C'EST LE CHAOS. ENTREZ DANS LA FICTION
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Vos textes sur Anarchy : un roman de 200 pages chaque jour

Quentin

50 ans
Homme
Sdf
Vit à Paname et environ
Devise : Lâche pas la rampe !
Bio : Sdf depuis deux ans, plus d'histoire
Par
 3
3081 points 3
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Son histoire a lui

Le début de la faim ...
0 votes - le 11 Dec 2014 à 08:12

Jacques Messiano a interagi avec moi :
De toute évidence l'homme qui était face à lui, le prénommé @Quentin , ne serait pas la brebis la plus facile à ramener dans le troupeau de Dieu ... Il semblait avoir une sacré personnalité !
Jacques se dit intérieurement que s'il était entré en cette "cathédrale" ce n'était pas le fruit du hasard, et qu'avec le temps il en comprendrait probablement la divine raison ...
Les voies du Seigneur avaient beau être impénétrables, Jacques parvenait toujours avec un peu de réflexion à trouver un sens aux événements.

De toute façon, peu importait la raison de la venue de cet homme. Ce qui comptait c'était de l'accueillir comme tout homme devrait accueillir son frère ! @Quentin paraissait plus intéressé par sa situation matérielle que spirituelle ... Ma foi, on allait l'assister aussi sur ce plan là. 
Ne dit-on pas "Ventre vide n'a pas d'oreilles" ?

"Entre, mon frère, laissons nos frères et soeurs se remettre de leur communion ... Viens te reposer un instant et partager notre table !"

Les deux hommes rejoignirent @Costard rose et @Igor Striknine dans la petite pièce ... "Qui de par le fait finira tôt ou tard par être baptisée "sacristie"" se dit Jacques, et s'attablèrent tous quatre. d'une cagette en bois Jacques sorti un demi pain de campagne, un pâté, et un cubitainer de piquette ...
"Mes frères, après cette messe je ne me sens pas la force de dire les grâces, je vous prie de me pardonner. Entamons ce repas, pardon encore pour le côté frugal mais ce sont de bons produits et mieux vaut manger peu et sainement que le contraire !"

Ils attaquèrent aussitôt, Jacques servant à chacun un godet de vin. Il se tourna ensuite vers son invité 
"Alors ... voudriez vous me raconter un peu votre parcours ?"

