C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Costard rose

36 ans
Homme
Gardien des paper-boards
Vit à Paris
Devise : Non, pas les paper-boards !
Bio : Bio non renseignée
Par
2
1590 points 3
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Son histoire a lui

Pas de paperboard, et pas de gopro non plus
0 votes - le 17 Dec 2014 à 23:29

Il faisait frais après le vote. Je marchais, en descente d'iboga. Je revenais de chez Igor, ce vieux fumier. Il m'avait encore embarqué dans un trafic à la con celui-ci. 

En passant près de Montmartre, j'eus une envie de meurtre. Tous ces gens, picolant du chouchen dégueulasse et ce qu'il restait de vin rouge dans cette France décadente, tous ces gens me dégoûtaient profondément. Je m'assis sur un banc pour fumer une cigarette, et récupérer un peu. La marche avait été longue. Soudain, je reconnu un type dans la foule. Un type avec de grosses lunettes qui se faisait appeler @SALADBOY, parce qu'il vendait de la beuh à toute la tour pourrave dans laquelle il créchait à Anglet. 

Anglet. C'était là que mes emmerdes avaient commencées avec ce type, cette pourriture qui m'avait séché mon pactole. Il c'était tiré avec un surf et ma Renault 5, que j'avais laissé tourner le temps d'aller acheter des clopes, avec ma tune dedans. Ce type que j'avais cherché, et que je retrouvais là, dansant au milieu de la foule. 

Pendant plusieurs minutes je laissais la rage monter. Ce type m'avait tout volé. J'avais tout reconstruit, bien sûr, mais j'avais mangé de la vache enragée pendant des mois. Je me levais, les poings tremblants. Il ne me reconnut pas, lorsque mon poing s'abattit sur sa gueule. La douleur me déchirait le ventre. Je le frappais à la gueule, au bide, dans les couilles, les côtes, partout où la chair devenait vive. 

Le silence s'était fait. La foule était presque loin, muette devant le carnage. Tremblant de satisfaction, je tournais le dos au type qui se recroquevillait sur le trottoir, et qui exhalait un vague parfum d'huiles essentielles pour vielle dame rabougrie. Je partis sans me retourner. # pasdegopro #bouyaah #kill

vivre en paix
0 votes - le 17 Dec 2014 à 21:53

levaut bernard a interagi avec moi :
Allons nous allez vers une autre façon de vivre, de travailler et de concevoir une économie durable? Il semble bien que oui. Maintenant les résultats des votations sont sujets a interprétation.  mais c'est un début.A demain.   Levaut bernard@Baratribord @Dr Lavigne Mathieu @Costard rose @François @SALADBOY @Liv @Stelise @Matt @Victor @Léon Perjols @de Vaudricourt @Tom GIRARD @Jean Boitro @Thibault Plerel @General Alcatraz  

Forums sociaux: la parole au peuple
0 votes - le 16 Dec 2014 à 23:21

Bertrand Antoine a interagi avec moi :
Quelle après-midi!

Nous avons débarqué au deuxième jour du forum social qui s'organise en ce moment à Paris, et en province. Et nous sommes arrivés à un moment pour le moins polémique: le matin même, l'ancien président du MEFEF, le mouvement des patrons français, avait tenu un discours très agressif, devant des participants manifestement très remontés.

Nous avons du affronter au cours de nos discussions de nombreux opposants. Certains comme @Eric Sawal, nous ont a à la fois tenu des discours très constructifs sur l'état de la société... et en même temps, nous ont expliqué plus ou moins poliment ce qu'il pensait de l'ONU et des Etats-Unis...

Nous mélanger avec les Etats-Unis: je mesure à quel point les français, en particulier depuis le début de cette crise, ont perdu en partie la notion de l'international. Il est évident que seuls les citoyens français peuvent résoudre la crise dans laquelle leur pays est plongé. Mais s'imaginer que le monde extérieur ne compte pas, c'est de la folie pure! J'espère que cela ne redeviendra pas un nouveau mal français, au cours des prochains mois.

Ensuite, nous avons interviewé toute une série de participants au forum. Il était important pour nous d'avoir des retours concrêts. Nous avons interrogé @Alex V. @Capucine Cher @Charlito @Chouquette @Thomas  @Renée-Guillemette @Costard rose @Monique @D. Sandrine  @Lolo @Dr Lavigne Mathieu @Clivia @Jean de Severac @Guillaume  @Maurice Upian @EveillésManifeste et @Hervé Le Bras. Nous avons fait un court reportage video. Leurs témoignages seront précieux pour convaincre les Nations Unies du caractère pluriel et constructifs de ces manifestations.

