C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Ses personnages (3)

ZerMa
Si ça nettoie, c'est donc ton frère !!
Elisa Delcampe
S'exercer au sourire, aller plus loin que le tristesse
Alexandra Lagneaux
La vie s'écoule entre nos mains

Ses participations (80 publiées - 4 gagnantes)

Effacement

le 18 Dec 2014 à 23:47
Je suis ZerMa, pour encore combien de temps ? Depuis 1 an je veille au grain : Une vie le jour, une vie la nuit. Cette ville s'en porte mieux, je pense. Il va être bientôt l'heure de m'évanouir dans la nuit et de m'effacer... pour combien de temps ?

1 ans après pour Adria Helios

le 18 Dec 2014 à 22:53
Adria Helios a interagi avec moi :
Il y a un an de cela, j'ai assisté impuissante aux événements qui ont frappé nos Cités, nos Campagnes, nos Iles. Nous devions simplement sortir de la Zone Euro et attendre tranquillement la nouvelle monnaie qui n'est jamais venue à nous. La crise s'est amplifiée et par égoïsme, les individus ont fait preuve de violence les uns envers les autres alors que des solutions existaient, beaucoup de localité en France ont maintenu un climat de paix et de solidarité extrême et ont même demandé de l'aide auprès de partenaires étrangers, comme c'est le cas du Canada envers le Poitou-Charentes. Nous pensions être seuls alors que c'était faux, de nombreux pays soutenaient notre cause mais nous n'avons pas voulu écouter. Et vînt le despote, qui pensait régler la situation de cette France qui se divisait de plus en plus, en marchant sur chacun des individus qui s'opposait à ses idées. J'étais à Poitiers ce jours là et j'ai vu les troupes du Capitaine Valois entrer dans le Centre Ville, j'ai vu la panique des passants qui couraient dans tous les sens pour éviter les balles et moi, j'ai couru pour continuer à vivre. Puis quand le calme est revenu, je suis retournée dans la Rue où des corps jonchaient le sol et où le sang se rependait dans les caniveaux, j'ai fais de mon mieux pour soigner ceux qui pouvaient encore l'être mais quand cet enfant de 7 ans est mort dans mes bras, le symbole de la pureté et de l'innocence avait été sali, j'ai compris que je devais canaliser la colère en moi pour me donner de l'énergie à accomplir une mission, celle de faire changer les choses. Poitiers a été libérée comme Châtellerault et Limoges par les troupes du Colonel du Peyroux et je suis heureuse que des personnes des Forces Armées qui défendaient les valeurs Humaines étaient là pour nous sauver. 2000 Personnes sont mortes dans notre région et encore plus dans la France entière, je ne pouvais acceptée cela. Dès que les Eveillés ont mis en place le Forum Social à l’Élysée, je me suis sentie prête à jouer mon rôle avec les compétences dont je disposais et j'ai rejoint la Capitale, des individus ont osé me qualifier d'arriviste alors que je ne faisais que mon devoir de Citoyenne Française. Puis, les événements se sont succédé et on m'a demandé de tenir provisoirement le Ministère de l’Éducation jusqu'à la prochaine élection légitime. En tant que Professeures des Écoles qui subissait la vétusté de cette Institution je devais agir à la hauteur de mes moyens et j'ai acceptée afin de lui redonner son véritable rôle qui n'est pas seulement de transmettre des connaissances ou de socialiser les enfants, comme beaucoup le pense encore, mais de transformer un être immature en personne autonome, responsable et épanouie, capable de bien vivre avec les autres, conformément à son désir et des valeurs Humaines. Le défaut de l'ancien système scolaire était qu'il mettait au centre le savoir et non l'être humain. Il donnait la priorité à ce qui est secondaire, le savoir du maître à transmettre avec son objectivité et sa rigueur, et il négligeait l'essentiel, le désir de s'améliorer de l'élève, avec toute sa subjectivité, sa singularité, sa personnalité. Les grands pédagogues le disent depuis Rousseau : Pestalozzi, Montessori, Freinet, Steiner, Tous savaient qu'il fallait mettre le désir d'évoluer de l'enfant au cœur du processus éducatif et c'est cette mission que j'accomplissais car pour moi, nos enfants sont et seront toujours les véritables bâtisseurs de cette nouvelle société que l'on souhaite tous, c'est à nous de leur transmettre les clés pour bâtir le véritable avenir de la France. Quand le Gouvernement a été élu, je suis retournée m'occuper de mes élèves de l'école de Marçay car j'avais réalisé mon devoir, celui de mettre les bases des futures décisions des Ministres de l’Éducation. Depuis ce temps qui me semble si proche et si éloigné à la fois, je mets mes compétences aux services des futurs fonctionnaires de l’Éducation en leur enseignant les nouvelles pratiques pour faire évoluer nos enfants dans l'Amour de l’École et donc de l'Avenir de la Société. A tous ! Rien n'est terminé, tout est à faire et merci à tous d'avoir été les prémices de ce Changement." Adria Helios @Monique @Thomas  @Dr Lavigne Mathieu @Charles Vennec @José Manu Borraso @Obama @Liza Brody @Guy @Alexandra Lagneaux @Lisa Hoffmann @Sandrine @justin tresor @Dominik devilepin @Eric Sawal @Erick Foax @Marilou @Jean-Louis Le Braz @Lilou @Ada Erasom @Maurice Upian @Le Prophète @Aziz @ALAD @La source @Kévin @Martin Rochteau @Walter @Père Mounier @achille @Jean-Marc Ayrault @Devi Sweetie  @général crelcel @Chancellerie @Maréchal Ferbert @Général there @Montpellier @Robin des Bois @Francis Escudé @Michel Henry  

