emporta : "Ah non Jacques ! Là, tu abuses ! Pas devant les enfants !" — "Mais tu crois que tes jérémiades valent mieux ?" Puis, me retournant vers les enfants : "Vous voyez, les chouineries de votre mère mettent votre père dans un sale état." — "Enfoiré !" s'écrie Liliane. "Bon, fais-je, les enfants : montez dans vos chambres." Après un silence, le temps qu'elles montent, Liliane se lève fermer la porte du salon, cependant que je me tenais à table devant mon verre de rouge, bras tendus écartés, mains sur le rebord, en posture de maître d’art martial. Dans mon dos, Liliane : "Tu n'as pas à faire ça devant les enfants ! Tu n'as pas le droit !" — "Ah oui ?" souris-je les yeux dans le vague, à observer le jardin. "Non, tu n'as pas le droit !" enrage-t-elle en se mettant en face de moi pour m'obliger à la regarder, elle, de l'autre côté de la table, devant la baie vitrée. Mais, comme je ne bougeais pas et que je la regardais en souriant (le visage un peu illuminé), elle a dit : "Mais réagis, bon Dieu !" en trépignant, puis elle repoussa la chaise devant elle en la faisant tomber par terre dans un cri, et je la voyais ahaner le souffle court devant moi. J'ai dit, posé : "Ça va ? On peut discuter calmement ?" Elle m'a fusillé du regard, et moi : "Tu sais, tu ne vas rien arranger en t'excitant." Alors elle a grincé des dents : "Je te déteste." — "Haha, ai-je souri gaiement, eh bien moi aussi, quelque part … surtout quand tu es comme ça." Cette remarque la fatigua soudain et, lentement, elle releva la chaise qu'elle avait faite tomber pour s'asseoir dessus, comme la chienne battue qu'elle était à mes yeux — je jubilais désormais. "Bon, alors écoute ma chérie, repris-je. Tu n'arrangeras pas l'avenir des filles en divorçant, tu vois bien." Il y eut un silence et puis, je riais illuminé : "Ah ! On ne refait pas l'histoire ! … Aujourd'hui, tu as le sentiment d'être dans de beaux draps, mais eh (et se faisant je claquais des doigts au-dessus de la table pour attirer son attention) regarde : il n'y a pas meilleure posture que la mienne pour traverser cette crise sans tracas. Et puis, les filles m'aiment. Quant à toi, tu délires à cause des événements. Mais que se passerait-il si le cabinet d'avocats décidait de licencier une secrétaire 'à cause de la crise de sortie de l'euro' ? Mmmh ?" Or Liliane travaillait comme secrétaire au cabinet ; elle et moi, Jacques et Liliane Puissacq, réunis à la vie à la mort, pour le meilleur … et surtout pour le pire (le pire a toujours quelque chose de plus jouissif, vous ne trouvez pas ?). "Tu vois Jacques …" lança-t-elle d'une voix rauque et désespérée, "… tu es un salaud …" — "Je sais," souris-je. — "… tu es un salaud, mais un salaud qui a les arguments qu'il faut." — "Je préfère t'entendre parler comme ça." Et puis elle souffla et s'affaissa sur sa chaise. Là, en me retournant vers la porte vitrée du salon, je vois Émilie et Adrienne, et je leur fais signe de rentrer. Émilie, aussitôt : "Papa, vous allez divorcer ?" Sur quoi je me retournai vers Liliane, qui dit, en forçant son sourire : "Mais non ma chérie, papa et moi allons rester ensemble ne t'inquiète pas." Alors j'ai attrapé Émilie en lui frottant les cheveux et elle a crié/rigolé, et j'ai ajouté enthousiaste : "Maman faisait une blague !" tandis qu'Adrienne, jalouse de sa sœur, s'accolait à moi. Or, à ce point, comme Liliane menaçait de tomber directement en dépression, j'ai dit : "Je t'aide à préparer à manger ?" Sa seule réponse correspondit à se lever vers la cuisine. "Allez les filles, rangez le jeu et mettez la table," ai-je lancé avant de rejoindre ma femme. "Un petit gratin dauphinois ?" Elle n'a toujours pas répondu mais a attrapé les pommes de terre dans un placard, avant de commencer à les épeler. "Tu sais quoi ? ai-je dit. Nous allons faire œuvre de charité : nous allons embaucher une domestique ! … Domestique, haha, dans le monde qui s'annonce : un métier d'avenir !" mais comme elle restait fermée, j'ai appelé les filles en leur disant : "Émilie, Adrienne ! Maman est tristoune parce que sa blague avec le divorce ne vous a pas fait rire ! Allez, venez lui faire un gros-gros-gros câlin !" Et les filles coururent vers Liliane pour lui faire des bisous. Or, tandis qu'elle s'accroupissait pour les prendre dans ses bras, elle me jetait un regard éveillé, prête à se faire à ce nouveau rôle de "bonne épouse" — pas dupe, avec une haine profondément rentrée … une haine que j'adorais voir. D'ailleurs, en se relevant, elle a souri et : "Bonne idée, la domestique, mon ange."