Le Salaire de la Peur
0 votes - le 16 Dec 2014 à 13:57

Igor Striknine a interagi avec moi :
"Je vais te montrer de quoi ma Baboushka était capable, @Costard rose ... d'abord, sache que je peux plus piffrer ta saloperie de sape rose bonbon, ça m'insupporte. Rose ! ROSE ! Tu veux pas des pois vert pomme tant que t'y es ? Mais d'ailleurs, t'en as combien, Costa, des costards roses, hein ? Ah moins que tu ne le laves plus depuis 1992, pour économiser de la lessive, enfoiré de capitaliste !"  ...j'étais parti. J'allais l'enchaîner avec tout ce qui me traînait sur la patate depuis toutes ces années, avant de l'envoyer nourrir le terreau de ma serre. De ses nutriments allaient se nourrir les lombrics dont la chiasse servirait de terreau à ma nouvelle plantation. J'appellerai cette fournée "La Rose Bonbon", en hommage à ce salopard. Mais ce con me coupe la parole. Il ose me couper la parole ! "Mais OH ! ça va non ? Fou, lui ! Tu vas t'calmer mon gros, et maintenant ! J'te signale que, premièrement, l'histoire de ta Baboushka, je la connais par coeur, je sais très bien d'où viennent tes gènes de gros taré de slave, ok ? Secundo, on a un contrat, et ton code de déhontologie t'interdit de refroidir un de tes partenaires avant réception des livrables et cessation en bonne et due forme de son contrat, je le sais bien, c'est moi qui l'a écrit, ton code de déhontologie. Et troisièmement, niveau capitaliste, je trouve que tu te défends plutôt pas mal, pour un ex-membre du Parti !" Pris au dépourvu, je ne bégaie que mollement. "Tu sais bien que les pires communistes font les meilleurs capitalistes." Ridicule. J'avais déjà perdu la bataille, et ma pelle ne m'était plus d'aucun recours. De plus, ça me faisait réellement chier d'avoir à buter un ami pour une histoire d'honneur. On était plus à l'armée Rouge, quoi. Il avait raison sur toute la ligne (sauf sur "gros", bordel) et j'étais dans le mal depuis une semaine. Les stocks s'effondraient et l'argent ne rentrait pas. J'avais besoin de mon vieux Costa. Encore une fois. Costa, le seul qui pouvait mentionner Baboushka sans se prendre un coup de pelle. "Tu proposes quoi ?" "Le Bitcoin, mon ami. Le Bitcoin." C'était stupide. Ce vieux costard fripé d'un rose délavé était désormais bien abimé et sa fascination nouvelle pour les économies numériques trahissait mal l'intensité de l'abîme qui le séparait, lui, de la réalité de la vie. Mon vieux, tu t'excites sur le virtuel comme un gamin de 12 ans découvre Windows 98. Ouvre les yeux, Costa ! Regarde le troupeau de fidèles qui vient boire les paroles du messie comme une troupe de buffles vient s'abreuver au fleuve, ils sont aussi perdus que toi ou Henri. On a pas affaire à l'avant-garde de la future classe dirigeante de la france, on a devant nous le peuple, le petit, peuple, celui qui est tout en bas, qu'on ne distingue qu'avec une loupe, au milieu des acariens, celui sur lequel on marche sans même y faire attention, celui qui s'éteind par brassées entières sur les bords de routes et dans les banlieues silencieuses et sombres, celui qui se multiplie comme des portées de mulots quand les jours se réchauffent, celui qui fait tampon quand la crise s'abat, celui que l'on maintient dans un état d'asservissement et de stupidité permanente, afin qu'il demande lui-même à ce qu'on le place en première ligne quand les premières salves pleuvent, celui pour qui le sacrifice est quasiment inscrit dans les gènes, à coups de burin capitaliste et du marteau de la démocratie ! BAM, BAM, BAM, BAM ! On grave, BAM ! Le patriotisme, le nationalisme, BAM ! Sacrifice, au nom du pays et de sa grandeur passée ! Les impôts, l'éducation, la santé ! BAM BAM BAM ! Sacrifice ! Parce qu'éduquer et se soigner ça coûte trop cher ! BAM BAM BAM ! L'étranger ! La peur ! La sécurité ! Sacrifice ! Parce qu'il faut bien trouver un coupable aux maux et légitimer la matraque et le fusil ! Tu comprends, Costa ? La masse ! Informe ! Malléable, extensible, réductible, grouillante, désordonnée, sale, stupide, irréfléchie, sur laquelle on chie ! Et toi comme moi nous substituons ici-même à deux institutions prépondérantes dans le maintien de cette masse à sa place, dans l'empêchement de la prise de conscience et de la révolte : la religion et la drogue ! Toi comme moi faisons le jeu des grands de ce pays, vu qu'ils sont trop occupés à se foutre sur la gueule : gérer la masse, la matière première. Et tu veux demander à cette matière première de nous payer en Bitcoins ? Mais Costa, mon ami ! Regarde-les ! S'ils avaient un ordinateur et un accès à internet, ils les vendraient pour pouvoir payer leur Iboga ! "Ils vont payer en CFA." Silence pesant. Henri était sorti du lit dans lequel il macérait depuis une bonne semaine. Ses lambeaux de peaux s'étaient ressoudés. Ses béances canines s'étaient comblées. Et son esprit, sevré d'Iboga pendant une période inédite depuis la vague d'indépendances africaines, était étonnamment clair. La stupidité dans laquelle la plante le maintenait en permanence m'avait fait oublier la réalité de ses capacités cérébrales sous-jacente. Sous, sous, bien là, en dessous, cachées, mais jacentes. Et aujourd'hui, avec cette phrase, il avait fourni son quota d'intelligence pour les dix prochaines années. A nouveau, j'eu une vision, et à me plonger dans les yeux pétillants de Costa, je devinais que nous eumes la même : des brassées de billets roses estampillés 10 000 CFA, par seaux entiers, par baignoires, nous allions glaner tous ces bouts de papiers de piètre qualité, aussi roses et aussi délavés que le costume de Costa, portant l'empreinte de milliers de doigts gabonais ou camerounais, portant les traces de la terre rouge dans les pliures, mille fois froissés, au bord de la déchirure, ces billets qui traînent sous les matelas, dans les coussins, derrière les frigos ou dans les armoires des bouges de banlieue, dans les familles divisées entre le pays de leurs ancêtres gaulois et les cousins restés en brousse. Ce pactole que tous ils amassent, au fil des ans, en cas de coup dur, en attente de retour au pays ou en provenance de celui-ci, nous allions nous en emparer. Car c'était justement un coup dur.

