C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Charlotte

78 ans
Femme
Retraitée
Vit à Paris XXème
Devise : Dans le pognon, tout est bon
Bio : Charlotte a tout d'une charmante vieille dame. Veuve depuis cinq ans, elle occupe un logement HLM. Sa modestie, son allure toujours soignée, sa gentillesse cachent une redoutable avidité. Les évènements actuels vont lui donner l'occasion de faire valoir ses talents.
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Son histoire a elle

Isis n'a pas réinventé la roue.
0 votes - le 03 Dec 2014 à 20:07

Charlito a interagi avec moi :
Tous juste sait-elle la faire marcher ! 

Elle considère les Éveillé-e-s comme des fils à papa ! Qu'elle vienne sur les camps voir la réalité ! Il y a des tous et de toutes ! Du sdf en bourgeois en manque de rebellion... Oui je te l'accorde il y a cette population dans nos rang comme il y a à peu près tous types de population dans nos rangs !!! 

Parce que tu touches qu'au black et que tu es prête à dormir dans un camion tu penses que nous vallons rien ? Nous on dort sous des tentes et des cabanes fait à la main... On fait nos potagers et cultive notre appartenance à un mouvement apolitique ! Tu n'as pas le monopole de la marginalité, loin de la !

Tu es aussi la bienvenue chez nous ! Tu y trouveras des semblable a toi comme des inverses. La seule différence c'est que chez nous personne ne croit détenir la vérité sur la société comme tu penses l'avoir : tu ne vois celle-ci que par ton prisme, celui que tu t'es formé au fur et mesure des années... Nous ici chez les éveillé-e-s on voit par le prisme de chacun : chacun apporte sa vision, la confronte, la partage, la fait évoluer... personne ne pense pareil et personne n'est amené à penser à l'identique de son voisin : simplement on partage nos visions afin de voir en quoi elles divergent ou convergent et ainsi voir comment on peut tous évoluer ensemble...

Malgré tout j'aime ta façon de penser et de voir la société. Ta vision est assez juste mais je pense que tu dois apprendre la notion de communauté ! On est ensemble et on doit avancer ensemble sans en laisser sur le bord de la route comme le système actuel. Je pense que c'est une perte de temps de ne pas unir nos forces car au final on va dans le même sens...

@Gritusse @Sandrine @Victor @Camille @Alex V. @Mélanie F @Erick Foax @Charlotte @Amandine @Guy @Laura @FranceIndé @EveillésManifeste @Pablo 

Le premier colis
0 votes - le 18 Nov 2014 à 17:34

Noé a interagi avec moi :
« Ma chère @Charlotte Le mercredi 19 de ce doux mois de novembre, vous allez recevoir un colis.Ce sera le plus précieux des cadeaux que vous ne puissiez jamais recevoir, votre survie.Il contiendra un flacon rempli d’un liquide translucide, et un comprimé bleu.La substance contenue dans le flacon est une arme efficace contre tout individu qui en voudrait à vos biens, ou à votre personne.Ce merveilleux produit s’utilise de différentes manières : Quelques gouttes disséminées autour de votre demeure feront fuir les rôdeurs et autres personnes mal intentionnées ; Pulvérisé sur votre potager ou dans votre verger, il dissuadera les voleurs de denrées de revenir une seconde fois ; Enfin, en cas de danger imminent, une cuillère à café de cette substance versée dans une préparation culinaire, ou dans une quelconque boisson, rendra inoffensif tout invité indésirable.Mais avant même d’avoir posé votre main sur ce flacon, il vous faudra IMPERATIVEMENT absorber le comprimé bleu, c’est l’antidote.Ce jour sera Le jour du recommencement. Le jour du premier pas des Elus vers un monde meilleur.Et rappelez-vous, le chaos approche, il faut s’en prévenir.Votre fidèle et dévoué serviteur, Noé »

Je prépare une virée en Espagne !!
0 votes - le 17 Nov 2014 à 22:08

Charlito a interagi avec moi :
Les choses bougent beaucoup à Paris ! 

Il y a les manifs avec @Un Petit Rien  @ Marianne Guérin  @Jérémie  @FranceIndé @Tiphanie  et les autres...

Les campements avec @Baratribord @Gritusse @Timothée @Victor @Charlotte @Ratatouille @Liza Papanov @Guy @Alex V.  et aussi les autres...

Et on est tous un peu de l'un et beaucoup des 2... C'est une France extraordinaire qui se présente sous mes yeux !!! Et quelle France, des toutes les couleurs, une France qui se prend en main...

Ce soir j'ai principalement RDV avec @ Marianne Guérin @Alex V. @Victor @Guy @EveillésManifeste @Mackno @Eric Sawal @Gritusse @Tiphanie @Jérémie...