En lasser
0 votes - le 10 Dec 2014 à 19:24

Quentin était revenu en arrière. Il avait longtemps longé la Seine. Mais apparemment il n’avait pas été le seul à avoir cette idée. Pas la moindre barque de disponible, celles qui restaient était hors d’atteinte. On les couvait comme on surveille de l’huile sur le feu. Il a continué à marcher espérant encore. Mais après quelques jours, il lui a fallu se rendre à l’évidence. La Bretagne était hors d’atteinte. De toute façon même en barque, il se serait retrouver en Normandie et il n’imaginait pas le parcours qu’il lui aurait fallut effectuer après.  » T’as perdu le sens de la réalité, mon gars » A cela s’ajoutait le fait  qu’il se sentait de plus en plus repéré. Quelque soit l’endroit qu’il traversait maintenant, les gens étaient devenus méfiants, voire agressif. Plus que jamais, il était l’étranger. Ses réserves s’épuisaient. Il  se disait que finalement mieux valait se fondre dans la foule. Et à Paris, il existait encore certaines formes de solidarité. Il en était là de ses réflexions quand il a aperçu les képis, enfin plutôt les bérets. La radio  parlait de mouvements de troupes, mais il avait compris que ça se passait plus au sud. Visiblement cela dégénérait. Le grand Merdier. Il l’avait pressenti. Le mec dès qu’il a un flingue, il peut pas s’en empêcher. Il faut qu’il aille faire chier le voisin. « Demi-tour mon gros et fissa. Faut retourner à Paname et se dégotter un coin à l’abri » Coup de bol, il a dégotté un vélo, ce qui lui a raccourci le retour. Même si il a crevé le deuxième jour. Et vas’ y pour trouver une rustine aujourd’hui. Il l’a abandonné quand la roue était tellement voilée qu’il allait plus vite à pied. Et là il se retrouve dans un endroit qui doit être  la banlieue de la banlieue. Un secteur pourri. Y’ a quasiment plus un truc debout. « Sûr, y’ a personne qui va le réclamer ce coin là. Je n’imagine même pas que ce soit stratégique. Ça pourrait être peinard, mais je ne vois pas ou je trouverai  à bouffer ici. » Lorsqu’ au détour d’une rue, c’est la berlue. En plein milieu d’un terrain vague, un grand hangar, avec de la lumière et pas mal de ramdam à l’intérieur. « Y’ a encore des vivants par ici ? » Il est hésitant. Mais la curiosité l’emporte. « Je peux toujours jeter un œil et me carapater si ça pue. » Mais quand il est rentré il est resté bloqué. L’assistance avait  l’air d’avoir pris un trip  qu’hésiterait entre c’est la récré,  Jésus est parmi nous et ou t’as mis ton bavoir. Le décor  n’est pas mieux, l’armée du salut c’est un quatre étoile à côté. Il est là, comme un gland, à essayer de comprendre ce qu’il voit quand  un bonhomme se dirige vers lui. « Il m’a l’air plus conscient que les autres, laisse parler. Ok, c’est un truc religieux. Mais ça m’a pas l’air catholique. Jacques,@Jacques Messiano. Visiblement c’est leur curé, enfin, je ne sais pas si c’est le bon terme. En tout cas il croit à sa salade. Exalté le gars, et je ne sais pas encore si je me trompe, mais il  n’a pas l’air d’avoir mauvais fond. Par contre je me méfie quand même un peu, si c’est lui qui met ses ouailles dans cet état, faudrait pt’ être que je le colle pas trop. Ils m’font vraiment penser à Nounours. Je l’aime bien Nounours, mais dans sa tête, à part la sainte ampoule   tout le reste est cramé. » Je continue à mater en écoutant le boniment et j’avise deux mecs qui dénotent dans l’assemblée ; ils sont un peu à l’écart. Y’en a un difficile de le rater. Il a un  @Costard rose . Et l’autre, c’est plus son attitude. C’est une espèce de nain de jardin, non j’exagère, il tient plutôt du troll, et il scrute l’assistance avec un sourire au formol. Jacques voit que je les fixe. Me désignant le plus petit : @Igor Striknine  , notre bienfaiteur et un de ses amis. « Tu parles d’une trinité. Va vraiment falloir y’aller mollo. » -         Et, à part un câlin. Votre père y file aussi à bouffer ?  

L'un d'entre eux.
0 votes - le 09 Dec 2014 à 13:09

Jacques Messiano a interagi avec moi :
Après son office, Jacques passa dans la petite pièce qui jouxtait sa "cathédrale" dans laquelle la brume commençait à se dissiper, et enleva le masque qui l'avait aidé à ne pas sombrer dans la transe ...
Il aurait tout le temps d'entrer en communication avec son Créateur lorsqu'il serait seul, pour l'instant il avait besoin de débriefer avec @Igor Striknine ...
Il jeta un oeil par la vitre, et aperçu quelqu'un qui entrait par la grande porte ...
Il apprendrait plus tard que l'homme en question s'appelait @Quentin .
Ce dernier semblait un peu intimidé par la vision des fidèles qui pour certains commençaient à reprendre un peu leurs esprits, tandis que d'autres étaient encore totalement en transe.

"Un retardataire !" pensa-t-il ...
Peut être l'homme avait-il entendu parler un peu tard de l'assemblée qui se tenait là ? Peut être venait-il de loin ?
Ou bien peut être avait-il attendu la fin et venait-il pour une raison toute différente ?
Quoi qu'il en soit, Jacques vint à sa rencontre pour l'accueillir avec un chaleureux sourire :

"Entre mon frère ! Contemple le spectacle de nos frères et soeurs d'humanité en communion avec Notre Père à tous ! Vois les sourires sur leurs visages et admire la beauté de ce spectacle d'un Père qui n'avait pas étreint ses enfants depuis tant d'années !"

Jacques et @Quentin tournèrent sur eux mêmes ... Bien imprégnés de la scène.

"Maintenant, mon frère, raconte moi ce qui t'amène à moi ?"