Winter Sleep
0 votes - le 16 Dec 2014 à 13:05

Igor Striknine a interagi avec moi :
Je crois que je me suis un peu laissé embrumé. Porté par l'effervescence des jeunes années et par les visuels hantés de l'iboga, je n'ai pas su, plus su, voir que cette affaire tournait à la catastrophe. J'admets une fascination aveuglante pour les offices de @Jacques Messiano, mon fidèle messie, fascination qui m'aveugle sur la situation désespérante de notre petite entreprise. J'avais oublié un détail qui avait tout de même une importance cruciale, et ce bon vieux @Costard rose avait des soucis pour me remettre l'évidence en face des trous : "ya pas une thunes !". C'est pas qu'il y a un déficit, c'est qu'elle n'existe pas. Pas de monnaies. Rien. Les gens n'ont plus rien. Tout mon petit modèle s'écroule face à cette vérité crue. Ma petite machination basée sur mes expériences fructueuses dans les ex-républiques plus foireuses les unes que les autres fonctionne à merveille, si tant est qu'il y a quelque chose à amasser. Même si le papier sur lequel est imprimée la monnaie vaut plus cher que le chiffre inscrit dessus, même si des semi-remorques entiers de ces monnaies de singe ne suffisaient pas à rembourser le voyage, au moins, il y avait quelque chose à amasser. Quelque chose qui, plus tard, reprendrai de la valeur. Je me suis laissé embrumer par l'iboga et n'ai pas su voir le panier à dîme aussi vide que la tête du pauvre Henri (qui se remet doucement de sa confrontation avec cette saloperie de clébard). Les gens venaient toujours plus nombreux, pour s'abriter des militaires et de la morosité qu'ils répandent, mais le panier était toujours plus vide. Au bout de six jours, nous ne récoltions que capsules de bière et centimes d'euros relictuels glanés entre les coussins des canapés. Costa finissait par me hurler dessus. "Mais tu vas te bouger, oui ? Tu restes allongé toute la journée dans ta serre à pleurer sur tes cadavres de buissons en implorant je-ne-sais-quelle divinité du trou du cul de ta forêt pour que ça aille mieux ! Ta plante est en train de te ronger le cerveau ! Tu vas finir à cinquante berge aussi muet, mou, improductif et chiant que ta Baboushka dont tu m'as toujours rabaché les histoires !" Cet enfoiré de Costa a dit exactement ce qu'il ne fallait pas dire. Ou ce qu'il fallait dire, c'est selon. Ni "adin", ni "dva", je me hisse sur mes genoux douloureux, chancellant mais tenant bon. Dans mon crâne c'est la tempête de sable des steppes kazakhes. Mais j'ai pas besoin de mon crâne. Je tend le bras, je n'ai pas besoin de regarder où elle se trouve, je le sais très bien, elle est toujours à portée de main, ma fidèle, ma seule alliée, ma seule vraie amie. Ma pelle "Made in France". Je la saisis et je laisse echapper de ma mâchoire serrée et tremblante à cause des assauts psychotropiques, en russe dans le texte, "traître à la patrie, tu ne parles pas de Baboushka."

negociations
0 votes - le 15 Dec 2014 à 20:43

justin tresor a interagi avec moi :
C'est parti. Une longue journée de négociations pour ceux qui souhaite la création d'une 6eme république . Les débats sont parfois houleux et chacun doit mettre un peu d'eau dans son vin. Mais on avance. Et demain il faudra remettre ça. Il y aura des pleurs de la sueurs et des crépages de chignons. Rien n'est jamais sûr mais le chemin est déjà bien balisé. Justin tresor@Celia Perez @Adria Helios @Costard rose @EveillésManifeste @FranceIndé @Chancellerie @Charles Vennec @Erick Foax @Eric Sawal @Zenone @Martin Rochteau @Guy @Lilou @France BN @Freddy @Occitania Info @ADMFH @CorsicaTV @"R" @Martin Rochteau @Jean de Severac @ALAD @Maurice Upian @Anonymous 

