C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Chouquette

36 ans
Homme
Philosophe
Vit à Bercq-sur-Mer, Normandie.
Devise : Vise de ne pas être vide, une copie qu'on forme.
Bio : J'ai grandi tant bien que mal. Parfois ça a été lent. Souvent j'ai eu envie d'en finir avec l'enfance, dès que j'ai eu conscience que l'enfance n'avait aucun intérêt. Aucune complexité dans les choses. Et puis, les enfants sont des hommes politiques miniatures, il pensent tout par rapport à leurs désirs et à leurs intérêts. J'ai un peu traîné mes guêtres dans un squat du Poitou. J'ai toujours haï les Cévennes et leurs anarchistes bien pensants. J'aime les emmerder. Juste pour le principe.
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Son histoire a lui

Bonnes Fêtes de la part de Georgette, Jean-Michel, Pierre, Hugo Victor et Alexia
0 votes - le 18 Dec 2014 à 22:37

Georgette a interagi avec moi :
 Bonnes Fêtes de la part de Georgette, Jean-Michel, Pierre, Hugo Victor et AlexiaClub de survivalisme branché  « Survivre à la Bastille »Vous vous souvenez tous du bar « Aux Canons de la Bastille », où les Eveillés ont tenu leurs réunions pendant les premiers temps de l’Anarchy. Il tourne toujours, mais nous, en plus, l’équipe du bar, on a mis en place une nouvelle activité, pour vous servir.Georgette, à l’organisation et à la comptabilité, ainsi que les conseils alimentaires bien sûr, Jean-Michel le patron du bistrot, Pierre Laroche, le trader hyper discret mais efficace et Hugo Victor, jeune hacker, pour les finances, Alexia à la comm’. Au menu, les exercices : priorités de la survie et besoins vitaux, comment faire correctement son sac dos, les points cardinaux et orientation, les étoiles et l’orientation de nuit, faire du feu !!, construire un abri, les nœuds utiles, la fabrication de pièges, insectes et plantes comestibles, auto défense, trucs et astuces…. Vous êtes les bienvenus !Nous vous souhaitons de très belles Fêtes !@Renée-Guillemette @Jo @Clivia @Chouquette @justin tresor @cleo @Papamadi @Monique @Jean-Marc Ayrault 

Forums sociaux: la parole au peuple
0 votes - le 16 Dec 2014 à 23:21

Bertrand Antoine a interagi avec moi :
Quelle après-midi!

Nous avons débarqué au deuxième jour du forum social qui s'organise en ce moment à Paris, et en province. Et nous sommes arrivés à un moment pour le moins polémique: le matin même, l'ancien président du MEFEF, le mouvement des patrons français, avait tenu un discours très agressif, devant des participants manifestement très remontés.

Nous avons du affronter au cours de nos discussions de nombreux opposants. Certains comme @Eric Sawal, nous ont a à la fois tenu des discours très constructifs sur l'état de la société... et en même temps, nous ont expliqué plus ou moins poliment ce qu'il pensait de l'ONU et des Etats-Unis...

Nous mélanger avec les Etats-Unis: je mesure à quel point les français, en particulier depuis le début de cette crise, ont perdu en partie la notion de l'international. Il est évident que seuls les citoyens français peuvent résoudre la crise dans laquelle leur pays est plongé. Mais s'imaginer que le monde extérieur ne compte pas, c'est de la folie pure! J'espère que cela ne redeviendra pas un nouveau mal français, au cours des prochains mois.

Ensuite, nous avons interviewé toute une série de participants au forum. Il était important pour nous d'avoir des retours concrêts. Nous avons interrogé @Alex V. @Capucine Cher @Charlito @Chouquette @Thomas  @Renée-Guillemette @Costard rose @Monique @D. Sandrine  @Lolo @Dr Lavigne Mathieu @Clivia @Jean de Severac @Guillaume  @Maurice Upian @EveillésManifeste et @Hervé Le Bras. Nous avons fait un court reportage video. Leurs témoignages seront précieux pour convaincre les Nations Unies du caractère pluriel et constructifs de ces manifestations.