Débat au sommet

le 01 Nov 2014 à 23:55
La sortie de l'euro ? Peut-être qu'une décision collective européenne aurait mieux valu.

Ce qui arrive aux animateurs

le 01 Nov 2014 à 23:54
Je vois un homme orchestre qui aide les gens à patienter, mais rapidement un gros lourdeau lui met une tarte dans la tronche.

Tout Cela N'Est Pas Sérieux - Séléctionné par la rédaction

le 01 Nov 2014 à 14:23
Mais si. Après ma sortie du tram et mon entrevue avec Élise, j'avais fini par comprendre : cette mijaurée m'avait dupé en s'effondrant dans mes bras, pour me subtiliser mon porte-feuille. Aussi, il fallait bien que je découvrisse l'absence de mon porte-feuille dans la poche pectorale intérieure vide de mon veston ... Ha ! me revenaient en tête des images du film Death at a funeral (Joyeuses funérailles), comédie anglaise truculente, où un vieux grigou en chaise roulante parle d'une beauté avec laquelle il avait fini par sortir, jeune : "Everybody wanted to fuck her !" s’esclaffait-il juste avant de lancer, la voix rauque : "I need to shit." J'en ris un bon coup, alors que je prenais mon café, ce samedi 1er novembre ... un nouveau mois pour une nouvelle ère dans un bon air matinal ! me dis-je en mon for intérieur. Mais il fallait que je la retrouve, cette petite garce d’Élise, et que je lui expliquasse les bonnes manières. A mon tour, désormais, de jouer les détectives, et j'aurais parié ma famille qu'elle n'avait rien d'une détective, tss. Aussi bien, je sortis mon téléphone portable de la poche de ma chemise et, sur notre terrasse ensoleillée de Blanquefort, je lui tipais un SMS pour un rendez-vous - nous avions échangé nos numéros - sur quoi mes filles débarquèrent avec derrière elles leur mère affolée de ce qu'elle n'avait pas pu leur faire faire se brosser les dents. "Papaaa !" et mes deux mignonnes se jetèrent sur moi à en renverser ma tasse, ce qui me fit rire à cœur joie, mais Liliane - mon épouse - commençait à peine de les gronder que j'intervins : "Chérie, nous sommes samedi, c'est la fin des vacances pour elles, alors détends-toi je t'en prie ..." Et voilà, que n'avais-je pas dit : nous partîmes dans une espèce de scène de ménage sans hurlements, devant les enfants, parce que, disait Liliane, je n'avais pas à m'occuper des filles comme elle tous les jours ; je dus lui faire remarquer que j'allais régulièrement les chercher à l'école, et Émilie - l'aînée âgé de 8 ans - de partir : "Et nous chantons dans la voiture !" tandis qu'Adrienne - 5 ans - enchaîna aussitôt avec "The Farm of Old MacDo" en insistant sur les bruits des animaux. Liliane rentra dans la cuisine en pleurant, et je rentrai aussitôt avec ma vaisselle en main que je déposai sur l'évier, avant de dire : "Qu'as-tu ?" Elle râla : "Oh mais chéri la France s'effondre et toi, ça ne te fait rien ? Qu'adviendra-t-il de nos filles quand elles auront l'âge de travailler ?" Cela eut pour effet de me faire éclater d'un rire nerveux mais cordial, et je la tançais : "Liliane, à tout casser cela aura lieu dans 10 ans pour Émilie ! Et encore, partie comme elle est, je te parie qu'elle fera de brillantes études." Liliane fit la moue. "Eh quoi ! repartis-je en souriant, quelle folie te prend ? Qui peut dire de quoi demain sera fait ? ... 