demain
0 votes - le 14 Dec 2014 à 19:15

justin tresor a interagi avec moi :
que sera demain?  On ne pourra répondre a cette question que lorsqu'on y sera. Les futurologues se sont toujours trompés quelque soit la durée de leurs prévisions. Je ne vais donc pas m'aventurer a y répondre. Mais ayant vécu le pire, nous pouvons maintenant attendre le meilleur. Et pour avoir ce meilleur il va falloir se retrousser les manches et aller au charbon. La journée de demain sera probablement longue et difficile pour beaucoup d'entre nous. Je vous souhaite une bonne nuit et  vous dit a demain.Justin Tresor.@Youri Gagarine @Costard rose @Celia Perez @Chouquette @FranceIndé @France BN @Baratribord @Antoll MA @Kayla aka Midas @Justine Abdaloff @Liv @Monique @Eric @Loulou @Natalie @Marilou @Capucine Cher @Jean Boitro @Loulou @Thomas Carcet @Eric Sawal @Jeff Carlan @Tom GIRARD @ Jimmy Nulti @Idris Stringerbehl @Deadlock @Papa Klaus @David Durel @Auguste @ REGIS DU MOULIN @Baptiste @DR HOUSE @Al @Thérèse @Christophe Flavier 

au travail
0 votes - le 12 Dec 2014 à 23:52

levaut bernard a interagi avec moi :
Il est grand temps de dire ce que nous voulons.Il ne nous aura fallu que moins de 50 jours pour faire autant de travail que la 1ere révolution française a fait en plusieurs années.@Youri Gagarine @Fantasio @Monique @Costard rose @Celia Perez @Jacques @Chouquette @Baratribord @Dr Lavigne Mathieu @Chouquette @DELAQUAIRE Jacques @Antoll MA @Ellie @Ellie @Charles Vennec @Alex lefort  @Loulou @Natalie @Thibault Plerel @Alex lefort  @de Vaudricourt @David @Léon Perjols @Denis Planchin @Tom GIRARD @Franck Sobokhat @John Short @Philipp Merz @Boyer @Martine Aubry @Hector Malsherbes @Nounours 

Déjeuner en paix
0 votes - le 11 Dec 2014 à 10:22

PIPO a interagi avec moi :
Pipo, à patte de course, file au pique-nique des apaisés

Catsou, Bibiche doit retrouver

Une sourde angoisse l'étreint

Il pressent un funeste destin

Le pigeon est farci

N'ont-ils entendu

l'appel transmis

Par Justin Trésor 

Ce vendredi

Le pigeon sur l'animal

N'a pas le même effet

Je le sais, je l'ai testé

Elle est empoisonnée la provende

Et vous aurez beau crier Hollande

Et vous aurez beau criez François

Vous ne vous échappez pas

Le teckel devient vorace

Minet  est une menace

A l'appel de l'Iboga

Pauvres humains

Vous allez réaliser

L'effet qu'ça fait

D'être gibier

Pipo, essouflé, sait déjà qu'il arrivera trop tard.

FranceIndé, FranceBN, @Costard rose  @Jacques Messiano @Igor Striknine @Papamadi 

Le début de la faim ...
0 votes - le 11 Dec 2014 à 08:12

Jacques Messiano a interagi avec moi :
De toute évidence l'homme qui était face à lui, le prénommé @Quentin , ne serait pas la brebis la plus facile à ramener dans le troupeau de Dieu ... Il semblait avoir une sacré personnalité !
Jacques se dit intérieurement que s'il était entré en cette "cathédrale" ce n'était pas le fruit du hasard, et qu'avec le temps il en comprendrait probablement la divine raison ...
Les voies du Seigneur avaient beau être impénétrables, Jacques parvenait toujours avec un peu de réflexion à trouver un sens aux événements.

De toute façon, peu importait la raison de la venue de cet homme. Ce qui comptait c'était de l'accueillir comme tout homme devrait accueillir son frère ! @Quentin paraissait plus intéressé par sa situation matérielle que spirituelle ... Ma foi, on allait l'assister aussi sur ce plan là. 
Ne dit-on pas "Ventre vide n'a pas d'oreilles" ?

"Entre, mon frère, laissons nos frères et soeurs se remettre de leur communion ... Viens te reposer un instant et partager notre table !"

Les deux hommes rejoignirent @Costard rose et @Igor Striknine dans la petite pièce ... "Qui de par le fait finira tôt ou tard par être baptisée "sacristie"" se dit Jacques, et s'attablèrent tous quatre. d'une cagette en bois Jacques sorti un demi pain de campagne, un pâté, et un cubitainer de piquette ...
"Mes frères, après cette messe je ne me sens pas la force de dire les grâces, je vous prie de me pardonner. Entamons ce repas, pardon encore pour le côté frugal mais ce sont de bons produits et mieux vaut manger peu et sainement que le contraire !"

Ils attaquèrent aussitôt, Jacques servant à chacun un godet de vin. Il se tourna ensuite vers son invité 
"Alors ... voudriez vous me raconter un peu votre parcours ?"