demain
0 votes - le 14 Dec 2014 à 19:15

justin tresor a interagi avec moi :
que sera demain?  On ne pourra répondre a cette question que lorsqu'on y sera. Les futurologues se sont toujours trompés quelque soit la durée de leurs prévisions. Je ne vais donc pas m'aventurer a y répondre. Mais ayant vécu le pire, nous pouvons maintenant attendre le meilleur. Et pour avoir ce meilleur il va falloir se retrousser les manches et aller au charbon. La journée de demain sera probablement longue et difficile pour beaucoup d'entre nous. Je vous souhaite une bonne nuit et  vous dit a demain.Justin Tresor.@Youri Gagarine @Costard rose @Celia Perez @Chouquette @FranceIndé @France BN @Baratribord @Antoll MA @Kayla aka Midas @Justine Abdaloff @Liv @Monique @Eric @Loulou @Natalie @Marilou @Capucine Cher @Jean Boitro @Loulou @Thomas Carcet @Eric Sawal @Jeff Carlan @Tom GIRARD @ Jimmy Nulti @Idris Stringerbehl @Deadlock @Papa Klaus @David Durel @Auguste @ REGIS DU MOULIN @Baptiste @DR HOUSE @Al @Thérèse @Christophe Flavier 

au travail
0 votes - le 12 Dec 2014 à 23:52

levaut bernard a interagi avec moi :
Il est grand temps de dire ce que nous voulons.Il ne nous aura fallu que moins de 50 jours pour faire autant de travail que la 1ere révolution française a fait en plusieurs années.@Youri Gagarine @Fantasio @Monique @Costard rose @Celia Perez @Jacques @Chouquette @Baratribord @Dr Lavigne Mathieu @Chouquette @DELAQUAIRE Jacques @Antoll MA @Ellie @Ellie @Charles Vennec @Alex lefort  @Loulou @Natalie @Thibault Plerel @Alex lefort  @de Vaudricourt @David @Léon Perjols @Denis Planchin @Tom GIRARD @Franck Sobokhat @John Short @Philipp Merz @Boyer @Martine Aubry @Hector Malsherbes @Nounours 

Discours du Colonel du Peyroux
0 votes - le 10 Dec 2014 à 22:07

France BN a interagi avec moi :
"Peuple de France, L'obscurité à atteint nos contrés, la Nation toute entière a connu les pires tragédies du 21ème siècle, mais ce siècle sera également synonyme de Renouveau. Nous sommes là, nous sommes réunis tous ensemble pour défendre les valeurs les plus belles qui puissent exister sur cette Terre : Liberté, Unité, Solidarité. L’Être Humain n'est pas parfait, c'est ce qui le rend si parfait, nous ne cesserons jamais d'apprendre de nos expériences, notre curiosité est une force qui nous permet d'avancer dans tous les domaines. Aujourd'hui, Il est temps que cette force nous donne à tous, le courage de prendre une nouvelle route, celle d'une Nation du Peuple, pour le Peuple et par le Peuple. Il est temps, à présent de fermer le Livre de notre histoire qui a fait de nous ce que nous sommes, sans pour autant l'oublier. Peuple de France, Il est temps d'ouvrir un nouveau Livre, Notre Livre, celui que nous avons décidé d'écrire ensemble, et ce quelque soit nos différences, car en ces temps difficiles, nous sommes égaux les uns aux autres. Nous étions si attachés à nos besoins individuels que nous avons oublié notre véritable dessein, maintenant, c'est à vous de choisir, choisissez avec votre cœur et demandez-vous ce que vous voulez pour vos enfants? Demandez-vous ce que vous souhaitez transmettre aux générations futures? Pour ma part je le sais, je veux que tous ceux qui auront le bonheur de vivre dans nos cités, dans nos campagnes, dans nos îles puissent vivre dans une Nation dont le principe premier est le respect des valeurs humaines. Nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos mères et nos pères ne sont pas morts en vain, ils sont les prémisses de cette œuvre si extraordinaire qui a pour finalité d'élever nos consciences; mais c'est à nous, les vivants, de nous consacrer à cette œuvre inachevée. Peuple de France, éveillons-nous et acceptons notre destiné commune car uni, nous aurons l'énergie nécessaire pour insuffler cette nouvelle étincelle qui se propagera dans le reste du Monde. Car Oui! le reste du Monde voit en la France l'Espoir du Renouveau, l'Espoir d'une vie meilleure, L'Espoir de l'Unité pour atteindre notre but commun, celui de Grandir ensemble pour aller de l'avant dans notre Évolution. Soyons cette graine de lumière qui éclaire les ténèbres, Soyons le Phénix qui renait de ses cendres. Peuple de France, c'est à vous de choisir." Discours du Colonel du Peyroux à France BN Les abonnés : @Monique @Chouquette @Baratribord @Dr Lavigne Mathieu @Héloïse Dunois @Kayla aka Midas @Ellie @Matt @Charles Vennec @Lydie Reolon @Natalie @José Manu Borraso @Obama @Liza Brody @Juan @Isis @Guy @Mathilde Pevensie @Alexandra Lagneaux @Tous Ensemble @Amandine @Lisa Hoffmann @Alexia PoN-3 Far @François Le Gall @FranceIndé @Le Veilleur @justin tresor @General Alcatraz  @Robert Mortimer @Sacha Costil @Dominik devilepin @Mamie Rose @Eric Sawal @Erick Foax @Marilou @Maurice Upian @Luc @Georgette Le Guen @Hervé Le Bras @Gilles de Salm @EveillésManifeste @Aziz @Jesus routier @ALAD @Kévin @Martin Rochteau @Jeanne (Juanita) @Walter @Père Mounier @Georgette @achille @Général Atlas @Bibiche @Jean Légal @Devi Sweetie  @Laurent Lerouge @JeanLouis Débraye @général crelcel @Læticia Erasom @Le lorrain @Général Bastien @Chancellerie @Caporal Schtark @Sarah @Francis Lou-Migal @Maréchal Ferbert @Occitania Info @Général there @Martine Aubry @Général Bornay @Robin des Bois @Colonel Licasse 