Il faut que je leur parle de mon départ : Je vais allez en Espagne en mode incognito... J'ai des contacts qu'il faut absolument allez voir. Je pars jeudi matin tôt et serais injoignable jusqu'à dimanche soir voir lundi matin. Des indignados sont prêts a nous rejoindre mais je dois aller là-bas histoire de vérifier qu'on est bien tous sur la même longueur d'onde. Il faut qu'on marque le coup en France et ils connaissent bien ce genre de problème.
De plus j'ai aussi des contact avec pas mal de producteur, je vais essayer d'organiser une filière direct pour la nourriture... Un direct producteur sans intermédiaires pour fournir les campements ! Les plans ont l'air vraiment bien !!! Et il y a de tout : cochon, légumes, poissons, fruits, viandes, etc... Je prend un remorque et vais assurer le 1er voyage... j'ai des travellers qui sont prêts à faire des bornes pour faire le transit... 

Si il y en a qui veulent m'accompagner c'est sans soucis, mais cette fois ci j'espère ne pas avoir de voyageurs qui descendent en route ! Et si on peut faire un mini convoi c'est encore mieux car y'a pas mal de bouffe à ramener, c'est pas le panier citoyen qui va nous nourrir !!!

En souvenir du Mexique
0 votes - le 14 Nov 2014 à 21:52

Gilles de Salm a interagi avec moi :
  Je viens de prendre une résolution, c'est décidé, je quitte la direction de la feuille libre, l'heure est trop grave.                                                                               A quoi cela sert-il de faire le guignol aux infos, il y a assez de monde pour çà, sinon pour devenir un playmobil. Le directoire s'est réuni: La feuille libre restait, elle serait distribuée sous le manteau par@Eric Sawal , il connaissait la rue et puis malgré sa grande fatigue@Jesus routier pourrait l'aider en assurant une part du transport . Mais qu'est ce qu'ils croyaient ces illuminés; que la survie se conjugue au futur, qu'on pouvait écrire un petit scénario personnalisé, avec épisodes; Saison 1, saison 2 etc...Qu'il suffisait d'écouter les infos@France BN@FranceIndé   en bouffant un plat de pates et puis fumer des beuzs, jamais entendu parler des Clash , ces gens là.                                          je voulais aussi essayer de sensibiliser les@EveillésManifeste , leur faire comprendre que la France c'était pas l'Espagne que la situation avait empiré. Mamzelle book@Matt qui disait: Il faut prendre des risques. Que de plus en plus de gens revendiquaient une plus grande prise de conscience, que seul le vrai art pourrait sauver cette révolution en marche @Deadlock . Tous les jours il y avait de nouveaux jeunes qui s'engageaient comme@Anja  @Sabrina d'autres mettaient en pratique le survivalisme@Georgette   et surtout@Ada Erasom Camarade@JeanClaude Dubonetvoulait solutionner le problème de l'argent , il était pour le troc pur et dur                                                               @Anaëlle je veux te dire combien je suis désolé pour @Marc'harid tu sais@Auguste dit qu'un jour l'amour gagnera et@Azizet @Dr Lavigne Mathieu qui soutient beaucoup@Jesus routier te conseille de rester cool pendant quelques temps , personnes comme@Jean Devers Cray qui croient là une autre Europe celle de nos vraies valeurs à nous les gens.                                                 D'autres comme @Charlotte mangeaient la vie à pleines dents rien ne semblait les toucher vraiment ils flottaient litérallement au dessus du chaos et de la mélée, pourtant tout devenait très dangereux j'avais déjà pourtant prévenu@Alicia que la police devait avoir mis sur écoute.@Liza Papanov me faisait peur car elle prenait de plus en plus de risques. En fait y'avait beaucoup de fachos sur les rangs et de crapules pretes à tout et chacun avait son petit malin.                                                                           je dis pas que tout était pourris, loin de là, je voulais montrer que le pouvoir s'offrait une petite séance de brainstorming, c'était une bonne occasion pour utiliser les nouvelles tecnologies et de mettre en oeuvre du Big Data bien trié.@Lucas Morel parlait d'insectes terrifiants et stupéfiants quelle horreur@Alexandra Lagneaux une infirmière engagée faisait tout ce qu'elle pouvait pour lutter contre çà .  Et puis beaucoup proposaient des vivres du poisson frais toute la famille@DELAQUAIRE Jacques @DELAQUAIRE PaulA tous je disais. Regardez l'aboutissement du clash final au Mexique, 43 pauvres étudiants cramésvite fait bien fait avec la bénédiction du cartel, Las-bas l'état ne controlait plus rien. Pour beaucoup le chaos est au bout de la fourchette (Clash city Rocker). Est ce que les mafias Corses Italiennes Albanaises et serbo croate n'existaient pas ?- Est qu'en Europe il n'y avait jamais eu la guerre en Europe ? est ce que la nouvelle qui se préparait entre les faux frères Russo_Ukrainien allait etre plus belle ?, j'aimerais que@JB Monnayer m'en parle vraiment.PS:@Treizh je ne t'oublie pas dans mes pensées, mon fils est sur la route des PO