Caen ce soir

le 18 Dec 2014 à 19:42
Pour commémorer les 50 jours qu'on durée la grande crise et les 15 morts associés directement ces événements, ce sont 15 cercles de 50 bougies qui ont été allumés à la nuit tombées sur la place St Sauveur de Caen.

No future ? No Past !!!! - Séléctionné par la rédaction

le 18 Dec 2014 à 18:10
A toi, l’inconnu qui lira ces lignes, je veux laisser ce message.
Durant 8 semaines, la France a été bouleversée par la sortie brutale de l’euros. En ce jour, 30 octobre 2015, nous commémorons cette période charnière.
Ces huit semaines ont été un enfer pour la France, pour moi... C’était un purgatoire. En marge de la société, je me sentais exclue de tout combat et me refusais à entrer dans les cases qu’ont m’avait attribuées.
Si j’ai souffert, couru, me suis époumonée, ai côtoyé le pire -la mort d’êtres chers- j’ai aussi vu sortir de si belles choses !
Alors que cette France s’écroulait, cette France dans laquelle je ne me reconnaissais pas était individualiste, impersonnelle et avait fait de moi ce modèle d’asociabilité, le chaos était partout. Les gens s’entretuaient, des icônes nouvelles faisaient leur apparition, aussi improbables qu’éphémères.
De ce chaos, la France est sortie grandie, moi aussi à son image. Les gens ont enfin compris la force du pluriel, combien la collectif est toujours plus fort que l’unité. Ensemble, la France d’aujourd’hui, de demain se reconstruit. Les schémas pré-établis, les carcans disparaissent et de cela une grande liberté de penser est née donnant par là-même au peuple une grande liberté d’action.
J’ai 19 ans aujourd’hui. En une année, j’ai pris conscience que je faisais partie de la cité, moi et ce qui fait que je suis qui je suis, moi et mon histoire chaotique d’enfant de l’immigration.
Je me suis investie à nouveau dans ma musique, mais je suis désormais une fille du peuple et je continue à dire ce que je pense, à m’exprimer sur des sujets auxquels je ne pensais pas pouvoir m’intéresser un jour.

Ces huit semaines ont été violente, étonnantes et lorsque je regarde en arrière, je me rends compte à quel point je me suis sentie vivante alors, combien je respire depuis.

« No future ! » disaient certains !
Je dis aujourd’hui que le futur nous appartient, que nous en sommes les acteurs. Chaque acte compte, y compris les miens.
Ne pas avoir peur de demain, ne jamais renoncer, se battre toujours, avec les poings ou avec les mots selon les circonstance, être conquérant, conciliant, humer l’air du temps.

Inconnu, nous sommes l’avenir, il ne faut pus avoir peur du changement.

De la sérénité... enfin...

le 18 Dec 2014 à 14:52
Avant la crise, je vivais seule, je pleurais mon mari mort il y a 5 ans.

J'ai fui Caen à cette occasion et ai rencontré celui qui est, depuis quelques mois, mon mari.
Mon mari et moi avons décidé de nous rendre chez des parents un peu plus âgés, dans la campagne ornaise.