En lasser
0 votes - le 10 Dec 2014 à 19:24

Quentin a interagi avec moi :
Quentin était revenu en arrière. Il avait longtemps longé la Seine. Mais apparemment il n’avait pas été le seul à avoir cette idée. Pas la moindre barque de disponible, celles qui restaient était hors d’atteinte. On les couvait comme on surveille de l’huile sur le feu. Il a continué à marcher espérant encore. Mais après quelques jours, il lui a fallu se rendre à l’évidence. La Bretagne était hors d’atteinte. De toute façon même en barque, il se serait retrouver en Normandie et il n’imaginait pas le parcours qu’il lui aurait fallut effectuer après.  » T’as perdu le sens de la réalité, mon gars » A cela s’ajoutait le fait  qu’il se sentait de plus en plus repéré. Quelque soit l’endroit qu’il traversait maintenant, les gens étaient devenus méfiants, voire agressif. Plus que jamais, il était l’étranger. Ses réserves s’épuisaient. Il  se disait que finalement mieux valait se fondre dans la foule. Et à Paris, il existait encore certaines formes de solidarité. Il en était là de ses réflexions quand il a aperçu les képis, enfin plutôt les bérets. La radio  parlait de mouvements de troupes, mais il avait compris que ça se passait plus au sud. Visiblement cela dégénérait. Le grand Merdier. Il l’avait pressenti. Le mec dès qu’il a un flingue, il peut pas s’en empêcher. Il faut qu’il aille faire chier le voisin. « Demi-tour mon gros et fissa. Faut retourner à Paname et se dégotter un coin à l’abri » Coup de bol, il a dégotté un vélo, ce qui lui a raccourci le retour. Même si il a crevé le deuxième jour. Et vas’ y pour trouver une rustine aujourd’hui. Il l’a abandonné quand la roue était tellement voilée qu’il allait plus vite à pied. Et là il se retrouve dans un endroit qui doit être  la banlieue de la banlieue. Un secteur pourri. Y’ a quasiment plus un truc debout. « Sûr, y’ a personne qui va le réclamer ce coin là. Je n’imagine même pas que ce soit stratégique. Ça pourrait être peinard, mais je ne vois pas ou je trouverai  à bouffer ici. » Lorsqu’ au détour d’une rue, c’est la berlue. En plein milieu d’un terrain vague, un grand hangar, avec de la lumière et pas mal de ramdam à l’intérieur. « Y’ a encore des vivants par ici ? » Il est hésitant. Mais la curiosité l’emporte. « Je peux toujours jeter un œil et me carapater si ça pue. » Mais quand il est rentré il est resté bloqué. L’assistance avait  l’air d’avoir pris un trip  qu’hésiterait entre c’est la récré,  Jésus est parmi nous et ou t’as mis ton bavoir. Le décor  n’est pas mieux, l’armée du salut c’est un quatre étoile à côté. Il est là, comme un gland, à essayer de comprendre ce qu’il voit quand  un bonhomme se dirige vers lui. « Il m’a l’air plus conscient que les autres, laisse parler. Ok, c’est un truc religieux. Mais ça m’a pas l’air catholique. Jacques,@Jacques Messiano. Visiblement c’est leur curé, enfin, je ne sais pas si c’est le bon terme. En tout cas il croit à sa salade. Exalté le gars, et je ne sais pas encore si je me trompe, mais il  n’a pas l’air d’avoir mauvais fond. Par contre je me méfie quand même un peu, si c’est lui qui met ses ouailles dans cet état, faudrait pt’ être que je le colle pas trop. Ils m’font vraiment penser à Nounours. Je l’aime bien Nounours, mais dans sa tête, à part la sainte ampoule   tout le reste est cramé. » Je continue à mater en écoutant le boniment et j’avise deux mecs qui dénotent dans l’assemblée ; ils sont un peu à l’écart. Y’en a un difficile de le rater. Il a un  @Costard rose . Et l’autre, c’est plus son attitude. C’est une espèce de nain de jardin, non j’exagère, il tient plutôt du troll, et il scrute l’assistance avec un sourire au formol. Jacques voit que je les fixe. Me désignant le plus petit : @Igor Striknine  , notre bienfaiteur et un de ses amis. « Tu parles d’une trinité. Va vraiment falloir y’aller mollo. » -         Et, à part un câlin. Votre père y file aussi à bouffer ?  

Ils n'attendent qu'une seule chose ...
0 votes - le 09 Dec 2014 à 08:41

Jacques Messiano a interagi avec moi :
Tous réunis ici. Chacun d'entre eux. 
Ils ne sont là que pour oublier le monde, pour que je leur donne quelques gouttes d'espoir, que je leur donne l'impression qu'ils font le bon choix.

En vérité ce qu'ils cherchent ici, pêcheurs ou hommes saints, ce n'est pas tant le chemin de Dieu qu'une approbation toute humaine.

Ce qu'ils veulent c'est le sentiment d'appartenir à un groupe, un ensemble. Ils se cherchent une identité de masse. Quelque chose de différent, qui les change. Qui les sorte. Qui leur permette d'échapper à l'enfer.
Et l'enfer ici, c'est les autres.

Seigneur. Je sais que tu m'entends. JE SAIS QUE TU M'ENTENDS ! Tu m'as placé ici. Tu m'as mis face à ces gens. Tu m'as rendu responsable d'eux. Je ne leur donnerai pas ce qu'ils veulent Seigneur. Mon approbation, mon soutien ne valent pas plus que ceux d'autrui.
Je vais faire mieux Seigneur, je vais brancher en direct ton micro sur leurs entrées auxiliaires. Tu vas pouvoir parler à chacun d'entre eux, je vais ouvrir leurs sens à ta présence et à ta volonté !

Jacques n'avait encore rien dit. Dans son cerveau les pensées tourbillonnaient à une vitesse folle. Tout était prêt pour la messe. Enfin ... "messe" ne convenait plus tellement. 
Communion. Oui c'était bien ça "Communion" ! ... La communication divine par le partage en quelque sorte.