L'ami du peuple
0 votes - le 14 Nov 2014 à 10:51

Pour la première fois de sa vie, Charlotte connaissait l’angoisse de ceux qui ont de l’argent : le perdre. Tout en manipulant amoureusement le ravissant vase de Gallé qu’elle avait obtenu, la veille, contre trois paquets de fromage rapé et moisi, elle se demandait comment protéger son magot. Elle se dit que l’immobilier pouvait être une solution. Le prix du m² ne cessait de chuter. Dans son arrondissement, on venait de passer sous la barre des 500 euros, elle l’avait entendu à la radio. Elle pouvait acquérir un trois pièces, qu’elle revendrait, plus tard, quand tout ce serait calmé. « Oui mais ça va se calmer quand ? » pensait-elle. D’ici là, elle pouvait avoir besoin de ses sous. Ou alors acheter une œuvre d’art. Mais elle risquait de se faire avoir, par un marchand malhonnête. « De nos jours, on ne peut plus faire confiance à personne. » Elle en était là de ses réflexions, quand on sonna à sa porte. Charlotte ouvrit et son petit-fils, Olivier, entra. « Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je te croyais à Nantes ! » - Mamie Chat, tu sais, déjà, je n’étais plus à Nantes. Là, j’étais à Albi. - Mais qu’est ce que tu faisais là-bas ? - J’étais sur la ZAD, à cause du barrage. - Ah oui, bien sûr. » A 28 ans, Olivier faisait le désespoir de sa grand-mère. Depuis sa sortie de la fac, il enchaînait stages, CDD et missions d’intérim. Elle aurait tant voulu qu’il décroche un emploi stable, mais il n’y parvenait pas. « La faute à la situation économique » expliquait-il. Charlotte voulait bien le croire, mais demeurait persuadée que la profusion de ses tatouages y était aussi pour quelque chose. « Mais tu es venu comment ? - Oh je me suis débrouillé. Du co-voiturage, de la marche, du vélo. Enfin, peu importe. - Et là, tu viens pourquoi ? - Pour les manifs, le camp des Eveillés, vivre la révolution là où elle se passe. - La révolution ? - Enfin Mamie Chat, le moment est venu pour le peuple de faire valoir ses droits. D’imposer la démocratie directe, de renverser ce putain de système. » Sur le fond, Charlotte ne lui donnait pas tort, loin de là. Mais autant la pagaille lui semblait profitable à son petit commerce, autant la révolution lui paraissait dangereuse. « Faut pas avoir peur, Mamie Chat, je suis là ! » la réconforta Olivier. « Mais là tu vois, je suis crevé. Je me suis dit que je pourrai piquer un petit somme ». Sans attendre de réponse, il ouvrir la porte de l’ancienne chambre de ses grands-parents. Et tomba sur l’incroyable stock de nourriture de sa grand-mère.

« Mamie Chat, c’est formidable ! Nous allons pouvoir organiser un centre de distribution gratuite pour le peuple sur le camp des Eveillés ! » Charlotte eut l’impression que le sol se dérobait sous ses pieds. 

Enrichissants échanges
0 votes - le 13 Nov 2014 à 15:31

17 650 euros. Dans l’enveloppe que Charlotte avait dérobée, la veille, à la maison de retraite, il y avait 17 650 euros. La vieille dame en avait retrouvé le radieux sourire de sa jeunesse. Cela valait bien les grosses émotions qu’elle avait endurées. Elle n’avait jamais eu autant d’argent. Ajoutés au 8 000 euros de ses précédents larcins, sans compter les dollars récupérés dans les restaurants, elle avait avoir pas loin de 30 000 euros. Pour la première fois de sa vie, elle avait le sentiment d’être riche. Et c’était merveilleux.

Sa radio préférée l’informa que l’on célébrait la journée de la gentillesse, tandis que le troc devenait un nouvel art de vivre. Cela la faisait doucement rigoler. Mais après tout, pourquoi ne pas jeter un coup d’œil à ces marchés d’un nouveau genre ? Il y avait sûrement des affaires à faire. Elle prit plusieurs paquets de fromage râpé qui commençaient à bleuir dangereusement, du fait de la moisissure, comme monnaie d’échange.