Depuis, notre vie s'est recentrée sur nos proches et nous avons décidé de vivre pleinement notre vie ; nous avons créé en local un réseau entre les habitants. Elisa continue de soigner les gens, qui la payent en nourriture. Patrick et Vassili, mon mari, entretiennent le domaine.
Ils ont travaillé d’arrache-pied pour le rendre tout à fait autonome énergétiquement. Elisa et moi cuisinons les récoltes, nous nourrissons nos animaux.

Les habitants du village sont tous dans le même cas et nous sommes aujourd'hui une communauté qui vit, en interne, sans argent. Une amie de Vassili, médecin nous a rejoint il y a peu avec sa famille. Elle profite du savoir d’Élisa et s'occupe depuis peu des cas plus graves.
Personnellement, j'assure des activités auprès des petits. Je lis beaucoup aussi et tiens la bibliothèque que nous avons créée à partir des livres de tous les habitants. Ceux qui avaient des liseuses et des livres électroniques s'en sont défait au profit de la bibliothèque et nous sommes fiers de notre patrimoine.

Cette communauté vit en presque totale autarcie mais n'est pas fermée sur l'extérieur. Nous participons activement à la vie culturelle d'Avranches et sommes heureux de pouvoir présenter notre modèle sociétal ailleurs.

Dans l'ensemble, je pense que chacun s'y retrouve. Pour ce qui me concerne, je suis heureuse car nous vivons sereinement et avons retrouvé des joies simples : les veillées collectives où chacun raconte des histoires, les jeux de société. Je suis en paix avec moi-même, enfin ; Craig me manque toujours - je ne l'ai pas caché à Vassili, mais ce dernier réchauffe mon âme et sait m'appeler vers la vie.

La crise de la sortie de l'euro m'aura permis de renaître à la vie. Je me sens comme un phénix et suis heureuse de cette vie, même si ma voix n'est jamais revenue. Dans quelques mois, un enfant viendra et cette nouvelle qui m'a tant surprise comble mes vœux les plus chers.

Cette crise, tellement difficile à vivre au quotidien nous aura permis de nous trouver, de vivre en harmonie. J'espère aujourd'hui que cette stabilité durera.

@Alexandra Lagneaux

In mortem vivat in aeternum

le 17 Dec 2014 à 13:54
Magnifique !
Me voici désormais la sauveuse du forum citoyen ; Gaston, Nathan et les autres semblent heureux et il y a tant d'autres personnes en vie ! Midi : tout semble rentré dans l’ordre, je décide de sortir prendre l'air et fumer une cigarette, de me poser ainsi pour réfléchir à la suite.

Mains dans la mains, des amoureux me passent devant, je souffle la fumée de ma cigarette et respire l'air frais de décembre. Ma vie ces dernières semaines a pris un tel tour que je me demande comment je vais pouvoir reprendre une vie normale.
Mecs, maison, musique, tout cela semble bien loin, tellement futile ! Même moi, je me sens à l'ouest, surtout moi, en fait ; Abdel me manque. Mes mains sur le visage, je me prends à pleurer ; les larmes brouillent la perception que j'ai de l'extérieur : je ne le vois pas arriver.

Monsieur le Maire en personne commence à canarder la foule en panique. Maintenant son bras levé, ce con tourne et tire sur tout ce qui bouge. Moi y comprise. Ma veste se tâche de sang apparu par miracle, ou par malheur ? Merde ! Merde ! Merde et merci aussi !
Mieux qu'une nouvelle vie, on m'offre la mort ; finies les emmerdes et Salut Abdel !
Me voici pour boxer éternellement avec toi, pour mixer des samples de la mort !!

« Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil. »
Mon pote Ronsard se rappelle à moi : Je ne sais pourquoi, me voici triste de ne plus jamais vieillir.
...
Maman, Papa, je vous aime !
...
Mon souffle court s'accélère puis s'arrête en un hoquet final.
...
Morte, je flotte au dessus de mon corps et les vois tous autour de moi.Médecins, pompiers, flics, c'est la pagaille et vous savez quoi ? Ma vie bien que brève aura été intense ; je ne me serai jamais trahie et aura fini sur une clope.

Merveilleux !

Enchaine

le 17 Dec 2014 à 12:27
Des handicapes se sont enchaines au tribunal de Caen proche d'un bureau de vote : pas d'acces prevu pour eux !