La multiplication des Francs
0 votes - le 23 Nov 2014 à 22:45

Jesus routier a interagi avec moi :
Sacré @Chouquette ! ça fait une paie qu'on ne s'était pas parlé...Bon en tout cas il a de quoi dormir pour cette nuit. Je me tourne vers @Aziz . Il a l'air heureux avec ses 20 briques sous les pieds- tu te rends compte, Jesus, on va pouvoir donner tout ça aux restos du coeur, sans avoir à acheter les CD's débiles de chanteurs has been...J'appuie sur l e champignon, de toutes façons les bœufs-carottes ils ont autre chose à faire que de mater les radars en ce moment...On arrive dans Paname, pas beaucoup de circulation, faut dire qu'on a de la chance avec les bidons de Gas-Oil du @General Alcatraz  , on arrive à circuler. Direction La Madeleine. On se gare avec @Aziz, on ferme le bahut et direction le sous-sol de l'Eglise: je sais que là, il y a de la misère grave, et c'est là que je veux commencer par soulager la souffrance de mes concitoyens.

Les temps normaux
0 votes - le 23 Nov 2014 à 21:48

Sur l'autoroute il n'y avait personne. Cela me mettais mal à l'aise, l'A86 était en temps normal surchargée, à toute heure du jour où de la nuit. Mes les temps normaux, c'était fini.

[Résumé : Chouquette cherche les meurtriers de Saïeb, l'un des premiers morts d'Anarchy. Saïeb, prof de musique de 44 ans, a été brutalement assassiné dans une zone industrielle de Lyon. Chouquette, son ami de toujours, part à la poursuite de quatre suspects sur la route de Paris.]

J'avais perdu le 4x4 noir depuis une heure, et je me demandais ce que je foutais là. J'avais envie de ne pas comprendre, de rentrer chez moi, peinard, de ronronner aussi fort que Lambert, ma saloperie de chat de gouttière bien-aimé. Pourtant, un pic fébrile me prenait tout le corps dès que je pensais sérieusement à rentrer. Je ne pouvais pas. Il ne fallait pas.

J'appelais @Jesus routier à peine arrivé au Mac Do, à la sortie de l'autoroute. 

"Salut copain.

- Chouquette ? Ma chouquette ? Merde, espèce de fumier, ça fait plus de deux ans que j'ai aucune nouvelles de toi ! Ca fait plaisir ! Comment tu vas ?

- On fait aller mon poussin. 

- M'appelle pas comme ça, bordel. Qu'est-ce qui te tracasse ?

- Tu vis toujours sur Asnières ?