L’aspect du « Marché Eco Responsable Direct et Equitable », tel qu’il se présentait faisait autant rire Charlotte que son acronyme. « Sont mignons, ils n’ont même pas du s’en rendre compte ». Là sur le trottoir se tenait une sorte de vide-grenier, avec pas mal de fripes, des objets hors d’âge, ponctué ci et là d’étals de fruits en mauvais état. S’y pressaient des punks à chiens, des jeunes en dreadlocks, des quadragénaires en tenues aux motifs « ethniques » et sac de luxe, des militants anarchistes, des barbus. D’un coup Charlotte avait 34 ans. On se serait cru au marché aux puces de Saint-Ouen en 1970. La même odeur de crasse et de haschich. Le même mélange d’idéalistes et de bourgeois en mal de transgression. Charlotte regardait ce qu’il pouvait il avoir de beau à dénicher dans tout ça. Elle porta son attention sur un vieux pull irlandais, assez sale, mais récupérable. Ne voyant personne s’occuper du stand improvisé, elle demanda à celui d’à côté où était le vendeur.   « Mais il n’y a plus de vendeur, lui répondit un barbu aux yeux plus que rougis. L’argent n’existe plus. C’est fini. Nous sommes libérés de ce carcan. » - Je le prends et je pars ? » sourit Charlotte. - Non, bien sûr. Mais tu as surement quelque chose de plus précieux à échanger qu’un simple bout de papier imprimé. Ton savoir, celui que tu as acquis depuis toutes ces longues années est ton trésor. Tu as atteint la sagesse ! » Charlotte eut envie de répondre à ce malotru que l’on ne disait jamais à une femme qu’elle est vieille, surtout si c’était le cas. Et que la sagesse lui était tout aussi étrangère, à son grand âge, que quand elle avait 15 ans. Mais elle le trouvait sympathique, ce gamin de 25 ans. Il lui rappelait son petit frère en 68. Aussi rêveur. Elle espérait juste qu’il ne finirait pas comme lui, bedonnant cadre commercial retraité, dont toute la vie était une insulte à ses idéaux estudiantins.   « Bon c’est pas tout ça, mais qu’est ce que j’en fais de pull ? - Attends, nous sommes libres, débarrassés du poids de la consommation. Nous avons le temps. - Hum, moi, de moins en moins. - Mais as-tu seulement besoin de ce pull ? - J’en ai envie. - Tu ne devrais prendre que ce dont tu as besoin. - Je suis trop vieille pour ce type d’ascèse. Je préfère profiter de la vie. - C’est petit-bourgeois. » Il avait fallu attendre 78 ans pour qu’on la traite de bourgeoise. Là pour Charlotte, c’en était trop. Elle posa le pull. Pas découragée pour autant, Charlotte eut plus de chance avec un punk dont la crête s’affaissait autant que ses paupières. Assommé par sa énième bouteille plastique de mauvais vin, il accepta sans broncher de céder une petite merveille de vase de Gallé contre trois paquets de fromage râpé. Et encore, Charlotte avait-elle eu pitié. Il l’aurait cédé pour un seul. Mais Charlotte avait horreur de gâcher la nourriture.

Là où on ne l'attend pas
0 votes - le 12 Nov 2014 à 18:49

Johanna Mercier a interagi avec moi :
C'est toujours sous le nez des gens qu'on passe le plus inaperçu. Johanna, qui avait essayé très fort, mais qui n'arrivait pas à être complètement Jonathan quand même, avait maintes fois éprouvé cette technique. aussi, c'est les valises pleines de cash et de nourriture, le visage sur toutes les caméras de surveillance et sous le nez de tous les CRS qu'elle pouvait croiser sur son chemin, qu'elle traversa Paris à pied, direction Gare du Nord. Alors que probablement qu'après s'être faite attraper par la sécurité de la banque de @gunthar , elle était probablement déjà recherchée, si ces crétins avaient été assez grands pour prévenir la police, bien sûr. 
-Si tu veux être un mec, sois-le jusqu'au bout, murmura Djeneba dans son oreille. Tu roule un peu trop des fesses en poussant ton caddie là. 
-La ferme. 
Johanna avait parlé à voix haute sans le vouloir. Une petite mamie @Charlotte la fusilla du regard. Elle aussi avait un caddie plein de machins de nourriture. Johanna sourit devant cette roublardise. Aucun voleur bien élevé n'irait piquer de la nourriture à une vieille dame. 

Elle arriva à Gare du Nord, l'endroit était passablement désert. Les Français n'avaient probablement plus les moyens de prendre les transports. Elle-même, elle avait préféré faire le voyage jusqu'en Angleterre la première, puis récupérer Mélanie lorsqu'elle serait installée. Mais apparemment, tout ne se déroulait pas tout à fait comme prévu. 
-Pas de train. Londres a coupé les ponts, grogna un employé solitaire au guichet désert. Si vous voulez, il reste le ferry, mais c'est si vous avez une bagnole parce que les trains sont blin-dés. 
Johanna soupira. 
Il allait falloir employer le système D. 

Il faut savoir vivre dangereusement
0 votes - le 12 Nov 2014 à 16:42

« Grève des transports, manif ! Mais est-ce que je fais grève moi ? ». Charlotte était furieuse en écoutant sa radio. Pas de métro, donc pas de lucrative tournée des maisons de retraite, ni des restaurants chics. Et le nouveau franc dont la sortie était retardée ! Impossible d’échanger ses euros durement gagnés. Décidément le sort semblait s’acharner sur son petit commerce.

Charlotte était très peinée. Ces derniers jours, même s’ils avaient été mouvementés, avaient chahuté sa routine habituelle. Et elle aimait bien cela. L’idée même de passer sa journée devant sa télé, comme avant, lui donnait envie de pleurer.

