C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Michel Arlot

28 ans
Homme
Petits boulots
Vit à Paris
Devise : C'est la lutte finale... avant la suivante.
Bio : On dit souvent que le jour de la naissance peut déterminer une vie : si c’est bien le cas, Cédric Rocard partit du mauvais pied. Alors qu’il avait 10 ans, son père quitta le domicile familial. Restée seule, sa mère sombra peu à peu dans la dépression et l’alcoolisme.
Livré à lui-même, Cédric Rocard devint un adolescent assez turbulent : il volait les magasins et se battait souvent avec les garçons des villages voisins. A 18 ans, après avoir raté son baccalauréat, il profita d’une opportunité de formation, en tant que cordonnier, pour monter sur Paris.
Il est l’un des piliers des antifas parisiens.
A 28 ans, Cédric Rocard porte un regard assez amer sur la vie. Il est très critique sur la politique, et dit souvent vouloir lutter contre « les fascistes et les conservateurs », qui selon lui, empêchent une vraie solidarité. Il attache beaucoup d’importance à ses amitiés, et est angoissé par l’idée de se retrouver seul. Il retourne souvent voir sa mère, à Berrien, avec qui il est très attaché. Au contraire, il n’a jamais pardonné à son père de l’avoir abandonné. Et il garde en lui un fond de violence, qui explose parfois au détour d’une conversation en apparence anodine.
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Son histoire a lui

A portée de main
0 votes - le 18 Dec 2014 à 19:21

Aujourd'hui, après des mois d'errance, j'ai fais le chemin jusque Utopy. J'ai profité sur le chemin de l'hospitalité des gens. pour rejoindre ce village, dont j'avais entendu qu'il voulait reconstruire une nouvelle société. L'espoir: c'est cela dont j'avais besoin.Le 30 octobre au soir, je suis arrivé au camp, près de la réserve naturelle de l'étang de Cousseau. Entre la gare et le camp, il y avait tout de même pas moins de 5 kilomètres à pied. Je n'étais toutefois pas seul: malgré le froid et le mauvais temps, de nombreuses personnes semblent émigrer vers ce qui ressemble beaucoup à un eldorado, dans une France en pleine reconstruction, et en proie au doute.L'entrée du village m'a fait une drôle d'impression. Nous avons été accueillis par une fille dénommée Alice, une jeune trentenaire plutôt sympathique. Malgré l'aspect un peu rustre du camp, et la barricade de fortune, l'endroit était plutôt chaleureux. Pourtant, je ne pouvais pas me défaire d'un sentiment très désagréable. Comme une émotion vaseuse, qui s'imposait à mon esprit. Comme si tout ca, c'était du carton pâte.Nous avons été réparti en début de soirée dans différents campements. La vie est plutôt bien organisée: les nouveaux venus sont à chaque fois encadrés par deux anciens, et logent dans un même campement, le temps de faire connaissance et d'apprendre les règles de vie d'Utopy. Après avoir écouté les discours de nos deux anciens, et avoir échangé quelques banalités avec les autres "nouveaux", je me suis décidé à explorer le camp.  En fait, il était bien moins grand que ce que j'avais pu imaginer au départ. Les logements étaient pour la plupart en bois ou en tôle. Somme toute, un vrai bidonville, l'espoir en sus. Alors que j'étais en train de me dépêtrer de ce sentiment désagréable d'être dans un monde trop parfait, je me suis éloigné petit à petit du centre d'Utopy. Dans la centre du village, une fête était organisée, pour fêter les un an d'existence du village utopique. Alors que je m'approchais de l'étang, après avoir marché un petit temps, je pu regarder avec le clair de lune ma tête dans l'eau sombre. Et à la place de ma tête, je vis mon ami François. Je vis son visage blème. Je vis son rire. Je vis sa douleur.François était mort à cause de moi. C'était il y a un an, lors des émeutes à Paris. J'étais dans une manifestation, avec mon ami de toujours. Et puis, l'émeute avait mal tourné. Les flics s'étaient mis à nous poursuivre, et à taper dans le tas. Je hurlais: "à gauche!". Nous étions en train de fuir la rue, François et moi, quand soudain, j'ai entendu une détonation. Et François est tombé devant moi. Je n'ai pas pu le protéger. Depuis ce soir-là, j'ai fui Paris. J'ai erré, pendant des semaines, perdu, avec une volonté de faire disparaitre la violence de la surface de la terre. Et voilà que toute cette violence ressortait soudain, face à ce visage. Je n'avais plus qu'une envie. Mourir.Alors, j'ai plongé dans l'eau sombre de l'étang. Et alors que la vase m'engloutissait peu à peu, j'ai compris. Dans cette éclaircie verte et blanchâtre, j'ai compris que j'avais ruiné ma vie, alors que je ne pouvais plus rien pour François. J'ai compris que je m'étais condamné, alors que rien ne m'obligeait à le faire. Que tout cet espoir, que j'avais recherché, il était à portée de main. Que rien n'était vain.Soudain, j'ai eu besoin de respirer. Mais c'était trop tard. Je n'avais plus le courage de remonter.Dans un ultime réflexe, j'ai respiré. L'espace d'un instant, j'ai eu mal. Et puis, le noir. Y-a-t-il quelque chose après? Je n'en sais rien. Pour l'instant, je ne suis plus rien. Et c'est bien. #Kill  