Laîcité dans la cité
0 votes - le 30 Nov 2014 à 14:13

Quentin a traversé plusieurs quartiers.il longe la seine. Trace vers la banlieue. Il est resté rive droite, l'autre côté à l'air moins calme. pour l'instant il la jour furet. Ne pas se faire repérer. Pas facile en journée. Et il sent que ça bouge dans la cité.
Il y a un moment, il a croisé des sortes de pénitents. Pas encore l'hystérie espagnole, mais c'est sûr, ça sentait le dévot. A c't'allure les bûchers vont pas tarder. Il les a matés, bannières au vent, à battre leur coulpe, se profaner. Moutons!
Y comprend pas. La religion c'est pas sa tasse de thé. il en a joué quelques fois pour avoir à becqueter. Mais ça, ça le dépasse. Putain les gars! Vous réfléchissez pas?
C'est sûr y' a une constante. Quand ça va pas on cherche ou se réfugier.Moi la constante je vais t'la donner: Des croisades au djihad,rien n'a bougé.
Ils auraient du s'arrêter au 10 commandements, et encore,juste les derniers. Quoiqu' aujourd'hui faudrait rajouter, ni sa caisse, ni son portable...La preuve que ça évolue pas. Le reste, ça a été du fatras.
J'avoue, je respecte ceux qu'appliquent les principes. La  @Audrey je sais pas si elle en était. Et même. Le dieu a rien a faire dans tout ça. On parle d'humains. Ouais, dans la religion, y' a les deux faces. Suffit de tomber sur la bonne.
Et la mosquée? Je pense qu'y vont pas tarder. Ya les rabbins aussi. Ils vont faire quoi? S'affronter ou se rassembler? Manquera plus que les rastas. Y'a pas: ça va fumer;
Et tiens pendant qu'on y est.  Les trois points, z'ont pas encore causer?

Quentin s'arrête, éberlué. Il va poser son cul dans un coin.
Depuis combien de temps je n'ai pas réfléchi comme ça?
Les moutons? Regarde-toi!
Il sent confusément qu'un déclic s'est produit. Une porte s'est entrebâillé sur son passé.  Avant, je pensais autrement. Je parlais autrement. Quentin, précipitamment l'a repoussé.
Pas besoin de ça. On est pas sorti de l'auberge.
Quentin reprend sa marche.

Calter
0 votes - le 29 Nov 2014 à 10:06

Quentin marche depuis longtemps. Son idée ? Chopé un bateau. Pas une péniche, faut pas rêver. Une barque fera l’affaire, voir un pédalo, mais c’est pas la saison.   Il avait emporté tout ce qu’il pouvait. Il avait mis du temps à faire le tri. Il avait laissé pas mal d’affaires mais se retrouvait quand même chargé comme un baudet. La tente, deux sacs à dos, un gros, un petit, et deux cabas en plastique version Tati.  Rien que du discret. Il avait tenté de se composer une tenue relativement propre et conventionnelle. Mais t’as rien du cadre moyen quand tu te fourgues à l’armée du salut.   Au moment du départ, il avait reluqué le tas. Un sentiment bizarre, l’avait étreint. C’est un nouveau virage, papa. Pas qu’il tenait tant que ça à cette vie. Bien au contraire, il ne l’avait que subi. La cata, puis l’immersion et la survie. Il avait quand même réussi à s’adapter, même essayer de s’intégrer à la communauté. Communauté ? Macache ! Chacun sa gueule. Tu te faisais suriner pour un mégot ou une boite de ravioli. Mais il avait vite appris. Faut éviter de copiner avec les épaves, ça t’entraines, à l’inverse de l’évolution. Les gusses qui se lèvent et cherchent déjà la goulée qui leur permettra de tenir la journée. Chiasseux, la gueule puante, la suée infernale et les mains tremblantes tant que t’as pas pris ta giclée. Y’avait ceux qu’était quasi né comme ça. Rien à espérer.Mauvaise pioche à la loterie de la généalogie. Ceux qu’avait pris cher plusieurs fois, avec la dernière, la décisive, là ou tu te relèves pas. Et certains, rares, qu’avait fait un choix. Mais pas sûr qu’ils tiennent la distance.   Toi t’as eu la chance ou la malchance. T’avais le contrôle. Avant déjà, t’aimais pas perdre conscience. La dépendance c’était pas pour toi. Un refus salvateur qui t’as évité la déchéance. Pas que t’en ai pas tâté quelques fois, pour l’expérience, le plaisir, le mimétisme. Et ouais au début c’est vachement bon, mais t’as vite pigé ou ça allait t’entrainer. Bien le contrôle, en même temps c’est ce qui ‘t’as amené là…   Tu te rappelles quand même de quelques gars. Le Gino, la voix cramée, les dents gâtées, à trop avoir craché au kerdan. Et le Nounours, un ex Hells angel qu’était resté scotché aux acides et qu’avait viré Jésus Christ. Tu l’avais laissé dormir dans ta tente une fois. Au matin, les mecs étaient hallucinés de te voir vivant. « T’es malade ! Y peut taper une crise à n’importe quel moment ». »T’as vu ses paluches ?y t’étrangle comme un rien » Moi, je l’aimais bien le Nounours. Bien sûr, fallait supporter les psaumes quand ça l’prenait, mais j’aimais bien ce raccourci, de l’enfer au paradis. Y’avait eu aussi le @Gritusse  , çui là l’avait vraiment fait marrer avec son Hakuna Matata Connard ! Un qu’avait fait le choix. Me demande ce qu’il est devenu. Y‘a des chances que dans le mic mac ambiant il ait rallié un clan. Quentin s’est recueilli un instant, comme pour une cérémonie. Il ressent l’instant comme un nouveau départ ; Pourvu qu’il soit gagnant.   Allez les frérots, j’vous dis Basta !