- Jamais de la vie. Pourquoi, tu veux un endroit où crécher ?

- Tu lis dans mes pensées. Je suis au Mac Do là.

- Ok, laisse-moi deux minutes, ok ? Je te rappelle." 

Il me raccrocha à la gueule, dans toute sa bonhommie rude et généreuse. La rue était déserte. Pas un chat, ni un rat. Je remontais en bagnole, mis les infos. Sur FranceInter, Bruno Duvic faisait son journal. François Hollande et Nicolas Sarkozy zigouillés dans un crash, l'Etat était littéralement décapité. En voilà une bonne nouvelle. Depuis le temps qu'on attendait ça avec Saïeb. Depuis le temps qu'on collait des affiches comme deux ados libertaires, avec des slogans qui auraient fait pâlir n'importe lequel de mes copains trotskistes du lycée.

"Allo, ma chouquette en sucre, tu peux passer au squat, y'a du monde. Y'aura même quelqu'un que tu connais. 

- Qui ça ? 

- Ah ah, ricana-t-il avec sa grosse voix gaillarde. @Zenone, l'imprimeur. Il passe dire bonjour ce soir, à ce qu'il paraît. Moi je suis sur la route pour la capitale. Je te passe un coup de fil en arrivant. Allez, salut."

Je raccrochais perplexe. Cette ville noire, sans éclairage ou presque, me foutais les jetons. Au rond-point des Agnettes, le bordel était perceptible. Le métro était fermé, tout éteint. Deux voitures bloquaient le rond-point, visiblement depuis un certain temps. Personne n'avait cru bon de ramasser les carcasses calcinées. En arrivant au squat, je n'eu aucun mal à me garer. La belle époque où je mettais 45 minutes montre en main pour trouver une place dans ce putain de quartier, mi bourgeois mi prolo, c'est fini, me dis-je. @Zenone m'ouvrit la porte du hangar, hilare. "Ma vieille chouquette ! Viens-là que je te croque !"

Parricadé
0 votes - le 22 Nov 2014 à 20:52

Les mecs étaient pied au plancher.

[Résumé : Chouquette est allé voir un ami normand. Une fois sur place, il se rend compte que son ami a disparu et que sa maison a été cambriolée. Saïeb a été assassiné près de Lyon, d'après la presse locale. Chouquette se lance sur la piste des quatre malfaiteurs qu'il surprend en train de mettre le feu à la maison.]

Sur la nationale direction Paris, ma Saxo pistait leur 4x4 de loin. Comme on était les seuls péquins sur la route, c'était moyennement discret. Au bout d'une heure, le voyant de la réserve hululait sur le tableau de bord. On allait passer Dreux. Les salauds avaient un plus gros réservoir que moi. 

A la station-service de Dreux, la seule ouverte et approvisionnée, je me rendis compte que je n'avais pas relevé le numéro de la plaque. Quel con. Je les avaient pistés pendant une heure et je n'avais pas pensé à mémoriser trois chiffres et deux lettres. Je sautais dans la Saxo et filait vers Paris.

Les péages étaient ouverts.Bizarre. Les lampadaires étaient éteints. La ville était bien calme. Que se passait-il ici ? 
Je pris la route d'Asnières, un coup d'A86, pour aller me crasher chez des copains. J'espérais secrètement que @Jesus routier serait dans le coin. Demain, j'aurais deux-trois questions à poser, et il me faudrait de l'essence. Et des clopes.

Incendie.
0 votes - le 21 Nov 2014 à 19:52

Je partais sur Paris avec un sale pressentiment. Avant, je voulais repasser devant chez Saïeb, voir si les salauds étaient repassés. Le soir un peu minable crachotais sa petite pluie fine. Au loin, derrière les haies du jardin, les grands arbres du bois plongeaient l'horizon dans le noir. 