Jusqu’alors, elle avait préférer faire prospérer ses petites activités loin de son arrondissement. Question de prudence. Mais maintenant, il n’était plus question de faire sa difficile. Elle glissa plusieurs dizaines de liasses de faux billets de cent francs dans son sac et s’en alla visiter ses chers malades d’Alzheimer.

Tout marchait comme sur des roulettes. Elle entrait dans les chambres, distribuait ses faux-billets et repartait avec des euros authentiques. C’est ainsi qu’elle pénétra dans la chambre de Rose, accueillie par un gémissant « Bonjour Maman ».  « Elle a bien dix ans de plus que moi et pense que je suis sa mère » soupira Charlotte.

« Mais oui ma chérie, c’est bien moi ta Maman. Tu es contente de me voir.
- Oh oui, parce que ici, on ne mange pas bien.
- Ah ?
- Non, on ne mange pas bien du tout. Tiens, quand le Président de la République est venue me voir, hier, et bien on a mangé froid.
- Fallait voter Sarkozy !
- Qui ?
- Personne. Dis donc ma chérie, tu veux de jolis billets tout neufs ?
- Oh oui ! »

Et Rose s’empara des billets, comme un chien se saisit d’un os. Charlotte ne dit rien et commença à fouiller le sac de sa victime, à la recherche de son porte-monnaie.
« Qu’est ce que tu fais ?
- Je cherche tes vieux billets, ils ne sont plus bons. Il faut que tu me les donnes.
- Si ils sont bons. Et je ne te donnerai pas mon argent. Il est à moi. Et puis lâche mon sac ! »

« D’accord, d’accord », marmonna Charlotte en commençant à écarter les piles de linges dans l’armoire. Elle ne tarda pas à récupérer une enveloppe pleine d’euros. A côté, il y avait de petits paquets d’aluminium, protégés par du film plastique transparent. Elle eut la tentation de s’en emparer, après tout au point où elle en était, le trafic de drogue pouvait être intéressant, lorsqu’elle entendit des pas dans le couloir.

Charlotte se réfugia dans les toilettes. Antoine, l’arrière petit-fils de Rose entrait au même instant. A la vue du placard ouvert, il blêmit. Il fut rassuré de voir ses précieux paquets toujours en place, mais fulmina quand il découvrit que son magot avait disparu.

« Mamie Rose, tu es allée dans l’armoire ?
- Non Monsieur, c’est Madame Sarkozy.
- Carla Bruni a volé mon fric ? Attends Mamie, faut te reprendre là. Elle ressemblait à quoi cette femme ?
- Qui ?
- La femme qui a ouvert ton armoire. Mais dis donc Mamie, c’est quoi ces billets ?
- Ne touche pas à mon argent. C’est Maman qui me les a donnés.
- Mais ce sont des faux ! Qui t’a filé ça ?
- Maman. »

Antoine pensa qu’il ne tirerait rien de son aïeule. Tout ce qu’il savait c’était qu’un gang de fabricants de fausse-monnaie était sur ses traces. Ce n’était pas bon du tout. Il repartit prévenir ses comparses.

Charlotte, toute tremblante attendit encore cinq bonnes minutes avant de sortir de sa cachette. Elle laissa la drogue dans le placard sans regret et se faufila hors de la chambre, tandis que Rose dormait.

« Ce n’est plus de mon âge tout ça, pensait Charlotte. Mais, bon, il doit bien il y avoir 3.000 euros là dedans. »

 
 

J'ai la mémoire qui flanche...
0 votes - le 11 Nov 2014 à 11:41

Une belle pile de jolis billets de 100 francs trônait sur la table de cuisine de Charlotte. Elle y avait passé une bonne partie de la nuit, pesté contre son imprimante, visionné des quantités de tutoriels sur Internet, mais elle y était arrivée. Elle était plutôt fière d’elle. A 78 ans, sa nouvelle carrière de faux-monnayeur commençait.

La fausse-monnaie, à son âge, n’offrait que des avantages. Aucun stock ou presque, marchandise disponible à volonté et surtout un poids dérisoire. Alors que la farine, le sucre ou même les pâtes, à force c’était usant à transporter.

Si la réalisation avait été ardue, la commercialisation, elle ne devait poser aucun souci. Certes, d’être fâchée avec Adèle la privait d’une automobile avec chauffeur, qui aurait été bien pratique pour se rendre en banlieue. Mais il lui restait Paris. Paris et ses deux cent dix huit maisons de retraite. Cela faisait beaucoup. Aussi avait-elle choisi de se focaliser sur les quarante-trois établissements recevant des personnes atteintes d’Alzheimer.

Avec son imperméable intemporel, son allure discrète, ses cheveux blancs bien coiffés, elle entrait dans ces maisons sans que personne ne fasse attention à elle. Elle pénétrait dans les chambres et démarchait ses clients. Lesquels ne risquaient pas ensuite de se souvenir de sa présence ou de la transaction.