10 ans, bon Dieu !" Et, à ce point, elle me fusilla d'un regard noir avant de trancher : "Tu n'as aucune conscience de la situation." Je croyais rêver : "Que - quoi ? Aucune conscience ? Aucune conscience de la situation ? ... Seigneur mais où vas-tu chercher tout ça !" - "Tu ne m'écoutes pas." - "Eh, oh, calme-toi, bien sûr que je t'écoute, mais il y a des limites !" - "Des limites à ton écoute ?" Je me pris la tête dans les mains : "Ah ! arrête de tout interpréter ! je dis qu'il faut rationaliser la situation !" - "Tu me fais rire," asséna-t-elle durement. Je repartis : "Quoi ? Comment ça ?" - "Tu sais très bien de quoi je parle." - "Mais non, je t'assure, explique-moi nom de Dieu !" - "Ne sois pas vulgaire." - "Mais parle, Liliane, parle !" - "Ton boulot, là. Avocat. La dernière plaidoirie à laquelle j'ai assisté : tu trouvais ça rationnel ? Faire appel à la compassion du jury pour le rendre sensible aux 'circonstances atténuantes' d'un délinquant !" - "Oui, et quoi ?" - "Tu vois tu ne m'écoutes pas." - "Bon, repris-je du tac au tac, tu veux me dire quoi ? Que ça ne se montre pas rationnel ? Mais si ! C'EST rationnel, que de jouer la comédie devant un jury, on me paye pour ça !" Elle serra les lèvres, yeux plissés : "Et là ? Tu joues la comédie, là ?" - "Mais enfin, ma puce ..." - "Ne m'appelle pas ma puce. Alors, tu joues ?" - "Mais chérie ! Nous sommes mariés !" - "Tu joues ?" insista-t-elle. Je repartis : "Et toi ? Tu me joues la comédie, toi ? Ça m'en a tout l'air !" - "Oh va te faire foutre." Je levai un doigt et : "La politesse, tu as oublié ?" - "Va te faire voir. Tu n'es qu'un comédien." Je m'adossai alors contre l'évier et, bras croisés : "Très bien, je suis un comédien. Eh quoi ? Cela change-t-il quelque chose au futur de nos enfants ? Sinon quoi ? Tu crains pour mon salaire ? Mais avec mes relations on continuera de me le verser en euro, ne t'inquiète pas." Et elle, comme pour elle-même : "En fait, tu me méprises." - "Quoi ?" - "Je demande le divorce." Là évidemment, tout d'un coup, un silence se fit, et je la fixai avec des yeux ronds comme des billes. J'ai repris : "Tu es au courant que je suis avocat ?" - "Pauvre con, des avocats, il y en a d'autres." - "Alors ça y est, après avoir profité de ta situation auprès de moi tu vas encore me pomper un maximum ?" - "Tu me dégoûtes." - "Non, toi, tu me dégoûtes. Tu te soucies trop de tes filles, voilà tout." - "Ma décision est prise." Je la regardai alors encore un moment sans rien dire, et puis je me levai, attrapai mon portable, ma veste et mon chéquier, et je partis. Eh bien, on ne peut pas dire que le week-end démarrait bien, mais, dans un sens, il ne démarrait bien pour personne, trop concerné par ce qui allait se décider au niveau européen. Dans le tram, je regardai mon téléphone et je ne vis qu'un SMS disant : "T ki ?" ... Élise m'avait évidemment donné un faux numéro, la garce, la mijaurée. Mais mon tour venait de jouer les détectives, pour retourner son petit jeu à mon avantage, et je revins sur les lieux de notre rencontre, à l'arrêt de tram Musée d'Aquitaine. J'y passais ma fin de matinée et le midi, à commander à manger dans la brasserie où nous avions causé, à l’angle du cours d’Albret et du cours Victor Hugo. Et puis, moi, méconnaissable derrière mes lunettes noires, que vois-je vers 14h, alors que je terminai mon expresso en terrasse ? ... Élise, et là mon sourire devint carnassier. Voyez-vous dans la vie il y a deux sortes d'hommes : les dominants et les dominés. Les dominés commettent les erreurs que font tous les dominés, erreurs d'esclaves serviles de leurs passions ; les dominants, eux, montent leurs instincts ainsi qu'un Siegfried chevauchant un dragon. Eh bien, je suis Siegfried, et je découvre que la gentille