Le silence était total dans la salle. Lui, debout devant tous, vêtu simplement d'une aube blanche, ni couvre-chef, bâton, cordelière. Ni crosse, ni croix, ni étole. Légèrement surélevé par rapport au reste de l'assistance, afin que chacun le voie bien. Devant lui un pupitre, déniché dans une université. Un chemin de table blanc passait dessus, couvrant l'avant et l'arrière du meuble. Un micro posé sur ce dernier assurerait que chacun entende le discours. Derrière lui un autel composé d'une planche et de deux tréteaux, le tout recouvert sur toute la hauteur d'un drap blanc immaculé qui détonnait par rapport aux murs gris, ternes et rouillés.
Jacques fit un signe, et deux jeunes acolytes vinrent à ses côtés, dans le même uniforme que lui, chacun d'eux portant un encensoir rempli d'iboga.
Jacques alluma les deux petits foyers, que ses acolytes commencèrent à balancer légèrement pour en diffuser les émanations.
D'une marche lente ils commencèrent à parcourir l'assemblée, s'assurant d'une répartition homogène du léger nuage.
Dans une pièce attenante, discrètement dissimulée par une vitre sale, @Costard rose et @Igor Striknine observaient la scène. 

Jacques ouvrit la cérémonie.
"Frères et Soeurs !"
L'intonation était profonde, le ton ferme mais serein. Protecteur. Rassurant. Paternaliste presque. Ses ouailles étaient déjà pendues à ses lèvres.
Un religieux silence assourdissait la salle. Il continua.

"Je devrais plutôt dire ... MES Frères, MES Soeurs ! ... Merci !
...
Vous êtes venu(e)s, vous avez répondu à notre appel, et vous voilà, ici, forts de votre nombre ...

Je me présente devant vous.
Je me présente devant vous avec comme seul vêtement cette aube blanche.
Je me présente devant vous avec comme seule rôle celui de servir.
Je ne suis pas figure d'autorité, je ne suis pas une "éminence".
Je suis et ne resterai qu'un guide. Et ma mission est de vous emmener à LUI !"

L'index levé, montrant le ciel, Jacques se sentait dans un état quasiment second. Il faisait attention, il fallait qu'il reste sur ses gardes, il tenait à terminer de façon grandiose ce service.
Du côté de l'auditoire en revanche, la situation était toute autre. Baignés depuis quelques minutes maintenant dans le nuage d'évasion, précautionneusement entretenu par les acolytes qui avaient sorti et s'étaient couvert le nez et la bouche avec des masques filtrants, ils semblaient subjugués par le spectacle de cette apparition blanche dans ce décor inattendu.
Ils écoutaient, bouche bée, le discours de Jacques, n'en perdaient pas une miette, les yeux complètement hagards.

"Mes Frères et Mes Soeurs. Les temps sont troubles, vous le savez autant que moi !
Mais rassurez-vous, car Il ne nous a pas oubliés ! 
...
J'ai été envoyé par Lui. 
Envoyé pour vous donner le moyen de l'entendre ! Pour vous permettre de savoir vous aussi, quel est son plan pour vous !
...
Chacun, chacune parmi vous fait partie de ses enfants. Et pour chacun, chacune d'entre vous il a tout autant d'amour que pour son fils Jésus.
Pas de pape ici, pas d'autorité décidant ce que vous devez croire, de quelle façon vous le devez, ni comment vous devez agir ou réagir à ses manifestations à votre égard !
Je ne prétends pas avoir le monopole du dogme, car en vérité il n'appartient qu'à Lui de dire ce qui est ou ce qui n'est pas, et cela peut être différent pour chacun d'entre vous.
...
Ma foi est personnelle, je la vis à ma façon, celle que le très haut m'a montré. Votre foi est personnelle également ! Vous la vivrez tous différemment.
...
J'en vois déjà parmi vous qui, baignés dans cette brume, voient leur sens s'ouvrir. Je constate avec bonheur, que déjà certains de vous sont à son écoute !
Bravo Frères et Soeurs ! Bravo ! Car aujourd'hui vous trouvez votre chemin personnel, vous découvrez de quelle façon ouvrir votre âme, vos oreilles, votre Coeur à Notre Père à tous !
...
Mais que les autres se rassurent également !
N'ai-je pas dit que nous étions tous ses enfants ? 
... Car Oui nous le sommes !
Et rien n'est plus vrai que l'amour que nous porte Notre Père ! 
Respirez mes Frères et Soeurs ! Respirez ! ...
...
Sentez-vous cette vie qui vous anime ? Sentez-vous votre coeur battre ? Ressentez-vous chaque chose que vous entendez ? Que vous voyez ? Que vous touchez ? Le goût de chaque chose ... Tout cela est un don. Son Don !
...
Respirez encore ! Inspirez profondément ! Sentez-le vous baigner de douceur, vous envelopper, vous détacher un peu de cette réalité pour vous montrer la vôtre ...
...
Respirez encore ! ... Soyez bénis, vous ses enfants ! Soyez bénis et heureux dans son amour !"