0 votes - le 26 Nov 2014 à 12:39

Brave femme cette @Audrey . Une pépite. ça t'as fais du bien qu'on te prenne pour un humain. Qu'on te regarde en face. Ouais tout drôle...Elle m'a expliqué ce que j'avais raté. Et bordel! C’était flippant.Toi qui, secrètement enfoui, espérait encore une métamorphose du cloporte que t'était devenu, v'la que c'était la fourmilière qui s'atomisait. Le Big Bang, la réaction en chaîne... Elle même elle ne s'avait plus trop ou on en était. Elle essayait de préserver un niveau de réalité et un peu d'espoir.Et de respect. Parce qu'autour,entre tous ceux qui croyaient que c'était le grand soir et ceux qui pratiquaient l'éclate totale, surtout l'éclate des autres...ça avait de graves relents d’apocalypse.T'as pas posé trop de questions. T'était sous le choc. Du coup, elle t'a proposé de la suivre, dans un truc ou elle s’occupe de vieux. Tas gagné une douche et un repas. Et puis tu es parti. Fallait que tu vois par toi même. Et t'as vu. les gens qui rasaient les murs pendant que les autres tenaient le pavé ou le lançaient , c'était selon. Du bruit partout, et pas du courant. ça pétait à en veux-tu en voilà! Fallait que j'm'esquive, et que je passe en mode survie. Et là, pour une fois, je vais avoir une longueur d'avance sur la majorité.J'ai décidé de repartir  à ma tente, mais sur le chemin, j'ai profité de toutes les occases pour rafler tout ce que je trouvais. Pas fier, Jusqu'ici j'avais toujours réussi à respecter un certain code moral. Mais y'a urgence mon poteau. Et puis c'était pas non plus le casse du siècle: de la bouffe,des fringues, des trucs que je pensais pouvoir m'être utile, comme cette radio....survival... quoi.Et planqué dans mon bois, ça fait trois jours que j'gamberge.Sans aucune idée de ce que je dois faire. J'étais déjà out avant, alors maintenant...Mais c'est sûr y'a une occase de réécrire l'histoire. Déconne pas , pas celle avec un grand H, juste la tienne.Alors depuis, j'écoute cette radio, attendant le déclic.Et là... Ils viennent d'annoncer que la Bretagne a déclaré son indépendance. T'as toujours aimé cette région. T'y a de putains de bons souvenirs. Et Paname c'est sûr, ça devient le bouquet garni, y vont tous vouloir grimper le long du mât. C'est trop chaud! Faut sortir de là.Ouais, mais comment? La Bretagne c'est pas la porte de Saint Cloud.A pince faut pas rêver. Y disent qu'y a plus d'essence. Mort pour tirer une caisse. Allez gars, trouve une idée...Y'a la rigole qui déborde à l'entrée de la tente, dehors il pleut. Va falloir que je recreuse un peu. mais j'ai un coup de flemme, je vais attendre que ça s'arrête. Je vois la nappe qui avance petit à petit.  Y' a un filet qui suit un des plis du tapis de sol. Allez j'attends. On va voir combien de temps ça va mettre jusqu'à mes pieds. T'es Noê, mec, v'la l'déluge!Le déluge, voilà une métaphore, la flotte qui nettoie tout et nouveau départ...La flotte!ça y est j'ai l'idée.Je rassemble tout ce qu'il me faut, et direction la Seine...