Je restais planqué bien loin de la grille, le cul au chaud dans la Saxo, mais la vue dégagée sur le bout de jardin qui menait à la porte d'entrée de la maison. Les buissons touffus se mirent à trembler. Un corps noir en sortit, suivit de près par trois autres silhouettes courbées. Ils disparurent derrière la baraque, pour en ressortir dix minutes plus tard, les mains vides, mais éclairés en contre jour par une lumière intense et rouge. Les salopards avaient mis le feu à la baraque. Avec mon appareil, je zoomais le plus possible sur leurs sales gueules de fachos. Capteur plein format de mon cul, je ne voyais rien, et mes mains tremblaient un peu trop pour que l'image soit nette. Pourtant la gueule de l'un d'eux ressortait pas trop mal, éclairée par les flammes hautes qui décimaient la maison de mon ami massacré. 
Les quatre types, baraqués, s'engouffrèrent dans un 4X4 noir. Original les gars. Puis discret, surtout. Je les suivis, de loin, avec une tremblante du mouton assez considérable. Pour ma première filature, j'aurais pu trouver mieux. 

"Mort inexpliquée d'un normand dans une zone industrielle de Lyon"
0 votes - le 18 Nov 2014 à 12:29

Le soir venu, la vieille pluie froide me passa l’envie de faire de la prospection autours de chez Saïeb. Je me pris une piaule dans un hôtel pourrave pour routier pas exigeant. Le patron était malaimable et la chambrette sentait le moisi.
Pour autant, il y avait du wifi. J’ouvrais mon petit ordi et commençait à chercher si quelqu’un parlait d’un cambriolage qui aurait mal tourné dans la presse locale. Je n’avais pas de contacts avec les feuilles de chou du coin, qui embauchaient des pigistes génériques pour quelques jours à chaque fois. 

Mon téléphone sonna, pour la cinquième fois. C’était Clivia. Elle me fatiguait celle-là. Cette nana que je n’avais pas revu depuis six mois me tannait de nouveau, histoire de me taper du fric. Son job de serveuse, ça n’avait pas franchement l’air de lui rapporter le cash nécessaire. Elle s’attendait certainement à ce que je luis file un billet pour ses beaux yeux, mais elle se gourait lourdement. Ce qu’elle m’avait fait à Strasbourg, je ne l’oublierai pas. Jamais. 

Perdu sur Ouest-France, je repensais vaguement aux fesses de Clivia, dans l’embrasure de la salle de bain de ma chambrine strasbourgeoise. Son épaule appuyée sur le chambranle, le portable à la main, la tête dans des conversations qui l’absentaient une bonne partie du temps. Elle ne quittait pas la pièce, et pourtant n’était jamais là. Son cul, qui bougeait selon la jambe sur laquelle elle s’appuyait, c’était ce que je voyais le plus. J’avais appris à le détester, vu que je ne le voyais que parce qu’elle me tournait le dos dans un mépris farouche. 

« Mort inexpliquée d’un normand dans une zone industrielle de Lyon. » Le titre m’avait arrêté. J’avais lu le chapô de l’article en diagonale. Ma cervelle s’était arrêtée sur la profession du mort « professeur de musique dans un collège de Longny-sur-Perche ». Le collège de Saïeb. Peu de détails sur la victime, même pas son âge, n’étaient donné dans le papier. Je tombais sur d’autres articles lyonnais, plus fournis. Merde, putain, ça ne pouvait être que lui. Les flics avaient découvert son corps pantalon sur les chevilles dans une zone industrielle. 
"Les circonstances de la mort sont pour le moins trouble. Le lieutenant de la PJ de Lyon, William Blévic a confié ce matin que le corps, retrouvé derrière un hangar de stockage de l'usine Arkema de la zone industrielle de la Pierre Bénite, avait été retrouvé «portant des traces de violence extrême, qui montrent que l'agresseur s'est acharné sur sa victime."

 Une chiasse fulgurante me tordit les boyaux.  