Security waltz

le 16 Dec 2014 à 16:40
Je n’attends pas depuis 10 secondes que déjà le Nathan est là… Il m’interroge rapidement : pourquoi je suis là, pourquoi je pense que ça va péter, qui je me rappelle avoir vu, entendu. Ça ne prend pas beaucoup de temps, mais on sent le mec rodé ; en moins de 5 minutes, tout semble dit. Il prend son cellulaire, passe deux, trois appels, me fait confirmer quelques faits, du regard ou de vive voix, donne des consignes, valide. Puis c’est fini.
« OK, merci Nour ! »
Et quoi ? C’est tout ? Je n’en reviens pas ! Il se fiche de moi ou quoi ?
Je demeure sans voix, l’interroge du regard.
« Ça va aller, tout est déjà en marche. Tu veux venir voir ? »
Euh, OK, c’est parti.

Nous repartons par où je suis venue et nous emboîtons derechef le pas à quelques personnes qui passent, l’air de rien…
Je les regarde faire, fascinée : j’ai l’impression de voir valser ces gens ! Un pas à droite, à gauche, un regard dans les salles, je me baisse, tu envoies la lumière, je vérifie sous les sièges, nous nous croisons, nous avançons et c’est reparti… Ce ballet cesse à chaque salle et reprend à la suivante ; chaque recoin est ausculté, toute personnes rencontrée interrogée, ramenée à l’extérieur si nécessaire. C’est un ballet contemporain au rythme effréné et à la cadence folle. Chacun change de partenaire pour en trouver un autre, retourne à son groupe et repart ailleurs. Moi incluse, je suis poussée et repoussée, je suis comme le trait d’union entre toutes ces personnes.

Nous revenons dans le hall en suivant une autre escouade : des jongleurs, des artistes de rue arrivés opportunément ont attiré la foule vers l’extérieur : la fille en a profité pour proposer de déporter l’agora, la préparation du forum, un peu plus loin. J’en siffle d’admiration. Nathan a un petit sourire en coin.
« Les gars, ils vont se rendre compte qu’il y a quelque chose de bizarre, non ? »
« Nous sécurisons juste les lieux : la foule va pouvoir revenir, les portiques seront bientôt en place. Des groupes circulent incognito dans la foule pour sécuriser le tout. Toi, tu restes ici et tu regardes si tu vois quelqu’un… »
Il n’a pas le temps de finir sa phrase que des gars sortent de nulle part, se précipitent sur un vieux bonhomme à l’air inoffensif à l’intérieur de la foule. Ils l’entravent, l’écartent et… découvrent sur lui un jeu d’explosifs. Ce vieil homme est en réalité un kamikaze !!!

Je dis à Nathan : « Ils doivent être plus nombreux ! ». Il acquiesce : « Nous en avions déjà plusieurs en ligne de mire, qui ont été neutralisés. Nous continuons à chercher les autres mais mieux vaut prévenir les gens. Et maintenant que nous sommes dehors, il va être plus simple de faire s’éparpiller le monde. Je vais prévenir Nadia, elle fera une annonce.

La fille aux post-it prend son téléphone, écoute, raccroche, attrape le micro :

« Mesdames et messieurs, un attentat vient d’être déjoué mais nos vies sont mises en péril par celui qui devrait s’en inquiéter. Votre Maire lui-même est à la manœuvre. Ne vous laissez pas priver de votre liberté de penser, ne les laissez pas vous bâillonner ! Venez vous exprimer, écrivez le monde de demain. Soyez libres de rester ou de partir mais ne laissez personne décider pour vous »

Nathan se tourne vers moi : « Et toi, Nour, tu décides quoi ? »

Destin commun - Séléctionné par la rédaction

le 15 Dec 2014 à 14:25
Je file de ce panier de crabe illico et trace. Je sens que le temps joue contre moi, contre le forum citoyen, contre tant de vies ! Je dois aller plus vite !
Je passe par une rue calme ; personne alentours et tant de voitures. Et merde ! Tant pis !Je choisis la plus ancienne, casse un carreau… Abdel… Je me serais faite enguirlander, c’est sûr ! Le vol de voiture, c’était clairement pas sa tasse de thé ! Je l’imagine très bien : « Putain, Nour, c’est abusé !! T’en fais trop et tu vas pas dans le bon sens, là ! »
Abdel, il rigolait pas avec les règles… J’espère que cette tire a encore un peu d’essence ? La chance me sourit, le moteur ronronne. Je ne m’éternise pas sur place et reprends ma route sans excès : les flics sont sur les dents avec le forum et les derniers événements. Ils sont partout, gyrophares allumés. S’agirait pas que je me fasse coffrer avec une voiture volée !