0 votes - le 23 Nov 2014 à 11:47

Perplexe, Quentin marchait dans les rues du XVIIème. Intuitivement, il percevait des changements dans son environnement qui le perturbait. Il savait maintenant que l'on était samedi et il y avait cet enterrement.Néanmoins le nombre important de commerces fermés le surprenait. Ainsi que la circulation qui lui semblait anormalement réduite. Le troquet, lui était ouvert.- les bâtards...murmura-t-il lentement.Devant la porte deux cerbères montaient la garde.                                                                                     -         C’est quoi ce délire ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   C’était tellement incongru, qu’il n’arrivait pas à traverser la rue. De là, il voyait les deux vigiles qui filtraient l’entrée. Pourtant il n’y avait rien de spécial dans l’assistance qui se tenait au comptoir, ni dans ce bar qui semblait plutôt populaire. Les gens fixaient la télé; -         Y’a pas ! C’est pas normal.                                                                                                                               Conscient qu’il ne rentrerait  jamais. Il s’assit sur un banc non loin.                                                                                              Tu fais quoi maintenant ? Visiblement il y avait eu des bouleversements importants dans la société. Jamais encore il ne s’était senti aussi exclu. Même si t’es dans la rue, si t’es en dehors du coup, tu sais que la vie normale continue, que les repères que t’as connu avant existent toujours. Et là d’un coup, le besoin de parler à quelqu’un,  lui serrait la gorge. C’était presque aussi douloureux que le bide. Il avait toujours les crocs, mais ça devenait moins vital subitement.      Vivement, il reprit sa marche. De plus en plus attentif à ce qui l’entourait. Avisant un tract qui traînait sur le trottoir, il s’arrête pour le ramasser.                                                                                                                                                                                                                          La congrégation  religieuse du Sacré Cœur                                          Sensible aux maux qui touchent notre pays                                      Vous informe qu’un office de rédemption                                               Se tiendra exceptionnellement                                                          Ce dimanche à 19h.                                                                        Une distribution alimentaire sera prodiguée aux fidèles                           A l’issue de la cérémonie.                                                                                                                                                                    Je sais ou je mange demain, si je tiens jusque là…                                                                                                                               Mais l’autre urgence restait prégnante. Ce tract avait un parfum de fin du monde.Un minibus venait de s'arrêter non loin. Une femme la quarantaine, aida deux vieux à descendre.Sa façon de les accompagner toucha Quentin.Elle a pas l'air bégueule celle là.Tente ta chance.Il la laissa raccompagner les vieux à leur porte, et lentement, se recomposant une mine avec un sourire fatigué, il s'approcha.               -Excusez-moi Madame… Elle le regarde, un peu défiante.                                                    - Excusez de l’apparence, jugez pas.       Il ne savait plus comment poursuivre. S’adresser normalement aux gens, c’était parti. Il avait toujours le tract à la main. -Madame, je suis perdu. Je suis resté isolé. Et je ne comprends rien à ce qui s’passe. J’vous fais pas la manche. J’veux juste parler. Il lui tend le tract. Un bref coup d’œil au papier et elle se met à l’observer. -         Commençons donc par le début. Je m’appelle Audrey.

0 votes - le 22 Nov 2014 à 17:08

J’y crois pas ! ! Un mec vient de dire que c’est Sarko qu’a bouffé sa Rolex. La dernière fois que j’ai entendu parler de lui, il pétait la forme. Paraissait qu’y revenait aux affaires. Je suis largué. Mais je comprends mieux le déploiement. En même temps ça à pas l’air d’être des funérailles nationales .Bizarre. Qu’est ce qui dit lui ? Hollande ? Il y est passé aussi ? Zarma ! Faut que je m’assoie. Il se passe quoi ? C’est pas possible. Sérieux, mon poteau. T’es en train de dégoupiller. C’est le manque de bouffe. Je suis en train de passer dans la 4 ème dimension. Attends. Attends. Ça fait quoi ? Deux, trois semaines que t’as vu personne. Et pendant ce temps là, ils l’ont joué téléréalité. Y’en une qui doit être contente c’est la Marine. Tout bleu foncé qu’il est son avenir. Papa, il a déjà du ressortir les vieux chants pour fêter ça.  Stop. Calme-toi. Ça change rien pour toi. Mais j’aimerai bien savoir ce qu’il se passe quand-même. C’est pas banal. Bon, ça va  pas bouger, y’en a un qui va faire l’intérim. C’est qui d’ailleurs ? Je ne me rappelle plus. C’est le premier ministre ou celui du parlement ? Je m’en fous d’ailleurs, ils vont refaire des élections et le monde continuera à tourner comme avant. Cela ne me concerne plus. Mais quand même ! Cela fait des semaines que tu rêves qu’il y ait un changement dans ta vie, une rencontre, une bonne fée, un coup du destin, mais dans le bon sens cette fois-ci. Et là, ça en fait un paquet qui ont du prendre une claque. Retour à l’envoyeur. Mdr. Bah, y s’en remettront, m’étonnerai que y en est un qui  rejoigne mon loft. L’ambiance à pas l’air sereine quand même. Y’ a quelque chose dans l’air. Faut que j’en sache plus. Vais faire un tour au rade, y’à la télé, vu les caméras  qui traînent ici ça doit passer en direct. Même s’il me laisse pas rentrer, je pourrais voir de la rue. 