Rien que du cramé
0 votes - le 11 Nov 2014 à 14:53

Je mis la radio à fond. Garé devant chez Saïeb, la tête me tournait un peu. Saïeb était un type revêche, il s’était déjà fait une paire d’ennemis. Pour autant je ne croyais pas qu’il ait pu se mettre volontairement dans une merde pareille. Qui avait pu retourner intégralement sa baraque ? La mafia serbe ? La mafia croate ? Des abrutis violents sans aucun doute.  J’en étais là de mes réflexions, à me parler tout seul à mi-voix, quand je réalisais que les types qui avaient fait ça étaient peut-être encore dans le coin. Sans réfléchir je mis le contact et me tirait de là, direction le centre-ville. J’échouais dans un bar que je connaissais un peu pour y avoir collé mon cul avec Saïeb, le bar-tabac de Michel Rugueux.  Le patron me regarda d’un air inquiet en me voyant débarquer à 17h00, seul. Sa mine déçue se refléta dans la mienne, et je sentis mes dents se crisper. Si l’absence de Saïeb inquiétait son tôlier, c’était qu’il ne l’avait pas vu depuis trop longtemps.« Ben m’sieur chouquette, il est passé où votre ami ? -     Depuis combien de temps vous ne l’avez pas vu patron ?-     M’appelez pas patron. Je suis le patron de personne.-     Désolé. Michel ? ça vous va ?-     Je m’en fous. -     Moi aussi. Alors combien de temps ?-     Trois jours, peut-être plus. Il avait pas l’air dans son assiette. Du genre qui a reçu une mauvaise nouvelle, ‘voyez ?-     Ben non justement. Je vois pas. »On se toisa une minute. Sans un mot, Michel me servi un petit blanc sec. J’appelais les flics, pendant une bonne heure, puis l’ex-femme de Saïeb. Personne ne savait rien, aucune disparition n’avait été signalée, pas de vol, de main-courante, que dalle. Je me sentis vide tout à coup. Je n’avais pas l’âme d’un détective. 

Saïeb manque à l’appel.
0 votes - le 10 Nov 2014 à 14:04


Hier j’ai appelé Saïeb. Je l’avais manqué la semaine dernière, où plutôt j’étais trop ivre mort pour décrocher le téléphone. Hélas, il semblait me faire la gueule, et bouder mes coups de fil. Cela dit, une semaine de gueule j’estimais que c’était assez. Je commençais aussi à être inquiet. Parce que depuis hier, son téléphone ne sonnait plus dans le vide, je tombais directement sur sa messagerie. Ca sentait le sapin. Saïeb était une espèce de dépressif au grand cœur qui m’horripilait mais dont je n’arrivait pas à me passer plus de trois semaines. C’était un spinoziste de conviction. La liberté, c’était une question de moyens, moyens de réaliser son désir, moyens d’atteindre des objectifs aussi absurdes que beaux, aller sur mars, manger les meilleures frites du monde, tout ça était sur un plan du sublime que seul justifiait une forme de perfection jamais complètement atteinte. Abruti dans mon canapé, je le rappelais une cinquantième fois. Pute borgne, j’ai pensé, il a foutu son téléphone dans les chiottes où quoi ? J’ai donc décidé de passer directement chez lui, et de mater par une fenêtre pour voir jusqu’à quel point il se foutait de ma gueule. Si ça se trouve il s’était enfermé avec son piano droit et une bouteille de scotch, et il dormait comme un brave pour rattraper ses nuits d’insomnies. Je sautais dans ma voiture et je me pointais à Mortagne quatre heures plus tard, le cul douloureux et une envie de pisser qui n’aurait tenu pour rien au monde dans un panier à salade. Je tapais au carreau. Rien. Pas plus à la porte. J’escaladais sa bicoque un peu pourave, dont le lierre dévorait la façade en meulières bon marché. Par la fenêtre, je vis que sa piaule avait été retournée. Plumard sans dessus dessous, commode à terre, et une vieille odeur de cramé passait à travers les croisillons. Je redescendis non sans mal. Le salon, de l’autre côté de la baraque, avait subi le même traitement, en plus violent. Un coup d’épaule dans la porte-fenêtre plus tard, j’étais dans ce cloaque. La pièce, grande comme un garage Renault, était zébrée de flammèches noires. Au milieu de la pièce, séparée en deux par feu des cloisons japonaises ravagées, un tas de merdier, de meubles, de fringues, de livres, et des touches de son piano. Le tout bien charbonneux à souhait. Une bande de mouches à merde avait visiblement cherché un truc, puis avaient tout saccagé pour je ne sais quelle raison. J’explorais la maison. Toutes les pièces sentaient le passage des saccageurs. Aucune trace de Saïeb. J’espérais qu’il avait trouvé une planque. Puis je vis au milieu de sa chambre à l’étage une partition de Satie. Un truc sans lequel Saïeb ne serait jamais parti. Je remontais dans ma Saxo, perplexe.