J’arrive bientôt sur place. J’ai dû gagner 15 minutes, c’est toujours ça de pris.
Il y a foule : des gens discutent, d’autres, un pinceau à la main, se sont attaqués à un plan en bois : « Nous dessinons les contours d’une France à colorier ! ». De chaque côté, des post-it : chacun peut y décrire son idée du futur, les points importants à discuter. Une nénette l’air cool semble organiser l’ensemble : « Ah, ça, c’est aménagement, panneau 1 ! Les revenus, c’est le panneau 4 ! ».

Je l’attrape par le bras, lui demande qui est à la manœuvre en lui expliquant ce qui risque de se passer : « Un instant ! …(Elle saisit son téléphone dans sa poche)… Nathan ? Ya une fille, là, elle dit que ça va chauffer bientôt ici… Viens vite, va falloir qu’on mette le plan « Échappée belle » en route. Ouais ! Arrive ! On n’a pas beaucoup de temps ! Elle sera en bas de l’escalier, tu pourras pas la louper. Elle s’appelle… Nour. OK… (raccroche)… Vous avez entendu ? L’escalier est là, derrière cette porte. Il arrive. »

« Et tout le merdier, là, les gens, vous en faites quoi ? »
« Je gère ! File ! »

Départ

le 14 Dec 2014 à 10:55
p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; } Deux heures déjà que je suis sur la route. Le jour est clair désormais, le froid blanc rend l'air limpide. Je marche et je ne sais pas dans quelle direction encore le vent me portera. J'ai hâte de retrouver Phil mais je sens que les événements me permettront d'être vite en relation avec lui. Je suis à nouveau sur la route, poussée par le néant et la vacuité de mon existence. Je fuis vers l'Ouest ! Je n'ai pas dû avancer loin, pourtant, et je me sens très vulnérable. Je me suis réchauffée mais ne dois pas encore être très éloignée de Vassili et Anna. Mon sac aura été rapide faire : mes papiers, mon change, le couteau et le briquet qui ne me quittent pas, la bâche, mon sifflet et mon miroir, ma boussole, mon duvet et ma gourde. J'ai toujours mon bracelet de corde au poignet. J'aurais dû partir plus tôt mais mon départ aurait alerté Anna. Je sortais souvent, vers 7 heures, pour ne revenir que plus tard. Je leur ai laissé un mot à chacun sous mon oreiller. Ils le trouveront bien assez tôt ! Je leur dois tellement que de longs discours ne valent rien. Je suis loin dans mes pensées, je suis seule ; Les larmes roulent sur ma joue, mon menton et viennent s'échouer sur mon coupe-vent. Je ne les retiens pas, à quoi bon ? J'ai perdu mon mari, mon amour et n'ai plus vécu après, jusqu'à cette crise. J'ai rencontré Oscar, ai fermé ma non-vie et mon appartement, ai pris la route. J'ai découvert une France en berne, ai failli perdre la vie et ai été sauvée par des gens simples, aimables, ai perdu la voix, sauf à certaines occasions. Et maintenant, alors que j'aime, je fuis l'objet de cet amour, sans autre raison que le poids de la culpabilité. Quelle sotte ! Tout d'un coup, une voix : « Alexandra ! » J'accélère un peu la cadence mais bientôt j'entends le bruit de pas derrière moi, un bruissement, une main m'attrape par l'épaule : « Alexandra... ». Je me retourne doucement et découvre un Vassili haletant, les yeux brillants, les joues rougies par l'exercice. Il semble soulagé autant qu'hésitant. « Pourquoi vous en aller, ma douce ? Ne vous ai-je pas dit que je vous attendrai ? Vous ai-je fait peur ? » Les larmes reviennent, que j'écrase rageusement d'un revers du bras. Je lui lance un regard de défi… mais me précipite dans ses bras qu'il ouvre pour me recevoir et referme sur moi avec violence. J'enfouis mon visage contre son torse. Je sens que c'est là que je dois être et souhaiterai ne plus m'en aller. « Mon oiseau… » Nos lèvres se joignent un instant, nous nous buvons l'un l'autre, seuls au monde sur ce chemin perdus. Je me perds dans l'eau bleue de ses yeux, je m'y noie avec bonheur. « Je vous aime, Alexandra. Je vous veux toute à moi, pour de vrai, comme vous l'êtes déjà dans mes rêves. Je vous veux dans mon lit, je veux vous voir sourire, veiller sur vous, vous prendre la main lors de nos promenades, découvrir votre monde et partager le mien avec vous. Je veux vous voir bien vieille et qu'ensemble nous regardions en arrière avec tendresse. Je veux vos bras autour de moi comme en cet instant. Je veux vous voir nue, je meurs d'envie de vous étreindre et de vous faire rougir, gémir. Je ne veux que vous, que nous : Alexandra et Vassili, Vassili et Alexandra.» Je m’écarte un peu, effrayée par la force de ses sentiments, les miens que je sens gronder en moi. Il me retient, m'embrasse à nouveau et murmure : « Je ne sais pas pourquoi vous devez partir. Je ne comprends pas pourquoi nous devons nous séparer alors même que nous venons de nous découvrir. Si je ne vous retiens pas, promettez-moi de prendre soin de vous, promettez-moi de revenir. Je vous attendrai encore, tout ma vie s’il le faut. Mais sachez que si vous revenez, je ne vous laisserai plus vous en aller, plus ainsi. Nous ne nous quitterons plus. » Son regard si doux est empreint de tant d'amour et de détermination ! Je l'embrasse à mon tour, lui promets silencieusement de revenir, recule doucement sans le quitter du regard. « A bientôt, ma si belle ! » Je me retourne et reprends mon chemin. Les larmes coulent à nouveau sur mes joues, j'étouffe au mieux les sanglots qui m'agitent alors que j'avance. Je sens qu'il ne me lâchera pas du regard avant longtemps… Vassili...