0 votes - le 22 Nov 2014 à 12:57

C'est quoi ce binz?Y a des bleus partout. Profil bas pépère.ça sent le roussi.Va falloir la jouer invisible.En général t'as pas trop d'mal. La misère, les gens, ils l'esquivent. Y a que deux exceptions: les gaffes et les lascars.Mais  apparemment y s'passe du lourd. Y a du populo.J'pige que dalle. Visiblement c'est l'angoisse. Ah un corbillard.Vu l'déploiement y en a un de la haute qu'à calancher. C'est pas moi qu'aurait droit à ça. Fosse commune mon p'tit gars.C'est pas tout ça, j'ai la dalle.Les enterrements ça rapporte toujours, mais là ça pue. Je le sens pas. Y'a un truc qui m'échappe. Les gens font une drôle de gueule.
Ont pas l'air près à lâcher la pièce.
Y'a pas! J'ai raté quelque chose.
En même temps qu'est-ce que j'en ai à foutre? On vit plus dans le même monde.
Non, ça m'prend la tête. Faut qu'j'aille aux infos.

0 votes - le 21 Nov 2014 à 18:35

Tu te rappelle comment c'était facile avant. Tu te levais, petit tour au chiotte sans réfléchir, puis la douche et le café. Et tu râlais quand ça coulais pas assez vite.Maintenant pour aller chier c'est toute une affaire. c'est le cas de le dire. En plus v'la l'automne, t'imagine dans un mois quand y'aura plus que des conifères, ça va t'démanger p'tit père.Avant... c'est pas bon d'y penser, tu le sais. Ou juste ce qui est utile, ce qui te sert à rester debout. Tu te rappelle la pyramide de Maslow? Maintenant tu dois avoir atteint les souterrains.Mais c'est qu'une question de choix. Vise le dernier étage, t' arrivera  toujours à bouffer. C'est pas les poubelles qui manquent.Allez ! Bouge toi! Faut que tu préserve l'étincelle.T'a besoin de qui aujourd'hui pour sortir ton gros cul de ce duvet? Vas'y! Cherche!Henley ou Rimbaud?Allez Henley... fais trop froid pour Rimbaud aujourd'hui.Quentin, fermant les yeux se prépare lentement pour le rituel qu'il s'est mis en place chaque matin. C'est récent. Quand tu plonges au début t'as pas le temps de comprendre, d'abord tu gardes tes habitudes d'avant, longtemps...Tu comprends pas, tu cherches des pourquoi et des à cause. Quand t'es au fond t'as plus le choix, soit tu pousse sois tu meurs. Après une longue période de dépression ou il a tout laissé tomber, un moment y'avait plus rien à lâcher,à part... Et ce soir là... quand tu te sens abandonné de tout, que t'as l'impression d'être une merde, t'as plus envie de continuer. Il était dehors, la nuit, il cherchait un coin tranquille. Pour déranger personne, non! Pour ne voir personne.Il a cherché un arbre. Et là au pied, il temporisait. Il s'est mis à pleurer parce quand t'as les nerfs à vifs ça finit par lâcher et comme un con il lui a raconté à l'arbre, et puis il l' a enlacé l'arbre  et il est resté là longtemps, longtemps... heureusement qu'y avait personne, t'imagines! En tout cas ce soir là, il a laissé le bout de corde au pied de l'arbre et il est reparti. Depuis c'est devenu un pote l'arbre, il passe le voir de temps en temps et il lui raconteIl lui raconte ou il en est. Faut tout réapprendre quand t'es sorti du système, surtout si tu viens d'ailleurs: les codes, le langage, la démerde, les bons plans, les moins bons plans,avoir toujours l’œil pour éviter les emmerdes, et elles sont nombreuses quand tu es à la rue. Mais surtout ne pas se perdre , ne plus se laisser aller et c'est ça le plus dur, parce que la déprime elle est jamais loin,et avec la déprime t'as la boutanche, le picrate à un balle qui te déchire la tête et l'estomac. Là, sûr, en pas longtemps t'as plus besoin d'une branche.Et ça , il en veut pas le Quentin. Il a décidé d'au moins se respecter. Et du coup symboliquement il s'est donné un nouveau nom. Pour refaire l'histoire. 
Quentin...Pour la référence au personnage de Gabin dans un singe en hiver, l'Albert.Et depuis quelque temps, il essaye de construire autre chose, un nouveau bonhomme, un patchwork de ce qu'il était et de ce qu'il est devenu; D'où la cérémonie du matin. Trouver chaque jour une raison ou une aide pour se lever.Allez, va pour Henley.Dans les ténèbres qui m'enserrentNoires comme un puits où l'on se noieJe rends grâce au dieux quels qu'ils soientPour mon âme invincible et fière.Je suis le maître de mon destinJe suis le capitaine de mon âmeJe suis le maître de mon destinJe suis le maître de mon âmeComme un mantra, Quentin se répète les derniers vers.Allez debout, allons voir comment le monde à tourner sans moi.Douloureusement, Quentin s'extrait de son duvet...