Saïeb manque à l’appel.
0 votes - le 10 Nov 2014 à 14:03


Hier j’ai appelé Saïeb. Je l’avais manqué la semaine dernière, où plutôt j’étais trop ivre mort pour décrocher le téléphone. Hélas, il semblait me faire la gueule, et bouder mes coups de fil. Cela dit, une semaine de gueule j’estimais que c’était assez. Je commençais aussi à être inquiet. Parce que depuis hier, son téléphone ne sonnait plus dans le vide, je tombais directement sur sa messagerie. Ça sentait le sapin. Saïeb était une espèce de dépressif au grand cœur qui m’horripilait mais dont je n’arrivait pas à me passer plus de trois semaines. C’était un spinoziste de conviction. La liberté, c’était une question de moyens, moyens de réaliser son désir, moyens d’atteindre des objectifs aussi absurdes que beaux, aller sur mars, manger les meilleures frites du monde, tout ça était sur un plan du sublime que seul justifiait une forme de perfection jamais complètement atteinte. Abruti dans mon canapé, je le rappelais une cinquantième fois. Pute borgne, j’ai pensé, il a foutu son téléphone dans les chiottes où quoi ? J’ai donc décidé de passer directement chez lui, et de mater par une fenêtre pour voir jusqu’à quel point il se foutait de ma gueule. Si ça se trouve il s’était enfermé avec son piano droit et une bouteille de scotch, et il dormait comme un brave pour rattraper ses nuits d’insomnies. Je sautais dans ma voiture et je me pointais à Mortagne quatre heures plus tard, le cul douloureux et une envie de pisser qui n’aurait tenu pour rien au monde dans un panier à salade. Je tapais au carreau. Rien. Pas plus à la porte. J’escaladais sa bicoque un peu pourave, dont le lierre dévorait la façade en meulières bon marché. Par la fenêtre, je vis que sa piaule avait été retournée. Plumard sans dessus dessous, commode à terre, et une vieille odeur de cramé passait à travers les croisillons. Je redescendis non sans mal. Le salon, de l’autre côté de la baraque, avait subi le même traitement, en plus violent. Un coup d’épaule dans la porte-fenêtre plus tard, j’étais dans ce cloaque. La pièce, grande comme un garage Renault, était zébrée de flammèches noires. Au milieu de la pièce, séparée en deux par feu des cloisons japonaises ravagées, un tas de merdier, de meubles, de fringues, de livres, et des touches de son piano. Le tout bien charbonneux à souhait. Une bande de mouches à merde avait visiblement cherché un truc, puis avaient tout saccagé pour je ne sais quelle raison. J’explorais la maison. Toutes les pièces sentaient le passage des saccageurs. Aucune trace de Saïeb. J’espérais qu’il avait trouvé une planque. Puis je vis au milieu de sa chambre à l’étage une partition de Satie. Un truc sans lequel Saïeb ne serait jamais parti. Je remontais dans ma Saxo, perplexe.

le retour chez soi
0 votes - le 31 Oct 2014 à 18:32

Saïeb a interagi avec moi :
De retour chez lui, Saïeb s'allongea sur son futon poussiéreux. Il repense à @Costard rose @Chouquette @Clivia et @Dampierre Jacques en se disant qu'il fallait leur faire comprendre qu'il vaudra mieux éviter de regarder les séries télévisées sur France4 pendant quelques mois. C'est marrant, il n'avait absolument aucune idée de la raison pour laquelle il devait absolument leur suggérer ça... Lui qui n'avait même pas un poste de radio. De toutes façons il n'avait pas la cuisine où la poser.

J'aime les tragédies grecques
0 votes - le 31 Oct 2014 à 16:53

J'ouvrais le manuel de terminale, et sur quoi tombes-je ? Les tartes à la crème tragédiques. Penibulus horribilus, me dis-je en latin et en moi-même. Fallait-il vraiment que j'apprenne ça à mes pauvres terminales ST2S ? @Hercule , mon ami de toujours, me l'avait toujours formellement déconseillé. "La lecture de la bible, il n'y a que ça de vrai." Faut dire que depuis qu'il avait emménagé à Lannion, il était moins funky. Je vais passer le voir, picoler du chouchen et déblatérer sur la mort des organisations d'extrême-gauche, ça nous fera du bien à tous les deux.

 
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