Élise se comporte ainsi qu'une agnelle - certes plus dégourdie que la moyenne, mais une agnelle quand même. Alors là, moi, que décidé-je de faire en ce beau jour ? Me manifester ? Non pas. Mais, comme à mon exquise habitude - le souvenir de ma scène de ménage bien loin dans mon crâne, de toute façon je laissais le week-end à Liliane pour se dédire - comme à mon exquise habitude, disais-je, j'allais observer. Et observer quoi ? La petite agnelle, naturellement, moi, là, vêtu en costard beige détendu, lunettes noires, ainsi qu'un parrain de la mafia qui aurait décidé de se lancer un peu au milieu des foules, refaire les tâches ingrates de ses subordonnés, mais pour cette raison simple qu'il ne veut pas perdre la main, et, en bon patron, connaître le quotidien de ses gens pour mieux pouvoir en juger quand ils témoignent de leurs difficultés de dominés dans son bureau de dominant. En effet : je suis grand seigneur. Eh bien, j'ai discrètement filé Élise toute l'après-midi, et je la voyais avec délectation, reprendre son petit jeu de l'évanouissement avec trois ou quatre hommes, pour les faucher. Et, à chaque fois, elle retirait les billets qu'elle pouvait de leurs porte-monnaies, avant que de les jeter dans une poubelle en en retenant un RIB ou une CB - pour commander sur Internet ? ... En attendant, je me réjouissais de passer pour un clandestin et un sans-papier, dans ce monde de fous. La nuit tomba, et je continuai à suivre Élise, quand alors, dans une ruelle à peine fréquentée, elle tapa un code d'entrée à une porte et, juste au moment où elle entrouvrit le battant, je survins et la poussai dans la cage d'escaliers en lui mettant la main sur la bouche. "Quel étage, quel appartement ?" Elle formula sa réponse numérique avec la main, après que j'eus menacé de l'étrangler sur place si elle ne répondait pas. En vitesse, donc, nous entrâmes chez elle : petit T2 relativement miteux mais cosy, décoré dans le style tout ce qu'il y a de moins personnel, mais qui vous donne des sensations d'exotisme pour pas cher ... Avant de la relâcher, j'ai dit : "Si vous tentez quoi que ce soit, si vous hurlez ou que sais-je, je vous plante avec l'opinel que j'ai dans ma poche." Elle me fit oui de la tête et puis, comme je la lâchai, elle trembla : "Que voulez-vous ?" - "Vous avez la mémoire courte, ma petite." - "Ah oui," et elle partit d'un rire cordial qui se voulait détendu, "le type d'hier ..." - "Je vous conseille de ne jamais revenir sur les lieux de votre délit, mademoiselle." - "Quel délit ?" - "Haha, je vous ai suivie toute l'après-midi et vous osez me dire 'quel délit' ? ... Rendez-moi ce que vous pouvez me rendre et nous serons quittes." Elle fouilla aussitôt dans une commode de sa chambre - je l'observais en savourant sa panique - puis me fit : "Tenez, en me tendant ma carte bancaire, maintenant partez !" Naturellement, une telle agnelle me donnait le sourire, et je rayonnais : "Dîtes-moi, vous exercez vraiment comme détective ?" Sur quoi elle refouilla dans ses papiers pour me tendre un document attestant de son métier. Je jubilais : "Avouez que sur ce coup, j'ai été meilleur que vous. Honnêtement, vous commettez des erreurs de débutante, non ?" - "Écoutez, partez. Avec la crise, vous ne savez pas ce que c’est," gémit-elle. "Non mais, repris-je, vous commettez des erreurs de débutante, avouez-le ..." - "La plupart des gens n'ont ni l'audace de me soupçonner, ni de mener une enquête comme vous l'avez fait …" - "Oh, j'ai eu de la chance." - "Non, il