Serment

le 13 Dec 2014 à 23:15
p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; } Je n'ai pas dormi cette nuit ; malgré ma jambe pas encore guérie, j'ai décidé de repartir. Je dois voir Phil ; je dois aussi m’échapper de Vassili. La journée d'hier a été très étrange ; j'avais l’impression que Vassili rayonnait de joie. Il ne disait rien et agissait comme à son habitude mais il me paraissait changé. Anna n'a pas dérogé à ses habitudes et je me disais que mon rêve m'avait vraiment perturbé, de même que ces sentiments que je refuse de laisser éclore. J'ai voulu aller faire un tour. Vassili a saisi cette occasion pour m'accompagner ; il disait vouloir tenter de glaner de quoi manger. Nous avons marché doucement, en silence, pendant un moment. Mais d'un coup, le bruit d'une cavalcade s'est fait entendre. Nous nous sommes jetés dans le premier fossé, mis à couvert sous les feuillages. Les souvenirs de mon échappée ont reflué, je me suis mise à trembler. Cette réaction semble avoir déclenché la suite : j'ai senti les bras vigoureux de Vassili m'embrasser. Je me suis retrouvée lovée contre lui. Sa main tenait ma nuque enlacée. Les chevaux sont passés, nous ne bougions plus, Je n'osais pas faire un mouvement, je craignais la suite et l'espérais en même temps. Nous avons fini par nous séparer : nos regards étaient des fenêtres ouvertes sur nos âmes et nos sentiments vivaient à l'unisson dans cet espace infini autant que silencieux. La main trapue de Vassili a attrapé mon visage, l'a approché du sien ; je souhaitais tellement ce baiser ! J'imaginais ses lèvres se poser sur les miennes, ma peau tressaillir, je rougirais sûrement… D'un coup j'ouvris les yeux, Craig apparut, la peur me prit au ventre. Vassili ne me lâcha pas ne fit pas un mouvement de plus. Il ouvrit la bouche comme pour parler mais se retint. Il battit des cils, comme s'il s’éveillait d'un rêve et qu'il avait perçu, lui aussi, la présence de Craig. Me tenant toujours, il détourna la tête, vérifiant que nous étions à nouveau seuls. Il me remis debout, se rapprocha de moi : « Vous ne pouvez parler, mon ange, mais j'ai l'impression de lire en vous comme dans un livre ouvert. Lorsque je vous ai entendue crier, cette nuit je me suis précipité. Je tentais de vous calmer mais n'y arrivais pas ; je vous pris dans mes bras, et… vous vous calmâtes si vite ! Je n'osais y croire. Je vous ai bordée, embrassais votre front et m'enhardis à vous prendre baiser les lèvres. Je pleurais de joie, ma si belle, lorsque vous m’embrassâtes en retour. Je rêve de vous depuis des années, je vous aime en silence depuis tant de temps. Je ne vous connaissais qu'en rêve et me suis attaché à vous de toute mon âme. Je ne savais pourquoi je mettais tant d'ardeur à aimer une femme que je n'avais jamais rencontrée. Vous étiez si réelle pourtant ! Je pouvais sentir votre haleine, le grain de votre peau, vos caresses et vos bras à mon cou ! Je n'entendais jamais le son de votre voix et c'était là tout un mystère pour moi. Je n'osais y croire à vous, lorsque nous vous avons découverte, avec Anna. Mon amour avait pris corps et j'allais enfin pouvoir revivre ces heures heureuses que mes nuits m'apportaient depuis tant de temps. Vous le sentiez aussi, ce lien entre nous, mais j'acquis vite la certitude que vous aviez manqué nos rendez-vous nocturnes. Je vous aime tant ! Refréner l'envie de vous prendre dans mes bras comme j'en avais l'habitude, ne pas me blottir contre vous, ne pas vous embrasser vous appeler mon oiseau m'est une douleur sans pareille. Mais vous voir en vie, chaque jour sous mon toit, sentir votre parfum… Rien ne m'est plus impossible. Je suis certain depuis hier soir que vous m'aimez même si vous n'en avez pas encore conscience. Alexandra, mon bel ange, je vous attendrai encore ; je vois bien que vos sentiments sont entravés. Nous sommes ensuite remis à marcher et la journée s'est étirée lentement jusqu`au soir, pleine de promesses, d'interrogations de douleur aussi. Il est bientôt 7 heures, mes affaires sont prêtes et je me prépare à fuir cet amour dans lequel je souhaiterai couler mais auquel je ne peux répondre. Je souffre déjà du manque et Craig n'est plus le seul à remplir ma vie de son absence.