... Jacques s'écroula, éreinté par l'effort qu'il fournissait pour résister à la fumée ... à quatre pattes il rejoignit l'autel, sous lequel un masque filtrant l'attendait.
Il l'enfila, s'assit sur ses talon sur l'estrade et contempla quelques instants encore le spectacle qui s'offrait à lui.

Chaque membre de l'assistance vivait une transe. Cela avait un aspect à la foi irréel et inquiétant.
Jacques n'avait aucune crainte, il savait que tous étaient entre de bonnes mains.
Certains étaient totalement avachis dans leur siège, la tête renversée en arrière, observant fixement quelque chose bien au-delà du plafond. D'autres étaient en mouvement. Levés de leur place, ils tentaient maladroitement de se déplacer comme des zombies qui chercheraient à attraper des papillons .... D'autres encore marmonnaient, chantonnaient ... ce qui leur donnait un air d'enfants sages, émerveillés, découvrant quelque chose de fabuleux.

Jacques sentait l'émotion monter en lui ... Ils l'entendent ! 
Ma mission ne fait que commencer et j'ai déjà ouvert tant d'esprits ! Une larme coula sur sa joue puis sur le masque qu'il portait.
Seigneur, je t'amène tes enfants. Ils t'aiment !

Mauvais poil
0 votes - le 08 Dec 2014 à 20:23

Lui, il avait tout compris. Le problème, c’est qu’il n’avait pas pensé à un truc essentiel le russki. Comment on allait faire payer nos clients ? Sans euros et sans francs ? 
Moi je me paie pas en nature. Fini ce temps-là. Faire le trafic à l’Église, c’était déjà une bonne idée, au moins on ne serait pas emmerdés par les flics, où ce qu’il en restait.  J’appelais l’ersatz d’espion qui venait du froid sur son dernier numéro connu.  

« Allô. Paris l’urgence go.  Reçu. » L’anagramme de code fut suivi d’un silence inquiétant.@Igor Striknine  était de mauvais poil. Quelque chose n’allait pas. 
« Il faut qu’on se voit. On doit parler devises. T’as pensé à ça ? 
- On se verra demain. Rendez-vous à l’Église. Terminé. » 

Igor me parlait comme à l’époque où il était mon supérieur hiérarchique dans l’armée. Ce salopard n’avait pas changé de ton. Toujours aussi péremptoire. Et déteminé. 

Une journée particulière
0 votes - le 08 Dec 2014 à 16:37

Igor Striknine a interagi avec moi :
Alors on s'était mis au boulot. Force est d'avouer que la rencontre avec @Papamadi m'avait un peu retournée, mais je m'étais maintenant concentré sur ce que je savais faire le mieux : organiser les magouilles. J'étais grisé par l'idée des masses en détresse venant franchir le seuil de mon église-hangar, assoiffées de perches et de prêches. La première chose à faire était de me rendre au chevet du vieil Henri. Pas pour s'enquérir de sa santé, plutôt pour le presser de lancer de courtoises invitations à toute la diaspora gabonaise qu'il pouvait réunir. De sa capacité à rassembler les foules dépendait le succès de notre premier sermon. Evidemment, hors de question de mentionner le mot "iboga" dans un message qui allait faire le tour de la diaspora gabonaise. Le pays avait beau avoir autre chose à foutre en ce moment, c'était pas une raison pour titiller la DCRI avec un mot clé, c'était plus une anguille sous roche, mais une baleine sous un gravier. L'invitation pris la forme suivante, rédigée à huit mains par Henri, Jacques, Costa et moi-même : "L'Eglise de la Sainte Perche réunit ce soir le catholicisme romain et les traditions bwiti au XXX de la Rue XXXX, Saint-Denis. Amenez vos cousines." L'information se répandit comme un nuage de fumée illégale. Entre les doigts experts d'Henri, le vieux Nokia envoyait aux quatre vents la bonne parole, et celle-ci sautillait de cousins en grands-oncles, passait par Lambaréné avant de revenir vers Bobigny, retournait à Port-Gentil pour finir à Créteil. L'information prenait forme vivante et son autonomie, évoluant au gré des liens de parenté, vivant sa propre vie sur les réseaux téléphoniques, pendant que @Costard rose et moi nous evertuions à glaner ça et là une cinquantaine de chaises en plastique. Nous avions laissé le pieu @Jacques Messiano à l'élaboration de son autel et au repassage de sa tenue. Il se concentrait. Il devenait moins disert, se renfermant volontiers derrière le mur de sa foi, convoquant je ne sais quelle entité divine, cherchant la force de s'exprimer devant son futur public.Costa et moi, nous retrouvions l'effervescence de nos jeunes années. Je replongeais avec délice dans le glanage, dans l'excitation presque adolescente de l'organisation de ce qui allait finalement être une sorte de petite soirée entre potes un peu bizarre. Nous avions changé les fusibles, branché avec succès trois vieux radiateurs à l'huile, disposé les chaises en rangs d'onions, briqué avec soin la vieille commode derrière laquelle Costa se tiendrait, pendant la soirée, récupérant l'aumône de nos fidèles. Et on avait pris soin de ne pas oublier les packs d'eau (du robinet) pour alléger les turpitudes des estomacs bienôt meurtris de notre confrérie. Henri s'était levé difficilement, mais avait tenu à m'accompagner jusqu'aux stocks, récupérer l'iboga que je gardais précieusement pour les jours de disette. Tout était prêt. Le soir même, une foule bigarrée se pressa aux portes de notre temple de la rédemption, dépassant toutes mes attentes. Nous avions peut-être sous-estimé la détresse des français. En ces temps troublés, la piétaille cherchait le réconfort, et la religion, depuis quelques milliers d'années, avait toujours su rassembler les nécessiteux en mal de repères sous son aile paternaliste et rassurante. Moyennant quelques écus. Associer la bondieuserie à la science des psychotropes n'était pas une idée originale, mais il se trouvait que j'avais les deux sous la main. Derrière mon pilier, j'observais la foule s'organiser dans une joyeuse anarchie qui rappellait les fêtes de familles ou les barbecues d'été. Des mamas en boubou bariolé, des vieux papa squelettiques aux yeux perçants, de jeunes curieux, costards apprêtés ou jeans peinturlurés, peintres en bâtiment ou occuppants de bureaux anonymes et génériques, des gabonais, évidemment, mais aussi d'autres, immigrés de deuxième ou troisième génération, des produits de brassage, des homozygotes ou des récessifs, des intégrés ou des communautaires, toutes les couleurs étaient sur les vêtements et sur les visages, mais la même expression envahissait leurs yeux : la curiosité. L'effervescence regnait et l'atmosphère de la cathédrale de béton effrité et d'acier rouillé se réchauffait des souffles de nos ouailles, titillées par ce mot que tout le monde avait sur les lèvres : iboga. @Jacques Messiano fit son apparition, et les paroles s'évaporèrent. Il avançait lentement, il monta sur l'estrade bricolée avec des palettes, se tint droit et ferme derrière le vieux pupitre d'université que Costa avait déniché je ne sais où. Une de ses spécialités. Le Messie resta là, debout, de longues minutes. Il savait apparemment comment capter une attention sans avoir à produire le moindre son. Les gens étaient mommifiés, les yeux avides posés sur le corps frêle de l'orateur, qui dégageait désormais une force qui m'était restée invisible jusqu'ici : la prestance. Il était calme, serein, même, comme s'il avait toujours su qu'il en était capable, sans jamais l'avoir fait. Il ferma ses yeux malins, pris une longue inspiration, il allait parler.