faut s'y connaître un peu ... quel métier exercez-vous ?" Mais elle écarquilla soudain les yeux et : "Mais je vous reconnais ! Vous êtes avocat au barreau de la ville !" Je lui fis une moue attendrie, suivie d'un clin d’œil, et soudain je fondis sur elle ainsi qu'un fauve, elle, qui fut écrasée entre mon poids et son matelas. A califourchon sur son buste et ses bras, je tenais sa bouche tout en pinçant son nez, et elle avait beau se débattre la clef que je lui faisais l'empêchait de s'échapper. Et je la regardais trépigner et geindre et paniquer avec le sourire, en imitant Sylvester Stalone dans Judge Dred : "La Loi, c'est moi ! Vous connaissez ? ... Je vous punis pour toutes vos infractions au code pénal et à la tranquillité de nos bons concitoyens, à une amende - disons (je fis mine de regarder le ciel) - RELATIVEMENT MORTEL (et ce disant je hochais de la tête compatissant, avant que de lui donner un voir une grimace d'illuminé)." Élise a fini de s'agiter, et mon premier réflexe fut de me recoiffer un peu, grâce au miroir accroché au-dessus de son lit. A ce point, j'ai fouillé son appartement, ai trouvé une bouteille de White Spirit sous l'évier, ai commencé par m'allumer une cigarette, et puis j'ai enduit son corps et toutes les zones de l'appartement par lesquels j'étais passé, avant que de sortir mon SmartPhone pour faire un selfie à côté de cette magnifique scène de crime. Et puis, j'ai jeté ma cigarette en sortant, et tout a pris feu (les voisins et les pompiers pourraient bien se débrouiller). Enfin, j'ai filé en vitesse dans les rues désertes, avec une casquette sur la tête tirée de mon veston, en espérant que Liliane avait changé d’avis - ça éviterait plein de paperasse inutile.

Malheur aux enfants

le 31 Oct 2014 à 23:30
Je vois des parents qui laissent leurs enfants prêt d'un banc avec le chien, seuls pendant des plombes, parce qu'ils se débattent pour retirer leurs pièces, et les enfants qui pleurent de se sentir abandonnés.

Philosopher avec Alice

le 31 Oct 2014 à 00:12
Après l’entretien téléphonique avec mon banquier Frikart, j’avais appris que mes lingots allaient bien, ce qui me mit en meilleure humeur encore : cette journée s’annonçait sublime. Et là, à l’arrêt de tram, une femme à côté de moi, la trentaine souriante - je viens à l'instant de tâter son miroir. Je crois qu'elle m'a surpris quand elle fait, placide : "Amusant." Je réagis, contenu, charmant : "Pardon ?" Elle reprend : "Tout ça, vous ne trouvez pas que c'est amusant ?" - "Je ne comprends pas." - "Ne faîtes pas l'idiot voyons." - "Oui, bien sûr (me reprends-je) cette situation ..." Et elle, spontanée : "A Toulouse, il n'y a plus de conducteurs dans les trams. Tout est automatisé. Une amie m'a raconté qu'une panne avait arrêté leur tram dans un tunnel. Les gestionnaires de contrôle n'ont réagi qu'après un temps au micro." Je souris, intrigué : "Très amusant, en effet." - "Non, reprend-elle, à Bordeaux nous avons encore la chance d'avoir un pilote ..." Je rigole : "Il y a là comme une métaphore, non ?" - "Une métaphore ?" - "Une image, si vous préférez ..." - "Oui je sais ce que c'est qu'une métaphore, mais de quoi parlez-vous donc ?" Elle m’excite à faire sa farouche, alors j'imite sa réaction précédente : "Ne faîtes pas l'idiote voyons." Elle se renfrogne, surjouant : "Vous allez me vexer !" Et je rigole à nouveau : "Eh bien, une métaphore de la situation du pays ..." Et puis, haussant les épaules, elle fait : "Parce que vous y accordez de l'importance ?" Je m'étonne : "Pas vous ?" - "Quelle importance cela aurait-il ? ... Vous savez, de toutes façons, les politiques, ils font ce qu'ils veulent ... et nous aussi, d'ailleurs ..." - "Oui, souris-je malicieux, nous aussi ..." - "Tout cela n'a aucune espèce d'importance : euro ou non ! ... les gens peuvent bien s'exciter, nous n'avons aucun pouvoir là-dessus, et vous verrez, un retour au franc n'y changera rien ..." - "Philosophe !" m'exclamé-je. Elle sourit, parcourant la voie du regard : "Vous ne croyez pas si bien dire ..." Et puis, vers moi : "Je suis en reprise d'études à l'Université Bordeaux III, en CAPES, pour stabiliser mon emploi." - "Dans quoi travaillez-vous avant ?" fais-je. Et elle : "Eh bien, j'étais animatrice socioculturelle et périscolaire, mais entre les CDD et les Contrats d'Engagement Éducatif pendant les vacances scolaires, vous savez ..." - "Oui, je vois." - "Et vous, que faîtes vous ?" Sur quoi mon téléphone sonne : "Excusez-moi." C'est ma femme : "Mon chéri, où est tu ? que fais-tu ? je m'inquiète pour les enfants ?" Et moi, me détourant de ma voisine pour éviter qu'elle entende trop : "Qu'est-ce qu'il y a ?" Et ma femme : "Ils ont dit qu'il y a eu des émeutes dans certaines villes de France, prêt des banques et autres ..." - "Et alors ?" - "J'ai peur pour les enfants ..." - "Mais non ne t'inquiète pas, ça n'a rien à voir. Et puis, tout cela va se résorber très vite, tu verras. Excuse-moi, il faut que je te laisse ..." - "Où es-tu ?" - "Et toi ?" - "Au boulot." - "Eh bien, moi aussi, je dois te laisser ..." - "Je t'aime mon amour." - "Ne t'inquiète pas, salut." Et puis, je me retourne vers cette alléchante proie, qui se passe une main dans les cheveux : "Et vous, que faîtes-vous ?" - "Je suis avocat. Justement, je reviens de la prison de Gradignan." - "Oh, ça ne doit pas être facile tous les jours !" - "Pour vous non plus j'imagine." - "Non, mais je n'ai pas à m'occuper d'affaires judiciaires !" - "Et pourtant, vous devez bien philosopher sur la justice, et la justice sociale, non ?" - "En effet" sourit-elle. "Mais, repris-je, que diriez-vous si je vous offrais un verre pour que nous en discutions ?" - "Avec plaisir ..." Et puis, tandis que nous marchons dans les rues, où l'on voit en arrière-plan les distributeurs pris d'assaut, nous finissons par arriver vers la place Camille-Julian où se trouve le cinéma l'Utopia. Justement, j'ai besoin de retirer de l'argent, et nous nous retrouvons dans une file d'attente, où des gens s'impatientent. Quand vient mon tour devant le distributeur, on me pousse et je me cogne la tempe contre le mur. Une altercation survient parce que, avec mon tempérament d'avocat, j'ose alpaguer la foule - pour des raisons purement égoïstes. Je demande à ma compagne si tout va bien ; elle est un peu sonnée et sidérée par tout ce qui se passe. Mais enfin, je choisis de retirer 40€, et le distributeur m'annonce ne pouvoir plus en donner que 10, que je me résigne à prendre. Derrière nous, en nous éloignant, c'est l'indignation, et certains partent déjà en courant vers d'autres distributeurs. Quelqu'un m'attrape par l'épaule pour m'engueuler malproprement. Je dois rétorquer que je suis dans la même panade que tout le monde, mais je ne m'excuse pas. Finalement, nous nous installons à une terrasse avec la demoiselle et, un peu déboussolés, nous finissons par nous demander nos prénoms. Elle s'appelle Alice. "Eh bien Alice, enchanté, moi c'est Jacques. Je suis désolé de vous rencontrer dans de pareilles