0 votes - le 21 Nov 2014 à 15:02

Bon grailler d'abord. ça va être chaud. Le bois c'est peinard mais les beaux quartiers c'est pas là qu'tas du social. C'est cool pour rapiner et si t'es propre sur toi: la tchatche plus le sourire t'arrive à arracher la pièce, mais aujourd'hui ça va pas l'faire. Bon y' a les resto mais faut que j'remonte jusqu'au onzième ou alors l'quatorze. Et puis j'suis pas inscrit. Maintenant faut un pedigree pour bouffer, le Coluche y doit se retourner sous sa moto. La maraude... c'est pas avant ce soir.  Un marché peut-être mais ch'sais même pas quel jour on est. Faudrait que j' tente porte de saint Cloud, c'est trois fois par semaine. Une chance sur deux...Ouais Si j'peux aider en plus j'aurais peut-être la pièce.
Mais j'pue tellement y vont pas m'laisser approcher la marchandise. ça veut dire une douche d'abord. Mais pareil faut qu'j'aille jusqu'à Saint Lazare  ce sera mort pour le marché à moins qu'y'en ai un dans l'coin. Z'imagine pas les gens la galère que c'est pour survivre. Du con... t'était pareil. Pense pas à ça. c'est derrière, t'as plus d'histoire.

0 votes - le 21 Nov 2014 à 15:00

P... Y caille!Fait déjà jour.Je vais attendre. Encore un peu... ça va être pire dès que j'vais sortir.J'ai plus de quoi faire de feu.J'aurais du me bouger hier.Même avant hier. En fait ça fait combien temps que je suis là? Une semaine, deux?Tellement content d'avoir trouver ce coin peinard, loin de la faune. Ah! Sont pas près d'la trouver ma tente. Plein milieu du bois, dans un creux, même moi j'ai galéré l'autre nuit pour la trouver. Du coup j'me la suis joué Robinson. Quel con!Allez j'attends encore un peu... quand j'aurai envie de pisser.Toutes façons j'ai pas de raison de me lever. Bientôt encore une journée d'foutue comme dirait le Jacquot.En fait t'en a plein d'raison de te lever Trouduc.Faut que je bouffe et y a plus rien. T'as fait Noël avant l'heure. t'a cru au Père Noël, cette planque peinard et ses touristes japonais qui t'ont filé un bifton parce que tu les avais fait marrer.J'suis encore bon à ça, faire marrer. C'est toujours mieux que faire pleurer.Rien à foutre de leur pitié.T'es encore debout bonhomme!Enfin ... quand j'déciderai d'sortir de ce duv. T'as plutôt l'air d'un saucisson faisandé là!Ouais, m'laver se serait pas mal non plus, même moi j'ai du mal là.Y'a pas à chier, aujourd'hui faut se bouger l'cul.

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