Seigneur, pardonne moi de m'écarter de ton église ...
0 votes - le 06 Dec 2014 à 20:47

Jacques Messiano a interagi avec moi :
Pardonne moi Seigneur, car le chemin que je prends m'éloigne chaque jour un peu plus de ton église ... La sainte église Chrétienne Catholique de Rome sur laquelle Saint Pierre veille, celle qui a son siège en la basilique qui porte son nom et qui sera pour les siècles et les siècles l'église au sein de laquelle ma foi est née.
Mais Seigneur, tu sais que si je renie mon obédience, ma foi ne s'éteindra qu'avec moi !
Oh très haut, si je suis ces chemins troubles, c'est pour porter ton message !
C'est mon chemin pour être plus près de tes enfants, Seigneur ! 
Pour te servir, pour les servir, pour les guider et professer ta parole plus loin que les frontières, plus loin que les limites humaines, car oui, Seigneur, je vais m'adresser à ton peuple d'une façon autre.
Tu m'as parlé Seigneur, à travers le breuvage que m'a offert @Igor Striknine tu m'as aidé à comprendre que je dois m'adresser à tes enfants d'une façon nouvelle !
Je leur transmettrai ton message, je l'écrirai au fond de leur être, je parlerai directement aux tréfonds de leur âme.
Ils ne seront plus préoccupés par un tas de tracasseries matérielles comme ils peuvent l'être parfois à l'église. 
Seigneur, je ne serai pas seulement ton porte parole, je serai également celui qui débouchera les oreilles de mes semblables et les ouvrira à Ta Parole !
Merci Seigneur, de m'avoir fait croiser la route d'@Igor Striknine, il m'aidera dans ma tâche, il m'aidera à poser la pierre de ta nouvelle église.
Amen !

Entre @Papamadi, @Igor Striknine, et maintenant @Costard rose, Jacques avait multiplié les rencontres surréelles. Rien de tout ça ne pouvait être du au hasard ! De toute façon, le hasard n'existe pas, tout appartient à Dieu, et tout ce qui se réalise ou non n'est que partie du plan du Très Haut !

Igor avait écouté cette prière, exprimée à voix haute par Jacques ... Sans sourciller comme l'on pouvait s'y attendre. Il commençait sans doute à comprendre lui aussi qu'il avait été choisi par Dieu et, même si ses manières semblaient parfois un peu éloignées de celles que Jacques aurait attendues d'un bon Samaritain, qui était il après tout pour mettre en doute le bon sens de son Seigneur ?

"Cher ami ... " Commença Jacques avec douceur ... 
"Vos activités dans l'immobilier, vos étranges plantations, vos nombreuses relations ... Cela vous dirait-il que l'on transforme tout ça en usine à sauver les pêcheurs ? J'ai la mission de les sauver, et vous vous avez les moyens qui me permettraient de le faire ... Que manquerait'il pour que l'alchimie se fasse ?"

Il se resservit une tasse de thé à l'iboga ...

 
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