« Chère Madame, je suis mandatée par la mairie de Paris, pour procéder à l’échange de vôtre ancienne monnaie contre les nouveaux francs. Ainsi vous n’aurez pas à vous déranger.
- Je veux bien, mais il faut demander à mon fils.
- Mais, il était là à l’instant, c’est lui qui m’a fait rentrer et vous a dit de me confier vos vieux billets, vous ne vous souvenez pas ?
- Ah si bien sûr.
- Et bien voilà. Alors où est votre porte-monnaie ?
- Ah je ne sais plus. »

C’était le seul souci. Il fallait fouiller un peu. Toutefois et Charlotte était bien placée pour le savoir, les personnes âgées ont un peu tendance à planquer leur magot toujours dans les mêmes endroits : le sac à main, la pile de linge ou sous le matelas. Il n’y en avait que peu à chaque fois, les enfants ayant tendance à sérieusement restreindre l’argent de poche de leurs vieux parents. Mais les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Au bout d’une journée épuisante qui l’avait menée dans une dizaine d’établissements, Charlotte disposait de 8.000 euros. Il n’y avait plus qu’à attendre que les guichets des banques ouvrent pour les échanger contre de véritables francs nouveaux.
 

 

La technologie a du bon
0 votes - le 10 Nov 2014 à 18:17

Définitivement dégoûtée de « vouloir aider son prochain », Charlotte renonce à proposer ses victuailles à ses contemporains et décide de se cantonner aux restaurants de luxe. Une excellente idée. Ils ont besoin d’ingrédients comme tout le monde et payent en dollars comme personne.

Sa sortie du commissariat, son retour à Paris dans la voiture d’une Adèle furibarde, tout cela lui a laissé un goût amer dans la bouche. « Une profiteuse, moi ! Je ne voulais que rendre service. C’est pas de ma faute si les gens sont si imprévoyants. »  Plus seule que jamais, elle se console en regardant le contenu de son tiroir, tout vert de billets. « Heureusement qu’il me reste ça. Parce que mon assurance-vie, je n’en reverrai pas la couleur ».

Puis, elle va dans son ancienne chambre conjugale et s’empare de quelques paquets de farine. « Ah oui, ils m’ont demandé quoi déjà au Blizt ? Des pois chiche. Dans un hôtel de cette classe, on aura tout vu. Tout se perd. »

Son imper sur les épaules, elle quitte son XXème chéri pour se rendre dans le XVIème et le centre de Paris faire sa très particulière tournée des popotes. En un week-end, elle a eu le temps de faire ami-ami avec une dizaine de responsables de cuisines. Cependant, et cela la contrarie, jamais elle n’est invitée à prendre un thé ou déguster un petit gâteau. L’ingratitude de ce monde.

Revenue dans son quartier, elle est interpellée par de jeunes vendeurs à la sauvette. « Madame, Madame, un panier citoyen ? » Par curiosité plus que par nécessité, elle s’enquiert du prix. « Pour vous Madame, c’est seulement 30 euros. » Charlotte décline la proposition et poursuit son chemin en se marrant. « Ils sont mignons ces petits, mais leur euros ne valent rien. »

Rentrée dans son appartement, elle apprend que les nouveaux francs ont été présentés. Elle ouvre  son placard et en sort précautionneusement un gros carton. « La vache, elle est lourde cette imprimante laser. Je me suis toujours demandée à quoi ça pourrait bien me servir ce truc. Eh bien, finalement, il n’est pas si nul le cadeau de mon petit-fils au dernier Noël. »

Les risques du métier
0 votes - le 07 Nov 2014 à 10:51

Charlotte se remet avec peine de sa nuit sans sommeil. Les émeutes qui se sont déroulées dans sa rue l’ont tenue éveillée. Et, bien qu’elle ait du mal à l’admettre, elle a eu sacrément peur. « Je vieillis ».

Quoiqu’il en soit, si les évènements sont mauvais pour sa santé, ils sont excellents pour les affaires. Charlotte est décidée à s’attaquer au marché local en plus de ses fournitures aux restaurants des grands hôtels. Mais pas dans son immeuble, il faut rester discrète. Elle écoulera ses considérables réserves de nourriture près des commerces fermés.

C’est alors que sa meilleure amie, Adèle, sonne à sa porte. Adèle a 78 ans, comme Charlotte. Elles se connaissent depuis l’école communale. « Charlotte, chuchote-t-elle, il faut que je te mette dans la confidence ». Pourquoi tant de mystère ? « J’espère qu’elle ne va pas marcher sur mes plates-bandes et me piquer mon marché », pense Charlotte.