Lundi et Mardi: forum national à l'Elysée
0 votes - le 14 Dec 2014 à 20:23

EveillésManifeste a interagi avec moi :
Les Éveillé-e-s  organisent dès demain deux jours de forum national dans les jardins de l'Élysée. Tous le monde est convié pour partager ses idées! Amenez votre tente, vos sacs de couchages, vos carnets d'idées, votre motivation. Ce seront deux jours et deux nuits non-stop. Les Eveillé-e-s de toute la France, le citoyens des régions française et même indépendantes sont déjà sur la routes oou dans les jardins de l'Elysée, prêts à débattre ou à rapporter les idées de leurs propres forums régionaux. La France de demain, c'est pour demain (et après-demain)! Guy, leader des Eveillés, se réjouit de l'engouement national et hors des frontières: "c'est une nouvelle révolution intellectuelle qui est en marche, un souffle d'espoir! Les Français ont compris que chacun à la force d'être impliqué, chacun peut être écouté, et je jure que chacun sera entendu et pris en compte!" Derrière lui, le service d'ordre dirigé par Laura, chef de la sécurité de ce groupes de citoyens pacifistes, est débordée: "on n'avait pas prévu autant de personnes dès le dimanche soir! ça risque d'être difficile de loger tout le monde, mais bon, on a encore des camps à Bastille et ailleurs, on partagera, il fera plus chaud avec la chaleur humaine,non?!", dit-elle pour relativiser le succès. Ceux qui ont du mal à se déplacer, pourront suivre les débats en direct sur le live de FranceIndé et des autres médias alternatifs, les Poneylib' ont déjà manifesté leur volonté de transporter gratuitement tous les citoyens qui se rendraient à l'Elysée sur ces deux jours! @Fantasio @Youri Gagarine @Renée-Guillemette @Monique @Jo @Pépette @Jacques @Tim @Bias de Priène @Gritusse @Thomas  @Daniel Noyez @DELAQUAIRE Jacques @Emmanuel Martin @Coco @Stelise @Neil McCormack @Antoll MA @Stéphane Mariano @Guillaume Tession @SALADBOY @François @Kayla aka Midas @Ellie @Jonathan De Laye @Auguste Babeuf  @Victor @Fabrice Cagerot @George Decointe @Charles Vennec @Miquelis Frank @JeanClaude Dubonet @Natalie @Obama @Alex lefort  @Treizh @Stalker @Johanna Mercier  @Xavier @Juan @Florence Thibault @TANGUY CRS 4587 @Pierre Rabhi @le Petit Nicolas @Petit européiste @Conseiller bac+15 @Jacques Bismute @Michel Arlot @justin tresor @Walter @Eric Sawal @Erick Foax @Aziz @C2Ccool 