circonstances." - "Mais vous n'y êtes pour rien ..." - "En effet, néanmoins ..." - "Ne vous inquiétez pas pour ça ..." Or, comme nous sommes installés à la terrasse de l'Utopia, j'ironise en regardant l'enseigne : "Vous parlez d'une utopie !" Alice rit joyeusement : "Vous avez raison !" - "Hélas, reprends-je encore un peu secoué, je doute que ces affaires se calmeront de si tôt, à ce train-là ! on se croirait en Grèce pendant les soulèvements de 2012 ..." Alice sourit encore : "Vous avez peut-être raison. Mais je crois aux pouvoirs de la sagesse humaine." Je ris tendrement : "Philosophe jusqu'au bout, mademoiselle !" Sur quoi arrive le serveur et, tout en commandant, elle se montre accrochée par le propos que je viens de tenir avant de lancer : "Et vous tenez pourtant à plaider votre cause, monsieur !" Nous rions en nous détendant. "Vous voulez venir chez moi ? J’habite à côté," fait-elle. Bon sang, j’espère que son appartement est facilement inflammable. Et puis, quoi ! on ne sort pas de l’euro tous les jours, je pouvais bien me permettre une petite incartade … Alice a soudain l'air moins souriante, alors que je me lave les mains de son sang, à l'évier de son studio, tandis que son cadavre imbibe son lit de pourpre en plein après-midi, elle, nue, à moitié recouverte par son drap. Je me rhabille alors. Pendant toutes ces opérations, je dirais comme en dialogue avec elle : "Ah Alice, Alice, Alice ... les temps sont durs, Alice, vous auriez donc dû le reconnaître, cela vous aurait évité bien des déboires ! ... La philosophie ! Voyons, ne faîtes pas l'idiote ... La philosophie n'a jamais sauvé personne, surtout pas en temps de crise, et encore moins face à l'avocat le plus exquis de Bordeaux : l'avocat qui plaide en faveur de la mort ! ... Vous voyez ? J'ai gagné ce procès. Mais enfin, c'est Montaigne d'ailleurs, qui n'habitait pas loin, et qui disait 'philosopher, c'est apprendre à mourir' ? ... eh bien voilà, j'espère que vous avez compris sa leçon ... ironique ? vraiment ? ... non, simplement pragmatique. Allez, je vous laisse, et bonne fin de journée !" Je lui fais un bisou sur le joue et, avant d'enduire l'ensemble du White Spirit que j’ai trouvé sous l’évier : "Au passage, quel beau corps vous avez ..." Je jette une allumette en sortant. Les pompiers pourront bien se débrouiller ... Devant l'école, les parents agités récupèrent leurs enfants en vitesse, tandis que j'attends les miens dans une belle Peugeot 5008 bleue. Comme d'habitude, mes filles montent dans la voiture, et nous chantons ensemble dans la voiture avant d'arriver à la maison à Blanquefort. Nous nous aimons bien, mes enfants et moi. Ma femme nous attend assise sur une chaise de jardin, inquiète, et cela me fatigue déjà alors que je coupe le moteur. Elle se jette sur les enfants comme une mère qui culpabilise trop, et cela m'indigne : "Tu devrais les laisser vivre un peu, qu'ont-ils à voir avec la situation économique du pays ?" Elle demande aux filles de rentrer et réponds : "Mais enfin, Jacques ..." Elle veut me faire un baiser mais je me recule : "Et puis, ce coup de fil en fin de matinée, ridicule !" - "Écoute, on ne sait jamais." - "Si, et je sais d'abord que toi, tu ne changeras jamais ..." - "Mais je vous aime !" gémit-elle. Et moi, attendri, la prenant dans mes bras : "Mais moi aussi, je t'aime, ma chérie, moi aussi ... Et ta journée, ça a été ? ... Moi, très bien … Que veux-tu que nous fassions, ce soir ?"

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