« Mais pourquoi parles-tu à voix basse ?
- C’est que j’ai des informations à ne pas donner à tout le monde.
- Tu as pris tes cachets, ma grande ? - Oh, ça suffit, je ne suis pas folle. Je n’ai pas Alzheimer quand même ! Je te dis que j’ai appris quelque chose de capital. Il y a des Belges qui distribuent de la nourriture, pas trop loin de Paris. Gratuitement !
- Tout le monde le sait.
- Oui et bien moi, en tous cas, j’y vais. Je n’ai plus rien à manger.
- Il ne me reste plus grand-chose, non plus.
- Alors allons-y toutes les deux ! - Et comment ? Parce que les trains on ne sait pas trop s’ils ne vont pas se mettre en grève.
- J’ai ma voiture et j’ai de l’essence. Tu te rends compte j’ai fait le plein la semaine dernière. Quelle chance, hein ? »

Charlotte se dit qu’il y a un joli coup à faire. Ces personnes qui viennent chercher de la nourriture gratuite ont faim. Elles sont sûrement prêtes à payer aussi. Alors, tandis qu’Adèle, installée dans la cuisine, est très occupée à se régaler d’un café agrémenté de biscottes beurrées, Charlotte ressort sa valise et la remplit d’huile, de farine, de pâtes et de riz.

Son imper sur les épaules, elle est maintenant prête à profiter de la voiture de son amie. « Pourquoi prends-tu une valise ? Nous rentrons ce soir, tu sais.
- Si jamais on tombe en panne, je ne veux pas dormir sans ma chemise de nuit et mes affaires de toilette. - Ah ben dis donc, tu prévois tout, toi.
- J’essaye. »

Une fois sur place, les deux amies sont confrontées à un chaos invraisemblable. Une foule se presse devant le bâtiment où s’effectue la distribution. Des femmes pleurent, des enfants hurlent, des hommes en viennent aux mains. L’exaspération est à son comble. « Ils ont arrêté la distribution. On a faim ! »   Adèle, pas découragée pour autant tente de prendre sa place dans ce qui reste de queue. Charlotte, elle, s’éclipse, récupère des paquets de pâtes dans sa valise, les glisse dans les poches de son imper et repère des clients potentiels.

Il y a là une femme d’une trentaine d’années, en larmes, qui tient une petite fille par la main. « Eh bien, eh bien, il ne faut pas pleurer, Madame. - Je n’ai plus rien, plus rien à manger. J’ai donné tout ce qui me restait à la petite, hier. Qu’est ce qu’on va devenir ?
- Je peux vous aider.
- C’est vrai, mais vous êtes un ange ! Mon ange gardien. Léa, dis merci à la dame.
- Oui, mais moi, voyez-vous, je ne suis pas Belge, je n’ai pas les moyens de donner gratuitement de la nourriture.
- J’ai mes 40 euros, tenez.
- Non gardez-les. Vous en aurez besoin, alors que votre chaîne, elle est en or, non ?
- Oui, mais.
- C’est à prendre ou à laisser.
- D’accord.  -Croyez bien que ça ne me fait pas plaisir, mais les temps sont durs pour tout le monde. »   Charlotte continue son petit manège, se poches se remplissant de bijoux au fur et à mesure qu’elles se vident de pâtes.

Elle avise alors une femme d’une soixantaine d’années, l’air complètement perdue. Mauvaise pioche. Non seulement elle refuse le marché, mais elle s’insurge. Elle ameute la foule, dénonce les profiteurs, le marché noir. Charlotte ne doit son salut qu’à l’intervention de deux policiers en civils qui parviennent avec difficulté à l’extraire de son mauvais pas.







Star et palace
0 votes - le 06 Nov 2014 à 11:00

Devenue une star dans son immeuble depuis son passage à la télévision, Charlotte considère avec satisfaction les victuailles que ses voisins lui ont offert, la veille, pour la consoler de son agression : des steaks hachés surgelés, une bonne bouteille de vin et une boîte de foie gras. « La date de péremption est à peine passée, ça devrait le faire quand même ». Tandis qu’elle fait chauffer son café matinal, elle ouvre la radio. Et les nouvelles la réjouissent. Grandement. « Les commerces fermés, mais c’est formidable ! Pourvu que ça dure ! » Mais pour l’instant, Charlotte a d’autres projets. Avec méthode, elle récupère sur Internet les adresses de plus prestigieux palaces de la capitale, note en regard le nom de la station de métro la plus proche et commence à remplir une valise de farine. « C’est bête d’être si vieille, je ne peux pas porter grand-chose. Et puis, je ne peux plus demander au gérant de la supérette de m’aider, comme hier. Il est sot, mais il finirait par se douter de quelque chose », pensait-elle. Une fois, les paquets rangés, Charlotte troque ses pantoufles contre de vieilles chaussures d’homme, bien larges et confortables et enfile son antique imperméable gris. C’est alors que sa voisine du dessus, « une gamine infernale toujours en talons aiguilles et malpolie », sonne à sa porte. Charlotte lui ouvre, en soupirant. « Madame Charlotte, je vous ai vue, hier soir à la télé. - Merci, c’est gentil de venir me le dire. - C’est vraiment moche ce qu’ils vous ont fait. - Oui, ce n’est pas faux. - Tenez, je vous ai apporté une boîte de chocolats, comme ça vous n’aurez pas une trop mauvaise image des jeunes. - Comme c’est mignon ! - Je dois vous laisser Madame Charlotte, mais si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas. J’ai un peu de provisions, entre voisines, on doit s’entraider. - Ah, et bien, si vous aviez un peu de vinaigre. J’ai oublié d’en prendre. - Je vous donnerai ça ce soir, mais là je dois aller travailler. Vous allez partir en vacances ? - La valise ? Euh, non, je vais visiter une amie, qui est en clinique, je lui porte quelques livres. - Mais comme elle est lourde, vous n’allez pas pouvoir y aller comme ça. - Je prendrai mon temps. - Non, vous allez prendre un taxi ! Tenez, voilà 30 euros, pour le payer. - Mais. -Ne dites pas non, ça me fait plaisir. Allez à ce soir Madame Charlotte. » Charlotte glisse les billets dans le tiroir de son buffet, juste à côté de son stock de pièces et de billets en francs, qu’elle garde précieusement, au cas où, depuis le passage à l’euro. Et puis, elle se ravise, « Bientôt ils n’auront plus de valeur ces foutus euros, autant en profiter. » Dans le taxi, elle donne l’adresse d’un grand hôtel. Une fois sur place, elle se rend vers les cuisines. « J’ai sûrement quelque chose qui pourrait vous intéresser, dit-elle à l’employé, un peu interloqué. Mais attention, je ne prends que les dollars ! » 