Des idées en vrac

le 13 Dec 2014 à 13:21
Plusieurs propositions :
- Un plafond haut et bas pour les salaires : pas de salaires à moins de 2000 euros, pas plus de 15 000 euros mensuel ;
- pousser enfin l'économie circulaire et la prendre en compte pour ce qu'elle est : une composante majeure de nos modes de vie ;
- un nb de m2 par habitant pour vivre : 1 personne 30 m2, 2 personnes 45 m2, 3 personnes 55 m2, etc... Histoire que des vieux ne demeurent pas dans des logements trop grands si habitat social, d’éviter les marchands de sommeil ;
- des fonctionnaires, mieux payés et mieux valorisés. Mieux sanctionnés aussi en cas d'erreurs.
- des écoles où, au lieu d'apprendre la compétition, on apprend la confiance en soi et le respect de l'autre ;
- des aides d'état soumises à des plafonds de revenus ;
- des femmes mieux servies dans leurs choix, des hommes écoutés ;
- Un gouvernement à la tête de l'état, chaque ministre y aurait sa voix, chaque décision devrait être prise collégialement ;
- la suppression des départements, la fusion des communes de moins de 500 habitants avec une ou plusieurs voisines ;
- l'abolition de la connerie !!!

Laisse béton...

le 12 Dec 2014 à 19:40
Fadwa git dans une marre de sang. Jeremy s'agrippe à moi comme à une bouée, sa tête dans mes jambes.
Nous demeurons cachés derrière la porte pendant un moment, combien de temps, je l'ignore. Je continuais à observer l'extérieur, espérant que nous ne serions pas découverts.
L'un des types des passe un coup de fil. Quelques instantsplus tard, un gars arrive avec gros camion, suivi d'un type obèse et d'une grande rousse au nom slave. Le gros entrepreneur qui pétrit du béton à la tonne tend le bras au chauffeur du camion en direction d'un trou dans le sol qui met à nu des canalisations. Le corps de Fadwa y est jeté sans ménagement et du béton lui coule bientôt dessus. Je suis atterrée. Les 4x4 s'en vont ensuite.
Nous restons là. Une des personnes planquées dans l'immeuble, une femme, sort bientôt et nous trouve là, Jérémy et moi. « Montez-vite… Ne restez pas là ! Avez-vous vu Fadwa ? » Je lui fais signe que je ne peux pas parler, en montrant Jérémy. « Je m'appelle Martha ; je suis une amie – elle me fait un clin d’œil – de Fadwa, venez vous poser un peu… »
Nous montons quelques marches, une porte s'ouvre puis se ferme… Un canapé ; « Asseyez-vous un moment ! ». Jérémy reste accroché à moi ; il finit par s'endormir.
Martha me demande alors : « Avez-vous vu les personnes qui étaient en bas ? Avez-vous entendu quelque chose ? »
Je suis dépitée, harassée. Je lui réponds alors : « J'ai vu des hommes, Fadwa se faire tuer, une Russe rousse, un gros qui semblait être le chef. »
« Personne dont vous rappelleriez le nom ? »
Je réfléchis J'ai le nom de la Russe sur le bout de la langue mais il ne me revient pas. Et puis d'abord ? Pourquoi je lui raconte ça à Martha ?
Je décide de prendre congés et réveille donc Jérémy.
« Désolée, je ne me rappelle de rien… Je dois partir… »
Je me retrouvais vite dehors avec un Jérémy frigorifié, sans trop savoir oú aller. Sans savoir à qui me fier, je décider d'aller voir au GroundZero si Yunus ne serait pas dans le coin.