Pluie et froid
0 votes - le 12 Dec 2014 à 12:53

Je viens d'arriver à Paris, porte de Bagnolet. Il pleut, il fait froid. Franchement, la France a triste mine. Pourtant, en discutant à droite et à gauche avec les gens, je vois bien que des réseaux s'organisent. On m'a parlé d'un certain Louis Marquet. Je devrais aller le rencontrer pour voir.

Comme je ne connais plus personne, il est difficile de trouver comment se nourrir, ou tout simplement, comment passer la nuit au chaud. 

Au croisement de deux rues, on croise parfois les restants d'une barricade, restes de vieilles manifestations, dont le métal commence à rouiller... Où sont passés nos espoirs? Celui qui nous portait lors de nos luttes sociales? 

Retour
0 votes - le 11 Dec 2014 à 21:54

Je viens de revenir sur Paris. Je pensais pourtant avoir définitivement quitté cette ville, pour échapper aux scènes de violence et de guerilla urbaine.

Depuis que mon ami est mort dans mes bras lors de cette émeute, je ne peux plus cautionner la violence. J'y ai cru. J'en ai vu les travers.

Et pourtant, dans le même temps, ne soyons pas naif: les personnes qui font le pari de la solidarité sont souvent mises de côté, oubliées, quand elles ne sont pas simplement tuées.

Je continue à aspirer à construire une alternative à cette société qui semble toujours retourner aux mêmes travers, mais comment faire? Je devrais aller trouver @Alex V. , @Conseiller bac+15 , @Charlito et @Isis , pour leur demander quelle est la meilleure alternative. 

A présent, je pense que je suis prêt pour cette démarche: rejoindre un groupe. Se mettre ensemble, pour construire quelque chose de différent. Mais comment faire?

Mort et errance
0 votes - le 11 Dec 2014 à 21:48

Elle est morte. Malgré mes efforts pour la ramener à la vie, Sabarina est décédée dans mes bras. 

Les personnes que j'avais croisé sur le bord de la route nous ont amené à une auberge, et je l'ai longtemps maintenue, respirant difficilement, en vie.

Arrivé au village suivant, j'ai cherché comme un fou un médecin, ou un soignant. Il n'y en avait pas. Elle est morte dans mes bras. 

Après ça, j'ai erré comme un fou, tout à mon désespoir. J'avais beau déjà vu mourir mon ami dans mes bras, je pensais avoir fuit toute cette violence, toute cette souffrance.


Un poème de Baudelaire m'est revenu en tête: 

"Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre ! 
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons ! 
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre, 
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !"

Il me faut à présent revenir en ville. 

A l'orée de la forêt
0 votes - le 28 Nov 2014 à 17:30

Depuis plusieurs jours, j'étais en train de m'enfuir à travers champs. Fuir la ville, fuir la violence...

Les émeutes à Paris m'ont traumatisées. J'ai vu des personnes tabassées sous mes yeux. Des personnes blessées à mort par des policiers, ou pire, par des casseurs rêvant d'en découdre. Dimanche dernier, François, un de mes meilleurs amis a été tué. C'en était trop. Je suis parti.
C'était sur un coup de tête, et au début j'étais content de sortir de Paris à pied. Mais rapidement, la réalité m'a rattrapée: marcher à pied, c'est lent. 

En même temps, cela me permet de rencontrer des gens. Je ne suis pas le seul à quitter la capitale. Sur la route, j'ai croisé de nombreuses personnes fuyant les violences urbaines. Elles espèrent trouver une vie meilleure à la campagne. Mais ici non plus, la vie n'est pas facile. Il faut se nourrir, trouver des endroits où dormir. On manque de tout.