Les affaires sont les affaires
0 votes - le 05 Nov 2014 à 11:55

Dès l'annonce par le Premier ministre de la liste des cent produits dont les prix sont bloqués, Charlotte se précipite vers son ordinateur. "Il parle trop vite, cette andouille. J'ai pas eu le temps de tout noter". Une fois sur le site du ministère de la consommation, elle consulte la liste. Chaque produit lui procure un sourire. Quoique. Non, pas tous. "De la Danette ? Mais où sont-ils allés chercher ça ?. Et puis de la Javel ? Qui utilise ça de nos jours ?", bougonne-t-elle. Une fois la liste frénétiquement compulsée, Charlotte se rend dans son ancienne chambre. Depuis la mort de son cher Robert, elle n'y dort plus. Elle préfère le canapé du salon, pour pouvoir somnoler devant la télé. Et puis, elle a besoin de place. Elle pousse la porte. Son visage s'illumine. Là devant elle sur des étagères qui montent jusqu'au plafond s'entassent des kilos et des kilos de sucre, de farine, de riz, de pâtes, des centaines de litres d’huile. « Maman, tu serais fière de moi » chuchote Charlotte en regardant le plafond. « Et puis, tu as vu, ils ont oublié le sauciflard et le whisky ! Heureusement que moi non ! » Ces colossales provisions Charlotte les entrepose depuis deux ans et demi. Persuadée que l’élection de François Hollande ne pourrait que virer à la catastrophe, elle a stocké massivement des denrées non périssables, confectionné des conserves, pour le cas où il y aurait recours au marché noir. Après tout, cela avait très bien réussi à sa mère pendant l’Occupation. Une tradition familiale. Il était temps de la faire revivre. Charlotte, décidément prévoyante, décide d’aller voir comment cela se passe dans les supérettes de son quartier. Il y a la queue devant chacune, c’est bon signe. Elle prend sa place, sagement. Au bout d’une demi-heure, elle peut constater les dégâts : les rayons sont presque vides. Il reste toutefois encore cinq kilos de sucre et trois litres d’huile qu’elle place dans son chariot, à côté d’une bonne douzaine de boîtes de pâtes et d’une profusion de liquides vaisselles et de produits ménagers de toutes marques. « Dire que j’avais oublié ça, misère, on ne peut pas penser à tout », songe Charlotte en attendant de passer à la caisse. Par amusement, elle s’imagine obliger la caissière à vérifier que chaque produit a bien le même prix que la semaine passée. Mais ce n’est pas le moment de se faire remarquer. Déjà le contenu de son chariot commence à faire jaser. « Mais elle va se faire enterrer avec toutes ses provisions, la vieille, elle en a pour vingt ans avant d’utiliser tout ça » s’énerve une jeune femme. Charlotte se saisit de l’occasion : « C’est du racisme anti-vieux ! ». La jeune femme commence à vouloir vider d’autorité son chariot. Charlotte s’interpose, elle manque de chuter. Les clients sont partagés entre ceux qui prennent fait et cause pour la pauvre vieille dame et ceux qui s’insurgent contre l’égoïsme des personnes âgées.  L’altercation tourne à la bagarre. La police intervient. Une équipe de France-Television qui effectuait un reportage sur les commerçants recueille le témoignage de Charlotte. « Voilà comment on traite les personnes de mon âge ! Si c’est pas honteux. Comme si on n’avait pas le droit de vivre. Ils voudraient nous tuer. ». Elle pleure. « Ah elle est belle la solidarité ! » 

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