Un rêve

le 12 Dec 2014 à 11:50
J’ai fait, cette nuit, un affreux cauchemar. Je vous voyais, Phil et toi, vous battre, saigner, mourir, sous mes yeux. Je ne comprenais pas ce déchaînement de violence, pourquoi vous vous y laissiez aller, pourquoi vous, si doux et joviaux. Vous étiez à l’avant, et moi, telle une spectatrice, je me trouvais placée entre les belligérants. Lorsque l’assaut a été donné, que je vous ai vus vous précipiter, je me suis mise à hurler, mais aucun son ne sortait de moi. J’étais comme emmurée et j’assistais, impuissante, à votre fin horrible. Derrière vous, une cohorte d’hommes, d’adolescents de vieillards décharnés se précipitaient de chaque côté, hurlant, soufflant. Oscar était parmi eux. Et cette foule, d’un coup de bifurquer, de se précipiter sur moi. Vous n’y étiez plus, vous aviez déjà disparu. Je me sentais seule, pétrifiée par tant de cœur à la haine. J’attendais que toute cette rage m’atteigne lorsque je me suis sentie emportée, enlevée par des bras puissants. Je n’ai rien compris : l’instant d’après, Vassili me reposait devant l’entrée de chez Elisa... Il m’embrassait sur le front, la bouche, puis repartait. Et j’étais triste de le voir partir autant que de vous voir mourir dans la fureur. J’ai retrouvé ce matin Vassili près de moi. Il me regardait avec un sourire étrange et ses yeux brillaient de joie. Je suis très mal à l’aise, Craig ; tu es absent depuis tellement longtemps que le trou béant que ton absence laisse fait partie de moi. Pourtant, je m’inquiète pour Oscar, me demande comment va Phil et m’interroge sur les baisers de Vassili, ma tristesse réelle bien qu’onirique à devoir m’éloigner de lui. Je sais que sans leur action, à lui et à Anna, j’aurais dû mourir. Je leur en suis reconnaissante car après toutes ces années, je sens bien que je reviens à la vie. Je l’avoue, Vassili m’attire ; sa présence imposante et douce, souvent silencieuse s’est imposée à moi et je sais rechercher sa compagnie, tellement reposante. Suis-je en train de tomber amoureuse, Craig ? Suis-je en train de te trahir ?

Hier

le 11 Dec 2014 à 22:54
p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }a:link { } J'ai découvert avec tristesse les événement ; Valois, Atlas, Montagis. Tous ces capitaines qui se battent et font se battre de pauvres gens pour des idéaux qui ne leur appartiennent pas. La misère et la famine guettent, la plupart des personnes tentent de survivre ou d'organiser la survie ; d'autres sont. J'ai pleuré hier : les politiques et l'argent nous ont mené à cette situation, la violence et la haine nous mènent au-delà de nous. Mes ecchymoses disparaissent peu à peu et je marche mieux ; Vassili m'a trouvé une attelle et une paire de béquilles. Je retrouve un peu de ma solitude habituelle ; je ne suis pas certaine de m'y complaire autant qu'avant,mais c'est ma vie. Anna me demande de l'aider ; je nettoie je maintiens ordre, ja fais de la couture – bon, je tente de faire de la couture plutôt. Vassili et elle ne me demandent rien. Je verrai bien. De toute manière, je ne peux pas encore partir. Etoile me manque… Et Elisa et Patrick, Phil et sa petite Marie...J'attends la suite et me demande un peu ce que l'avenir me réserve...
 

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