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Il est 17h, et je suis fatigué. J'ai à peine dormi la nuit dernière, et je n'ai rien mangé depuis plusieurs jours. Alors que je traverse un bois, j'aperçois tout à coup dans le lointain ce qui ressemble à un château.

Soudain, alors que je m'approche de ce qui ressemblait à un château, j'aperçois un corps. Dans la pénombre, cela ressemble à un nombre de femme? Je n'ai pas envie d'avoir de souci, mais cela m'intrigue.

En me rapprochant, je me rends compte qu'il s'agit en réalité d'une femme. Je vois une flaque de sang par terre. Je m'approche près d'elle. Elle ne bouge plus. Elle est morte.

Derrière, près du château, je ne vois personne. Pourtant, je garde l'impression que des gens m'observent, et je n'aime pas cette impression. De manière inexplicable, je sens que je ne dois pas approcher cet endroit.

Soudain, le vent s'arrête et j'entends une respiration. Cela dure un instant, mais depuis que j'ai vu mourir François devant moi, je pourrais reconnaître une respiration humaine entre mille. Cette femme est vivante.

Oubliant tout le reste, je me mets alors frénétiquement à l'aider. Elle a une vilaine blessure sur le front. Une blessure par balle? Je ne saurais pas le dire. Elle a visiblement perdu beaucoup de sang. Je la fouille, et trouve son portefeuille. Sur ce qui ressemble à une carte de presse, je trouve un nom: @Sabrina 

Que faire? La bouger? Ce serait trop risqué pour elle. J'essaie de me rappeler de mes vagues notions de secouriste. Tout en faisant attention à chacun de mes mouvements, je la déplace jusqu'à l'orée de la forêt. Avec ma chemise, j'arrête le saignement. Il semble effectivement qu'une balle de fusil lui ai vilainement amoché la tête.

Après une bonne heure, la nuit tombe. Je dois trouver un abri. Par chance je croise une caravane qui passe le long de la route, tirée par deux chevaux. Je me mets en travers de la route, et les appelle de loin: 

-"arrêtez-vous!!"

Si j'étais eux, je passerais mon chemin. Mais ils s'arrêtent. Une femme d'une cinquantaine d'année sort du véhicule, et me demande de loin, prudemment, ce que je veux.

"J'ai une blessée sur les bras. Par pitié, pouvez-vous nous aider?"

Dormir
0 votes - le 14 Nov 2014 à 10:21

C'est le chaos généralisé. Hier, j'étais à la Courneuve, et j'ai participé aux émeutes. C'était particulièrement violent. Mes camarades antifa n'ont montré aucune retenue, je pense que c'est le contexte qui attire la violence.

J'ai entendu parler du mouvement des éveillés. Je devrais aller le rencontrer à l'occasion, ils ont des camps dans tous Paris.

Pour le moment, ce qui m'attire, c'est surtout prendre l'air. Voir autre chose. La campagne peut-être? Dormir. On verra demain.

Qui croire?
0 votes - le 31 Oct 2014 à 20:04

Aujourd'hui, de retour sur Paris, j'apprends la nouvelle: la France va sortir de l'euro. La plupart de mes camarades se réjouissent, et espèrent des lendemains qui chantent. Je ne sais pas très bien s'il faut les croire.De toutes facons, je ne pense pas que cela changera grand chose à mon quotidien. Les pauvres restent toujours pauvres, non?C'est vrai qu'on parle dans les médias de scènes de pillage, mais je n'y crois pas trop. Les médias racontent toujours n'importe quoi de toutes facons.Enfin j'espère surtout qu'on ne va pas à nouveau entendre les gens d'extrèmes droites partout, nous pourrir les oreilles avec leur propagande. Ca, s'il le faut, on ira cogner dur. On les entend déjà beaucoup trop comme ca. Ce soir on a une réunion de la locale antifa de Paris nord; j'imagine qu'on parlera de tous ces évènements. 

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